Quand le maïs devient un isolant écologique

sudouest.com, Colette Macintos, le 30 Mai 2009

Quand le maïs devient un isolant écologique

DÉCOUVERTE. Toutes les semaines, l’Office de tourisme propose des sorties qui sortent de l’ordinaire. Exemple avec la visite de la société Agripack

Semaine après semaine, l’Office municipal de tourisme (OT) propose aux touristes, curistes et autochtones de partir à la découverte de la région. Ces sorties thématiques permettent de plonger dans le patrimoine naturel ou culturel, l’apiculture, la viticulture, la vie de villages, de fermes… mais aussi dans la vie industrielle, en découvrant par exemple, la seule entreprise en France à produire un produit de calage constitué à 100 % de maïs et donc totalement biodégradable.

Cette visite à Agripack a réuni une trentaine de personnes fortement intéressées par ce spécialiste des agro-matériaux.

En prenant la route de Consac, à Plassac, au milieu des champs, la haute tour d’une quinzaine de mètres se remarque, mais c’est en gravissant les divers étages que la curiosité des visiteurs a été de plus en plus aiguisée.

Trophée

Denis Morillon, le père, Stéphanie, la fille, et Pascal, le fils, n’ont pas ménagé leurs explications sur les productions, la genèse et les projets d’une entreprise qui a été en l’an 2000 la première lauréate dans la catégorie PME du Trophée des technologies économes et propres, prix national remis à la société à Lyon, en octobre 2000, à l’occasion de Pollutec 2000.

Le trophée récompensait leur nouvelle création d’alors, Exabal, un produit de calage à base de maïs extrudé. Mais dès 1995, Denis Morillon était sensible à la nécessité de préserver la nature et il avait créé Ecobal, une bille de calage à base de maïs expansé. Depuis 2000, la société utilise la semoule au lieu du grain.

« L’inconvénient est que le pop-corn était trop lourd, le produit est 100 % maïs, mais beaucoup plus léger, d’autres entreprises ajoutent 20 % d’agents liants et plastifiants, pollueurs, nous n’avons pas besoin de ressembler au polystyrène », explique Stéphanie, présentant aux visiteurs l’exploitation de 100 hectares, dont 60 % de maïs, et faisant découvrir les installations – la semoulerie, l’extrudeur – et les produits.

Des loisirs créatifs

Pour paraphraser le pianiste Samson François quand il parlait de Chopin, Lire la suite

OGM, l’Allemagne rejoint les anti-OGM européens

actualites-news-encironnement.com, Pierre Melquiot, le 17 avril 2009

OGM, l’Allemagne rejoint les anti-OGM européens.

L’Allemagne a en effet rallié les pays européens anti-OGM en interdisant la culture du maïs transgénique de l’américain Monsanto, l’OGM MON810. Retour sur les raisons invoquées par l’Allemagne.

En matière de culture OGM, l’Allemagne a rallié les pays européens anti-OGM en interdisant la culture du maïs transgénique distribué par l’américain Monsanto, l’OGM MON810. Cette décision va à l’encontre de la volonté de la Commission européenne qui estime que cette décision n’est pas justifiée.

Le gouvernement allemand a en effet rejoint la France, la Grèce, la Hongrie, l’Autriche et le Luxembourg, le camp des pays européens qui ont interdit, au nom du principe de précaution, la culture du seul Organisme Génétiquement Modifié (OGM) actuellement autorisé en Europe, le maïs transgénique MON810.

La ministre fédérale de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs, Ilse Aigner, a déclaré le 14 avril d’une conférence de presse à Berlin que « désormais, la culture du maïs transgénique OGM MON810 est désormais interdite en Allemagne. » « Les Länder ont été immédiatement informés de cette mesure et il leurs est demandé de pourvoir au respect de cette interdiction », a ajouté la ministre Aigner.

La Ministre fédérale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des consommateurs, Ilse Aigner avait demandé une évaluation complète du rapport que  Monsanto avait présenté fin mars afin de connaître les répercutions que l’OGM MON810 pouvait avoir sur l’environnement.

L’évaluation qui a été effectuée par l’administration fédérale (office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire, Institut Julius Kühn, office fédéral de la protection de la nature) n’a pas donné de résultats probants.

Cette décision tient aussi compte, selon la ministre fédérale Ilse Aigner, du fait que désormais cinq membres de l’Union européenne ont pris des mesures de protection en ce qui concerne le maïs OGM MON810. Le dernier en date est le Luxembourg qui a pris une clause de sauvegarde à la fin du mois de mars 2009.

 « J’en conclu qu’il existe de bonnes raisons de penser que le maïs génétiquement modifié MON810 présente un danger pour l’environnement », a déclaré Ilse Aigner. Cette position a été également confirmée  par le ministère allemand de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire.

 « Cette décision n’est pas politique », a ajouté Ilse Aigner. « C’est une décision basée sur Lire la suite

Christian VELOT, auteur de « OGM : tout s’explique »

inf’OGM, Christophe Noisette, février 2009

Entretien avec Christian VELOT, biologiste et auteur de « OGM : tout s’explique »
Inf’OGM – Pourquoi un nouveau livre sur les OGM ?

CV – Depuis six ans environ que je fais des conférences grand public sur les OGM, j’ai eu de nombreuses demandes pour savoir si j’avais écrit un livre dans lequel on pourrait retrouver l’articulation et le caractère didactique de mes conférences. Il s’agit donc d’un livre que j’ai calqué sur mes conférences et où les supports animés de celles-ci sont ici remplacés par des illustrations humoristiques, à vocation pédagogique, réalisées par Jef Vivant.

J’y décris donc ce que sont les OGM, comment on les fabrique, en insistant sur les raisons du caractère aléatoire (et non pas chirurgical comme on se plait à nous le faire croire) de cette technologie. Et surtout, j’aborde chapitre par chapitre les différents domaines d’utilisation des OGM (recherche fondamendale, domaines médicaux et pharmaceutiques, secteurs industriels et l’agro-oalimentaire). Cette approche me permet de montrer en quoi l’introduction des OGM dans les champs et dans les assiettes introduit des riques nouveaux et soulève des questions nouvelles (qui ne sont pas posées — ou en tout cas pas de la même manière — avec les OGM utilisés depuis près de 30 ans en espaces confinés dans les autres domaines). C’est essentiel à mes yeux car ça évite de tomber dans le panneau des amalgames fallacieux si chers aux VRP de la transgenèse généralisée et qui consistent à utiliser la vitrine médicale pour servir des arguments agricoles.

En ce qui concerne l’agroalimentaire, j’essaie d’être exhaustif en décrivant non seulement ce qui se fait déjà (c’est-à-dire essentiellement des plantes-pesticides), mais également ce qui se prépare dans les labos, en particulier avec les animaux destinés à l’alimentation ainsi qu’avec des micro-organismes alimentaires (levures de boulangerie, de brasserie, bactéries et levures œnologiques ou lactiques). Et, je réponds aux arguments « tartes à la crème » : les OGM ont toujours existé dans la nature, les OGM sont incontournables pour résoudre la faim dans le monde, etc.

Enfin, comme le débat autour des OGM en appelle beaucoup d’autres, je termine par quelques éléments de discussion sur divers aspects sociétaux tels que la place de la science dans la société, les dérives technoscientifiques des politiques de recherche, la désobéissance civile. Ce livre doit permettre aux citoyens de prendre part à ce débat de société. Je n’y cache pas mon avis car je refuse de me réfugier derrière une « neutralité » de la science qui n’existe pas. Cependant, conscient que l’information n’est objective que si elle est contradictoire, j’encourage la lecture d’autre point de vue.

 Inf’OGM – Que pensez-vous du débat actuel sur les OGM ? Et depuis 10 ans, comment la connaissance de ce sujet a évolué ?

CV – De toute évidence, il y a actuellement une volonté des défenseurs inconditionnels des OGM de vouloir reprendre la main (rapport de l’AFSSA à quelques jours du vote européen pour tenter d’abroger les moratoires français et grec, l’émission sur France 2 de la semaine dernière et toutes les attaques récentes sur le net et ailleurs à l’encontre des anti-OGM qualifiés de « prophètes de malheur », de « vendeurs de peur », de « khmers verts »).

L’approche de la période des semis pour le maïs n’est sans doute pas pour rien dans cette excitation médiatique. Mais cela ne change rien à l’avis des Français, toujours majoritairement opposés ou réticents à la culture des OGM, Lire la suite

Trophée de l’agriculture durable pour un militant de la Conf

Sud-Ouest, David Briand, le 6 Mars 2009

SABLONCEAUX. Benoît Biteau a remporté le premier Trophée de l’agriculture durable, à Paris

Le paysan du futur

 «Si je n’avais pas 40 ans, si je n’avais pas un peu bourlingué, si je n’étais pas têtu et si je n’avais pas voulu valoriser mes expériences professionnelles précédentes, je n’aurais jamais reçu cette distinction. »

Il a donc fallu la conjonction de beaucoup de « si » et une sacrée dose d’obstination pour que Benoît Biteau soit récompensé. Les banquiers qui n’ont pas été séduits par le projet d’installation de Benoît Biteau, voire qui l’ont dissuadé, s’en mordent peut-être les doigts aujourd’hui.

Le ministre interpellé

L’agriculteur est, en effet, devenu le premier lauréat des Trophées de l’agriculture durable, décernés lors du dernier Salon de l’agriculture. Après la sélection (par région) d’une dizaine de dossiers, un jury national – présidé par Erik Orsenna – a donc reconnu les efforts accomplis par celui qui est à la tête de son exploitation depuis deux ans seulement.

Et c’est en arborant, sur le revers de sa veste, son badge de la Confédération paysanne qu’il a reçu son trophée des mains de Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture.

Une tribune rêvée afin d’interpeller le ministre sur des sujets qui lui tiennent à coeur, comme l’installation, la PAC ou l’eau. « Une question fondamentale pour le bassin versant de la Seudre que nous partageons avec les ostréiculteurs de Marennes-Oléron. » Avec, en ligne de mire, la culture du maïs dont il est un adversaire résolu.

« Aux problèmes de disponibilité de l’eau douce l’été, s’ajoutent des impératifs qualitatifs. Le maïs est source de rejets de pesticides qui, en bout de course, peuvent toucher les coquillages, qui sont des filtres. »

Ces paroles non consensuelles ont visiblement séduit le ministre puisqu’il l’a revu en tête à tête cette fois, trois jours plus tard. « Je l’ai trouvé courageux et audacieux », confie Benoît Biteau. « Nous partageons les mêmes convictions. Sauf qu’il est obligé de trouver des compromis avec les lobbies que sont les grands céréaliers et les irrigants. »

Un univers qu’il connaît bien. Frais diplômé en ingénierie des techniques agricoles, il a débuté sa carrière en tant que directeur du bureau d’études d’une société commercialisant drainage et irrigation. Son parcours atypique l’a conduit ensuite au poste de directeur technique du Parc du Marais poitevin. En mars 2007, il a franchi le pas en reprenant les 180 hectares que son père cultivait en monoculture intensive de maïs irriguée.

Économiquement porteur

Loin de faire le procès de ce mode de production (« Ils l’ont fait parce qu’il fallait le faire »), celui qui prône avant tout une démarche agronomique a choisi la voie du développement durable. En stoppant la culture du maïs pour privilégier la polyculture bio (céréales, légumineuses) en alternance.

Résultat : en cas de sécheresse, ses besoins d’irrigation sont divisés par trois en comparaison du maïs. Une réussite écologique qui se double de résultats financiers viables. Lire la suite

Robin, OGM: Il faut une étude sur plusieurs années

lexpress.fr, Sandra Gérard, le 17 février 2009

OGM: « Une étude sur plusieurs années est indispensable »

La France a obtenu lundi 16 février le maintien de sa clause de sauvegarde interdisant la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto sur son territoire. Réaction de Marie-Monique Robin, journaliste et auteure du « Monde selon Monsanto ».

La France a réussi à maintenir sa clause de sauvegarde interdisant la culture du MON810. Quel est votre sentiment ?

Je suis très heureuse et satisfaite. C’est une décision courageuse de la part du gouvernement français que de défendre cette clause malgré les pressions très fortes qu’il subit de la part des lobbies. J’ai été plutôt surprise de l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) (NDLR : qui considère le MON810 sans danger pour la santé). On ne sait pas sur quoi ils se basent pour faire une telle affirmation, on n’a pas accès aux données brutes qui pourraient confirmer leurs dires. Cette affaire me rappelle celle du MON863, en 2007. Corinne Lepage, présidente du Crii-Gen, une association de lutte contre les OGM, avait dû saisir la Commission d’accès aux données administratives (Cada) pour contraindre l’Afssa à communiquer les données brutes de l’étude qu’elle avait réalisée. Lorsque des scientifiques indépendants se sont penchés sur ces résultats, ils se sont rendu compte qu’il y avait des problèmes avec les rats nourris avec le MON863. Finalement, la Commission européenne a étouffé l’affaire et il n’a pas été autorisé. Aujourd’hui, c’est la même avec le 810. S’il n’existe pas de problèmes sanitaires avec ce maïs, pourquoi alors ne pas fournir ces données ?

La firme Monsanto ne va sûrement pas en rester là. Que pensez-vous qu’elle va mettre en oeuvre pour imposer la culture de son maïs?

Elle va continuer le lobbying en infiltrant le gouvernement, comme cela s’est fait en Allemagne. Au printemps 2007, le ministre de l’Agriculture allemand a demandé au BVSL, l’équivalent de l’Afssa française, d’interdire le MON810 en raison des potentiels dangers environnementaux qu’il présente, notamment sur les insectes dont on a besoin, comme les abeilles. Mais Hans Jörg Bukh, responsable du département des biotechnologies au sein du BVSL, a alors affirmé que rien ne permettait de s’opposer à la culture ou à l’utilisation de ce maïs. Il avait, en 2002, participé à la promotion vidéo d’OGM, financée par Monsanto. Fin 2007, le BVSL a autorisé sa culture…

Concrètement, que connaît-on aujourd’hui des dangers potentiels du MON810 ?

Aujourd’hui on n’a rien, aucune étude sérieuse portant sur l’impact possible sur l’environnement. La seule chose dont nous disposons est cet avis de l’Afssa qui ne se base que sur une recherche de trois mois, pour lequel nous n’avons aucune donnée brute et qui ne concerne que les risques sanitaires… Une étude sur plusieurs années menées par des scientifiques indépendants me semble indispensable.

Pourtant, la clause de sauvegarde va bientôt être à nouveau remise en cause puisqu’au printemps, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit statuer sur le renouvellement de l’autorisation du MON810…

Le comité OGM de l’Efsa, chargé de leur évaluation, est composé à 80% de personnes travaillant aussi pour l’industrie des biotechnologies. Il ne peut être indépendant avec des liens aussi étroits. Comment peut-on faire confiance à des personnes qui sont clairement en faveur de ce qu’ils sont censés évaluer ? Lire la suite

Vittel : Pacte écoleau dans les Vosges

liberation.fr, Lise Barnéoud, le 3 février 2009

Pacte écoleau

Succès. Des agriculteurs vosgiens se sont convertis au quasi-bio pour éviter de polluer les sources de Vittel : le pacte industrie-agriculture, inventé par l’Inra, est devenu un modèle de développement durable.

Imaginez. Vous avez une sublime poule aux œufs d’or. Soudain, elle montre des signes de faiblesse. Que faites-vous ? Vous l’emmenez fissa chez le vétérinaire pour qu’il la requinque…

Maintenant, remplacez la poule par l’écosystème de l’Ouest vosgien, les œufs d’or par des bouteilles de Vittel, le vétérinaire par un institut de recherches et le propriétaire par Nestlé. Vous tenez alors les acteurs d’une expérience écologique et sociale unique en France et pionnière du genre : la conversion d’une région à une agriculture durable, quasi bio, afin de sauver une source menacée de disqualification par l’usage des engrais et pesticides. L’aventure a commencé en 1989. Vingt ans ont passé. Depuis, le niveau des nitrates dans la nappe souterraine a chuté et le bassin-versant de Vittel peut s’enorgueillir d’être une «île verte».

Frayeurs. De l’ancienne route romaine qui relie Langres à Strasbourg, il est possible d’apercevoir la totalité de cette «île», blanchie sous une fine couche de glace. On devine des prairies, quelques champs fraîchement labourés, des bosquets, des vaches, un petit troupeau de moutons, des villages… 5 000 hectares, en tout, dont 3 600 consacrés à l’agriculture. Ce vaste bassin descend vers la ville thermale, où une longue faille se dresse. C’est là, le long de ce décrochement géologique, qu’émergent les sources de Vittel, qui font la réputation de la ville depuis l’époque gallo-romaine. Et le bonheur de Nestlé, passé en 1992 d’actionnaire majoritaire de la Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV) à propriétaire. Un bonheur qui a connu une grande frayeur.

A la fin des années 80, alors que la multinationale suisse mise gros sur l’avenir de la source, elle observe en effet que la teneur en nitrates grimpe de façon constante, atteignant les 8 mg/l en bouteille. Impossible de ne pas s’en inquiéter alors que la législation française impose aux minéraliers une composition physico-chimique constante, sans avoir recours à des traitements, et que les normes sanitaires fixent à 10 mg/l le seuil pour les eaux destinées aux nourrissons, clients des 1,3 milliard de bouteilles de Vittel vendues chaque année…

«Une eau saine commence par une terre saine», clament aujourd’hui les publicités de la marque. Elle en sait quelque chose : dans cette zone calcaire, ce qui se répand et s’épand en surface a toutes les chances de se retrouver dans la nappe souterraine plus tard. Or, depuis la fin des années 70, la tendance est, ici comme ailleurs en France, à la culture intensive du maïs à grands coups d’engrais pourvoyeurs de nitrates. Nestlé rêve de stopper net cette production de polluants qui menace ces «œufs d’or». Mais comment ?

Son premier réflexe est d’acquérir un maximum de terres et de les transformer en prairies non fertilisées. Mais il est impensable de racheter les 3 600 hectares agricoles et de contraindre les paysans à cesser leur activité. Il faut donc inventer une solution… C’est alors que l’entreprise se tourne vers l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). «Pour nous, leur objectif « zéro nitrate » traitait un peu vite l’avenir de l’agriculture locale, raconte Marc Benoît, responsable du volet agronomique de cette recherche. Nous avons donc renégocié durant deux ans cet objectif, afin de le rendre compatible avec la viabilité des fermes existantes. Et en 1989, la question était devenue : comment créer une agriculture qui fournisse une eau peu chargée en nitrates et permette aux fermes de se développer.» Lire la suite

Agro-carburants : la Banque mondiale censure le rapport

Les agro-carburants responsables à 75% de la hausse des prix alimentaires

La Banque mondiale censure un rapport sur les agro-carburants

Un nouveau rapport, non publié, de la Banque mondiale accuse la course folle aux agro-carburants d’être responsable à 75% de la hausse vertigineuse des prix alimentaires. Cette flambée des prix aurait déjà coûté 324 milliards de dollars aux consommateurs des pays pauvres et pourrait faire plonger 105 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

L’économiste de la Banque mondiale Don Mitchell a calculé le prix d’un panier de denrées entre janvier 2002 et février 2008, et mesuré une hausse globale de 140%. Prenant en compte la « chaîne des conséquences », Mitchell estime que sur les 140%, 35% sont imputables à la hausse des prix de l’énergie, des engrais et à la faiblesse du dollar, et 75% aux agro-carburants.

D’après le quotidien britannique The Guardian |1|, le rapport « affirme que la production des biocarburants a désorganisé le marché des produits alimentaires de trois façons majeures. D’abord, [la demande pour les biocarburants] détourne le blé vers l’éthanol et non vers l’alimentation. Ensuite, à l’heure actuelle, presque un tiers du maïs produit aux Etats-Unis sert à la production d’éthanol et environ la moitié des huiles végétales (colza, tournesol, etc.) sont utilisées pour le bio-diesel. Et finalement, cette dynamique haussière a attiré la spéculation sur les céréales. »

Pour leur part, la FAO et l’OCDE estiment à 30% l’impact Lire la suite