Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

sudouest.com, Yannick Delneste,  le 5 Octobre 2009

BORDEAUX. Plus de 500 personnes dont des élus de tous bords ont participé hier au rassemblement de l’association Taca

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

Romain a 11 ans et se tourne vers son père. « Mais Papa, quand on expire, on dégage du gaz carbonique. Ce carbone-là, il est bon ? » Les enfants sont formidables. Hier midi, sur les quais bordelais, Bastien le père s’en est sorti avec un « Regarde la pièce de théâtre, tu vas comprendre », pas franchement glorieux mais efficace. La réussite du pique-nique sans carbone est parfois à ce prix. Il est 13 h 30 près du parc des sports Saint-Michel et à défaut d’être un sommet artistique, la petite pièce de théâtre a le grand mérite de la pédagogie. Une planète aux criantes inégalités environnementales, une Amérique du Nord et une Europe surproductrices de gaz à effets de serre dont la réduction (diviser par 4 en France par exemple) est une urgence absolue.

Un fonds « climat »

Après le premier acte du constat, le second de la réponse : l’association Taca (comme taxe carbone) milite depuis plusieurs années pour son instauration. Sans citer la gouvernementale, Taca (1) rappelle les valeurs de la sienne : avoir le courage d’augmenter d’un euro le litre d’essence, un chèque vert identique pour tous pour la moitié de la taxe, un fonds climat pour aider les plus démunis à s’isoler par exemple, mais aussi la moitié de ce fonds pour aider les pays du tiers-monde à s’équiper durable. À cette heure-là, la troisième édition est d’ores et déjà une réussite : près de 500 vélos ont été comptabilisés, garés sur les nombreuses barrières. Créé à Bègles qui a abrité les deux premières éditions, le pique-nique prenait cette année une dimension d’agglomération avec recentrage sur la ville-centre et démarche de consensus au service de la plus grande mobilisation.

De 17 des 27 communes de l’agglo, des « vélobus » sont partis, cortèges de cyclistes convergeant verts les quais bordelais. Tables de pique-nique et stands d’associations les deux-roues et les pedibus. Celui venu en voiture ne le criait pas sur les toits mais était aussi le bienvenu. « Enlevez les élus et leurs familles et vous n’aurez plus grand monde… ». Il est des Brugeais sarcastiques. Le maire Bernard Seurot emmenait un cortège de près de 80 personnes au tee-shirt consensuel où on lisait « Bruges, en vert et avec tous ». Le carbone est-il politique ?

Le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP), le maire de Bègles Noël Mamère (Verts), le président de la CUB et maire de Blanquefort Vincent Feltesse (PS), le président de la Région Alain Rousset… le gratin politique en bras de chemise, tous hérauts de la cause du développement durable et pourfendeurs du vilain carbone. « La taxe carbone est un gâchis », s’énervait Noël Mamère vannant les ralliés tardifs du combat écologique. « Nous sommes à un basculement de civilisation et il va falloir en prendre conscience », soulignait Vincent Feltesse. Mais malgré la belle agora, la chose politique n’a pas pris le pas sur un rassemblement qui se voulait avant tout œcuménique.

Soumis gentiment à la Question par Taca sur leur durable engagement personnel et collectif, les élus rivalisaient alors de certificats de bonne conduite : « Je circule en vélo », insistait Lire la suite

Dix associations Pédibus-Vélobus ont fêté la première année de leur fédération

sudouest.com, Sophie Neupert, le 17 Juin 2009

CANÉJAN, RENCONTRE. Dix associations Pédibus-Vélobus ont fêté la première année de leur fédération

1 000 pattes réunies

Bonne nouvelle, l’association des 1 000 pattes canéjanaises n’est plus toute seule maintenant. Près de 11 autres pédibus-vélobus prônant l’exercice physique de quelques minutes quotidiennes pour se rendre à l’école (et en repartir) plutôt que l’usage de la voiture perso l’ont rejointe. Ensemble, depuis septembre dernier, elles forment une véritable Fédération des 1 000 pattes dans toute la Gironde qui ne cesse de grandir (Bassens, Ambès, Bordeaux Dupaty, La Teste-de-Buch, Mérignac-Arlac, et bientôt Cadaujac).

Et pour la première fois, le dernier week-end de mai, une partie de ces 10 associations et de leurs membres bénévoles actifs (Ambarès-et-Lagrave, Talence, Bordeaux Saint-Augustin) avaient bravé les intempéries pour partager une balade détrempée le long des berges de l’Eau-Bourde, et un pique-nique revigorant à l’intérieur du moulin de Rouillac, après sa visite commentée faite par Bruno Gasteuil, président d’Histoire et mémoire de Canéjan.

Subventions européennes

Le président d’Ambarès et de toute la Fédération girondine des 1 000 pattes, Enrique Onate, en explique le but : « Comme une grande famille agrandie, nous avons besoin de mieux nous connaître et de nous faire connaître aussi. En un an, nous avons réussi à fédérer 10 associations, au départ éparpillées, au sein de ce réseau qui vise à développer dans chaque commune concernée un déplacement écocitoyen. Nous nous sommes réunis, dans un esprit de convivialité pour sceller cette première année charnière. Nous avons déjà obtenu une subvention du Fonds social européen, et bientôt nous espérons l’aide de la CUB. Comme nous avons bien grossi, nous sommes mêmes à l’origine de la création d’un emploi. »

Sensibiliser les écoliers

Et Nathalie Pena, présidente des 1 000 pattes de Canéjan, qui organisait ce premier rendez-vous, d’ajouter : « Nous comptons aider tous ceux qui le veulent à accompagner leur projet. Nous souhaitons relayer des idées qui viennent d’ailleurs : le pédibus ou le vélobus ne sont pas forcément appropriés à chaque commune, il existe beaucoup d’autres solutions. Nous comptons mettre en place dans les écoles des réunions de sensibilisation, développer la sécurité routière, etc. Et sur la commune, pas de nouveaux circuits en vue mais les effectifs se maintiennent avec de jeunes élèves ravis. »

En tout cas, ce jour-là, Lire la suite