Paul Aries sur France-Inter – La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

France-Inter, Isabelle Giordano, Service public, le 3 juin 2009

La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

Paul Ariès, politologue, auteur de « Apprendre à faire le vide » (éditions Milan) et directeur du Sarkophage, nouveau journal des gauches antiproductivistes (en kiosque depuis le 14 juillet 2007)

Philippe Frémeaux, Directeur des publications d’Alternatives économiques

Eric Allodi, directeur de Integral Vision, conseils en stratégie alternative

Martine Picouet, Journaliste Le Monde pour son article sur le boom des campings à paraître dans l’édition datée du jeudi 4 juin.

Le reportage

Ils s’appellent Christian et Monique. Ils habitent un pavillon à Bondy, en Seine Saint Denis. Depuis les années 70, ils pratiquent une forme de simplicité volontaire, ou une forme de décroissance, ou attention au développement durable… bref, ils font attention, notamment aux matières premières, sans pour autant se revendiquer d’un mouvement particulier, et encore moins militant. La première action qu’ils ont menée, c’est quand ils ont agrandi leur maison, c’est de faire une isolation parfaite. Résultat : ils ont divisé par deux leur consommation de fuel. (et ont la même chaudière depuis les années 70). Je suis donc allé chez eux, voir comment simplement, on peut faire un geste. Thomas Chauvineau Ré-écouter l’émission ici

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2 Réponses

  1. Bonjour
    J’ai écrit l’ouvrage : Vivre simplement pour vivre mieux, le guide des décroissants, publié aux éditions Dangles.
    J’ai déjà recueilli de nombreux commentaires sur l’ouvrage, très positifs de la part des partisans de la simplicité volontaire, plus perplexes de la part des autres. La question qui revient le plus souvent est : comment osez vous inciter les gens à consommer moins alors qu’il faut relancer l’économie et que ça ne se fera que par la relance de la consommation.

    Voilà une réflexion que je leur destine :

    Réflexion sur la consommation et la crise économique

    Nous connaissons actuellement l’une des pires crises économiques. De grandes banques font faillite, les bourses chutent vertigineusement, les entreprises licencient, le chômage explose. Pourtant, peu de voix s’élèvent pour remettre en question le libéralisme économique. Bien au contraire, les gouvernements s’évertuent à nous convaincre qu’il ne s’agit là que d’une crise passagère, que les fondements mêmes de l’économie libérale ne sont pas en cause et qu’il suffit, pour sortir de ce marasme, de reprendre confiance et, surtout, de consommer, encore consommer et toujours plus consommer ! Seule une relance de la consommation peut sauver l’économie, pérenniser nos emplois et nous faire oublier cette mauvaise passe. Alors tous à vos caddies, et qu’ils soient bien remplis, comme avant, comme du temps où la croissance faisait les beaux jours des places financières. Faut-il donc être un mauvais citoyen pour oser écrire un ouvrage vous invitant à moins consommer… Ai-je des scrupules ? Pas une seule minute. Voilà quarante ans que nos sociétés occidentales usent de toutes les ruses pour nous pousser à consommer plus que nécessaire. Les industriels ont inventé les produits « Kleenex ». Fini le bon vieux réfrigérateur, le téléviseur ou la chaîne hi-fi qui duraient trente ans. Pas bon pour le commerce ! Alors les ingénieurs ont concocté de nouveaux produits périssables, qui ne résistent que quelques mois de plus que la garantie constructeur. Et pas question de réparer. Les boîtiers sont sertis, inviolables ; ils ont inventé des vis que vos tournevis ne peuvent dévisser. Les SAV nous expliquent, narquois, qu’il sera plus onéreux de réparer que d’acheter du neuf. Alors, on nous propose chaque année de nouveaux modèles, toujours plus sophistiqués, toujours plus fragiles, toujours plus Kleenex. Les médias et leurs donneurs d’ordre que sont les publicitaires veillent à ce que nous soyons toujours en manque de quelque chose et usent de tous les stratagèmes pour que nous nous précipitions sur la dernière nouveauté (dont nous n’avons que faire mais qu’il semble pourtant indispensable de posséder). Les banques et les sociétés de crédits prennent le relais en nous proposant sans vergogne de nous « surendetter » au-delà du supportable. Tout cela dans un mépris total de l’écologie ! On pille les ressources naturelles de la planète. Des écologistes (pensez donc, de doux rêveurs illuminés) tirent le signal d’alarme depuis trente ans. Les lobbies se chargent de les faire taire ou de dénigrer leurs combats. Et voilà que le château de carte s’écroule. Aujourd’hui, de plus en plus de consommateurs avertis ont pris conscience de la supercherie et réagissent. Ils se tournent vers des solutions alternatives, réduisent leur consommation, redécouvrent le troc, s’affranchissent de la publicité pour retrouver enfin un peu de liberté. Et il faudrait leur jeter la pierre, leur faire porter la responsabilité de la crise et de la récession ? C’est aux gouvernements, aux financiers, aux industriels et aux grands distributeurs de revoir leur copie. Ils ont abondamment tondu la laine sur notre dos pendant des décennies, voilà qu’il n’y a plus de laine. Nous sommes les premières victimes et il faudrait que nous devenions aussi les responsables ? À eux de se remettre en question et d’imaginer un nouveau modèle économique respectueux des individus et de la planète. À nous, citoyens (et accessoirement consommateurs), de trouver nos propres solutions. Elles passent par la simplicité volontaire et la frugalité. Nous devons enfin prendre conscience que notre bonheur ne dépend pas de la quantité de ce que nous achetons, mais de la qualité de notre vie et de notre enrichissement intérieur. Retrouvons dès maintenant notre autonomie en nous affranchissant autant que possible de cette société d’hyperconsommation, et advienne que pourra… En tout cas, une chose est certaine : ce seront les décroissants les mieux préparés (matériellement et psychologiquement) à affronter une grave crise économique ou sociale.

    Merci de vos commentaires

    Philippe Lahille

  2. Merci pour ce complément. Difficile de faire passer le message que c’est le système actuel qui nous a mené dans cette crise et qu’il ne faut pas le renforcer ou l’améliorer mais en changer !

    En gros, on courrait dans un sens et on vient de se prendre méchamment un mur.
    Au lieu de reculer un peu pour repartir en marchant doucement dans une autre voie, ils veulent qu’on court encore plus vite ! mais on va se le reprendre, c’est sûr !!

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