Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, novembre 2010

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000587/index.shtml?xtor=EPR-526

Rapport d’évaluation du Grenelle de l’environnement

FRANCE. Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer

Ce rapport élaboré par le comité d’évaluation du Grenelle Environnement et par le cabinet Ernst and Young fait le point, thématique par thématique, sur les actions engagées ces trois dernières années en matière de gouvernance, d’énergie et de climat, de politique des déchets, de gestion des risques, de traitements des déchets, de transport, d’urbanisme…

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222 pages

Sommaire

Préambule

Synthèse de l’évaluation

1. Bâtiment et urbanisme

2. Transport et mobilité

3. Énergie

4. Biodiversité

5. Agriculture et milieux aquatiques

6. Risques, santé, environnement

7. Déchets

8. Gouvernance Lire la suite

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

novethic.fr, Véronique Smée, le 15 octobre 2010

http://www.novethic.fr/novethic/planete/institution/etats/la_nouvelle_donne_ministere_ecologie/131839.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

La nouvelle donne du ministère de l’écologie

Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement dans le nouveau gouvernement annoncé dimanche 14 novembre. Elle devient numéro quatre du gouvernement mais n’est pas ministre d’État, contrairement à Jean-Louis Borloo, qui quitte le gouvernement.

François Fillon a nommé Nathalie Kosciusko-Morizet ministre de l’Écologie. Elle était auparavant secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Agée de 37 ans, elle a occupé la fonction de secrétaire d’Etat à l’écologie de juin 2007 à janvier 2009, date du dernier remaniement. Beaucoup avaient évoqué à l’époque sa nomination à l’économie numérique comme une « punition » , après ses prises de position et ses critiques contre les lobbies lors du vote de la loi sur les OGM, dont elle s’était finalement excusée sous la pression du Premier ministre, François Fillon.

Député de l’Essonne avant son entrée au gouvernement, elle a également été rapporteur de la Charte de l’environnement à l’Assemblée nationale et a participé au processus du Grenelle de l’environnement.

Si NKM conserve deux secrétaires d’Etat qui lui sont rattachés -Benoist Apparu, qui demeure secrétaire d’État au Logement, mais plus à l’Urbanisme; et Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse qui devient secrétaire d’Etat aux Transports à la suite de Dominique Bussereau-, elle perd en revanche Valérie Létard, en charge des technologies vertes auprès du ministère, qui quitte le gouvernement. Enfin, l’ex-secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno est nommée secrétaire d’Etat aux sports.

Un portefeuille plus restreint

Lors du précédent remaniement, le portefeuille de Jean-Louis Borloo (numéro 2 du gouvernement) avait été élargi à la Mer, aux technologies vertes et aux négociations climatiques. Quatre pôles opérationnels avaient été définis : transports, aménagement du territoire, politiques énergétiques, ressources naturelles et biodiversité. Ce n’est plus le cas dans les nouvelles attributions du Ministère : l’énergie est confiée à Eric Besson, nommé ministre de l’Industrie, de l’énergie, de l’économie numérique. L’aménagement du territoire intègre le portefeuille de Bruno Le Maire, désormais ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire.

Critiques des écologistes

S’ils saluent la compétence de NKM et son courage politique, le fait que l’énergie soit retirée du nouveau ministère fait l’objet de vives critiques de la part des écologistes. « Pour l’avenir des énergies renouvelables, c’est catastrophique », a déclaré Arnaud Gossement (Droit et Environnement). « Il y a des forces hostiles à nos propositions, le monde de l’industrie fossile et nucléaire. Ils ont gagné ce soir », a également déclaré à l’AFP le directeur-général du WWF Serge Orru. Le parti de Corinne Lepage CAP 21 a indiqué dans un communiqué que Lire la suite

Le dimanche 10/10/10 – Retrouvons-nous à ALTERNATIVA à Cap Sciences Bordeaux de 10h10 à 19h

Le dimanche 10/10/10   Retrouvez-nous à ALTERNATIVA à Cap Sciences de 10h10 à 19h       

AlternativA, c’est un temps de rencontres et de débats, un événement festif organisé à  Bordeaux par le Collectif Climat Gironde, à Bayonne  par l’association Bizi !, à Pau par le collectif CocliPau, le dimanche 10 octobre, journée d’action mondiale en faveur du climat.

AlternativA, c’est le lieu où les alternatives s’exposent, se créent… c’est un espace de transition écologique et sociale vers le monde de demain…

Les effets du changement climatique se précisent et pourtant, le Sommet de Cancun prévu en décembre s’engage, comme celui de Copenhague, dans une impasse.  

Notre système économique, social et démocratique est profondément en crise. Il remet en cause aujourd’hui les conditions mêmes de survie de l’espèce humaine sur notre planète. Mais envisager cette crise comme un possible levier de changement, reprendre du pouvoir sur notre avenir, c’est le défi que nous voulons relever.

Place à l’action locale et au penser global, place à l’inventivité, à l’imagination, au travail solidaire et au plaisir de faire ensemble !

Rendez-vous à Cap Sciences le dimanche 10/10/10 à partir de 10h10

Collectif Climat Gironde : http://collectifgirondecopenhague.eklablog.net   

Contacts : alain.blanc22@orange-ftgroup.com  et brigthomas@free.fr

Le 10/10/10 : ce qui vous attend !

Le matin accueil-café : 10h10 rencontre avec les associations présentes, ateliers-débats  sur les quais : déambulation avec la Batucada Zumbi Rei    

12h30 Apéro-repas avec la fanfare rock  La Collectore  (buvette et brasserie bio sur place)

L’après-midi  rencontre avec les associations, atelier-débats récréation musicale avec Éric Brocard projection du film « The Story of stuff »

17 h Débat « Travailler plus pour (se) détruire plus ? » avec la participation du philosophe et sociologue Daniel Cerezuelle.

18h30 Et après ? Lire la suite

Isolation thermique écologique : Conférence de JP Oliva les 5 et 6 octobre chez Mollat et à Beychac et Caillau

altern’éco.com, communiqué, le 23 septembre 2010

www.altern-eco.com

Souhaitant poursuivre son action de prise de conscience des enjeux du développement soutenable et de diffusion d’un habitat respectueux de notre santé et de l’environnement, ALTERN ECO organise des conférences – rencontres – débats.

A l’occasion de notre deuxième anniversaire, nous avons le grand plaisir d’accueillir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’éco-construction en France et auteur de plusieurs ouvrages de références (dont dernièrement « L’isolation thermique écologique »).

Lors de sa venue exceptionnelle en Gironde, il donnera deux conférences les 5 et 6 octobre 2010 à Bordeaux et Beychac-et-Caillau.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre au 05 56 21 30 67. Merci de nous confirmer votre venue à Beychac et Caillau (pour une question de places !) avant le 4/10 !

En collaboration avec Terre Vivante et la Librairie Mollat, Altern’éco a le plaisir de vous inviter à rencontrer Jean-Pierre Oliva, consultant en éco-architecture & éco-construction, membre du réseau éco-bâtir lors de deux conférences les 5 et 6 octobre 2010

A l’occasion de son deuxième anniversaire, ALTERN ECO a l’honneur de recevoir Jean-Pierre Oliva, pionnier de l’habitat écologique en France, qui abordera deux thèmes chers à ses principes d’écologie appliquée au bâti :

repenser le rôle de la conception architecturale par une approche multicritères en y intégrant une analyse bioclimatique,

 et démontrer la pertinence et l’avenir des savoir-faire traditionnels pour préparer au mieux nos bâtiments à un monde post industriel appauvri en ressources énergétiques.

Ces conférences vous offriront l’opportunité d’échanger sur les applications concrètes de ces thématiques et nous donneront l’occasion de nous réunir en toute convivialité.

« Performance énergétique versus Architecture » le mardi 5 octobre 2010, à 18h00 – Librairie Mollat Bordeaux – Entrée gratuite,

« Pénurie énergétique: comment y préparer nos bâtiments ? » le Lire la suite

Geneviève Azam – Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

bastamag.net,  Agnès Rousseaux, le 13 septembre 2010

http://www.bastamag.net/article1174.html

Nous vivons plus qu’une convergence de crises, l’effondrement est déjà là

Crise après crise, le système capitaliste semble perdurer. Spéculation financière, dégâts environnementaux et inégalités mondiales repartent de plus belle. Et pourtant… Pour Geneviève Azam, économiste et co-présidente du conseil scientifique d’Attac, les illusions d’un monde aux ressources infinies et à la croissance illimitée sont tombées. Le modèle capitaliste n’est plus porteur de rêves. Un nouveau rapport au monde émerge, aux contours encore incertains. Réussira-t-il à opérer la transition vers un « postcapitalisme civilisé » ? Entretien avec l’auteure du livre « Le temps du monde fini ».

Basta ! : La succession des crises – financière, sociale, écologique… – n’entraînent toujours pas de changements radicaux au sein du système capitaliste. Faut-il attendre son effondrement total pour que ce modèle soit remis en question ?

L’effondrement est déjà là. Nous vivons plus qu’une crise, plus qu’une convergence des crises, mais l’imbrication de toutes les crises. Des émeutes de la faim viennent de nouveau d’éclater au Mozambique. Un tel événement est quasiment impensable dans nos sociétés ! Ces émeutes sont le résultat d’un modèle agricole productiviste et de la spéculation sur les produits agricoles, sur les terres, donc du système financier. C’est également une conséquence de la crise écologique, avec le réchauffement climatique, et de la crise énergétique, avec le développement des agrocarburants pour remplacer le pétrole. Chaque manifestation de l’effondrement que nous vivons combine toutes ces crises.

Nous nous acharnons à repousser toute limite. C’est, selon vous, ce qui caractérise deux siècles d’histoire économique. Sentez-vous une prise de conscience de la rareté, voire de la finitude, de nos ressources et des limites intrinsèques à notre planète ?

Si on fait l’hypothèse que le capital technique peut se substituer indéfiniment au capital naturel, il n’existe effectivement aucune limite. La pensée économique reste prisonnière de cette hypothèse, et de celle de la réversibilité du temps, du possible retour en arrière. La crise écologique montre au contraire que des phénomènes irréversibles, que des destructions définitives sont à l’œuvre. Depuis une vingtaine d’années, les mouvements sociaux ont pris conscience de ces limites. Une expertise citoyenne s’est peu à peu construite sur l’énergie, les semences ou le climat, démontant l’illusion que la technique pourrait remplacer ce qui est détruit.

Les théories économiques oublient la nature. Quand elle est prise en compte, on parle « d’externalités ». On lui attribue un prix comme s’il existait une mesure commune entre nature et marchandises. Cela me gêne. Fixer un prix laisse penser qu’une compensation est possible, qu’il suffit de payer. Certaines dégradations sont irréversibles, et payer ne remplacera jamais les pertes. Parler d’externalités est aussi très révélateur, comme si c’était juste quelque chose de regrettable. C’est le processus lui-même qui doit être modifié et pas simplement ses effets « regrettables ».

Ne risque-t-on pas de s’enfermer dans une gestion économique de la crise écologique, avec, par exemple, le « marché des droits à polluer » ou le principe pollueur-payeur ?

Donner un prix à des pollutions traduit une prise de conscience. Il est logique que ceux qui abiment l’espace public pour des motifs de rentabilité privée soient Lire la suite

Paul Ariès – « Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 20 août 2010

http://www.rue89.com/planete89/2010/08/20/decroissance-le-mot-qui-met-les-ecolos-en-ebullition-163260  

« Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd’hui, c’est qu’il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d’été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l’applaudimètre avec… Corinne Lepage, l’ancienne ministre de l’Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.

C’est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l’a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l’incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l’amphi bondé de près d’un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l’écologie politique, chacun semble d’accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s’impose », mais entre l’avocate centriste et l’apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Corinne Lepage, en pleine opération séduction, se la joue modeste et s’attend à se faire huer à chaque phrase. Elle fait le plus grand pas possible en direction de la frange rouge d’Europe Ecologie : « J’arrive, au bout de trente-cinq ans de combat écologique, au constat que le développement durable nous propose de continuer avec un modèle qui ne tient pas la route. Je n’aime pas le terme de croissance, je ne l’emploie jamais. Mais il est impossible à court terme d’instaurer la décroissance. »

« Des slogans qui ont une barbe incroyable »

Son discours rejoint largement celui de Daniel Cohn-Bendit. Je le croise errant comme une âme en peine dans les couloirs de la fac de droit, un peu plus tôt dans la matinée. Il refuse lui aussi de se laisser enfermer dans le débat croissance/décroissance : « On a besoin d’une transformation écologique des entreprises, ça ne se fera qu’avec des entrepreneurs. L’anticapitalisme, c’est la recherche de slogans qui ne fonctionnent pas. L’attraction d’Europe Ecologie, c’est d’accepter la complexité. On ne réduit pas cette complexité en sortant des slogans qui ont une barbe incroyable. Si on a envie de ça, on revient à 1,5% des voix. »

La position de l’eurodéputé José Bové n’est pas si éloignée. Sans s’être concerté avec son camarade de Strasbourg, il lance : « Le terme de décroissance a été un très bon slogan coup de poing face à tous ceux qui croyaient au dogme de la croissance, indépassable. Ecrouler ce mythe, c’était important mais la réponse n’est pas dans le slogan. Il faut se demander comment on fait croître la solidarité, la défense de la planète, une économie plus sobre et comment on fait décroître l’impact sur le climat, etc. Il n’y a pas une réponse en noir et blanc, pas un mot qui peut résumer tout. »

A la tribune aux cotés de Corinne Lepage, le député de Paris Yves Cochet réjouit les militants lorsqu’il dénonce « la croissance actuelle au sens d’Aubry et de Fillon qui est antisociale, anti-économique et anti-écologique. » Et de proposer, puisque « la décroissance est notre destin », quatre solutions :

– l’autosuffisance locale et régionale ;

– la décentralisation Lire la suite

Les revues écologistes françaises : S!lence, Ecorev, L’écologiste, La Revue durable et Entropia

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 11 août 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/08/11/les-ecologistes-c-est-le-bouquet_1397910_3232.html

27/30 Les écologistes, c’est le bouquet

Une revue écologiste, une seule ? Impossible. Cela ne peut être qu’un bouquet, une flore sauvage, des adventices poussant au bord des autoroutes de papier, des fleurs inattendues prospérant sur le compost de projets évanouis. Car depuis quelques années, la réflexion écologiste a refleuri et, si elle ne connaît ni gros tirages ni forte visibilité – les milieux dits intellectuels ne s’intéressant pas réellement à la thématique -, elle manifeste une vitalité revigorante. En même temps, aucune n’émerge réellement comme le donneur de ton du débat écologique. Elles composent ensemble un paysage chatoyant et assez cohérent, mais où aucun relief accusé n’émerge vraiment.

A mi-chemin entre le journal, la revue et l’expérience militante, S ! lence mérite la palme de la ténacité : lancée en 1982 au moment d’un vif reflux de l’écologisme en France, elle a toujours assuré une parution mensuelle marquée par un dossier thématique complété d’une multitude de petites informations. S ! lence a bien souvent été la première à repérer des thèmes émergents dans la communauté écologiste radicale avant de connaître une assez large fortune publique. Elle a ainsi lancé la thématique de la décroissance, en février 2002, reprise avec succès ensuite par le journal La Décroissance, lancé en 2004. S ! lence diffuse près de 5 000 exemplaires, surtout par abonnements. Issue, de son côté, de militants des Verts, Ecorev a publié son premier numéro en janvier 2000, sous le parrainage d’André Gorz, après un numéro zéro consacré à « Survivre au capitalisme ». Elle est née, selon Jérôme Gleizes, un de ses animateurs, d’un « refus de l’écologie d’accompagnement » incarnée par Dominique Voynet, lors de son passage dans le gouvernement de Lionel Jospin. « Nous allons des écologistes de gauche à des décroissants qui ne veulent pas se positionner à gauche. » La revue trimestrielle, animée par des normaliens ou des universitaires, se définit comme « revue critique de l’écologie politique« , selon son sous-titre, plutôt que théorique. Elle recherche – et obtient – une bonne lisibilité, par des articles concis, sans lourd appareil de notes, et souvent illustrés. Cette volonté pédagogique a fait d’Ecorev l’explorateur de thématiques transversales (le corps, la démocratie, la science, l’histoire de l’écologie, la mondialisation, la décroissance…). Mais ce choix rédactionnel l’a conduite à délaisser des interrogations plus concrètes du débat politique ou économique, si bien que la revue semble parfois en apesanteur par rapport au combat des idées. Ses scores sont modestes mais réguliers, avec une diffusion moyenne de plus de 500 exemplaires.

C’est aussi en 2000 qu’est né L’Ecologiste, version française du mensuel The Ecologist fondé par Teddy Goldsmith, en 1970. Trimestriel, L’Ecologiste a tout de suite pris, tout en se présentant comme un magazine (couverture en couleurs, format A4), une forme de revue centrée sur un dossier écrit par des auteurs souvent scientifiques, et intégrant nombre d’articles traduits de l’anglais. Animé par Thierry Jaccaud, L’Ecologiste a pris son autonomie par rapport à son parrain britannique, tout en restant sur la ligne d’une écologie naturaliste, portant une grande attention aux questions de biodiversité, de forêts, d’agriculture, mais aussi de santé ou de pesticides. Diffusant à plusieurs milliers d’exemplaires, la revue doit trouver un nouveau souffle après le décès de son fondateur et mécène, Teddy Goldsmith, en août 2009.

Fondée en 2002, à Genève, par Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz, La Revue durable, sous une forme assez comparable à L’Ecologiste (aspect magazine, un dossier central par numéro), a progressivement gagné une visibilité en adoptant un angle axé sur la question de l’intégration des pratiques écologiques dans les sociétés modernes. S’intéressant davantage à l’économie qu’à la nature, La Revue durable cherche un équilibre entre le pragmatisme du « développement durable », honni par nombre d’écologistes comme un faux nez du capitalisme, et la radicalité des choix qu’impose la crise écologique. Cela compose des numéros intéressants et bien informés de l’état des questions traitées, mais où la dimension conflictuelle des choix sociaux semble évacuée.

Dernier venu dans le champ de la réflexion écologiste, Entropia est née, en novembre 2006, avec un premier numéro consacré à « Décroissance et politique ». La revue, lancée par Jean-Claude Besson-Girard, Serge Latouche, Alain Gras, Agnès Sinaï, et d’autres, affichait une ligne claire définie par son sous-titre : « Revue d’étude théorique et politique de la décroissance« . Editée par la maison d’édition Parangon à raison de deux numéros par an, Entropia assume l’austérité de sa présentation : « Les mots sont importants », résume son principal animateur, Jean-Claude Besson-Girard. Entropia poursuit son chemin avec ténacité, s’interrogeant au fil des numéros sur « Crise éthique, éthique de crise ? », « L’effondrement : et après ? » ou « Territoires de la décroissance », attirant parfois des signatures situées hors du champ de l’écologie comme Zygmunt Bauman ou Hervé Le Bras.

Si l’on en croit le paysage intellectuel dessiné par les revues, la réflexion écologique va à rebours des politiques concrètement mises en place par les gouvernements sous l’étendard du développement durable. Il n’y a guère pour défendre celui-ci que Terra Eco, sous-titré « mensuel du développement durable », qui se présente comme un magazine sans ambition intellectuelle. En ce sens, l’écologie reste une pensée du Lire la suite