FNE – Rapport Stigllitz : Les indicateurs économiques ne sont pas les seuls malades !

France Nature Environnement, Communiqué, le 14 septembre 2009

Rapport Stiglitz : LES INDICATEURS ECONOMIQUES NE SONT PAS SEULS MALADES !

La commission sur les nouveaux indicateurs de croissance économique a remis son rapport à Nicolas Sarkozy lundi matin. Elle y suggère notamment de créer des indicateurs de bien-être venant s’ajouter à la mesure du PIB. Réaction de FNE.

Après des mois de réflexion sur fond de crise économique mondiale, la commission propose notamment de compléter la mesure du PIB par une série de nouveaux indicateurs, sans les énoncer, sur le bien-être des ménages, le développement durable et l’écologie. Le rapport Stiglitz remet en cause la position prédominante du PIB et de ce que cet indicateur mesure : la production et l’accumulation de biens.  

Les limites du PIB reconnues

Sébastien Genest est président de FNE : « Enfin, on ne se fie plus au seul et déréglé thermomètre économique pour contrer la fièvre climatique. Le PIB ne constitue plus une aide à la décision publique pertinente de l’avis général. Il induit même des erreurs qui peuvent être fatales pour l’état de la planète, puisque sa destruction ne freine pas la croissance du PIB. »

FNE souhaite une meilleure articulation de l’économie, de l’environnement et de l’éthique. Elle encourage toute prise en compte des limites de la planète et des intérêts des générations futures dans les indicateurs. FNE se félicite par ailleurs que la Commission ne propose pas de remplacer un indicateur agrégé comme le PIB par un autre : le PIB vert. Un seul indicateur ne peut refléter la situation économique. Et les indicateurs agrégés, même pour des questions simplistes comme le PIB, sont des instruments souvent grossiers, certes intéressants, mais dont l’interprétation politique peut être dangereuse.

Sébastien  Genest ajoute : « Dans un monde marqué par la complexité, les indicateurs doivent en rendre compte et être suffisamment fins. Un indicateur unique ne serait donc pas suffisant. »   

La nécessité d’indicateurs spécifiques pour l’environnement et les questions sociales

La comptabilisation économique de l’environnement  (patrimoines, services rendus, pertes par pollution ou dégradation), etc… est nécessaire. « Mais pour en avoir une idée juste, précise Christian Garnier, vice-président de FNE, il est fondamental de disposer de plusieurs indicateurs spécifiques quantitatifs chiffrés (eaux consommées et polluées, stocks de biodiversité, nombre d’espèces en danger, niveaux de bruit, formation des professionnels, etc.) ou qualitatifs (vulnérabilité des milieux, qualité des paysages, sensibilisation des citoyens et des responsables…). » 

Sur le même principe, si l’évaluation monétaire de phénomènes sociaux a son intérêt (aménités, efficacité des services publics, coût sanitaire des pollutions, coûts sociaux divers,..), les réalités sociales ne peuvent être appréciées sérieusement sans Lire la suite

Comptes Nationaux du Bien-être : alors, heureuse ?

ecoloinfo.com, Anne-sophie, le 16 février 2009

Comptes Nationaux du Bien-être en France : alors, heureuse ?

Voilà aujourd’hui une belle découverte : les comptes nationaux du bien-être, mis au point par la National Economic Foundation, au Royaume Uni. Alors que l’obsession de la croissance a des conséquences évidentes (un système financier déconnecté de l’économie réelle, des niveaux de dettes insoutenables, et la tension placée sur la planète par nos styles de vie consuméristes…) et que le PIB devient une mesure obsolète, cette étude offre ici une manière effective de recentrer notre attention sur les choses qui comptent vraiment… Un vrai bijou d’analyse qui vous permet même de comparer votre bien-être à celui des 22 pays européens, et qui vous donne des pistes de réflexion pour améliorer, au besoin, votre bien-être !

Les comptes nationaux, en France, sont établis par l‘INSEE et donnent un panorama de la santé économique du pays : le Produit Intérieur Brut (PIB) et ses composants, la consommation, les échanges extérieurs, la production et la consommation intermédiaire, l’emploi et la productivité… Autant de données que l’on fait entrer dans la tête des jeunes économistes via des ouvrages comme celui d’Edith Archambault (ah, Le Archambault ! que de souvenirs…) et qui après deviennent les étalons sur lesquels ils fondent la plupart de leurs analyses (ou presque)…

Or, c’est désormais un fait acquis: le PIB, mesure traditionnelle du revenu national et de la croissance, ne prend pas en compte le progrès social ni le bien-être des Nations. Il ne prend pas non plus en compte la répartition des ressources, ni les dommages sociaux et environnementaux provoqués par la croissance économique (ben oui, un accident ou un désastre écologique tel que celui du naufrage de l’Erika font augmenter le PIB par exemple!)

Nombreux sont ceux qui s’intéressent donc aujourd’hui à de nouveaux indicateurs afin que la richesses des nations ne soit plus appréhendée seulement en termes d’utilité (oh sacro-sainte utilité !) et de pouvoir d’achat, mais plutôt en termes de bien-être et de bonheur des citoyens…

National Account of Well-Being

L’intérêt dans les mesures alternatives est donc en vogue et aussi la NEF (New Economic Foundation, un think tank britannique) a-t-elle lancé un appel aux gouvernements pour qu’ils mesurent le bien-être et publient des rapports sur le sujet. Elle a, en parallèle, produit une première proposition détaillée sur la manière dont cela pourrait être fait: le National Account of Well Being (les comptes nationaux du bien-être) présente ainsi une analyse internationale complète du bien-être des nations européennes. Un vrai bijou !

Les données utilisées viennent de l’enquête sociale européenne menée en 2006/2007. Les chiffres obtenus dans cette enquête ont été compilé en deux principaux indices:

1- Personal Well-Being (le bien-être personnel): cet indice est composé de 5 sous-indices eux-mêmes composés d’autres indices. Il repose donc sur l’estimation de votre bien-être émotionnel (sentiments positifs, sentiments négatifs), votre sensation d’avoir une vie satisfaisante, votre vitalité, votre résilience/estime personnelle (optimisme, résilience et confiance en soi) et votre capacité à fonctionner de manière positive (compétence, autonomie, engagement, fins et moyens).

2- Social Well-Being (le bien-être social): composé de deux sous-indices (les relations sociales, la confiance et le sentiment d’appartenance) Les indices varient de 1 à 10, et la moyenne (5) étant le reflet de la moyenne des 22 pays européens. Lire la suite