Opinion : Un monde vert d’inquiétude

developpementdurablelejournal.com, Pierre Magnetto, le 1er avril 2009,

Opinion : Un monde vert d’inquiétude

Selon « Our green world », une étude internationale menée par TNS Sofres et présentée hier dans le cadre des rencontres professionnelles du Monde, 78% des personnes trouvent la situation environnementale de la planète mauvaise. En France, cette opinion touche 92% des sondés, mais les consommateurs n’en tirent pas encore majoritairement de conséquences dans leurs achats. En question aussi, l’image des entreprises ou des leaders d’opinion communiquant sur le thème de l’environnement.

Comment va le monde ? A en croire « Our green world », étude de TNS Sofres présentée hier dans le cadre des Rencontres professionnelles du Monde, sur le plan environnemental il pourrait aller mieux. L’institut a réalisé en juin dernier une enquête internationale dans 17 pays(1) au cours de laquelle 13 000 personnes ont été interrogées via internet sur leurs « attitudes, perceptions et comportements d’achat face aux problématiques environnementales ». « Le sentiment que la situation de l’environnement se dégrade au niveau mondial est assez homogène », a expliqué Dominique Lévy (78% des sondés trouvent très mauvaises les conditions environnementales au niveau mondial). La directrice associée de TNS Sofres relève cependant un « paradoxe » puisque les sondés estiment majoritairement, mais dans des proportions moindres, que la situation est moins critique dans leur propre pays (62%), sauf en France où s’exprime un pessimisme certain avec 92% des personnes interrogées qui n’ont pas une bonne opinion « des conditions naturelles environnementales » du pays.

Etats-Unis et Chine montrés du doigt

Avec des disparités parfois importantes selon les pays, les problématiques qui inquiètent le plus sont la pollution de l’air, qui constitue la principale atteinte à l’environnement pour 28% des personnes interrogées, avant la déforestation (19%), la pollution de l’eau (16%), le surdéveloppement (16%), les déchets toxiques (10%) ou nucléaires (6%). Si l’environnement ne va pas bien, à qui est-ce la faute ? ont encore demandé les sondeurs. Les pays montrés du doigt sont principalement les Etats-Unis et la Chine. De manière implicite, cette perception désigne « l’hyperconsommation et les mauvais systèmes de production » comme premières sources de nuisances environnementales, commente Dominique Lévy.

Sur le plan des comportements d’achat, l’enquête de TNS souligne que 59% des personnes interrogées se disent prêtes à payer plus cher pour des produits verts. Mais seulement 26% affirment être « très influencées » (6%) ou « influencées » (20%) par l’environnement lors du choix de leurs achats quotidiens, la France présentant des résultats sensiblement similaires. L’étude montre encore que les éco-gestes semblent s’installer dans la vie quotidienne : 46% des sondés éteignent leur ordinateur quand il est inutilisé (idem pour la France), 39% pratiquent le tri sélectif (65% dans l’hexagone), 39% font réviser leur voiture une fois par an (44% des sondés français)…

Méfiance envers les entreprises et les politiques

TNS a encore cherché à comprendre ce que les perceptions de la situation environnementale et les comportements pouvaient induire sur le plan des stratégies de communication. Le moins que l’on puisse dire est que, face au « greenwashing », la stratégie utilisée par une entreprise pour donner d’elle-même une image écologiquement responsable, la méfiance est de mise. Pour 72% des sondés en effet, les entreprises mènent des actions en faveur de l’environnement pour répondre à des enjeux de marketing ou pour améliorer leur image auprès de l’opinion publique. Lire la suite