Projet d’aéroport à Notre-dame-des-Landes : A vous de jouer, par Hervé Kempf

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 18 juillet 2009

A vous de jouer

Il paraît que le développement durable est la nouvelle boussole des politiques. Il paraît que le Grenelle de l’environnement a marqué une rupture dans la façon de décider. Il paraît qu’il y a un ministre de l’écologie. Il paraît que Parti socialiste et UMP sont opposés. Il paraît…

Voici un jeu d’été. Au terme de cet article, choisissez une réponse parmi les suivantes : 1 – Les décideurs sont menteurs et hypocrites ; 2 – Il y a enfin une vraie politique écologique dans ce pays ; 3 – Toutes vos histoires d’environnement, on s’en bat l’oeil ; 4 – Les responsables sont irresponsables ; 5 – Le capitalisme continue de saccager l’environnement au nom de la « croissance verte » ; 6 – Je cherchais où passer mes vacances, j’ai trouvé.

Or, donc, en la belle ville de Nantes, administrée par Jean-Marc Ayrault, maire et député PS, il y a un aéroport. Son trafic est réduit, mais la disposition de la piste fait que les avions passent au-dessus de l’agglomération, générant des nuisances sonores. Le remède à cet inconvénient est connu de longue date : une piste perpendiculaire à l’existante et-ou divers dispositifs techniques, comme de nouvelles procédures d’atterrissage

Mais cela n’est pas assez beau, pas assez grand, pas assez puissant pour les édiles PS et UMP confondus dans le même enthousiasme bétonneur. Leur rêve ? Un nouvel aéroport dévorant 2 000 hectares de terres agricoles. La rationalité de ce projet s’éclaire quand on sait que, par exemple, l’aéroport de Genève, avec une seule piste et 340 hectares, accueille chaque année 10 millions de passagers. L’aéroport de Nantes actuel a un trafic de 2,8 millions de passagers.

L’aérodrome projeté sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) expulserait cinquante exploitations agricoles, bétonnerait des centaines d’hectares et stimulerait l’étalement urbain. Son coût global, présenté à 560 millions d’euros, est manifestement sous-évalué.

Ce projet contredit incontestablement une politique de prévention du changement climatique, de préservation de l’agriculture, de recherche d’autres modes de vie et de transport. Qu’il soit porté par un hiérarque du Parti socialiste confirme l’état de déliquescence de ce parti. Mais l’UMP est tout aussi enthousiaste. Les observateurs s’interrogent : M. Borloo va-t-il sortir de son prudent mutisme ? « Allô, le Grenelle de l’environnement ? »

C’est la mobilisation des citoyens qui fera pencher la balance. Depuis des années, les associations locales se battent, de plus en plus nombreuses et avec un écho grandissant. Elles sont rejointes par un collectif de plus de 200 élus de terrain. Elles organisent du 2 au 9 août la Semaine de la résistance, à Notre-Dame-des-Landes, ainsi qu’un camp « Action climat », pour la première fois en France. On pourra planter sa tente. Pour l’instant, il y a de l’herbe, pas du béton.

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