Consommation écologique, écologie dans les têtes, ruée sur les AMAP et liens écolos sur le web

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 12 Septembre 2009

Le développement durable se mesure aussi à l’aune des comportements individuels. Le tour des bonnes résolutions, sans douleur pour le budget

Cinq manières de réussir sa rentrée écolo

1 Les étiquettes je regarderai

La vogue de « l’écologiquement correct » ne facilite pas la consommation vertueuse, bien des produits s’autoproclamant plus verts que le voisin de rayon. L’écolabel européen et la marque NF Environnement ont tous deux le mérite du sérieux. Ils garantissent le respect d’un cahier des charges qui vise à restreindre l’impact sur l’environnement de quelque 600 articles non alimentaires. À l’heure de la rentrée, on trouve ainsi le logo NF Environnement apposé sur des colles de papeterie, des cahiers ou des produits textiles.

Pour le reste, la mention du bilan carbone (mesuré en émission de gaz à effet de serre) ou de l’empreinte écologique (mesurée en surface au sol) demeure embryonnaire. Deux enseignes, Leclerc et Casino, ont adopté ce type d’étiquetage.

Par ailleurs, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a lancé au printemps dernier une expérience sur l’étiquetage de 10 produits pilotes – jus d’orange, eau minérale, T-shirt en coton. Un accord avec le ministère de l’Écologie prévoit une expérimentation plus large, sur 300 produits. La loi Grenelle 1 du 3 août dernier pousse dans le même sens à l’horizon 2011.

Dans l’intervalle, il n’est pas interdit de s’abîmer les yeux dans la lecture des étiquettes pour faire la chasse aux cauchemars écologiques. L’huile de palme, par exemple, qui dégouline dans les aliments industriels et les cosmétiques. La Malaisie et l’Indonésie, ses deux principaux producteurs, détruisent joyeusement leurs forêts primaires pour favoriser l’installation d’immenses exploitations qui signent la mort de la biodiversité tropicale.

2 Localo-local j’achèterai

Que vous fassiez vos courses à Condom, à Libourne ou à Dax, que vaut-il mieux choisir à votre avis ? Une poire comice du Sud-Ouest, une passe-crassane de la même région de production ou une poire importée du Chili qui aura effectué 11 650 kilomètres entre le pied des Andes et le marché de Rungis ? Encore un effort, la réponse n’est pas extrêmement difficile à trouver…

L’étiquetage du pays d’origine étant obligatoire pour le frais, il suffit de lever le nez pour bannir de vos assiettes le melon charentais du… Maroc qui précède le « vrai » en tout début de saison, les tomates pleines de flotte d’Almería ou le raisin rosé d’Égypte qui voisine ces temps-ci avec un chasselas bien de chez nous.

La plupart du temps, se limiter à des fruits et légumes de saison permet d’éviter l’écueil. Mais l’expérience prouve que, même en juillet-août, mettre la main sur une aubergine française dans la grande distribution peut relever de l’exploit olympique. Il vaut mieux se rabattre sur les marchés, où les circuits de commercialisation sont en général plus courts, du producteur au consommateur. Voire embrasser la cause des Amap (lire ci-contre).

3 La chasse au superflu je ferai

52 % des émissions de gaz à effet de serre du quidam moyen proviennent des objets qu’il possède. Plus exactement de l’énergie qu’il a fallu utiliser pour la fabrication et le transport desdits objets. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), un sac à dos de 3 kilos en polyester fait ainsi s’envoler à peu près 59 kg de CO2 dans l’atmosphère, l’équivalent d’un trajet de 370 kilomètres en voiture. Plutôt que racheter un cartable par an, utiliser les objets jusqu’à leur usure effective n’est donc neutre ni pour l’environnement ni pour le porte-monnaie.

Dans le même ordre d’idées, l’adoption des piles rechargeables et des ampoules basse consommation ne fera de mal à personne. Pour ces dernières, la réglementation accompagne le déclic individuel. Depuis le 30 juin, les ampoules à incandescence d’au moins 100 watts sont retirées de la vente. Le 31 décembre, ce sera autour des 75 watts.

La surveillance de la consommation des fluides – eau, électricité, gaz – est tout aussi fondamentale. Débrancher les veilles électriques (télé, box Internet, etc.) lors des départs en vacances, bannir la climatisation, s’équiper en chasse d’eau deux vitesses (5 à 7 mètres cubes d’eau économisés par an pour un foyer), acheter un récupérateur d’eau de pluie pour le jardin, traquer la fuite au goutte à goutte sur un robinet (de 30 à 50 mètres cubes gaspillés par an) : les « bons » gestes ne manquent pas.

Certains d’entre eux sont bien repérés. Marcher ou pédaler, par exemple. À lui seul, le secteur des transports représente 27 % des émissions de gaz à effet de serre en France, selon le ministère de l’Écologie, les voitures individuelles représentant plus de la moitié du total. Or 60 % des déplacements en ville s’effectuent encore en voiture alors que le vélo est plus rapide sur les trajets courts.

La climatisation automobile, dont l’usage est souvent d’une parfaite inutilité, est une calamité pour l’effet de serre : surconsommation d’essence et fuite de gaz fluorés ultra- « réchauffants ».

4 Les polluants je traquerai

Le chantier est vaste. Son périmètre s’élargit à mesure que pleuvent les révélations sur la nocivité des molécules dans lesquelles nous baignons. Le 5 août, une étude a pointé du doigt le DEET, le principe actif des antimoustiques, suspecté d’être neurotoxique.

Le 25 août, l’UFC-Que choisir a poussé un coup de gueule contre les moquettes encollées, dont les émanations (formaldéhyde, toluène, éthers de glycol) se disputent la palme du pire. L’an dernier, l’association avait cloué au pilori les désodorisants. Les bougies parfumées, les peintures, les traitements du bois, les détergents… D’innombrables produits utilisés dans les intérieurs contiennent des molécules potentiellement néfastes, surtout pour les enfants. Pour l’heure, l’exacte toxicité de tout ceci est mal connue. Le programme européen Reach ambitionne d’évaluer les effets de 30 000 molécules d’ici à 2018. Mais on estime à 100 000 le nombre de molécules différentes qui nous environnent…

Face à ce casse-tête, une solution limitée mais simple : se tenir informé et aérer les locaux au minimum dix minutes par jour.

5 Mes déchets je trierai

Révélés fin juin par l’Ademe, les résultats d’une étude nationale sur les ordures ménagères attestent que les comportements évoluent. 50 % des journaux, magazines et emballages sont désormais récupérés par le biais des collectes sélectives.

Le papier, le carton et le verre disparaissent peu à peu du tout-venant dans les poubelles. Sur le périmètre de la Communauté urbaine de Bordeaux, le volume des collectes sélectives a augmenté de 11 % entre 2007 et 2008, avec une baisse corollaire de la collecte « traditionnelle ».

L’Ademe indique néanmoins que les Français ne sont pas au bout du chemin. On trouve encore 20 kilos de verre par habitant et par an dans les poubelles grises, et 100 kilos d’autres déchets recyclables (papier, carton, plastique, métal). Et on ne parle pas des piles qui partent avec les épluchures de légumes ou de l’huile de vidange qui rejoint les canalisations d’eaux pluviales…

« Un progrès dans les têtes »

Philippe Jurgensen est professeur à Sciences Po Paris, spécialiste des questions d’économie et d’environnement. Il est l’auteur de « L’Économie verte. Comment sauver notre planète » (Odile Jacob).

« Sud Ouest ». L’échelle individuelle est-elle pertinente pour s’engager dans le développement durable ?

Philippe Jurgensen. Plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre en France sont le fait de vous et moi, c’est-à-dire de la population. Pendant des années, on a pointé du doigt les industriels, ce qui exonérait les citoyens de toute responsabilité. C’est oublier les efforts du secteur industriel, ainsi que la part de chacun d’entre nous dans la production des déchets du bâtiment, pour ne prendre que cet exemple. Ces déchets résultent d’une activité qui vise à nous loger ; nous sommes directement concernés.

Les comportements individuels ont-ils évolué ?

On a progressé sur le tri des déchets, même si l’on est encore très loin du compte. Mais sur le comportement au volant, par exemple, les résultats sont très faibles. On sait qu’une vitesse élevée augmente la consommation de carburant, mais on ne relâche pas la pression sur l’accélérateur pour ce seul motif. C’est la présence des radars qui l’explique. L’exemple le plus frappant est peut-être celui des ampoules basse consommation : les gens ne les achètent pas. Il faut que les ampoules à incandescence soient retirées des rayons – à l’exemple des ampoules de 100 watts depuis quelques semaines – pour que les comportements changent. En clair, il faut un gendarme.

Comment faire pour mobiliser le grand public sur ces enjeux ?

Le progrès le plus important s’est produit dans les têtes. L’adhésion spontanée à une consommation plus responsable a considérablement progressé, en particulier chez les jeunes. Il n’y a pas que le résultat des élections européennes du printemps dernier pour l’indiquer. C’est à l’instant de concrétiser qu’il y a blocage. Je crois qu’il faut utiliser au maximum les incitations économiques. On a bien vu, au cours de l’année dernière, que la consommation de carburant baissait en raison du prix très élevé à la pompe. Aussi est-il complètement absurde de vouloir limiter l’incidence de la future taxe carbone à 3 ou 4 centimes le litre. Si c’est le cas, l’incidence sur les comportements individuels sera à peu près nulle. Sur les déchets ménagers, la problématique est la même. Peut-être devra-t-on arriver, comme en Suisse et en Belgique, à introduire une taxe au kilo de déchets jetés.

Quels seraient les changements de comportement les plus simples à adopter ?

Marcher. Marcher, tout simplement. Utiliser son vélo ou organiser du covoiturage entre voisins. Certaines personnes optent pour l’eau en bouteille du fait qu’elles sont gênées par le goût chloré de l’eau du robinet. Il existe une manière très simple d’y remédier : il suffit d’acheter un filtre à poser chez soi dans une carafe. Ce serait un progrès spectaculaire, vu le cycle de vie catastrophique des bouteilles plastique. Elles coûtent très cher à fabriquer, il faut transporter du pétrole pour ce faire, puis transporter le produit fini lui-même avant de traiter le déchet, la bouteille plastique, qui coûte tout aussi cher à recycler. Or, l’usage de ces filtres est encore très marginal dans notre pays. D’une manière générale, je ne crois pas que les changements de comportement en la matière précèdent les décisions politiques…

La ruée sur les Amap ne se dément pas

Les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) ont le vent en poupe. Né en Provence il y a une dizaine d’années, le concept connaît un essor fulgurant.

Dans le sillage de l’alimentation bio, qu’il promeut, il consiste à mettre en rapport un groupe de consommateurs avec un ou des agriculteurs locaux. Le producteur, à qui est réglée la facture sur six mois ou un an, fournit un panier de denrées de saison à chacun, en général chaque semaine.

En Aquitaine, on dénombre maintenant plus de 80 Amap, surtout localisées en Béarn, dans le Pays basque et en Gironde. « On passera le cap des 100 Amap début 2010 », évalue Frank Meymerit, le coordinateur du Civam Aquitaine (Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural).

Derrière ce total, on retrouve plus de 4 000 familles à l’échelon régional. « Ce n’est pas un effet de mode, on met en place une vraie alternative économique », ajoute Frank Meymerit.

Le phénomène est surtout ancré dans les centres urbains, à Bordeaux, à Pau ou su r le littoral basque. Dans le Gers, les Landes ou le Lot-et-Garonne, la coordination nationale n’a recensé aucune association.

Des listes d’attente

Revers du succès, les candidatures se multiplient. « Nous avons 200 paniers à La Rochelle et autant en liste d’attente. C’est énorme, ça arrive tous les jours. Et ceci, sans aucune publicité de notre part », détaille Jean-Philippe Brothier, le coordonnateur des six Amap de Charente-Maritime.

« La plupart des huit Amap du département sont à saturation. Pour chacune, ça n’a pas pris plus de deux ans », confirme Fabien Rustassie, qui anime la Maison de l’agriculture bio à La Couronne, en Charente.

Face à la demande des familles pour des produits bio à prix modérés – sans les marges des intermédiaires -, les professionnels ne sont pas légion. « On rencontre deux problèmes : le foncier et le manque de producteurs. Concernant le foncier, les difficultés sont réelles sur le secteur côtier. Il y aurait sans doute des zones vertes à reconvertir au maraîchage. »

« La faiblesse de l’offre est aussi due à la démarche bio. Les producteurs qui en font ne veulent pas forcément s’agrandir. Il faudrait de nouveaux maraîchers. On s’en est ouvert à la Chambre d’agriculture, on est tombés des nues : ils n’ont pas l’air de nous entendre alors que les débouchés sont certains, c’est invraisemblable ! » déplore Jean-Philippe Brothier. « Ici aussi, il y aurait de la place pour de nouveaux maraîchers », soupire Fabien Rustassie, en Charente.

« Le décalage entre la demande et l’offre est lié à l’histoire agricole, tempère Frank Meymerit. L’agriculture de proximité a été laminée depuis trente ans. On manque de jeunes un peu armés pour reprendre les exploitations et se lancer dans une activité dure et à la rentabilité faible. L’agriculture ne se décrète pas. D’une certaine manière, les consommateurs découvrent une réalité qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer. »

Ces difficultés ne brisent toutefois pas l’élan du mouvement. Deux nouveaux projets en fruits et légumes sont par exemple sur les rails en Charente, un autre en viande. Et, fait singulier, la greffe Amap y a aussi pris en milieu rural, du côté de La Rochefoucauld.

Les liens écolos sur le Web

Les étiquettes je regarderai

http://www.eco-label.com/french/

www.ecolabels.fr Le site internet détaille les labels les plus sérieux par grands thèmes.

FCD (Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution) : http://www.fcd.asso.fr/

Grenelle 1, voté le 3 août 2009 : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020949548

Localo-local j’achèterai

Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) : http://www.reseau-amap.org/

En Aquitaine : http://www.amap-aquitaine.org/

La chasse au superflu je ferai

Une des solutions consiste au covoiturage. Dans ce sens, plusieurs sites proposent de mettre en relation les automobilistes.

http://www.covoiturage.fr/

www.covoiturage.com/

www.easycovoiturage.com

www.co-voiturage.fr

Autre possibilité, le vélo. Plusieurs villes du Sud-ouest possèdent un service de location de cycle, public ou privée. Ainsi, par exemple,

À Bordeaux : http://www.cyberbordeaux.com/tousavelo.php

À Agen : http://www.ot-agen.org/fr/infos/transports-location.asp

À Bayonne : http://www.bayonne.fr/index.php?id=906

À Condom : http://www.tourisme-tenareze.com/location-velo-gers-condom.php

Les polluants je traquerai

UFC que choisir : http://www.quechoisir.org/a-la-Une.htm

Enquête moquette : http://www.quechoisir.org/communiques/Le-menage-reste-a faire/C666F14EF52B605CC125761C004B5062.htm

Synthèse de l’enquête : http://www.quechoisir.org/document/pollution-air-interieur.pdf

Mes déchets je vais trier

Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) : www.ademe.fr

Étude nationale : http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=62275&ref=23117&p1=B

Face aux multiples données qui émergent concernant le sujet de l’écologie, le gouvernement via le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer propose un site http://www.developpement-durable.gouv.fr. (Ancien site : http://www.ecologie.gouv.fr) qui traite de l’actualité liée au sujet.

Des sites internet permettent de trouver des renseignements sur le domaine du vivre écolo. Ainsi, notre planète info, http://www.notre-planete.info/ecologie est consacré à l’environnement, au développement durable et aux changements climatiques.

D’autres proposent des conseils divers et variés comme : http://www.vivre-ecologique.com/ ou encore http://www.planetecologie.org/Fr_default.html

Pour ceux qui souhaitent prendre un peu de recul avec la vie citadine, http://www.relier.info/, Relier (Réseau d’Expérimentations et de Liaisons des Initiatives en Espace Rural) a pour objectif de créer et d’animer des lieux d’échanges et la mise en réseau des personnes qui, toutes professions confondues, font le choix de s’installer pour vivre en milieu rural.

Les associations et autres fondations communiquent également. La fondation Nicolas Hulot, http://www.fondation-nicolas-hulot.org/ est un exemple célèbre, tout comme Greenpeace http://www.greenpeace.org/france, ou encore dans le registre de la protection de l’environnement, http://www.wwf.fr/.

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