42% des Français ont déjà voté écologiste

terra-economica.info, NC, le 4 mars 2010

42% des Français ont déjà voté écologiste

A quelques jours des élections régionales, Terra eco et OpinionWay ont sondé les Français pour mieux cerner leur perception politique de l’écologie. Nous leur avons posé 4 grandes questions, et les résultats sont parfois surprenants.

 L’écologie est-elle un enjeu des régionales ?

Oui pour 70% des Français, l’écologie va peser beaucoup (26%) ou assez (44%) sur le scrutin des 14 et 21 mars prochains. Et qu’ils aient l’intention de voter UMP ou PS, ils sont une majorité – près des deux tiers – à le penser. D’ailleurs, si l’on en juge les politiques menées à l’échelle régionale (voir notre dossier) depuis 10 ans, les élus ne s’y trompent pas : le développement durable touche aujourd’hui tous les étages de la fusée région et les plans climat ont germé un peu partout.

 L’écologie plutôt à droite ou à gauche ?

Ou ni l’un, ni l’autre, ni même au centre ? Vaste question, sur laquelle débattent d’ailleurs Daniel Cohn-Bendit et Luc Ferry ce mois-ci à l’invitation de Terra eco. Nos sondés placent plutôt l’écologie à gauche (37%), mais pas trop (7% pour la gauche de la gauche). Ils sont 34% à la considérer hors du clivage droite-gauche et encore 17% à la situer au centre. En revanche, bien peu nombreux sont ceux sont qui la place à droite (4%), à peine plus parmi les sympathisants de l’UMP (10%). A force d’ouverture, on finirait presque par en douter : mais Jean-Louis Borloo, notre ministre de l’écologie (et plus), il est bien à l’UMP, non ? Certains se souviennent peut-être qu’il avait cofondé Génération Écologie en 1991 avec Brice Lalonde et Noël Mamère. Pas étonnant que les Français aient parfois du mal à s’y retrouver.

 Les personnalités qui incarnent le mieux la pensée écologiste

Sans surprise, en n’en déplaise à Claude Allègre, ce sont les personnalités issues des médias, Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand, qui arrivent en tête. Pour respectivement 41% et 33% des Français, ce sont ces deux hommes d’image qui incarnent le mieux l’écologie. Parmi les personnalités politiques, Daniel Cohn-Bendit explose les scores avec 21%, loin devant José Bové (13%), Jean-Louis Borloo (9%) ou Ségolène Royal (2%), qui s’était pourtant demandée, en septembre dernier et au micro de RTL, si elle ne serait pas la « meilleure candidate écologiste » pour la prochaine élection présidentielle.

 42% des Français ont déjà voté écolo

C’est peut être le résultat le plus surprenant de notre sondage. 42% des sondés déclarent avoir déjà voté – au minimum une fois – pour une liste ou un candidat écologiste dans leur vie. Ce qui démontre l’extrême volatilité Lire la suite

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

developpementdurable.com, Yann Cohignac, le  27 novembre 2009

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

Quatre mois avant le scrutin des régionales, l’UMP se réunit demain (28 novembre) en conseil national à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour investir ses têtes de liste. La sécurité devrait rester un argument de campagne, mais l’écologie prend de plus en plus de place.

Lors de son conseil national, le parti de la majorité adoptera une double tactique pour les élections régionales : comme d’habitude, la droite jouera sur le terrain de la sécurité, et réaffirmera l’importance du débat sur l’identité nationale, histoire de capter les voix du FN. Mais séduire les électeurs frontistes ne sera pas la seule ambition de l’UMP : elle s’attachera aussi à rallier l’électorat écologiste, qui progresse en France depuis les européennes (Europe Ecologie y a talonné le PS avec 16,28 % des voix), en mettant l’accent sur la protection de l’environnement.

Et même si cette stratégie fait débat au sein de la formation politique, elle semble faire son chemin. Elle est notamment soutenue par le président de la République en personne, qui assistera d’ailleurs au conseil national. Chantal Jouanno, elle, plaide même pour que chaque candidat adopte des engagements concrets en matière de développement durable. Signe que le combat écologiste est devenu important pour l’UMP : l’invitation, demain, de Rajendra K. Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Une polémique malvenue

La présence du climatologue parviendra peut-être à calmer la polémique qui enfle sur le vote de parlementaires UMP à Strasbourg, lors de la résolution sur les négociations de Copenhague le 25 novembre. Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie, a en effet constaté que les membres français du Parti populaire européen (PPE) ont « systématiquement tenté de réduire l’ambition du projet ».

« En supprimant la possibilité de recourir à une taxe sur les transactions financières pour financer le soutien aux pays du Sud, les députés UMP ont indiqué leur désaccord avec les propos du Président Sarkozy et, plus gravement, avec le Plan Borloo présenté comme l’étendard de l’ambition climatique française », lance-t-il.

Et d’ajouter : « En demandant explicitement que les pays émergents Chine, Brésil et Inde, aient des objectifs de lutte contre les changements climatiques équivalents aux pays riches, les députés UMP remettent en cause rien de moins que la structure de la négociation internationale et le principe inhérent au protocole de Kyoto : la responsabilité première des pays développés dans l’accumulation des gaz à effet de serre et donc dans la lutte pour leur réduction. En contradiction complète avec la ligne officielle française ».

Selon lui, « la position française dans les négociations, généralisée à l’ensemble de la planète, conduirait Lire la suite