La MRES (ex MNE) de Lille en constante évolution

nordeclair.fr, Marie Tranchant, le 22 janvier 2009

LILLE / MRES

En constante évolution

Un an déjà que la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) fête ses 30 ans. Pour clôturer cette année festive, une journée de rencontres et d’échange avait lieu au Nouveau Siècle hier. L’occasion de rappeler les ambitions de ce lieu associatif.

Il fallait au moins ça, une année de rendez-vous et de festivités pour fêter l’anniversaire d’une maison, installée au 23, rue Gosselet à Lille depuis 1978. En trente années, la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) a vécu pas mal de changements. Un changement de nom, d’abord, puisqu’elle s’appelait au départ MNE (Maison de la nature et de l’environnement) ; il y a deux ans, elle est devenue MRES. « Les associations voulaient faire entrer dans le sigle le côté régional et la solidarité », explique son président, Gérard Minet.
C’est certainement un des points qui caractérise cette maison qui regroupe aujourd’hui une centaine d’associations autour de différentes thématiques.

Mais avant le second baptême du lieu, il y avait eu l’évolution de son orientation : de purement « écolo », la MNE de l’époque s’est ouverte à d’autres sujets. « C’est dans la préparation de la conférence de Rio, en 1992 (Sommet de la Terre, Ndlr), qu’a germé la colonne vertébrale de cette maison, se souvient Gérard Minet. Le développement durable est devenu notre priorité : pas seulement la défense des fleurs et des petits oiseaux, mais un véritable projet politique et un projet pour la planète. » Au 23, rue Gosselet, se croisent donc des associations de défense de la nature et de l’environnement, des droits de l’homme et de la démocratie, de la solidarité. Hier, lors d’une journée qui proposait trois tables-rondes, ces associations étaient à l’honneur. Parmi elles, Noeux environnement, basée à Noeux-les-Mines, qui oeuvre pour « réhabiliter l’environnement en réhabilitant l’homme », comme le précise Pierre-Alain Betremieux, directeur de l’association. Pour « faire diminuer les nuisances avant d’essayer de les compenser », l’association travaille notamment à des actions de sensibilisation, auprès de tous les publics.

« Optimistes »
C’est aussi l’une des évolutions à laquelle a dû faire face la MRES durant ces 30 années : le militantisme a changé. On ne s’engage plus aujourd’hui comme on s’engageait à la fin des années 1970. « Il y a des nouvelles formes d’implication citoyenne, souligne Emmanuelle Latouche, directrice de la MRES. Aujourd’hui, ce sont des pétitions en ligne, du soutien aux associations, des acteurs culturels qui orientent leur travail vers une cause, etc. On n’est plus aux colleurs d’affiche, mais on reste optimistes ! » Colleur d’affiche, Gérard Minet l’a été à ses débuts de militant, mais il ne montre pas de nostalgie.

L’une des forces de la MRES est de savoir s’adapter, en proposant d’accompagner les associations à découvrir les nouvelles technologies, en reconnaissant que ces dernières peuvent servir la mobilisation, comme le note Gérard Minet : « Pour dénoncer les attaques à Gaza, c’est par mail que les informations ont été relayées… Cela prend une autre forme, parce que c’est une autre réalité. » Il faudra, bien sûr, pour la MRES s’adapter encore et toujours et pour son président, « profiter de cette crise pour remettre en question notre modèle de société ».

« Encore plus utile à un projet de société »

Également président de la Ligue des droits de l’homme dans le Nord, Gérard Minet est président de la Maison régionale de l’environnement et des solidarités depuis 2004. Il y est comme dans sa maison…

Qu’est-ce qui différencie la MRES de la maison des associations ?

>> L’objectif n’est pas le même, les associations non plus. Et la maison des associations est municipale, il n’y a aucun membre de la Ville dans le conseil d’administration de la MRES. En tant que président, j’ai une indépendance totale. Mais nous nous entendons très bien !

Quel bilan tirez-vous pour les 30 ans de la MRES ?  

>> C’est un gros travail d’équipe, avec des compétences convergentes et divergentes. On essaie d’éviter le conflit, mais on ne l’exclut pas. On a toujours réussi à résoudre les problèmes.

Pierre Mauroy a en tout cas eu une bonne intuition d’accompagner le projet. Qu’est-ce qui vous rend le plus fier dans ce lieu ?  

>> Que cette maison ait pu atteindre ses 30 ans et qu’elle ait pu évoluer. Et qu’il y ait de plus en plus d’associations, qu’on soit plus utile à ces associations et encore plus utile à un projet de société.

On parle d’un éventuel déménagement de la MRES, qu’en est-il ?

>> Le problème du bâtiment actuel est qu’il manque d’espace et qu’il faut le mettre aux normes du point de vue de la sécurité et en terme de haute qualité environnementale, c’est compliqué. On pourrait donc déménager, il y a deux pistes : le site de l’IEP ou celui l’ancien CRDP. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais normalement dans cette mandature.

 

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