Le terminal méthanier et l’A 65 dans le collimateur des assos

20minutes.fr, FC, le 12 janvier 2009

Le terminal méthanier et l’A 65 dans le collimateur des assos

Des projets girondins jugés « Grenello-incompatibles ». L’Alliance pour la planète, qui regroupe quatre-vingts associations écologiques dont Greenpeace et WWF, vient de mettre en ligne sur son site Internet* une carte de France de projets « en contradiction totale avec l’esprit et les mesures du Grenelle de l’environnement ». En ligne de mire, l’implantation d’un terminal méthanier au Verdon porté par la société 4Gas depuis trois ans. « Un projet extrêmement dangereux pour le dernier estuaire naturel d’Europe, classé Natura 2000 », rappelle Philippe Lucet, le secrétaire général de l’association Une pointe pour tous, qui regroupe aujourd’hui 5 500 adhérents.

Début décembre, la société 4Gas s’est vu infliger un sérieux camouflet par le préfet de Gironde qui a jugé son dossier « non recevable en l’état ». En cause : l’installation envisagée d’une partie de ses bureaux à 100 m de l’océan Atlantique, ce qui est interdit par la loi littoral. Autre projet contesté : la future autoroute Pau-Langon (A 65) dont la mise en service est prévue en octobre 2010. Selon l’association Sepanso Aquitaine, le niveau de trafic actuel entre Pau et Langon (5 000 à 6 000 voitures par jour) ne justifie pas la construction d’une voie autoroutière, qui, pour être rentable, doit « comporter un flux quotidien de 20 000 véhicules ».

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Centrales nucléaires : les mesures d’EDF mises en cause

Le Monde, Jean-Michel Bezat, le 13 janvier 2009

Centrales nucléaires : la fiabilité des mesures d’EDF mise en cause

L’année 2008 a été, en France, une annus horribilis pour l’image de la sûreté nucléaire. Les incidents à répétition sur le site du Tricastin (Drôme) – notamment le rejet, en juillet, d’effluents uranifères dans l’environnement par une filiale d’Areva – ont fourni de nouveaux arguments aux adversaires de l’atome civil pour réclamer l’arrêt des centrales. Les associations anti-nucléaires ne désarment pas et elles viennent de trouver un nouvel angle d’attaque en relayant les critiques de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) contre les laboratoires d’Electricité de France (EDF).

Le réseau Sortir du nucléaire a révélé, lundi 12 janvier, que le « gendarme » de l’énergie atomique avait mis en cause la fiabilité de l’expertise de ces laboratoires installés au sein même des dix-neuf centrales (comptant 58 réacteurs) d’EDF. Dans une lettre au ministre de l’écologie et de l’énergie, Jean-Louis Borloo, l’association indique que ces « défaillances » mettent les citoyens « en danger ».

Par quatre décisions rendues le 16 décembre, l’ASN a refusé ou suspendu l’agrément donné à ces laboratoires chargés de mesurer les indices de radioactivité dans l’environnement des centrales (air, rivières, nappes phréatiques, faune, flore, lait…). Elle a notamment relevé que sur les impulsions radioactives, il existait « des biais de mesure incompatibles avec la qualité requise pour assurer la surveillance de la radioactivité de l’environnement ».

Les écarts peuvent atteindre 10 % à 15 %. Les experts notent que les mesures d’EDF pour les rayonnements bêta donnent des résultats supérieurs aux valeurs réelles, tandis que le tritium (isotope radioactif) est un peu sous-évalué. L’ASN précise que les laboratoires épinglés ne sont pas chargés de mesurer les rejets radioactifs.

« Cela ne remet pas en cause la capacité d’EDF à détecter la radioactivité anormale, ni le bilan environnemental autour des sites, souligne Julien Collet, directeur de l’environnement et des situations d’urgence de l’ASN. Il n’y a pas de problème au niveau de la surveillance de l’environnement. »

INFORMATIONS SERONT CONSULTABLES SUR INTERNET

EDF réalise 20 000 mesures annuelles par centrale (et pratiquement autant pour les rejets). En outre, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) effectue lui aussi des mesures, programmées ou impromptues.

EDF et l’ASN indiquent que le groupe d’électricité a déjà partiellement réduit ces écarts de mesures. En février, ses laboratoires seront en conformité, affirme une porte-parole du groupe. Les mouvements anti-nucléaires jugent les limites légales des rejets « fort laxistes ».

Depuis la loi du 13 juin 2006, qui a transformé l’ASN en une autorité administrative indépendante, les contrôles sur l’industrie nucléaire se sont renforcés. L’ASN a décidé qu’à partir du 1er janvier 2009, les mesures de la radioactivité dans l’environnement devront obligatoirement être réalisées par des laboratoires agréés, qu’ils soient propriétés d’EDF ou indépendants. Tous doivent déjà répondre à des normes internationales. A partir de janvier 2010, les informations seront consultables sur Internet.

Dans son dernier rapport annuel, publié en avril 2008, l’ASN juge que l’état du parc d’EDF est « assez satisfaisant ». Sans plus. Et elle invite l’entreprise à faire des progrès dans la rigueur d’exploitation, la lutte contre l’incendie et le contrôle des sous-traitants. En novembre, l’Autorité avait réclamé à l’exploitant « un état des lieux général des canalisations transportant des fluides explosifs », après avoir relevé des « carences » dangereuses dans certaines centrales.

Peintures, meubles, tapis… Et chez vous, c’est respirable ?

Mediapart,  Hugo Lindenberg, le 12 janvier 2009

Peintures, meubles, tapis, parquets… Et chez vous, c’est respirable ?

 «Quand un appartement sent le neuf, il sent surtout le cancer», assène Andrée Buchmann, présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (Oqai). Cet organisme, créé par le gouvernement Jospin en 2001, se charge depuis d’établir un état des lieux de la qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments publics et privés du pays. Et le constat n’est pas brillant.

 «Nos enquêtes montrent que l’air dans les maisons est souvent plus pollué que celui du dehors», explique la présidente de l’Oqai, conseillère générale d’Alsace et déléguée nationale des Verts. En cause, la multitude de substances chimiques qui se dégagent des meubles, objets et produits parmi lesquels nous évoluons au quotidien. «Nous passons en moyenne 90% de notre temps dans des espaces clos», rappelle Andrée Buchmann. Et dans ces «boîtes à vivre» (appartements, bureaux, écoles, voitures, métro…), nous respirons de nombreuses substances irritantes, allergisantes, voire cancérogènes qui se dégagent des surfaces pendant des mois, voire des années.

C’est le cas des composés organiques volatiles (COV), une redoutable famille de composés chimiques qui entrent dans la composition des peintures, vernis, bois agglomérés, moquettes, tissus, produits d’entretien, cosmétiques, encre, parfums d’intérieur…

L’un des plus courants est le formaldéhyde, classé «cancérogène certain» par l’OMS (le niveau le plus haut), présent dans tous les produits cités ci-dessus et bien d’autres encore. Irritant pour les yeux, le nez et la gorge, le formaldéhyde favorise des cancers de l’appareil respiratoire. Si l’on ajoute les particules, le radon, l’ozone, les oxydes d’azote, les moisissures, la pollution venue de l’extérieur, on obtient un échantillon du cocktail empoisonné qui stagne dans les maisons françaises. Et dont les effets sanitaires (asthme, allergies, troubles hormonaux, stérilité, cancers) sont encore insuffisamment pris en compte. «La loi est quasiment muette sur les questions de santé environnementale et les médecins sont souvent sourds aux symptômes liés à la pollution intérieure», regrette Isabelle Farbos, fondatrice de Habitat santé environnement, une association de conseil en santé environnementale. 

L’occupant responsable

Il revient donc aux occupants de prendre en main la qualité de l’air à l’intérieur de leur logement, comme le soulignent la plupart des associations. «Des gestes simples permettent d’assainir considérablement une maison et le premier d’entre eux est d’aérer tous les jours, été comme hiver, au moins 15 minutes», rappelle Andrée Buchmann, de l’observatoire de la qualité de l’air intérieur. Un réflexe en contradiction avec la politique d’économie énergie qui a abouti à une baisse considérable de la ventilation dans les logements depuis 20 ans. Modifier ses habitudes de consommation peut aussi avoir un impact: «Il est complètement inutile de désinfecter trop souvent, les produits antibactériens, la Javel, les encaustiques sont très polluants», explique Isabelle Farbos, qui conseille également de faire la traque aux fausses bonnes odeurs.

L’UFC Que Choisir, en pointe sur ces questions, a alerté à plusieurs reprises sur les bougies parfumées, encens et autres désodorisants d’intérieur (même le papier d’Arménie), très concentrés en substances nocives («brûler de l’encens, c’est comme respirer au plus près d’un pot d’échappement», Lire la suite

Vient de paraître : Dynamiques et DD des territoires

Observatoire des territoires, le 12 janvier 2009

Le portail de l’Observatoire des Territoires vise à faciliter l’accès du plus grand nombre à une sélection d’informations territoriales produites par les organismes publics. Il rassemble des sites constitués dans un cadre interministériel autour de questionnements, de thèmes ou de territoires, caractéristiques des enjeux des politiques publiques d’aménagement et de développement des territoires.

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Villenave d’Ornon : A la reconquête de l’Eau blanche

Sud-Ouest, Gilles Guitton,  le 13 Janvier 2009

VILLENAVE-D’ORNON, ENVIRONNEMENT. La ville engage un long travail sur la protection des espaces naturels sensibles traversés par le cours d’eau

Le maire Patrick Pujol, si souvent accusé par les écologistes de brader au commerce et à l’immobilier les bords de la Garonne, tient désormais « son » dossier environnemental. Depuis que la commune, l’an passé, s’est fait transférer le droit de préemption du Département sur les quelque 80 hectares de prés et friches de la rive gauche de l’Eau blanche. Et depuis qu’en fin d’année dernière, elle a commencé à réfléchir à ce qu’il convient d’en faire.

Marc Kleinhentz, conseiller municipal délégué à l’urbanisme et à l’environnement, est chargé du dossier de cette Zone de protection des espaces naturels sensibles (ZPENS). Il explique : « Nous avons commandé une étude au cabinet Gerea. Elle a révélé d’une part un milieu écologiquement très intéressant en amont, puis un milieu dégradé par des pollutions industrielles, en aval de Courréjean (c’est de Guitteronde qu’il s’agit). »

Les anciennes gravières de Formalaise, près du bourg, recèlent ainsi certaines espèces rares, sinon spectaculaires, comme la libellule à oeil rouge. Ce délicat insecte rose a d’ores et déjà acquis sans le savoir le statut d’icône de la zone. La cistude, une petite tortue autochtone, vit aussi probablement là, mais plutôt du côté de Cadaujac.

Tri sélectif dans le vivant

Côté flore, la glycine aquatique, la fritillaire pintade, ou encore l’oenanthe à feuilles de silaüs viendront enrichir les débats du Conseil municipal. Par ailleurs, le milan noir, l’aigrette, les très discrètes locustelles, le torcol, la bouscarle de cetti ont été recensés parmi d’autres par la Ligue de protection des oiseaux.

« Nous avons aussi des nuisibles, comme la tortue et l’écrevisse de Floride, ainsi que le ragondin, qu’il nous faudra éliminer », précise Marc Kleinhentz. Comme quoi les ZPENS font du tri sélectif dans le vivant. « Il n’y a pas d’espace naturel sans intervention humaine », constate le conseiller municipal.

Qu’imagine donc la municipalité pour l’avenir ? « C’est trop tôt pour le dire. Nous avons constitué des ateliers en décembre avec nos partenaires et nous avons commencé à réfléchir à un plan de gestion », explique Marc Kleinhentz.

Sept objectifs sont définis, de la conservation des parties des zones humides herbacées à l’amélioration de la qualité des eaux de l’Eau blanche, en passant par la définition d’un schéma de mise en valeur et la gestion raisonnée de la digue de Garonne. Il est question de « cheminements doux » ou de « boucles d’observation ». « Ce ne sera pas pour faire du VTT à fond de train », assure l’élu.

La commune pense aussi à la réintroduction de bétail et s’est assuré le concours du Conservatoire des races d’Aquitaine. L’Agence de l’eau, la Fédération de pêche, la Communauté urbaine de Bordeaux et le Conseil général sont aussi membres des « ateliers » qui ont élaboré le plan. Ainsi que l’intercommunalité de Montesquieu, dont Cadaujac, le voisin, est membre. « Pour le moment, ce sont nos partenaires institutionnels. Mais nous sommes ouverts à faire participer d’autres personnes intéressées par la suite », Lire la suite

Greendrinks Bordeaux : Belle Année 2009 !

greendrinksbordeaux, Anne-Sophie, le 11 janvier 2009

Belle Année 2009 !

Bonjour et belle année 2009 à tous ! 2008 a vu la création des Green Drinks à Bordeaux, et 2009 devrait confirmer l’initiative!

Notez d’ores et déjà notre prochain RDV, jeudi 29 janvier 2009 à 19h à l’Annexe ! Nous accueillerons à cette occasion l’équipe du Festival Changement d’ère, qui aura lieu Place ces Quinconces en juin prochain, probablement lors de la fête de la musique.

Pour fêter la nouvelle année, je souhaitais aussi vous offrir un texte de Bernard Zapata, professeur a Lycée Brémontier. Il vient depuis quelques temps aux GreenDrinks et grâce aux entrepreneuses qu’il y a rencontré, il a pu sensibiliser ses étudiants au commerce équitable et aux principes du développement durable en entreprise. Son texte constitue un joli témoignage que nous avions envie de partager avec vous (avec sa permission:-). Une chose est sûre, voire deux: ce témoignage reflète vraiment la volonté des Green Drinks que de transmettre certaines valeurs et d’autres savoir-être et savoir-faire… Bernard Zapata doit assurément faire partie de ces profs qui marquent les élèves, et futurs adultes, à tout jamais!:-)

Un vert ça va, deux verts…

Bonjour les greens drinks !

« Farfelus » disiez vous ces créateurs d’entreprises, c’est  sans doute vrai. Farfelus et pas très raisonnables pourrait-on ajouter, comme l’étaient les deux Steve, jobs et Wozniak sillonnant les routes de Californie au volant de leur minibus WV pour vendre leur drôle de machine bricolée dans un garage et qui deviendra le plus grand vecteur d’innovations informatique du XXème siècle. Et que dire de ces deux étudiants attardés, Ben et Jerry, amateurs de crèmes glacées, eux aussi en minibus WV, fondateurs de la marque éponyme , leader de la glace premium et pionniers de ce segment aux USA, pays peu réputé pour la modération de sa consommation dans ce domaine.

Cinglé même, Von-Braun qui, dès les années trente, lançait dans le ciel ces drôles d’engins, responsable  du programme Apollo dans les années soixante. Et que dire de Terré et Essel vendant des appareils photos dans un appartement du Boulevard Sébastopol pour une coopérative d’acheteurs qui deviendra le leader incontesté de la vente de biens de loisir et de culture, la Fnac . Vous en voulez encore ? Marcel Fournier, ancien résistant à la réputation d’excentrique, fondateur, non seulement du groupe carrefour, numéro 1 en Europe, mais aussi, on l’oublie trop souvent, concepteur d’un modèle économique qui bouleversa la notion même de zone de chalandise et de ce que l’on considérait alors comme « des principes de bonne gestion » ! (fouillez donc sur google…)

Greens Drink, disions nous…

19H00, jeudi 25 septembre, un drôle de bar ou trainent quelques bobos, 9 cours de la Martinique à Bordeaux, le nom même est improbable, « L’annexe », Je passe deux fois devant la porte d’un entrepôt avant de repérer l’entrée. Derrière des grilles un incroyable bric à brac d’atelier désaffecté, les tuyaux  recourbés d’un poêle chasse l’humidité…

« C’est bien ici les greens drinks ? »

Accent britannique à  couper au couteau, peut-être un irlandais…

« Vous êtes le premier, vous prenez quelques chose ?»

Dans une salle mitoyenne on danse le tango…

Rapidement, le groupe se forme, Lire la suite

Les Verts : la fin d’un cycle et ses raisons

ecorev.org, André Gattolin, le 9 janvier 2009

Les Verts : la fin d’un cycle et ses raisons

L’histoire des Verts montre comment la reprise des thématiques du tiers-mondisme et de l’anti-nucléaire ont prévalu à l’émergence des thèmes de l’écologie politique en France, dans les années 70. André Gattolin, spécialiste des médias, ancien directeur des études et actuellement en cours de rédaction d’une thèse sur l’activisme et le « hoax » revient sur la façon dont le parti écologiste a perdu ces thèmes et son substrat environnementaliste, sans pour autant réussir à renouveler ses soutiens au sein des nouvelles formes d’activisme. Conséquemment, il estime que le « tout-électoralisme » qui occupe Les Verts depuis des années serait à l’origine de la perte d’une base sociale et militante qui lui serait nécessaire pour devenir une force politique importante.

En 1974, l’écologie fit une entrée remarquée sur la scène politique française grâce aux 1,32 % obtenus par René Dumont à l’élection présidentielle. À l’époque, la mouvance écologiste, déjà florissante aux Etats-Unis, était encore balbutiante en Europe. En France, on se préoccupait fort peu des questions environnementales : le pays vivait dans l’état de choc (pétrolier) et pleurait la fin de trois décennies de croissance élevée de la production industrielle et de la consommation des ménages.

Mai 2007, la candidate des Verts, malgré sa notoriété, parvient péniblement à rassembler 1,57 % des voix. Plus qu’un désaveu personnel, c’est un terrible échec pour un parti en pleine ascension voilà encore peu. D’autant que les législatives de juin, loin d’infirmer la tendance, sont venues entériner le reflux. La prise de conscience écologique n’a pourtant jamais été aussi forte qu’au cours de ces dernières années. La consommation de produits bio connaît un véritable essor, les réflexes écologiques rentrent dans les habitudes quotidiennes des citoyens et même de certaines entreprises, les ONG environnementalistes jouissent d’un flux incessant de nouveaux adhérents et les green technologies suscitent aujourd’hui dans les milieux économiques un intérêt comparable à Internet à la fin des années 90. Quant à la campagne électorale proprement dite, on ne peut nier la place de choix occupée par la question du réchauffement climatique.

Les explications généralement en usage chez les Verts pour justifier la défaite ne tiennent guère. L’argument de la concurrence et de la multiplication des candidatures n’est pas recevable : Dominique Voynet était cette fois-ci l’unique compétitrice de la famille écolo, et les piètres résultats de Bové, Laguiller et Buffet ne permettent pas de comprendre l’évaporation de l’électorat vert. Quant à la thèse du « vote utile » en faveur du parti socialiste, elle est à double tranchant : elle revient à reconnaître implicitement le caractère peu attractif et faiblement distinctif du vote vert. Croire les Verts victimes pour l’essentiel d’un « effet 21 avril » ou de la volonté des électeurs de faire barrage à Sarkozy est une manière habile mais dangereuse de se masquer la réalité. Lors des législatives de 2002 et dépit de la forte bipolarisation PS-RPR qui avait résulté de l’échec de Jospin à la présidentielle, les candidats Verts avaient réussi à rassembler 4,51 % des voix avec une présence limitée à un peu plus des trois quarts des circonscriptions.

Loin d’être réductible à un phénomène conjoncturel, cette suite de revers entérine la fin d’une époque durant laquelle les Verts, malgré un effectif groupusculaire, parvenaient à prospérer électoralement et jouissaient en tant que parti d’une exceptionnelle sympathie au sein de l’opinion. Ces temps-là semblent révolus et l’image de la formation s’est dégradée. Contrairement aux Grünen (Allemagne) et à Écolo (Belgique francophone), les Verts n’ont pas su tirer profit de leur cure forcée d’opposition, et ils semblent balayés par la nouvelle donne politique instaurée par la présidentielle. Lire la suite