Grenelle 2 : faisons passer les clignotants de la crise du rouge au vert !

FNE, communiqué de presse, le 7 janvier 2009

Grenelle 2 : faisons passer les clignotants de la crise du rouge au vert !

Le projet de loi « Grenelle 2 » qui décline en mesures concrètes les engagements du Grenelle de l’environnement, a été présenté ce matin en conseil des ministres. Réaction de France Nature Environnement.

Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « ce texte est une boite à outils intéressante pour appliquer les engagements du Grenelle de l’environnement et rattraper le retard de la France dans le respect du droit européen. Mais c’est une boite à outils incomplète pour une relance vraiment verte. A titre d’exemple, il faut revoir notamment les dispositions relatives à la gouvernance verte des entreprises : bilans carbone, information environnementale, responsabilité des sociétés mères, lutte contre le « greenwashing », etc… ».

Arnaud Gossement, porte parole de FNE, ajoute : « Certes le texte est globalement conforme au compromis du Grenelle avec ses forces et faiblesses. Mais pour que les clignotants de la crise économique passent du rouge au vert, il faut se servir de la feuille de route du Grenelle. Nous souhaitons que le Grenelle 2 soit dopé et voté rapidement pour devenir un pilier du plan de relance ».

Réactions sur les principales dispositions du projet de loi

Energie. Pour Christian Garnier, vice président de FNE : « Tout en regrettant que les entreprises de moins de 500 salariés ne soient pas assujetties à un bilan carbone, on doit aussi se féliciter de ce que les agglomérations de plus de 50 000 habitants soient tenues d’adopter un plan territorial pour le climat pour  le 31 décembre 2012, comme FNE l’avait demandé lors du Grenelle ».

Bâtiment/urbanisme. Christian Garnier poursuit : « Ce texte contribuera aux économies d’énergie des bâtiments, même si l’on pouvait aller plus loin et plus vite, notamment dans le tertiaire. Côté urbanisme, il  comporte des avancées tout à fait intéressantes en fixant des objectifs environnementaux et énergétiques à la planification territoriale. Autres points positifs : la création des plans climats territoriaux, des schémas de cohérence écologique, l’économie de la consommation d’espace. Au passif : l’absence d’encadrement sérieux pour de très nombreuses communes soumises à de fortes pression d’urbanisation (résidentielle, commerciale ou tertiaire). La lutte pour un aménagement du territoire vert continue !  »

Biodiversité/Trame verte et bleue. Pour Christophe Aubel, pilote du Pôle nature de FNE : «  la trame verte et bleue est le sujet phare du Grenelle en matière de biodiversité,  nous saluons donc le fait que la loi 2 introduise  la TVB dans le droit de l’urbanisme, c’est le seul moyen d’être réellement efficace et c’est donc un acquis important. Mais la TVB ne sera pas faite par la seule loi 2, or nous restons inquiets de la façon dont elle sera concrètement élaborée et gérée: un gros effort d’inventaire de terrain est nécessaire, la question de la gestion et de son financement reste posée, surtout nous serons très vigilants sur la façon dont la TVB devra être prise en compte par les infrastructures ». La loi Grenelle 2 s’inscrit dans la dynamique positive instauré par le Grenelle en matière de Biodiversité, mais cette dynamique doit aussi exister hors l’élaboration des lois ».

Transports. Pour Michel Dubromel, pilote du réseau Transports de FNE : « Ce projet de loi permet de transposer la directive « Eurovignette » et la mise en place d’une redevance Poids Lourds. Mais au-delà de ces dispositions du Grenelle 2 doivent, il reste à mieux financer les modes alternatifs de déplacements par l’instauration d’un surpéage en zones sensibles Lire la suite

Université populaire de l’environnement Aquitaine 2009

MNE Bx Aquitaine, Pascal Bourgois, le 17 décembre 2008

Université populaire de l’environnement en préparation pour 2009

§   3 nouveaux cycles de « Cours tout public » :

– « L’homme et le risque » avec Michel Lesbats, une fois par mois de mars à juillet 2009 au Jardin botanique de Bordeaux.

– « Crise(s) et perspectives » qui ciblerait sur les crises écologique, climatique, énergétique… en travaillant sur les constats et les hypothèses de sortie.

– « Les précurseurs de l’écologie » Ellul, Charbonneau, Jonas, Moscovici, Passet, Guattari, Gorz, Illich, Castoriadis, Morin, Passet… ont développé dans les années 60/70 des analyses qui retrouvent une grande modernité. Nous tenterons de relire leurs travaux au travers de la nouvelle prise de conscience écologique de cette fin de décennie.

§   En projet, la réalisation mensuelle d’une Conférence-débat avec un « Grand témoin » :

– Réservez le jeudi 15 janvier 2009 à 18h00 à Bordeaux pour une Conférence-débat à l’IJBA (IUT de journalisme)sur le thème « Ecologie et journalisme d’investigation » avec Marie Monique Robin et en soirée à l’Utopia la diffusion du « Le monde selon Monsanto » suivi d’un débat.

– A confirmer pour février et mars Hervé Kempf, journaliste environnement au Monde, et Serge Latouche, économiste spécialiste de la décroissance.

§   En projet, tous les deux mois un « Forum » :

Nous envisageons de réaliser le premier sur le thème de « Déplacements intelligents – Mobilité de demain ». Il s’agirait à partir des expériences émergeantes d’auto-partage, site de co-voiturage, plan de déplacement d‘entreprise, accompagnement scolaire à pied ou à vélo, zone 30…, d’imaginer ce que sera la mobilité urbaine de demain.

§   En projet, des « Ateliers pratiques écolo » :

Il s’agirait de « cours » très pratico-pratique, valorisant les initiatives, ce qui se fait dans les familles, intégrant le côté féminin, permettant peut-être l’accueil des enfants… Les thèmes abordés pourraient être : les déplacements, le logement, la santé, les vacances, l’alimentation, le jardin/la biodiversité, les économies d’énergie, l’éco-construction…

§   En projet, le « Site Internet de référence sur la nature, l’environnement et l’écologie en Aquitaine » :

–    les activités de l’Université populaire (programme, accès aux vidéos, dossiers thématiques…)

–    l’actualité et les grands enjeux locaux, régionaux, nationaux, internationaux de l’environnement

–    le calendrier régional des manifestations, animations, rencontres, formations, salons… liés à l’environnement

–    un annuaire des associations environnementales d’Aquitaine et des autres acteurs régionaux de l’environnement

 Dans l’attente du Site, Lire la suite

Maisons Passives : premiers labels français

notre-planete.info, Anne Gérin, le 23 décembre 2008

Maisons Passives : premiers labels français

Des maisons françaises ont été labelisées « Maison Passive » en novembre. Il s’agit des premiers labels décernés en France. Cette étape donne au constructeur et au propriétaire l’assurance d’un bâtiment à très basse consommation d’énergie, conforme au projet annoncé.
La maison passive est une construction qui ne nécessite aucun système de chauffage ou climatisation indépendant. A Formerie, dans l’Oise, deux maisons individuelles ont été labellisées «Maison Passive» conformément au label européen de maison passive. « Le label est un moyen fiable pour les maîtres d’ouvrages de savoir si la construction réalisée est bien, comme annoncé, une construction à très basse consommation », souligne Etienne Vekemans, président de l’association La Maison Passive France.

La labellisation assure le respect des critères européens de maison passive : des besoins de chauffage inférieurs à 15 kWh/ m2 annuels, une excellente étanchéité de l’enveloppe (n50 ≤ 0,6 h-1) et une consommation totale en énergie primaire (électroménager inclus) inférieure à 120kWh/m2 annuels.

« Pourquoi fixer la limite à 15 kWh de chauffage / climatisation par m2 et par an ? Rappelle Etienne Vekemans, parce que la pratique (et la théorie) montre que jusqu’à cette valeur, on peut utiliser l’air comme fluide caloporteur. Ce qui permet de s’affranchir d’un système indépendant de chauffage ». La maison se chauffe « toute seule » : les apports du soleil et ceux des habitants, appareils ménagers, etc., pris en compte dans la construction, suffisent à maintenir une température agréable et ce, tout au long de l’année. C’est pourquoi les maisons passives sont aussi appelées les « maisons sans système de chauffage ou climatisation indépendant ».

Une construction très saine…

En 2007, le constructeur Les Airelles, construit ces deux maisons passives avec l’artchitecte Bruno Ridel (En Act Architecture) : « ces habitations utilisent les apports solaires et consomment 10 fois moins que l’habitat des années 90. Leur prix est plus élevé, mais les dépenses annuelles de chauffage sont inférieures à 200 euros annuels pour une surface habitable de 132 m2 », souligne Richard Lefèbvre, des Airelles.

Les matériaux choisis pour la construction sont écologiques : ossature bois, ouate de cellulose pour l’isolation. Les fenêtres sont équipées de triples vitrages, et, pour garantir une bonne étanchéité à l’air, l’ensemble de la maison est enveloppé d’un frein vapeur, film protecteur qui stoppe l’eau et l’air mais laisse la vapeur d’eau intérieure s’échapper pour assurer une hygrométrie stable.

Les murs extérieurs sont recouverts de plaques de gypse et cellulose très rigides qui résistent aux lourdes charges et à l’humidité. Cela apporte une isolation phonique supplémentaire, une excellente protection au feu et une bonne inertie: la chaleur est emmagasinée le jour et restituée la nuit.

Ce sont des panneaux solaires, combinés à une pompe à chaleur, qui fournissent l’eau chaude sanitaire. Un puits canadien, un tuyau d’environ 50 mètres enterré à 1,50 mètre, apporte à l’intérieur de la maison un air réchauffé l’hiver et rafraîchi l’été. Une ventilation mécanique contrôlée (VMC) double-flux assure sa distribution dans les pièces.

… construite avec précision

L’association La Maison Passive France contrôle la qualité et permet la labellisation des constructions passives en France. Lire la suite

Agrocarburants : « un remède pire que le mal ? »

tempsreel.nouvelobs.com, 19 décembre 2008, Guillaume Malaurie

Agrocarburants : « un remède pire que le mal ? »

Un groupe de chercheurs de très haut niveau réuni par Jean-Marc Salmon pour réfléchir sur les impacts environnementaux des agrocarburants a remis en début d’après-midi son rapport au MEEDDAT. Et un séminaire est réuni dans la foulée. Il est à noter que ce rapport est préfacé par Yvon Le Maho Président du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité qui a déjà alerté sur ses impacts potentiels de ce nouveau carburant sur la biodiversité ainsi que sur l’usage et la qualité des eaux. A l’évidence il apparaît à la lecture des contributions que les espoirs d’une « énergie verte », sous entendu propre, tant vantés au début des année 2000, résistent mal à une évaluation environnementale globale. Et se révèlent contradictoires avec les directives de la Commission européenne sur la protection de l’eau, de la biodiversité et même de la réduction des gaz à effets de serre.
Premier enseignement : les agrocarburants affichent des rendements parmi les plus faibles qui soient. Nettement moindre, notamment, que le solaire via les techniques photovoltaïques. Le même solaire dont les tenants du tout nucléaire se gaussent parfois de la faible rentabilité. Second enseignement : ces cultures, nécessitent un élargissement très sensible des surfaces cultivées et une réduction des jachères. Choc en retour : un boom des intrants azotés et phosphorés mais aussi de pesticides dont les conséquences sur la qualité des eaux sont connues. Il faut savoir en effet que la culture du cozla, la plante privilégiée en Europe pour produire des agrocarburants, nécessite nettement plus de pesticides que le blé. Alors que l’objectif européen est de réduire de 50% les produits phytosanitaires d’ici 2018…
D’autant plus préoccupant qu’en France, « les cultures énergétiques se développent dans des régions où la disponibilité des terres est importante et les sols relativement peu fertiles, et qui sont « vulnérables » en termes de pollution azotée et phytosanitaire de l’eau (Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Ile-de-France, Poitou-Charentes, Pays de Loire).

Conclusion de Bernard Seguin de l’INRA : « Ces considérations plaident d’abord pour une limitation du développement des agrocarburants en France »

Eric Vindimian, Chef du service de la recherche au MEEDAT ne mâche pas non plus ses mots : « Les risques sur la fonction essentielle des sols en matière de stockage du carbone, donc de limitation des émissions de CO2, n’ont pas été évalués. S’ils s’avéraient importants, il faudrait alors considérer que les agrocarburants constituent un remède pire que le mal, y compris ceux de la deuxième génération. L ‘importation d’agrocarburants pourrait également constituer une source d’externalisation des problèmes environnementaux vers les pays du sud, toujours au détriment de la biodiversité, mais également des services apportés par les écosystèmes aux populations locales ».

Troisième enseignement : « La rentabilité des agrocaburants sans subvention n’est toujours pas assurée sous nos latitudes. Quatrième enseignement: dans les pays où la production d’ agrocarburants est devenu significatif, comme aux USA ou au Brésil, l’impact sur la flambée des prix des céréales et des tourteaux est avérée. « Pour certains, leur rôle est marginal- il pèserait au plus 15 % dans l’augmentation des prix agricoles/…/ Pour d’autres, il est majeur- des chiffres approchant 75 % sont avancés », note Jean Marc Salmon qui ajoute : « Les risques énergétiques, climatiques et alimentaires interagissent entre eux. »

Cause première : la compétition pour les terres cultivables dont les agrocarburants sont voraces : Lire la suite