Le départ de NKM attriste les écolos

lexpress.fr, le 16 janvier 2009

Le départ de NKM attriste les écolos

Les défenseurs de l’environnement regrettent (presque) unanimement le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’Ecologie. Des Verts à Greenpeace en passant par les blogs, tour d’horizon des réactions des écologistes.

Le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’Ecologie, qui sera désormais en charge de l’économie numérique chagrine (presque) unanimement les défenseurs de l’environnement. S’ils vont regretter « NKM », ils s’inquiètent aussi de la vacance du poste, personne n’ayant été nommé pour la remplacer.

Le parti écologiste regrette une « personnalité incisive »

Les Verts ont estimé ce jeudi que son changement de portefeuille n’était « pas une très bonne nouvelle ».

« Dorénavant personne ne s’occupe plus de l’écologie » alors que « sera très prochainement étudiée la loi Grenelle II, loi fondamentale qui mettra en place les décisions du Grenelle I« , a souligné Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Elle a été « la personnalité de l’UMP la plus incisive lors du vote de la Charte de l’Environnement ou plus récemment de la loi OGM« . « Sanctionne-t-on ces très timides velléités pour faire plaisir aux lobbies ? », se demandent les Verts estimant que « l’environnement, qui avait été jugé prioritaire par Nicolas Sarkozy à son élection, semble être devenu le dernier de ses soucis« .

Du côté des associations

Pour les organisations écologistes, Nathalie Kosciusko-Morizet, architecte du Grenelle de l’environnement avec Jean-Louis Borloo, a surtout fait progresser la cause à droite.

« Elle a fait bouger les moins de 40 ans à l’UMP et démontré que les jeunes générations à droite se préoccupent d’écologie« , estime Serge Orru, le directeur du WWF-France, organisation mondiale de protection de la nature. « Elle a préparé la droite à la question de l’écologie« , juge de son côté le président de France Nature environnement Sébastien Geneste, saluant le « duo compliqué mais utile » qu’elle formait avec Jean-Louis Borloo.

Yannick Jadot, ex-directeur des campagnes de Greenpeace la regrette lui aussi, mais juge qu’elle était « frustrée »: « Dommage pour l’écologie parce que c’est incontestablement quelqu’un de convaincu. Mais elle était sevrée de gros dossiers par Borloo. Elle essaye de se redonner un champ où elle a plus d’automonomie, potentiellement plus de visibilité », estime-t-il.

En dépit de leur affection, plusieurs observateurs ajoutent tout de même « en off » que NKM a manqué d’implication dans le Grenelle, pour y construire les nécessaires compromis. Et lui reprochent en filigrane de s’éparpiller entre ses trop nombreux mandats politiques.

Parmi les rares voix dissonantes, le réseau « Sortir du nucléaire » « se félicite du départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du secrétariat d’Etat à l’écologie, mais aussi de son non-remplacement ». « Depuis quelques années en France, il faut être pronucléaire pour devenir ministre de l’écologie : c’est tellement ridicule qu’il vaut donc mieux… que le poste reste vacant ». « Globalement, le bilan de Mme Kociusko-Morizet et du Grenelle sont accablants » peut-on lire dans leur communiqué.

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L’AEE publie 8 récits sur l’environnement

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le16 janvier 2009

L’AEE publie 8 récits sur l’environnement

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié le 9 janvier un rapport sur l’environnement à destination du grand public (1).

Dans ce document, baptisé «Signaux 2009», 8 récits, destinés à susciter l’intérêt du grand public, donnent un aperçu des sujets environnementaux clés de l’année à venir en Europe. Parmi les thèmes abordés figurent le changement climatique, la biodiversité, les déchets, l’utilisation des ressources naturelles, la pollution de l’air, ainsi que l’agriculture et la pêche.
Lancé à Prague par Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE et Martin Bursík,

ministre tchèque en charge de l’environnement, le rapport sera publié en 26 langues et devrait être renouvelé chaque année. «Alors qu’il devient urgent d’atténuer le changement climatique et de nous y adapter, nous avons de plus en plus notre besoin de communiquer auprès d’un large public», a expliqué la directrice de l’AEE dans un communiqué du 9 janvier.
L’AEE, en partenariat avec un réseau de 32 pays membres, a pour mission de surveiller l
’état de l’environnement en Europe.

(1) Signaux de l’AEE 2009

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Un objectif zéro émission de CO2 d’ici 2050

actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, 14/01/2009

L’Institut Worldwatch recommande un objectif zéro émission de CO2 d’ici 2050 

Remettant en question toutes les recommandations faites jusqu’à présent par les experts en la matière, le WorldWatch Institute a préconisé de réduire à zéro les émissions de dioxyde de carbone (CO2) du monde d’ici 2050 afin d’éviter les pires effets du changement climatique.

Pour éviter les pires effets du changement climatique, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) devront chuter jusqu’à un taux avoisinant zéro d’ici 2050, et « passer dans le négatif » après cela, d’après ce qu’a recommandé le Worldwatch Institute mardi.

C’est une réduction bien plus importante que celle qui est recommandée par la plupart des experts climatiques et des législateurs, y compris le Président-élu Barack Obama, qui est en faveur d’une réduction de 80% des émissions des Etats-Unis d’ici 2050.

L’institut Worldwatch est une organisation de recherche environnementale aux Etats-Unis, qui édite chaque année un « état du monde » (State of the World).

La réduction des émissions de dioxyde de carbone a pour but de maintenir les températures mondiales de façon à ce qu’elles n’augmentent pas de plus de 2°C au-dessus de la moyenne établie avant la révolution industrielle. Mais d’après un auteur de l’Institut Worldwatch, même ce seuil est encore trop dangereux.

 « Le réchauffement climatique doit être réduit à 1°C aussi rapidement que possible » a déclaré un co-auteur William Hare, lors d’une conférence sur le rapport « Etat du Monde 2009 ». « A ce taux [de réchauffement] certains risques diminuent considérablement ».

Les températures moyennes mondiales ont déjà augmenté de 0,8°C depuis 1850, c’est pourquoi des réductions drastiques des émissions de CO2, qui alimentent le réchauffement climatique, sont nécessaires, d’après William Hare.

D’après le chercheur, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront atteindre un pic d’ici 2020 avant de chuter de 85% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2050, puis continuer de chuter après cela. Il a ajouté que les émissions de CO2 devraient « passer dans le négatif », avec plus de dioxyde de carbone absorbé qu’émis, dans la seconde moitié de ce siècle.

Le coût de la réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être payé en majorité par les pays riches plutôt que par les pays pauvres, les nations industrialisées devant réduire leurs émissions de 90% d’ici 2050, ce qui permettrait aux nations en développement de laisser croître leur économie et de développer de nouvelles technologies qui finiront par réduire les gaz à effet de serre.

Même avec ces changements radicaux, le monde pourrait être confronté à une augmentation supplémentaire de 1°C des températures, à cause de l’impact des émissions passées qui n’a pas encore été ressenti par les températures à la surface, d’après le rapport.

Cette année pourrait être une année essentielle dans la lutte contre le changement climatique, d’après un co-auteur Robert Engelman, « les scientifiques étant plus sûrs d’eux et plus impliqués, le public étant plus engagé que jamais, et le nouveau Président des Etats-Unis apportant pour la première fois à la Maison Blanche un engagement solide à réduire les injections de gaz à effet de serre du pays dans l’atmosphère ».

Robert Engelman a également souligné le fait que cette année était également la dernière année pendant laquelle les pays des Nations Unies pouvaient négocier avant d’élaborer un nouveau traité de lutte contre le changement climatique qui viendra remplacer le Protocole de Kyoto lors de son expiration. Lire la suite

Pont levant de Bx : Nouveau coup dur pour la CUB

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 16 Janvier 2009

BORDEAUX. La déclaration d’utilité publique est remise en cause au tribunal administratif

Nouveau coup dur pour la CUB

La Communauté urbaine de Bordeaux est de nouveau confrontée à une situation difficile. Après la remise en question de l’appel d’offres pour la concession du réseau de transport en commun, voici que le pont levant Bacalan-Bastide vacille.

Dans ses conclusions, hier, au tribunal administratif de Bordeaux, Antoine Bec, commissaire du gouvernement, a effectivement réclamé l’annulation de la délibération du 21 septembre 2007. Un texte par lequel la CUB a déclaré d’intérêt général le franchissement de la Garonne via un pont mobile. Les conclusions du commissaire étant suivies dans 95 % des cas, il est désormais quasiment certain que le projet va revenir à la case départ.

Quid des travaux annexes

Cette situation réjouit les membres du « Front associatif », qui rassemble 15 associations. Il s’oppose depuis plus de deux ans au pont levant et est à l’origine des seuls recours déposés.

Les associations étaient toutes représentées, hier matin, au tribunal. Denis Teisseire, leur chef de file, intervenait alors en leurs noms, en lieu et place de l’avocat. Pour sa part, la CUB était représentée par les cabinets Cabanes et Morlas.

Présidée par Michel Delignat-Lavaud, l’audience a duré un peu plus d’une heure. Elle a mal démarré pour les opposants, plusieurs de leurs arguments étant rejetés. Et non le moindre : la concertation si contestée aurait été annoncée et menée selon les règles en vigueur.

De quoi en faire pâlir plus d’un dans l’assistance. Le vent a commencé à tourner lorsqu’Antoine Bec a évoqué la loi Loti (Loi d’orientation des transports intérieurs).

Cette loi impose une information totale sur l’ouvrage à réaliser et les travaux annexes qui en découleront. Or, dans la présentation du projet, il n’est question que du pont. « Nulle part ne sont évoqués les aménagements nécessaires de chaque côté, comme les voies de desserte », constate le commissaire du gouvernement.

« Difficile de croire qu’un tel ouvrage peut aboutir sur des carrefours classiques gérés par des feux de trafic ou de simples tourne-à-gauche », ajoute-t-il. Pour Antoine Bec, il y a donc ici problème et la jurisprudence (Conseil d’État) est incontournable.

Le seul et bon choix ?

Autre faiblesse dans le dossier : l’évaluation financière. Une estimation trop succincte, insuffisamment développée et expliquée, ne serait-ce que sur les modalités de financement.

Il y a pire, cependant, selon le commissaire : l’appréciation du projet et le bilan « coût/avantage ». Un pont levant étant trois fois plus cher qu’un pont classique, il faut obligatoirement justifier un tel choix et démontrer que l’ouvrage retenu répond bel et bien aux besoins. Ce qui ne serait pas le cas pour le projet bordelais.

« Il n’y aucune garantie que des bateaux puissent passer sous ce pont levant », résume le commissaire du gouvernement. Tout en constatant que l’avis des services maritimes figure dans le dossier, mais pas celui des compagnies maritimes qui fréquentent le port de la Lune. Si bien qu’il devient difficile d’affirmer que l’ouvrage est parfaitement conforme à ce qu’attendent les éventuels utilisateurs et qu’il s’agit donc du seul et bon choix à faire.

Ces arguments semblent suffire pour conduire à l’annulation de la délibération de septembre 2007. Antoine Bec l’affirme haut et fort en tout cas.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Lire la suite

Le futur pont levant de Bordeaux attaqué

Sud-Ouest, le 15 Janvier 2009

Le futur pont levant attaqué

BORDEAUX. Le commissaire du gouvernement a demandé devant le tribunal administratif, l’annulation de la délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) qui décidait la réalisation d’un pont-levant dans le nord de la ville

Le commissaire du gouvernement a demandé jeudi à Bordeaux l’annulation de la délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) déclarant d’intérêt général la construction d’un pont levant en centre-ville, suivant la requête d’une quinzaine d’associations bordelaises.  

L’avis du commissaire du gouvernement, Antoine Bec, magistrat indépendant qui dit le droit et dont les préconisations sont le plus souvent suivies par les juges administratifs, fragilise un peu plus un projet de pont sur la Garonne aux dimensions impressionnantes (426 m de long, 55 m de hauteur de levage).

L’Unesco, après avoir labellisé Bordeaux au patrimoine mondial à l’été 2007, demande aujourd’hui des comptes « sur l’impact visuel des nouveaux franchissements envisagés » de la Garonne, notamment ce pont, et des experts de l’organisation internationale doivent venir sur place le 20 janvier.

M. Bec a estimé qu’il y avait des « irrégularités substantielles » en l’absence de véritable « évaluation financière des modalités de financement ».

Il a également relevé que les aménagements des abords n’étaient pas compris dans l’enveloppe globale de plus de 120 millions d’euros mais a surtout remis en cause l’utilité même du projet.

Le magistrat a estimé que les plus gros bateaux de croisière pourraient être dans l’impossibilité « de franchir l’ouvrage » dont le coût représente « un montant triple de celui d’un pont fixe ».   

Par ailleurs, a-t-il souligné, les croisiéristes n’ont pas été consultés sur leurs intentions à maintenir Bordeaux comme destination alors même que la raison d’être de ce pont levant est de permettre le passage des paquebots jusque dans le centre de Bordeaux.
Le projet de pont levant entre les quartiers de Bacalan et de Bastide a été approuvé par la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) en septembre 2007. Il doit combler le déficit d’une ville qui ne compte que quatre ponts, dont seulement deux dans le centre.

Cet ouvrage comporte une travée mobile de 110 m, pouvant être relevée à 55 m de hauteur. Il pourrait accueillir les automobilistes sur 2×2 voies (40.000 véhicules par jour attendus), les cyclistes, les piétons ainsi que le tramway.

Le chantier a été confié au groupement GTM/GCS, pour un budget de Lire la suite

Nous ne paierons pas pour votre crise !

bastamag.net, Rédaction, le 14 janvier 2009

Nous ne paierons pas pour votre crise

« Le moment du changement est venu ! » C’est le titre de la déclaration adoptée par plus de 150 représentants des mouvements sociaux, des syndicats, des ONG, venant de vingt-cinq pays européens, qui se sont réunis à Paris du 9 au 11 janvier 2009. De cette réunion est sortie « la Déclaration de Paris » que nous reproduisons ici. Elle appelle à faire du G20 de Londres, le 2 avril, un grand moment de mobilisation en Europe, en réponse aux crises financières, économiques, sociales et écologiques.

Nous ne paierons pas pour vos crises !

Plus de 150 représentants [1] de syndicats, de groupements paysans, de mouvements de solidarité internationale, de groupes écologistes, d’ONG de développement, de groupes de migrants, de mouvements confessionnels, de groupes de femmes, de mouvements de “sans”, de mouvements étudiants et de jeunes et d’organisations luttant contre la pauvreté venus de toute l’Europe se sont rassemblé les 10 et 11 Janvier 2009 à Paris afin d’analyser collectivement les crises actuelles, de développer des stratégies communes et de débattre de demandes et d’alternatives conjointes en réponses à ces crises.

Alors que la crise financière et économique s’intensifie, des millions de femmes et d’hommes perdent leur emploi, leur logement et voient leurs conditions de vie se dégrader. Des dizaines de millions d‘entre eux vont s’ajouter au 1,4 milliard de personnes qui vivent déjà dans l’extrême pauvreté. Les crises aggravent la situation sociale, écologique, culturelle et politique dans laquelle vit la majorité de la population de notre planète.

En dépit de l’échec évident et prévisible du modèle économique actuel, les dirigeants politiques répondent en essayant de préserver un système qui est précisément responsable de ces crises. Les gouvernements ont été prompts à offrir leur garantie aux banques, aux grands actionnaires et à leurs alliés du monde de la finance, avec des centaines de milliards d’argent public. Pour résoudre le problème, ils nomment des banquiers et des responsables de multinationales : les mêmes acteurs qui ont suscité ces crises. Les travailleurs, les chômeurs, les pauvres – tous ceux qui sont touchés – n’ont reçu aucune aide dans leur combat quotidien pour joindre les deux bouts et, pour couronner le tout, ils sont maintenant supposés payer l’addition.

Les propositions des gouvernements pour gérer la crise économique qui se déploie ne s’attaquent pas aux autres dimensions de la crise que nous devons affronter aujourd’hui – justice globale, crise alimentaire, crise climatique, crise énergétique – et par là même au besoin de transformer le système économique en un modèle qui nous permettrait de satisfaire les besoins fondamentaux de tou-te-s, de garantir tous les droits humains et de restaurer et préserver les bases écologiques de la vie sur notre planète.

Le moment du changement est venu !

Nous pouvons construire un système qui fonctionne au service des peuples et de l’environnement, un système qui réponde aux besoins de tous, un système basé sur les principes de l’intérêt collectif, de l’équité mondiale, de la justice, de la durabilité environnementale et du contrôle démocratique.

Comme premier pas, des mesures immédiates doivent être mises en oeuvre pour répondre aux impacts sociaux des crises sur les populations, tout en soutenant une transformation écologique de l’économie. Lire la suite

Paquet Pesticides : adoption par le Parlement européen

journaldelenvironnement, Sabine Casalonga, le14 janvier 2009

Paquet Pesticides : adoption par le Parlement européen

Mardi 13 janvier, les députés européens ont adopté à une large majorité la nouvelle législation relative à la commercialisation et à l’utilisation des pesticides. Fruit d’un compromis avec le Conseil, elle permettra d’interdire une vingtaine de substances dangereuses pour la santé et de réduire l’usage des pesticides.

Gouverner

«Cette législation, unique au monde, apportera des bénéfices clairs pour la santé et la qualité de l’eau et des aliments dans l’Union européenne», s’est félicitée Hiltrud Breyer, eurodéputée allemande (Verts/ALE) et rapporteure du projet de législation. «Ce vote est un succès majeur remporté face au lobby intensif des industriels et des représentants agricoles qui ont tenté de diluer les textes jusqu’à la dernière minute», ajoute-t-elle dans un communiqué du 13 janvier.

Le paquet législatif, issu d’un compromis entre le Parlement et le Conseil en décembre dernier (1) a été adopté en deuxième lecture par les députés européens à une large majorité (577 voix pour, 72 voix contre ou abstentions). Cette nouvelle législation comprend un règlement relatif à la mise sur le marché des pesticides (2) et une directive-cadre sur l’utilisation durable des pesticides (3).

Le premier volet instaure la création d’une liste de substances actives (entrant dans la composition des pesticides) autorisées à l’échelle européenne et sur la base de laquelle chaque Etat membre délivrera des autorisations de mise sur le marché. Les substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), persistantes, bioaccumulatives et toxiques (PBT) ou très persistantes et très bioaccumulatives (vPvB), et celles qui sont néfastes pour les abeilles seront interdites «à moins que leurs effets soient négligeables en pratique». Des dérogations d’une durée maximale de 5 ans pourront toutefois être accordées en cas de menace grave pour les cultures. Les substances immunotoxiques, neurotoxiques pour le développement et perturbatrices pour le système endocrinien pourront également être interdites si elles posent «un risque significatif». Selon l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) le retrait des substances de type perturbateurs endocriniens «sans justification scientifique et sans mise en place rapide de solutions alternatives, aura des conséquences graves (…) sur certaines productions européennes» et appelle les autorités européennes à revoir les modalités d’application pour ce critère.

Ces nouvelles règles devraient conduire à l’interdiction de 22 substances sur un total de 400, selon l’estimation de l’Agence suédoise des produits chimiques. En 1991, l’entrée en vigueur de la précédente directive avait entraîné l’élimination de la moitié des 800 substances actives disponibles. Les substances seront autorisées pour une durée de 10 à 15 ans. La substitution des pesticides «préoccupants» par des produits alternatifs plus sûrs, s’ils existent, devra être effective dans un délai de 3 ans.

Contrairement au souhait initial du Parlement (4), la division de l’UE en trois zones d’autorisation (Nord, Sud, et Centre) fondée sur le principe de reconnaissance mutuelle a été adoptée. La France fera partie de la zone Sud aux côtés notamment de l’Espagne et de l’Italie. Cette mesure devrait favoriser et accélérer la mise sur le marché de nouveaux pesticides, précise le Parlement européen. Toutefois, les députés ont obtenu la possibilité pour chaque Etat membre de restreindre ou d’interdire des pesticides sur son territoire.

Le deuxième volet du paquet comprend un ensemble de mesures visant à réduire l’usage des pesticides, jusqu’à présent non réglementé. Lire la suite