OGM : il faut sauver la clause de sauvegarde !

France Nature Environnement, communiqué de presse, le 23 janvier 2009

OGM : il faut sauver la clause de sauvegarde !

La Commission européenne (CE) vient de saisir, le 21 janvier, deux comités aux fins d’autoriser des cultures commerciales de deux maïs OGM – le TC 1507 de Pioneer et le Bt 11 de Syngenta – et d’invalider les clauses de sauvegarde qui s’opposent à la culture du maïs MON 810, en France, en Grèce et en Hongrie. Réaction.

De nouvelles autorisations d’OGM. FNE conteste la position ouvertement pro-OGM de la Commission, qui est contraire au principe de précaution, aux constats scientifiques et à l’avis plusieurs fois exprimé du Conseil des Ministres européen de l’Environnement.
La Commission se range ainsi à l’avis de l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA / EFSA), selon laquelle ces plantes modifiées ne présentent aucun risque pour la santé ni pour l’environnement. Or, ces procédures d’évaluation des risques ont été remises en cause par les 27 ministres de l’Environnement, le 20 octobre 2008. Ces derniers se sont prononcés unanimement en faveur du renforcement et de l’harmonisation des méthodes d’évaluation des risques entre les pays de l’Union.

Lylian Le Goff déclare : « FNE pose clairement la question d’une enquête sur le fonctionnement de l’AESA / EFSA ainsi que sur la validité de ses avis. De même les autorisations délivrées par la Commission sont inacceptables et contraires aux travaux scientifiques contradictoires et pluralistes et à l’avis du Conseil des Ministres européens de l’Environnement ».

La levée de la clause de sauvegarde ? A la suite du Grenelle de l’environnement, FNE s’était engagée au sein du Comité de préfiguration et jusqu’au Conseil d’Etat pour obtenir et défendre une décision de suspension (clause de sauvegarde) de la culture du MON 810.

Cette clause de sauvegarde française repose sur plusieurs constats scientifiques portant sur l’insuffisance des protocoles, l’existence de risques affectant des organismes non ciblés et sur des distances de dissémination très largement sous-évaluées.

Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : Lire la suite

Une stratégie à long terme contre les émissions de GES

bulletins-electroniques.com, BE Royaume-Uni 92, le 12 janvier 2009

Sciences de l’ingénieur

Une stratégie à long terme contre les émissions de gaz à effet de serre

La teneur atmosphérique en dioxyde de carbone, gaz à effet de serre qui a le plus grand impact sur notre climat, va continuer à augmenter même si les objectifs nationaux et internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont respectés, mettent en garde certains scientifiques [1]. Selon eux, seules des mesures énergiques comme celles récemment prises par le gouvernement britannique pour réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, peuvent, à long terme, avoir un impact positif.

Telles sont les conclusions de l’étude « What do recent advances in quantifying climate and carbon cycle uncertainties mean for climate policy? » menée par le NERC (Natural Environment Research Council) à travers le programme QUEST (Quantifying and Understanding the Earth System), le CEH (Centre for Ecology & Hydrology), et par un programme mixte du Defra (Department for Food & Rural Affairs) et du MoD (Ministry of Defence) sur le changement climatique.

Les scientifiques sont arrivés à de telles conclusions en combinant les résultats des propositions des pays du G8 et du rapport Stern avec les dernières connaissances de l’effet du réchauffement climatique sur le cycle du carbone (cycle biogéochimique qui correspond à l’ensemble des échanges d’éléments carbone entre les océans, les roches, la matière vivante et l’atmosphère). Leurs découvertes montrent que les réductions à court terme ne suffiront pas à résoudre le problème. Les décideurs politiques doivent donc programmer leur politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur des centaines d’années. De surcroît, les calculs effectués démontrent que le niveau de réduction des émissions devant être atteint pour limiter le changement climatique doit être au-dessous de ce qui est considéré comme « dangereux ».

Jo House, responsable, à l’Université de Bristol du programme QUEST affirme que : « Pour être en mesure de prédire l’impact climatique de différents niveaux d’émissions, nous devons tenir compte de ce qui se passe dans l’atmosphère une fois que les gaz à effet de serre y pénètrent. Des gaz tels que le méthane ou l’oxyde nitreux restent dans l’atmosphère de quelques années à plusieurs décennies. Le dioxyde de carbone est un tout autre problème dans la mesure où une partie du gaz émis reste dans l’atmosphère pendant des milliers d’années ».
En outre, à cause du changement climatique, une plus grande proportion de dioxyde de carbone restera dans l’atmosphère. Même si le dioxyde de carbone est absorbé par des puits de carbone tels que les sols, les forêts et les océans, à mesure que le climat se réchauffe ceux-ci deviennent moins efficaces. C’est ce que l’on appelle la rétroaction climatique. En effet, les activités humaines entraînant un réchauffement climatique provoquent un déséquilibre des échanges de carbone entre l’atmosphère, les océans et la terre. Ces modifications entraînent dans certains cas une rétroaction positive, dans d’autres une rétroaction négative :

– le réchauffement climatique entraîne la diminution de la dissolution du CO2 dans les océans : la solubilité du CO2 dans les océans dépend en effet de leur température Lire la suite

Gradignan, Icare/Jardin de Pierral : coup de pouce massif

 Sud-Ouest, le 23 Janvier 2009

GRADIGNAN, JARDIN DE PIERRAL. Un chèque de 3 000 euros

Coup de pouce massif

Le jardin médiéval de Pierral, situé dans le parc de l’Institut national des jeunes sourds est un site unique. Il offre une découverte originale et attrayante des plantes cultivées au Moyen-Âge dans différents usages, notamment médicinal et alimentaire.

Après quatre ans d’existence, l’association Itinérances culturelles arts et rencontres (Icare), présidée par Myriam Reffet-Figarède, se lance dans la rénovation et propose une démarche pédagogique à destination des établissements scolaires du secteur. Ainsi, Icare développe un partenariat privilégié avec l’école Georges-Lasserre de Talence (pédagogie Freinet), pour faire du jardin un support de projets sur le développement durable. » Il s’agit de montrer l’importance de la biodiversité en cultivant des plantes sauvages et en employant des méthodes de culture favorisant la richesse de l’écosystème du jardin et de développer des activités sensorielles. De créer un lien fort entre les enfants et la nature. »

Le chèque remis par la fondation Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes va permettre de Lire la suite

Bassens : Centre de maturation des mâchefers ?

Sud-ouest, Yannick Delneste, le 23 Janvier 2009

BASSENS. Le projet de traitement des résidus des incinérateurs de Bègles et Cenon pourrait enfin voir le jour sur la zone portuaire grâce à un consensus sur le transport fluvial

Les mâchefers en vogue

Les embarcations sont rares sur la Garonne à Bordeaux. Dans quelques années, il se pourrait qu’une péniche effectue trois fois par semaine les 15 km séparant Bègles de l’incinérateur Astria de la zone industrialo-portuaire de Bassens. À bord de cette barge, 400 tonnes de mâchefers imbrûlés, subsistant au terme de l’incinération des déchets ménagers traités par les fours béglais. Au bout de ce court voyage, une plate-forme de valorisation dont le projet, grâce à ce mode de transport fluvial, recueillerait enfin l’assentiment collectif.

C’est peu dire que le dossier a voyagé sur l’agglomération et même un peu plus loin. Depuis 1998 et la mise en service d’Astria, Novergie (délégataire de la CUB) qui exploitait jusqu’au 1er janvier dernier (1) les deux incinérateurs, a multiplié les projets d’implantation. De Salles à Saint-Aubin-de-Médoc, la dizaine de sites proposés avait toujours été contestée. Dernier projet en date : Blanquefort où l’opposition d’un certain Vincent Feltesse n’avait pas été étrangère à la prise de la mairie par ce dernier en 2001.

2 600 camions en moins

Faire construire un incinérateur de déchets sans prévoir de plate-forme de maturation des mâchefers : c’est l’incongruité vécue depuis dix ans sur la CUB. Aujourd’hui les 100 000 tonnes produites chaque année par Bègles (65 000) et Cenon (35 000) sont amenées par 4 000 camions à Clérac en Charente-Maritime, à 60 km de l’agglomération. Dans cette structure vieillissante qu’un arrêté préfectoral a condamnée pour mars 2010, les mâchefers sont valorisés notamment en granulats pour les routes.

Le projet de plate-forme bassenaise répondrait aux exigences qui ont empêché les autres : « assurer près des incinérateurs la maturation de la totalité des mâchefers de la CUB, produire des granulats de qualité pour une agglomération qui connaît un déficit en la matière, et adopter un transport fluvial de la majorité de ses mâchefers, de Bègles à Bassens », liste Jérôme Saura, responsable des filières vracs, industriel, bois et dérivés au Port autonome de Bordeaux. « Ce transport par le fleuve supprimera 2 600 camions par an, divisera les émissions de gaz carbonique par cinq, le dioxyde de soufre par six. » L’acheminement des mâchefers de Cenon continuerait à se faire par la route mais les camions ne feraient plus que 10 km au lieu de 60.

10 millions d’euros

« Ce concept a séduit tout le monde aujourd’hui », Lire la suite

Maris, Limites de la croissance : la revanche de Meadows

marianne2.fr, Bernard Maris, le 22 Janvier 2009

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.

Limites de la croissance économique : la revanche de Meadows

Lors de la parution de son rapport sur les limites de la croissance, en 1972, Meadows était la risée de ses confrères économistes. Aujourd’hui, il est considéré comme un visionnaire et vient même de recevoir un prix. La crise a fait au moins un heureux.

Le professeur Meadows vient de remporter le « Japan Prize », l’un des prix scientifiques les plus prestigieux, pour un ouvrage qu’il a dirigé en 1972. Soit… 37 ans plus tard. Le rapport du professeur Meadows s’appelait « Les limites à la croissance » et il a été traduit en France sous le titre « Halte à la croissance ! » En effet le professeur Meadows, et les autres, proposaient, tout simplement, une croissance zéro. Meadows n’est pas si vieux que ça, il a 66 ans. Il a été prof au prestigieux Mit, Massachussets Institute of Technologie. Moi qui ai fréquenté les milieux économiques, je n’ai jamais vu autant de ricanements, je veux dire autour de Meadows et de son rapport. Meadows était un gauchiste au pire, un idéaliste au mieux, un ennemi du progrès, un amateur des cavernes et de la viande boucanée, un ennemi du Sud et des pauvres qui ne demandaient qu’à se développer ou à s’enrichir etc. etc.
Son rapport reposait sur une hypothèse infiniment simple. Les ressources sont limitées : le pétrole, le charbon, l’eau, l’uranium, les forêts, n’existent pas à profusion. Or la population humaine semble devoir croître indéfiniment. Et les besoins de la population humaine croissent encore plus vite que la population elle-même. Rien de commun entre les besoins de l’Américain moyen et les besoins du Bushiman ou du Pygmée lambda. Donc l’humanité va se heurter de façon dramatique au mur de la rareté. Cqfd. Stop à la croissance, vive la croissance zéro, arrêtons tout.

Meadows et Malthus avaient seulement raison trop tôt

Ce qui faisait ricaner les économistes. Ils s’esclaffaient, même. Ah ! ah ! Tout ce que dit Meadows, Malthus le disait déjà, Malthus le pasteur de l’apocalypse économique. Il disait ça en 1800, dans son « Essai sur le principe de population » et nous sommes en 1972, ah-ah ! Car Malthus, pas plus que ce pauvre Meadows, n’avait prévu une chose : la hausse des rendements ! l’incroyable progrès de la productivité qui fait que le quintal de blé produit par cent paysans en 1800 est produit par un seul paysan aujourd’hui. Et les économistes de rire.
En réalité, il n’y a pas de quoi rire. Malthus et Meadows ont simplement eu raison trop tôt. Le mur de la rareté approche, et nous allons nous heurter contre lui. Lire la suite

Colloque : Les catastrophes écologiques et le droit…

catastrophesecologiquesetdroit.fr, le 23 janvier 2009

Pour info et diffusion, veuillez trouvez ci dessous et ci joint l’annonce du colloque « Les catastrophes écologiques et le droit : échecs du droit, appels au droit »

Le Centre de recherche interdisciplinaire en droit de l’environnement, de l’aménagement et de l’urbanisme (CRIDEAU – OMIJ) et le Centre international de droit comparé de l’environnement (CIDCE), avec le parrainage de la Société française pour le droit de l’environnement (SFDE), ont le plaisir de vous annoncer la tenue d’un colloque international ayant pour thème :

« Les catastrophes écologiques et le droit, échecs du droit, appels au droit »

Ce colloque se déroulera les 11, 12 et 13 Mars 2009 à la Faculté de droit et des sciences économiques de Limoges. Il accueillera, entre autres contributions, celles de Jean-Pierre Dupuy, de Corinne Lepage, de Jean-Pierre Marguénaud, de Jacques Testart ainsi que les conclusions de Mireille Delmas Marty et de Michel Prieur. C’est à l’occasion du colloque que sera présenté le « Projet de Convention relative au statut international des déplacés environnementaux » élaboré par un groupe d’universitaires de la Faculté de droit et des sciences économiques de Limoges.

Tous les renseignements relatifs au colloque sont disponibles sur le site internet dédié au colloque Lire la suite

Crise économique : Les (vrais) emmerdes commencent

lafinducapitalisme.net, Aureliano Buendia, le 14 janvier 2009

Les (vrais) emmerdes commencent

2008 vous a plu ? Vous allez adorer 2009…

Bon, meilleurs vœux à tout le monde, santé et bonheur et… et c’est déjà pas mal, parce que question pognon, ça va être coton. On rentre direct dans le vif du sujet avec le déficit commercial américain, publié hier.

– 40,4 Milliards de dollars pour le mois de Novembre.

C’est une réduction énorme (26% en un mois ! ça fait près de 5 ans qu’on n’était plus passé en-dessous de 50 Mds/mois) qui, théoriquement, pourrait annoncer que le vrai rééquilibrage vient de commencer. Et que les US vont donc être, enfin, contraints d’adopter un train de vie plus en adéquation avec leurs moyens ; ce qui ne signifierait en aucun cas la fin de la crise, mais au moins, le début de la disparition des causes réelles de la crise.

Sauf que… je sais pas, y a un truc qui ne me plait pas dans ce chiffre.

Déjà, c’est beaucoup, beaucoup trop rapide. Le timing est un truc essentiel en économie (la vraie, pas dans les livres). Il est crucial que les différents acteurs aient le temps d’adapter leur comportement à la nouvelle situation. Là c’est trop rapide. Un peu comme en plongée, en fait. Si vous remontez comme une balle après avoir passé 5 ans à -50m, c’est l’accident de décompression assuré. Et là, le corps, c’est toute l’économie US.

Ensuite, si on regarde dans le détail, la majeure partie de la baisse du déficit est due à l’effondrement du prix du pétrole. Très fragile donc. Pour le reste, on constate surtout une chute violente de l’ensemble des échanges (importations et exportations). Bref, tout ça donne l’impression que le retour sur terre, après des années de vie à crédit, risque d’une part d’être assez violent et d’autre part de laisser quand même subsister des déséquilibres profonds. Ni le beurre, ni l’argent du beurre, en somme.

Voilà pour les courants de fond, maintenant retour en surface, où la tempête fait rage.
Je réitère ma prévision d’une vague de faillites sans précédent et dans tous les secteurs dès le premier semestre 2009. Rien qu’aujourd’hui, 2 chaines de magasins US, ainsi que la multinationale Nortel ont fait faillite. Citigroup, la plus grosse banque américaine, semble en très mauvaise posture. HSBC aurait besoin d’une recapitalisation de 27 Mds. L’industrie automobile US est dans le coma, etc.

C’est assez dingue à imaginer, mais tout le monde sous-estime encore l’ampleur du merdier. Un petit exemple : même très bien informés, vous avez du entendre parler de 3 ou 4 faillites de banque aux US l’année dernière. (Une californienne, la retentissante de Lehman, et puis quelques faillites déguisées par des arrangements d’urgence). Nous en sommes pourtant déjà à 40 faillites bancaires ! Je pense que l’ordre de grandeur est le bon : tout le monde a l’impression qu’on est dans une merde noire, mais ce qui nous arrive est en fait 10 fois pire !

On ne devrait donc pas tarder à voir les premiers signes de la dernière phase de l’effondrement du système dans son ensemble : la faillite des Etats. (une agence de notation a d’ailleurs dégradé aujourd’hui la note de « sécurité » des emprunts de la Grèce. Suivants en Europe : l’Irlande, l’Espagne et le Portugal…)

Le plus hallucinant dans cette histoire est sans doute à quel point c’est gros comme une maison et à quel point tout le monde continue la fuite en avant en faisant semblant de ne pas le voir. ça ressemble comme deux gouttes d’eau à la bulle Internet ou à la folie financière des dernières années. Lire la suite