Vers une Agriculture bio locale pour répondre à la demande

actu-environnement.com, R. Boughriet, le15 janvier 2009

Vers une Agriculture bio locale pour répondre à une demande accrue des Français

Des mesures du Grenelle 1 et de la Loi des Finances 2009 veulent encourager le développement de l’offre en produits biologiques. Objectif : réduire le déséquilibre production / consommation en favorisant une Agriculture bio locale.

Selon le baromètre 2007 de l’Agence bio, 40% des Français ont consommé au moins un produit bio chaque mois, 23% chaque semaine et 6% tous les jours. 84% des sondés souhaitent que l’agriculture biologique s’étende en France. Pourtant, si la consommation en produits bios continue d’augmenter dans le pays, la production nationale reste peu développée. Ce qui implique qu’une part croissante du marché est couverte par des produits importés des pays européens mais également d’Argentine, d’Israël ou encore de Nouvelle-Zélande. A l’heure actuelle, faute de capacité de production adaptée, manger bio en France n’est pas énergétiquement durable !

Grenelle 1 et Loi des Finances 2009 : des mesures pour développer le bio en France

Dans ce contexte, à l’occasion de la deuxième édition des Assises de l’Agriculture Biologique qui s’était tenue en octobre dernier à Paris, le ministre de l’agriculture et de la pêche Michel Barnier avait annoncé – dans le cadre de la loi des Finances 2009 – le déblocage d’une enveloppe de 12 millions d’euros supplémentaires par an pendant trois ans afin d’encourager la conversion des exploitations agricoles.

Une augmentation du nombre de producteurs est en effet nécessaire pour faire face à la demande et atteindre l’objectif fixé dans l’article 28 de la loi de mise en œuvre du Grenelle 1 : 6% de surface agricole utile (SAU) bio en 2012 contre 2% actuellement. L’article 42 du Grenelle 1 concernant l’exemplarité de l’Etat prévoit également d’intégrer 15 % de produits biologiques dans la restauration collective en 2010 et 20 % en 2012. Les commandes de restauration collective publique comprendront des produits saisonniers mais aussi ceux  »à faible impact environnemental ».

Par ailleurs, deux autres mesures du Grenelle 1, en faveur de l’agriculture bio, ont été adoptées en décembre dernier dans la loi des Finances 2009 : le doublement du crédit d’impôt et l’exonération de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (exonération non compensée). Ces mesures devraient ainsi permettre le développement de l’offre locale en produits bio.

La Bio dans les marchés publics de la restauration collective

La faiblesse actuelle de l’offre constitue donc l’un des obstacles rencontrés par les acheteurs publics. Dans une circulaire diffusée en mai 2008, le Premier ministre, François Fillon, a demandé aux ministres et aux préfets de rappeler aux services de restauration des administrations de l’Etat et des établissements publics, l’objectif du Grenelle de 20% de produits bios en 2012. Les restaurants concernés sont ceux des administrations centrales et de leurs services déconcentrés, et des établissements publics sous tutelle, qu’ils soient réservés aux agents de l’Etat et de ses établissements ou ouverts au public, tels ceux des CROUS et des centres hospitaliers universitaires.

Depuis 2004, le code des marchés publics permet la prise en compte des exigences environnementales à différents stades du processus d’achat public. Les acheteurs publics doivent formuler des appels d’offres adaptés à la filière bio : allotissement, spécifications techniques, références à des labels, etc. Le code des marchés publics ouvre également un droit de préférence en permettant de favoriser à offre égale ou à prix égal, une société coopérative ouvrière de production, un groupement de producteurs agricoles, un artisan…, Lire la suite

Lot-et-Garonne : l’hôpital des oiseaux en danger

Sud-Ouest, Julien Pelicier, le 22 Janvier 2009

FAUNE SAUVAGE. Au parc de Ferron, le centre Essor manque de bras et de subventions. Son directeur, Alain Dal Molin, pousse un coup de gueule

 «Il ne viendrait à personne l’idée de démolir une église mais le fait qu’on tue un oiseau protégé n’a pas l’air de beaucoup gêner nos concitoyens. » Alain Dal Molin, secrétaire de la Sepanlog (1), qui a repris les rênes de l’Essor (2) en 2006, est quelque peu désabusé : « Quand je l’ai cédé dans les années 90, c’était le plus grand centre d’Europe. Aujourd’hui, tout est à rebâtir. » L’association qui avait pris la relève d’Alain Dal Molin y a laissé des plumes. La Sepanlog contrainte de récupérer actifs et passifs de cette dernière, dissoute suite à des difficultés de gestion, ne peut que constater l’ampleur des dégâts et celle du chantier à venir.

« En phase de rodage »

Sur six hectares, le centre compte une quarantaine de volières que le temps et le manque d’entretien n’ont pas épargnées. En 2008, « plus de 200 animaux ont été accueillis soit environ 50 000 jours d’hospitalisation », affirme Alain Dal Molin. Pour cela, l’Essor repose entièrement sur les épaules de Stéphan Lamothe qui, sept jours sur sept, reste joignable pour recueillir une buse percutée par une voiture ou un héron qui s’est pris du plomb dans l’aile. Alain Dal Molin, lui non plus ne compte pas ses heures, mais à eux seuls, les deux hommes ne parviendront pas à remettre en état l’Essor.

« On est encore en phase de rodage », concède ce dernier. La volière destinée aux oiseaux d’eau est en cours de réhabilitation. Le chantier, qui comprend un grand bassin et une cascade, pour éviter que l’eau ne stagne, a coûté 6 000 euros. Il en faudra autant pour la clôture. La volière de réadaptation à la vie sauvage et de rééducation au vol est aussi à refaire entièrement. « Elle fait 50 m². C’est pourquoi je lance un appel à toute contribution physique ou financière, explique Alain Dal Molin. Si on avait assez de bénévoles, on pourrait effectuer les travaux en régie et si on avait assez d’argent, on pourrait faire appel à une entreprise de réinsertion par exemple… »

Appel aux bénévoles

Le centre a besoin d’une dizaine de bénévoles. Les deux ou trois qu’il compte actuellement ne peuvent être présents en permanence alors qu’« il faut être deux pour faire un simple pansement à un animal blessé ». Entre réhabilitation et pêche aux subventions, le directeur a aussi en tête la création d’un centre spécialisé pour l’accueil des nouveaux animaux de compagnie (NAC).

« Le besoin s’en fait sentir. Et comme il s’agit souvent d’espèces exotiques, la température devra être régulée. Cela implique une mise de fonds relativement importante. Mais qui va payer ? (3) » Alain Dal Molin rappelle qu’un établissement tel que l’Essor « reçoit des animaux saisis par la police, la gendarmerie ou encore les douanes » et s’étonne que « l’on trouve de l’argent pour sauver les chiens et chats dans un chenil départemental et rien pour une structure qui vise à préserver un patrimoine irremplaçable. » Lire la suite

Jean Zin : Les 4 alternatives écologistes

Jean Zin, le 7 décembre 2003

Les propositions des écologistes me semblent pouvoir se répartir selon 4 axes :

1) la correction de la valeur économique afin d’obtenir une « vérité des prix » écologique, l’internalisation des externalités par des taxes et l’orientation des mécanismes de marché vers les solutions écologiques (ecolabels, commerce équitable, normes, subventions) ainsi que la constitution d’un secteur protégé hors marché (biens communs et tiers-secteur). Ces mécanismes correctifs (de régulation par le marché) sont sensés rendre le productivisme capitaliste plus efficace écologiquement moins destructeur et plus durable. C’est donc ce qu’on peut appeler le productivisme durable.

2) Une autre façon de résoudre le problème d’une croissance destructrice serait de restreindre le productivisme en ralentissant la croissance, dans la production par la réduction continue du temps de travail et dans la consommation par la frugalité volontaire, tout cela sans changer la logique du système mais en luttant simplement contre ses excès et en essayant de garder les protections salariales. C’est la même chose, mais en moins (ou en mieux), une économie « plus économe », ce qu’on peut appeler un productivisme bridé.
3) Ceux qui défendent une décroissance conviviale se situent par contre clairement dans une alternative au productivisme et une critique de l’économisme dominant. C’est la version politique de l’écologisation de l’économie, les régulations économiques étant remplacées par des régulations collectives débattues publiquement. Ce n’est pas un retour aux économies planifiées et centralisées puisque c’est au contraire une relocalisation de l’économie, une auto-gestion démocratique décentralisée de la production et des échanges ; mais il faut bien dire que les modalités et leur efficacité restent problématiques.

4) Enfin, la dernière façon de répondre à un productivisme insoutenable est de construire une production alternative tirant partie de la révolution informationnelle pour réorienter l’économie sur le développement humain, les services et les consommations immatérielles en passant d’une logique concurrentielle à une logique coopérative et d’une productivité à court terme à l’investissement dans l’avenir, c’est-à-dire en développant l’autonomie de chacun, en particulier l’autonomie financière par une garantie de revenu. C’est la seule alternative concrète qui me semble à la hauteur des mutations en cours et d’une écologie qui doit nous apprendre à penser à long terme.

On remarquera justement qu’il y a une certaine gradation dans ces différentes alternatives, à plus ou moins long terme, et chacune des politiques défendues est susceptible d’utiliser accessoirement les propositions précédentes. Ainsi, la décélération de la croissance ne répugne pas à utiliser les écotaxes, la décroissance conviviale prône la réduction du temps de travail et la multiplication par 10 des prix du pétrole, le revenu garanti est inséparable d’une relocalisation de l’économie et les coopératives municipales ne peuvent se passer de régulations collectives, etc. Pourtant ces stratégies ne sont pas équivalentes ni toujours compatibles et, pour des écologistes, les mesures à court terme ne prennent sens qu’en fonction des objectifs à long terme. C’est pourquoi, même si le revenu garanti n’est pas notre horizon immédiat, il me semble que c’est seulement dans ce cadre qu’on peut parler d’une véritable alternative écologiste.

Il s’agit d’examiner les arguments pour ou contre chacune des solutions afin d’essayer de construire un consensus à partir de nos divergences, sur la pertinence et le cadre des politiques à défendre selon le contexte et les enjeux. Lire la suite

La MRES (ex MNE) de Lille en constante évolution

nordeclair.fr, Marie Tranchant, le 22 janvier 2009

LILLE / MRES

En constante évolution

Un an déjà que la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) fête ses 30 ans. Pour clôturer cette année festive, une journée de rencontres et d’échange avait lieu au Nouveau Siècle hier. L’occasion de rappeler les ambitions de ce lieu associatif.

Il fallait au moins ça, une année de rendez-vous et de festivités pour fêter l’anniversaire d’une maison, installée au 23, rue Gosselet à Lille depuis 1978. En trente années, la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) a vécu pas mal de changements. Un changement de nom, d’abord, puisqu’elle s’appelait au départ MNE (Maison de la nature et de l’environnement) ; il y a deux ans, elle est devenue MRES. « Les associations voulaient faire entrer dans le sigle le côté régional et la solidarité », explique son président, Gérard Minet.
C’est certainement un des points qui caractérise cette maison qui regroupe aujourd’hui une centaine d’associations autour de différentes thématiques.

Mais avant le second baptême du lieu, il y avait eu l’évolution de son orientation : de purement « écolo », la MNE de l’époque s’est ouverte à d’autres sujets. « C’est dans la préparation de la conférence de Rio, en 1992 (Sommet de la Terre, Ndlr), qu’a germé la colonne vertébrale de cette maison, se souvient Gérard Minet. Le développement durable est devenu notre priorité : pas seulement la défense des fleurs et des petits oiseaux, mais un véritable projet politique et un projet pour la planète. » Au 23, rue Gosselet, se croisent donc des associations de défense de la nature et de l’environnement, des droits de l’homme et de la démocratie, de la solidarité. Hier, lors d’une journée qui proposait trois tables-rondes, ces associations étaient à l’honneur. Parmi elles, Noeux environnement, basée à Noeux-les-Mines, qui oeuvre pour « réhabiliter l’environnement en réhabilitant l’homme », comme le précise Pierre-Alain Betremieux, directeur de l’association. Pour « faire diminuer les nuisances avant d’essayer de les compenser », l’association travaille notamment à des actions de sensibilisation, auprès de tous les publics.

« Optimistes »
C’est aussi l’une des évolutions à laquelle a dû faire face la MRES durant ces 30 années : le militantisme a changé. On ne s’engage plus aujourd’hui comme on s’engageait à la fin des années 1970. « Il y a des nouvelles formes d’implication citoyenne, souligne Emmanuelle Latouche, directrice de la MRES. Aujourd’hui, ce sont des pétitions en ligne, du soutien aux associations, des acteurs culturels qui orientent leur travail vers une cause, etc. On n’est plus aux colleurs d’affiche, mais on reste optimistes ! » Colleur d’affiche, Gérard Minet l’a été à ses débuts de militant, mais il ne montre pas de nostalgie.

L’une des forces de la MRES est de savoir s’adapter, en proposant d’accompagner les associations à découvrir les nouvelles technologies, en reconnaissant que ces dernières peuvent servir la mobilisation, comme le note Gérard Minet : « Pour dénoncer les attaques à Gaza, c’est par mail que les informations ont été relayées… Cela prend une autre forme, parce que c’est une autre réalité. » Il faudra, bien sûr, pour la MRES s’adapter encore et toujours et pour son président, « profiter de cette crise pour remettre en question notre modèle de société ».

« Encore plus utile à un projet de société » Lire la suite

La MRES de Lille fête ses 30 ans

lavoixdunord.fr, A.G, le 22 janvier 2009

La MRES fête ses 30 ans : nouvelles formes de militantisme, mais objectifs inchangés

La MRES s’offrait, hier, une journée de débats au Nouveau Siècle pour fêter son anniversaire. En trente ans, les formes de militantisme ont évolué ; les buts poursuivis par la structure, peu.

« Poil à gratter », « groupe de pression » ou « donneuse d’alerte », au choix. La Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) fêtait, hier au Nouveau Siècle, 30 ans de militantisme associatif.

Créée par Pierre Mauroy en 1978, celle qui se nomme alors Maison de la nature et de l’environnement (MNE) a pour but de donner un lieu d’expression aux écologistes. Mais, « dès le début, la MNE comprend des associations de défense des droits de l’homme, humanitaires… », note Mireille Havez, vice-présidente. En 2001, une charte donne à la MNE une « colonne vertébrale », selon l’expression de son actuel président, Gérard Minet. « La MNE, ce n’est alors plus la seule défense des fleurs et des petits oiseaux, mais un projet politique pour la planète.

 » En 2006, la MNE devient MRES, adaptant son nom à sa réalité.

Évolution récente, la structure s’ouvre à de nouvelles formes de militantisme. Elle accueille, par exemple, des associations culturelles soucieuses de donner du sens à leurs projets. « Le militantisme ne se résume plus à coller des affiches », argue Emmanuelle Latouche, directrice.

La MRES accompagne ce changement toujours autour des valeurs qu’elle cherche à faire valoir. Objectif : influencer les élus locaux.

Lors des débats, hier, Ginette Dhénin-Verbrugghe, vice-présidente du conseil régional, indiquait que « beaucoup de décisions en matière de solidarité internationale sont prises après discussion avec le milieu associatif ». De même pour les transports, « LMCU a récemment repris des propositions que nous avions formulées », s’enorgueillit Mireille Havez.

«  Faire converger démocratie représentative et démocratie participative » Lire la suite

Cette crise sera moins grave que celle de 1929

parismatch.com, Anne-Sophie Lechevallier, le 16 Janvier 2009

“Cette crise sera moins grave que celle de 1929”

Economie. En exclusivité pour Paris Match, quatre pointures de l’économie, dont trois prix Nobel, ont débattu de l’état de l’économie mondiale, de l’impact des mesures déjà adoptées et des remèdes à apporter.

Match Economie

L’Indien Amartya Sen (récompensé en 1998), les Américains Joseph Stiglitz (en 2001) et Edmund Phelps (en 2006) – ainsi que l’économiste français Jean-Paul Fitoussi se connaissent depuis trente ans. Tous membres de l’Observatoire français des conjonctures économiques, ils n’ont eu de cesse de plaider pour davantage de régulation des marchés et pour un rôle accru de l’Etat. L’explosion de la crise, financière d’abord, puis économique et sociale, leur a donné raison.

Plus humanistes qu’experts de la modélisation financière, ces quatre professeurs sont de toutes les commissions qui tentent de jeter les bases d’un nouveau système économique mondial. La semaine dernière, ils participaient à ­Paris au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » ouvert par Tony Blair, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Voici leur diagnostic.

Chômage : amélioration à la fin de l’année

Amartya Sen « La crise économique va s’intensifier au début de l’année. Le chômage va augmenter aux Etats-Unis et en Europe. L’économie mondiale va ralentir. Aux Etats-Unis, ceux qui n’ont pas d’assurance maladie auront plus de difficultés à obtenir un traitement médical, puisque leurs revenus seront moindres. L’Europe sera moins affectée. En Afrique, à cause de la baisse des exportations agricoles et d’une croissance économique limitée, le déclin va être important. En Chine et en Inde, les taux de croissance vont ralentir, mais rester élevés – le taux est passé de 11 à 9 % en Chine, et de 9 à 7 % en Inde. Cependant, ces deux pays ont de nombreux habitants très pauvres, et leur ­capacité à profiter de l’expansion économique va s’amoindrir. En Inde, les ­dépenses publiques risquent de ralentir. Ce sera négatif pour les programmes qui en dépendent, comme ceux liés à l’éradication de la pauvreté ou à l’amélioration de l’éducation… A la fin de l’année, dans les pays occidentaux, on commencera à voir les effets des plans de relance, et je serai très surpris si l’on ne constate pas de signes d’amélioration. »

Crise sociale et risque politique : pas de nouveau dictateur

Jean-Paul Fitoussi « Le risque politique est majeur dans les régimes non démocratiques car ceux-ci seront fragilisés, faute de moyens pour soutenir leurs économies, par des situations sociales qui peuvent se transformer en crise politique. Les éléments d’une poudrière sont réunis en Asie : il est très difficile pour 100 millions d’habitants de retourner à la pauvreté sans protester, en se laissant faire comme s’ils étaient taillables et corvéables à merci. En Europe, la Grande-Bretagne et l’Italie risquent de beaucoup souffrir. Dans nos démocraties, le risque politique est synonyme d’alternance. Il y aura des moments très difficiles à passer pour tous les gouvernements. Mais je ne crois pas à l’émergence d’un ­nouveau dictateur. »

Atout de la France : sa protection sociale

Jean-Paul Fitoussi « Le chômage va augmenter mais la France a un atout majeur : son système de protection ­sociale qui lui permettra d’amortir le choc. Elle sera sauvée par tous les mécanismes mis en œuvre après la ­Seconde Guerre mondiale dans le ­cadre de la doctrine keynésienne : l’indemnisation du chômage, l’assurance-maladie, le système de retraite par répartition, la possibilité de l’endettement public. Tout ce que l’on a brûlé hier permet de sauver le système aujourd’hui. » Lire la suite

Imaginer collectivement un immeuble écolo à Toulouse

20minutes.fr, Aline Royer, le 16 janvier 2009

Une jeune pousse dans la future salade

Imaginer, puis gérer collectivement un immeuble écolo et éthique en centre-ville. C’est le projet d’un petit groupe de Toulousains qui, il y a tout juste un an, a fondé l’association La jeune pousse. Depuis, une vingtaine de personnes ont rejoint cette coopérative d’habitants en devenir et s’activent pour que leur future habitation voit le jour avant 2012. Le bâtiment devra largement dépasser les normes « haute qualité environnementale (HQE) » en vigueur, comprendre des appartements privatifs mais aussi des parties communes – buanderie, atelier, foyer, chambres d’amis – pour mutualiser l’espace et économiser de l’énergie.

« La volonté d’habiter dans un immeuble sain, bien pensé, à faible impact écologique est un élément fort chez la plupart d’entre nous. Mais il y a aussi un enjeu social : favoriser la mixité sociale et générationnelle », explique Laure Teulières, qui participe à l’aventure.

Familles avec enfants, célibataires, retraités… tout ce petit monde aspire en effet à vivre ensemble au quotidien dans un esprit de solidarité. « Se sentir utile et transmettre son savoir, c’est un besoin très important quand on est retraité », confie Françoise Tétart, qui se voit déjà garder les enfants de ses voisins.

« Il y a un enjeu politique dans ce type de projets qui, pour aboutir, nécessitent d’être soutenus par les élus », argumente Laure Teulières. Et justement, la mairie de Toulouse a proposé à La jeune pousse d’intégrer son projet au futur écoquartier de la Salade. L’association pourrait ainsi y gérer la construction d’un immeuble neuf de vingt à trente logements, utilisant les techniques les plus abouties d’écoconstruction. « Nous accueillons très favorablement cette démarche qui Lire la suite