Nous allons bientôt vivre une catastrophe écologique majeure

lemonde.fr, NC, le 25 avril 2009

Enquête 2008 sur les valeurs des français réalisé par l’institut de sondages Lavialle (ISL). 3071 entretiens (d’une heure en moyenne, en face à face) ont été recueillis entre mai et août 2008, moitié selon une méthode aléatoire, moitié selon les quotas.

Paru dans le Monde du samedi 25 avril 2009 « Comment évoluent les valeurs des Français ? »

Quatrième du genre depuis 1981, cette enquête explore les changements de mentalités dans tout les domaines, de la famille aux institutions, du travail au vivre ensemble. Des résultats souvent surprenants.

LE RECIT ECOLOGISTE

« Nous allons bientôt vivre une catastrophe écologique majeure »

D’accord 87 % – Pas d’accord 10 % – NSPP 3 %

« Le génie de l’homme permettra que la terre reste vivable »

D’accord Lire la suite

Hulot – Chérèque : une Europe qui partage et protège

Le Monde, le 8 septembre 2008, Point de vue par Nicolas Hulot et François Chérèque

Une Europe qui partage et protège

Au moment où les crises – énergétique, alimentaire, climatique, financière, sociale – convergent dangereusement et multiplient les victimes sur la planète, nous avons plus que jamais besoin d’Europe. C’est notre meilleur socle pour répondre collectivement aux enjeux de l’époque et construire un modèle de société qui mette enfin l’économie au service de l’humain.

Or voici que l’Europe ajoute sa propre crise à celles qui accablent le monde. Quoiqu’on pense des raisons, très hétérogènes, du refus irlandais du traité de Lisbonne, celui-ci révèle encore une fois le déficit de l’institution européenne vis-à-vis des peuples qui la composent. L’Europe telle qu’elle se fait soulève de moins en moins de désir d’adhésion. Elle incarne, au contraire, les craintes de nos sociétés vis-à-vis d’une mécanique qui paraît étrangère à leurs préoccupations quotidiennes et à leurs angoisses du futur.

C’est sans doute injuste pour une part, mais il faut entendre cette protestation démocratique. Et y répondre au bon niveau. Il serait dramatique de croire qu’il suffirait d’un raccommodage juridique ou d’un artifice technique pour sortir de cette impasse. A la crise institutionnelle, il faut donner une réponse qui, justement, ne soit pas seulement institutionnelle. Réponse politique, dit-on.

La clé réside dans le choix de mettre résolument en oeuvre une ambitieuse politique écologique et sociale et de faire de celle-ci la colonne vertébrale et le moteur de la construction européenne. Autrement dit, de donner une nouvelle impulsion à la plus précieuse des valeurs, la solidarité entre les individus, les peuples, les générations et l’ensemble du vivant. Question écologique et question sociale ne se sont jamais opposées dans la mesure où les ressources naturelles constituent la base des activités humaines.

Mais elles sont plus indissociables et urgentes que jamais : Lire la suite

Etes-vous un créatif culturel ?

Ekopédia

Ce terme désigne une famille sociologique occupant une part importante des populations occidentales : 17% en France et 25% aux Etats-Unis [1]. Il est la traduction de l’américain cultural creatives, créé par le sociologue Paul H. Ray et la psychologue Sherry Ruth Anderson.

Le courant porté par les créatifs culturels, ou « créateurs de culture », est perçu par les sociologues comme l’avènement d’une nouvelle culture. Elle serait d’après ces deux chercheurs «la manifestation d’une lente convergence de mouvements et de courants jusqu’alors distincts vers une profonde modification de notre société», l’éveil d’une civilisation post-moderne, aussi importante que celle qui, il y a cinq cents ans, marqua la fin du moyen-âge [2].

Quesionnaire : Etes-vous un créatif culturel ?

Les créateurs culturels vivent d’ores et déjà dans un système de valeur et de comportement nouveaux :

– Mode de consommation fondé sur le respect et la reconnaissance de la valeur de l’environnement (consommation d’aliments biologiques, utilisation de la médecine naturelle).

– Conscience des valeurs féminines (place des femmes dans la sphère publique, coopération et préoccupation par rapport à la violence)

– Prédominance de l’être sur l’avoir et le paraître. Lire la suite

La gouvernance des associations

Associatis.com (Caisse d’Epargne), septembre 2008, Hervé Garrault, consultant (Garrault & Robine) et directeur de l’Adéma

La gouvernance des associations

S’il y a un mot à la mode aujourd’hui dans le monde des associations, c’est bien le mot « gouvernance ». On le rencontre partout. Dans la bouche des dirigeants associatifs, dans les écrits des experts, dans les programmes des colloques. Il faut sans aucun doute s’en réjouir car il est important que le secteur associatif se préoccupe de ce sujet majeur. À condition toutefois qu’on ne le galvaude pas et qu’on ne se trompe pas sur ce qu’il signifie et ce qu’il implique. La bonne gouvernance associative est une vertu rare et un sport exigeant. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Naissance de la gouvernance

Comme souvent lorsqu’il s’agit d’un sujet de management, le modèle vient du monde des entreprises anglo-saxonnes. Le mouvement qui a institué les principes de la gouvernance d’entreprise (corporate governance en anglais) est né aux États-Unis en réaction à une cascade de scandales financiers. La grande liberté laissée aux dirigeants exécutifs des sociétés commerciales offrait trop de risques dans un pays où le droit des sociétés est de la compétence des états. En 1993 l’American Law Institute a publié ses «Principles of corporate governance». Le mouvement était lancé et est depuis devenu quasiment universel, du moins dans le monde développé. Des codes de bonne gouvernance des entreprises ont été publiés dans l’ensemble des pays anglo-saxons, suivis par de nombreux autres pays (Allemagne, Italie, France…). En 2004 l’OCDE a publié ses «Principes de gouvernement d’entreprise» et, la même année, la Commission européenne a émis ses recommandations relatives à la «Promotion d’un régime approprié de rémunération des dirigeants».

Du monde des entreprises, les préoccupations de bonne gouvernance se sont propagées à celui des associations. Lire la suite

Le temps de l’économie durable est arrivé

Le Monde le 22 août 2008, Corinne Lepage

En matière économique, la méthode Coué n’a guère d’efficacité. La récession à laquelle nous devons faire face devrait être l’occasion de mettre en place une révolution économique comparable à celle qu’a pu être, au moment de la crise de 1929, le New Deal. Certes, on pourrait objecter que ce n’est pas dans les périodes de récession que l’on peut changer les orientations, puisqu’il faut au contraire tout faire pour relancer la croissance, et par voie de conséquence privilégier les secteurs industriels traditionnels qui sont les plus conséquents en termes d’emplois.

Mais c’est précisément parce que nous sommes dans une récession dont l’origine est due aux comportements « anti-durables » des acteurs économiques (« anti-durable » étant compris comme l’antithèse de ce qu’une démarche globale et intégrant le long terme aurait induit) que le moment est venu de faire notre révolution.

Révolution énergétique d’abord, en tournant délibérément le dos à la société du pétrole. Lire la suite