Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité et six pistes pour trouver des solutions

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 19 février 2010

Le rendez-vous raté de la lutte contre le déclin de la biodiversité

Depuis 2002, les chefs d’Etat ou de gouvernement ont adopté, au moins à quinze reprises, l’objectif de « réduire fortement le rythme actuel de perte de la biodiversité d’ici à 2010 ». Ils ont aussi réaffirmé une cinquantaine de fois – dont lors de trois G8 – leur soutien à cet objectif et la nécessité de prendre des mesures pour l’atteindre, selon le décompte établi par Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d’histoire naturelle.

Pour inaugurer l’Année internationale de la biodiversité, les responsables de la Convention sur la biodiversité biologique (CBD) des Nations unies, chargés aujourd’hui de faire le bilan, n’ont pas sorti les flonflons. Il n’y a, en effet, pas de quoi pavoiser. Aucun pays n’est au rendez-vous.

Le bulletin de santé de la biodiversité mondiale, qui sera officiellement dévoilé au mois de mai, à l’occasion de la publication des « Perspectives mondiales de la biodiversité », montre que les cinq pressions majeures exercées sur la diversité biologique « sont restées constantes, voire ont augmenté » par rapport au diagnostic établi en 2006.

Ces pressions sont le changement d’affectation des sols qui transforme les espaces naturels en surfaces agricoles ou en villes, la surexploitation des ressources, les pollutions, la progression des espèces invasives et le changement climatique.

PRUDENCE ET DOUTE

Irréaliste ! Huit ans après avoir décrété cette urgence mondiale, les gouvernements ont beau jeu de dénoncer un objectif perdu d’avance, faute d’avoir été défini avec précision et de disposer des bons outils pour faire un véritable état des lieux et mesurer le chemin parcouru. Du côté des scientifiques, le discours est très semblable.

En 2010, il est néanmoins question de se fixer un nouveau rendez-vous pour freiner le rythme d’extinction des espèces et la destruction des écosystèmes que les scientifiques jugent aussi menaçants pour l’avenir de l’humanité que le changement climatique. Les deux sont au demeurant étroitement liés.

2020 est l’année souvent évoquée. Il en sera débattu lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre, puis à la conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique, en octobre, à Nagoya, au Japon.

Mais, au lendemain de l’échec de la conférence mondiale sur le climat à Copenhague (7-18 décembre), la prudence et le doute se sont immiscés dans les esprits. La directrice des biens publics mondiaux au ministère des affaires étrangères, Laurence Tubiana, s’interroge sur la stratégie : « Est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Cela ne risque-t-il pas de décrédibiliser un peu plus le processus de gouvernance mondiale ? », demande-t-elle.

Les scientifiques continuent, eux, de se lamenter sur « cette maison qui brûle », pour reprendre la formule lancée par le président de la République, Jacques Chirac, à la tribune du Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, tout en reconnaissant qu’ils Lire la suite

On a perdu de vue que notre existence est fondée sur les systèmes vivants

liberation.fr, Eliane Patriarca, le 13 janvier 2010

 «On a perdu de vue que notre existence est fondée sur les systèmes vivants»

Alors que commence l’année de la biodiversité, l’écologue Robert Barbault rappelle sa fragilité :

Lancée officiellement à Berlin lundi par l’ONU, et en France hier à l’Unesco, l’Année internationale de la biodiversité, destinée à mobiliser la communauté internationale, répond à un échec : en 2002, lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, les pays membres avaient promis d’enrayer l’érosion de la diversité biologique «d’ici à 2010». L’engagement est resté un vœu pieux. Selon l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), un tiers des espèces animales et végétales connues sont menacées d’extinction, à un rythme environ 1 000 fois plus élevé que le taux naturel de disparition, alors même que nous n’avons identifié que 1,8 million d’espèces sur environ 13 millions.

Pourquoi néglige-t-on ce réservoir de ressources essentiel pour le développement des sociétés humaines ? Pourquoi la question du climat sature-t-elle le débat écologique ? «La perte de la biodiversité n’est pas comme le changement climatique dont nous pouvons voir et sentir les impacts (augmentation du niveau de la mer, des tempêtes…), souligne l’UICN. Dans le monde occidental, nous sommes devenus si éloignés de la biodiversité que nous avons oublié à quel point nous l’utilisons dans nos vies quotidiennes, depuis la nourriture jusqu’à nos vêtements, en passant par les médicaments.» Directeur du département Ecologie et Gestion de la biodiversité au Muséum national d’histoire naturelle, Robert Barbault estime que la question de la biodiversité est encore plus complexe que celle du climat.

Quand le mot biodiversité a-t-il été forgé ?

A la fin des années 80, par des biologistes de la conservation qui s’inquiétaient de la disparition des espèces et du peu de cas qui en était fait. L’un d’eux a suggéré le terme «biodiversity» pour désigner l’ensemble du tissu vivant de la planète, tout le réseau de la vie sur Terre. L’entomologiste Edward Wilson l’a repris et propagé comme un drapeau pour attirer l’attention sur cette cause. Le mot est vraiment venu au monde avec le sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992.

On parle de sixième grande crise d’extinction. Y a-t-il consensus parmi les scientifiques ?

Le consensus existe sur l’accélération du taux d’extinction. Mais la communauté scientifique n’est pas unanime sur le fait de parler de sixième grande crise d’extinction [par référence aux cinq recensées au cours des 600 millions d’années écoulées, ndlr]. Les paléontologues, notamment, rappellent que la crise qui a vu s’éteindre les dinosaures, par exemple, s’est étalée sur des centaines de millions d’années. La crise actuelle va beaucoup, beaucoup plus vite. Autre grosse différence : c’est l’homme qui est à l’origine de cette crise et il n’a pas envie de disparaître !

Par quoi la biodiversité est-elle menacée ?

La destruction des milieux et des habitats (déforestation, morcellement du paysage, agriculture intensive) ; la prédation ou la surexploitation de certaines espèces ou ressources ; les invasions d’espèces exotiques, et le Lire la suite

LPO – Au royaume des rapaces : vautour fauve, gypaète barbu, vautour percnoptère, aigle royal…

sudouest.com, Olivier Plagnol, le 12 Novembre 2009

GWÉNAËLLE PLET. Salariée de la LPO, elle évoque le programme Pyrénées vivantes et parle longuement des grands rapaces, oiseaux emblématiques du massif pyrénéen

Au royaume des rapaces

Gwénaëlle Plet travaille depuis 2004 au sein de la Ligue pour la protection des oiseaux, après des études sans le domaine du développement en espace rural. À la LPO, elle est notamment chargée de communication pour le programme Pyrénées vivantes. Gwénaëlle Plet, 39 ans, vit à Aucun dans les Hautes-Pyrénées.

Qu’est-ce que le programme Pyrénées vivantes ?

C’est un programme transfrontalier qui s’est déroulé entre 2002 et 2006 sur la préservation du gypaète barbu. Il comprenait trois volets. Un volet environnemental, afin de mieux connaître le gypaète barbu, un volet conservation, et un volet éducation et pédagogie.

Entre 2006 et 2009, période intermédiaire, le programme qui n’était plus transfrontalier s’est étoffé avec des actions sur le versant français : notamment un plan national de restauration du vautour percnoptère, un autre pour le milan royal, et un inventaire des couples nicheurs de vautours fauves. Ces plans nationaux de restauration sont lancés à l’initiative de l’État, coordonnés par la Diren Aquitaine et confiés pour leur mise en œuvre à la LPO. Nous coordonnons ensuite les actions de la cinquantaine de partenaires.

Un nouveau programme transfrontalier Pyrénées vivantes est actuellement à l’étude. La décision finale devrait intervenir en fin d’année ou en début d’année prochaine.

Quelle est la spécificité de la population des grands rapaces dans les Pyrénées ?

Grâce à une présence encore forte du pastoralisme, les Pyrénées sont d’une richesse incroyable dans le domaine des grands rapaces nécrophages. Ils sont emblématiques du patrimoine et de l’identité des Pyrénées.

Avec le vautour fauve, le gypaète barbu, le vautour percnoptère, trois grands charognards, et si l’on y ajoute l’aigle royal, il n’y a pas, dans le cortège de ces trois espèces, d’équivalent sur le territoire français. C’est un atout que l’on essaie de mettre en avant auprès des acteurs du territoire pyrénéen. Un atout écologique mais aussi pour l’écotourisme. C’est à la base des actions de conservation que l’on peut mener en partenariat. Un exemple : celui de Sainte-Engrâce, en Soule. Nous avons passé une convention avec les chasseurs, les éleveurs, les forestiers, les adeptes de sport en pleine nature, les élus locaux. Tous ces acteurs se sont engagés à prendre en compte dans leurs activités la présence du gypaète. Et cela marche. Même si on ne peut pas être certain du lien de cause à effet, nous avons eu deux reproductions lors des deux années de suite.

De notre côté, nous avons financé un sentier découverte sur la biodiversité dans les gorges de Kakouetta. Et nous avons l’intention de mettre en place d’autres actions en faveur du développement écotouristique.

Vous évoquez beaucoup le gypaète barbu. Est-ce le rapace le plus menacé ?

C’est effectivement le rapace le plus menacé en Europe. En France, il n’est présent que dans les Pyrénées, avec 32 couples sur le versant français, en Corse (neuf couples) et dans les Alpes où il a été réintroduit.

En Europe, il ne reste que 150 couples. Nous avons donc une importante responsabilité dans la préservation de cette espèce classée espèce menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Depuis le lancement en 1997 d’un plan national de restauration, le nombre de couples augmente d’environ une unité par an.C’est encourageant mais le statut du gypaète, espèce protégée comme tous les rapaces, reste encore précaire. C’est pourquoi la perte d’un adulte est à chaque fois très préjudiciable. Il faut savoir que le gypaète barbu met environ dix ans avant d’être en mesure de réussir une reproduction. Il ne peut donner naissance qu’à un seul jeune par cycle, sachant qu’une fois sur trois la reproduction échoue. Et lorsqu’un jeune s’envole, il possède là aussi une chance sur trois d’arriver à l’âge adulte.

C’est aussi un oiseau extrêmement sensible aux dérangements. Les pertes sont dues à des causes naturelles mais aussi à des causes d’origines humaines : collisions contre des câbles, tirs de plomb (on a encore eu un cas l’an passé en Béarn), empoisonnement, etc.

Qu’en est-il de la situation des autres grands rapaces ?

On compte 66 couples de vautours percnoptère dans les Pyrénées dont les trois-quarts sont situés dans les Pyrénées-Atlantiques. En Espagne, ils sont environ un millier. En France, la population de cette espèce migratrice est en légère augmentation ces dernières années.

Pour le milan royal, on estime qu’environ 5 000 nicheurs, soit le quart de la population sur l’ensemble de la France, hiverne dans les Pyrénées.

Ce sont des effectifs encore importants, mais en nette baisse en Europe. Et on ne parvient pas à endiguer cette baisse. Lui aussi bénéficie d’un plan national de restauration. Dans ce cas précis, l’État anticipe pour éviter un effondrement complet des populations.

Et où en est la population de vautours fauves ?

L’État a demandé à la LPO de réaliser un inventaire. En 2006, 580 couples ont été comptabilisés sur le versant français, dont 90 % dans les Pyrénées-Atlantiques En 2007, ils n’étaient plus que 525. Nous n’avons pas de chiffres pour les années suivantes. Depuis les années 70, où le nombre de couples était descendu très bas, la population a cru de façon importante, surtout en Espagne. Ce n’est pas une espèce menacée, même si nous devons toujours rester vigilants.

Votre avis sur le problème des vautours fauves qui attaqueraient le bétail vivant ?

Nous prenons cette problématique au sérieux et nous participons d’ailleurs au comité interdépartemental de suivi du vautour fauve. Le fait que le vautour fauve puisse être à l’origine de la mort de bétail domestique est attesté. Mais ces cas restent exceptionnels. Il intervient parfois comme facteur aggravant d’une situation déjà critique : une mise à bas qui se passe mal, une bête coincée dans des barbelés, un animal blessé… Il n’y a que quelques rares cas inexpliqués où on sait que le vautour est intervenu mais pas dans quelles conditions. Mais je tiens à souligner que le vautour fauve n’est pas devenu un prédateur. Il n’est d’ailleurs pas équipé pour cela.

En revanche, ses comportements ont évolué. Il est plus présent dans les environnements des fermes et sa rapidité d’intervention est plus grande. Une étude menée récemment par des sociologues montre que le vautour fauve est toujours considéré par les éleveurs comme un auxiliaire indispensable pour l’équarrissage, et qu’il a bien une utilité sociale. Son intervention est naturelle, rapide, gratuite, sans risques sanitaires. Et puis que seraient les Pyrénées sans vautours fauves ?

 

Le «Giec» de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 29 octobre 2009

Le «Giec» de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010

Lancée en 2005 par la France, l’idée de créer une structure internationale pour la biodiversité, sur le modèle du Giec (1), est en bonne voie pour se concrétiser en 2010, à l’occasion de l’année internationale de la biodiversité. Les oppositions de principe ont été levées début octobre lors de la réunion du Pnue (2) à Nairobi. Restent à résoudre plusieurs questions-clés et à faire tomber les ultimes réticences.

 «Je suis très confiante sur la création de l’IpBes (3) en 2010», a déclaré la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, jeudi 22 octobre en clôture d’une conférence organisée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) en partenariat avec l’Iddri (4) et le Meeddm. L’idée avait été lancée en 2005 par Jacques Chirac lors d’une conférence à Paris. Trois ans après, en novembre 2008, une première réunion du Pnue est organisée en Malaisie. Mais la majorité des Etats refusent alors d’ouvrir les négociations. «C’est le Brésil qui a donné le ton, en se montrant réservé sur le principe même de la création de cette instance», rappelle Lucien Chabason, directeur délégué de l’Iddri. Au sein même de l’Union européenne, beaucoup d’Etats étaient également réservés, précise François Wakenhut, de la direction générale Environnement de la Commission européenne.

Et pourtant, un changement semble s’être opéré du 5 au 9 octobre à Nairobi (Kenya) lors de la deuxième réunion intergouvernementale du Pnue. «Une position en faveur de la création de l’IpBes ainsi qu’une définition claire de son mandat se sont enfin dégagées. Sa création rapide a également fait consensus. 2010, année internationale de la biodiversité, c’est le moment où jamais», juge François Wakenhut. Les positions du Brésil et de la Chine ont sensiblement évolué. «Même s’il n’y a pas eu d’accord formel, il existe une fenêtre d’ouverture», confirme Anne-Hélène Prieur-Richard, directrice adjointe du programme international de recherche Diversitas.

L’objectif de l’IpBes? Favoriser une meilleure prise de conscience des citoyens et des politiques quant aux conséquences de l’érosion de la biodiversité, en s’appuyant sur le modèle du Giec qui a prouvé son efficacité pour faire connaître les impacts du changement climatique. La conférence de Nairobi a d’ailleurs été présidée par Robert Watson, président du Giec de 1997 à 2002. Un consensus y a émergé sur les missions de la plateforme qui devra réaliser des évaluations périodiques de l’état de la biodiversité, mais aussi servir de réseau d’échange de connaissances entre pays du Nord et du Sud. Une enquête conduite par l’UICN auprès de plus de 300 acteurs internationaux de la société civile et de la communauté scientifique montrent qu’ils plébiscitent à 80% la création du Giec de la biodiversité. «L’IpBes devra être renforcé par l’évaluation du prix de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes», estime François Wakenhut. A cet égard, le rapport Teeb (Economie des écosystèmes et de la biodiversité) dirigé par l’économiste Pavan Sukhdev est très attendu.

D’ici la prochaine réunion du Pnue en avril 2010 où la décision finale devra être entérinée avant sa validation par les Nations unies en septembre 2010, de nombreux obstacles restent à lever. «L’Australie et les Etats-Unis Lire la suite

Un rythme d’extinction du vivant, de 100 à 1000 fois plus rapide qu’aux cours des temps géologiques anciens

liberation.fr, Eliane Patriarca, le 3 juillet 2009

Espèces in extremis

Un rapport alerte sur le rythme d’extinction du vivant, de 100 à 1000 fois plus rapide qu’aux cours des temps géologiques anciens

A la lecture du rapport de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), publié hier, qui dresse l’état des lieux de la biodiversité mondiale, ce sont les mots de René Char qui reviennent en tête :«La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.» «Wildlife in a Changing World» («Les espèces sauvages dans un monde en mutation»), ce sont 180 pages plutôt déprimantes mais indispensables, pour savoir, comprendre et agir.

L’UICN, qui compte plus de 1 000 membres, gouvernements et ONG, y montre que l’objectif que s’était fixé en 2002 la communauté internationale («stopper l’érosion de la biodiversité en 2010»), ne sera pas atteint. «Lorsque les Etats prennent des mesures pour réduire la perte de biodiversité, il y a quelques avancées, mais nous sommes loin de pouvoir inverser la tendance», déplore Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces et rédacteur principal de la publication. Surtout, le rapport souligne que le déclin continue à une vitesse fulgurante : les espèces animales et végétales s’éteignent à un rythme 100 à 1 000 fois plus rapide qu’au cours des temps géologiques anciens. Un rythme qui ressemble à celui des cinq grandes crises d’extinctions dont celle qui a vu disparaître les dinosaures il y a 60 000 ans.

Aucune espèce indemne

L’étude analyse les données de quelque 45 000 espèces recensées dans la Liste rouge, un inventaire qui au fil des années est devenue la référence mondiale sur l’état de conservation du vivant. L’UICN répertorie 869 espèces éteintes et 16 928 menacées d’extinction. C’est un nombre très sous-estimé puisque «l’analyse ne porte que sur la Liste rouge, rappelle Florian Kirchner, chargé de programmes Espèces pour le comité français de l’UICN, soit 2,7 % des 1,8 million d’espèces décrites dans le monde, mais il représente un instantané utile de ce qui arrive à l’ensemble du vivant.»

Toutes les espèces sont touchées mais certaines plus que d’autres : près d’un tiers des amphibiens, plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères risquent de disparaître. Pour certaines catégories de végétaux, comme les conifères et les cycadacées, un groupe de plantes qui existe depuis très longtemps, la situation est encore pire, avec respectivement 28 % et 52 % d’espèces menacées.

Dans les océans, dont les fonds sont encore très méconnus, la surpêche, les espèces envahissantes, l’urbanisation du littoral et la pollution sont les principales calamités. Un tiers des espèces de requins et de raies de haute mer (dont le grand requin blanc et le requin-marteau) sont menacés : ils sont pêchés essentiellement pour la viande mais aussi pour leurs ailerons, en particulier en Asie, où ils sont servis en soupe. De plus, six des sept espèces de tortues marines risquent d’être anéanties.

Autres victimes Lire la suite

UICN : L’eau est au cœur du changement climatique

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 3 mars 2009

L’eau est au cœur du changement climatique, selon l’UICN.

Le changement climatique se fera sentir en premier et principalement au travers de l’eau, que ce soit par des sécheresses, des inondations, des tempêtes, la fonte glaciaire ou l’élévation du niveau de la mer …

Alors que, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et des ses ressources (UICN), deux tiers de la population mondiale subiront des pénuries d’eau d’ici 2025, l’eau est donc véritablement au cœur du changement climatique. Le Forum mondial de l’eau, qui se tient à Istanbul (Turquie) du 16 au 22 mars, réunit plus de 25 000 experts afin de trouver des solutions durables aux enjeux mondiaux de l’eau.

L’UICN demande aux décideurs présents au Forum de s’engager davantage pour protéger l’environnement naturel et de faire un meilleur usage des services offerts par la nature en faveur du développement et de la sécurité humaine.

Les cours d’eau et les zones humides assurent des services vitaux pour l’humanité : eau potable salubre, énergie, moyens de subsistance sains et durables. Pour l’UICN, il est indispensable d’investir dans une bonne gouvernance de l’eau afin d’assurer un avenir durable en la matière, tant pour les pays eux-mêmes que pour les 260 bassins transfrontaliers. 

Pour l’UICN, l’eau est au cœur du changement climatique. « Le changement climatique se fera sentir en premier et principalement au travers de l’eau, que ce soit par des sécheresses, des inondations, des tempêtes, la fonte glaciaire ou l’élévation du niveau de la mer, » explique Mark Smith, directeur du Programme de l’eau de l’UICN.

 « Des bassins hydrographiques et des littoraux intacts et en bon état de fonctionnement peuvent contribuer à répondre aux impacts du changement climatique. Ils emmagasinent l’eau, régulent les inondations et protègent les côtes. L’investissement consacré à la nature devrait faire partie des politiques d’adaptation au changement climatique. »

Des cours d’eau en bon état réduisent la pauvreté, estime l’UICN. « Afin de réduire la pauvreté de façon importante, nous avons besoin d’eau en quantité suffisante, pour répondre à de nombreux besoins, notamment ménagers, agricoles, industriels, énergétiques et environnementaux », a déclaré Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.

 « Ceci veut dire qu’il faut réussir à affecter de l’eau à différents usages tout en restant dans les limites de ce qui est disponible. L’UICN aide à réaliser ces arbitrages, c’est l’une de ses tâches centrales. »

L’UICN prédit aussi qu’une crise mondiale de l’eau est en chemin. « La pression Lire la suite

Une espèce de mammifères sur dix menacée en France

notre-planete.info, Union mondiale pour la nature, le 23 février 2009

Une espèce de mammifères sur dix menacée en France métropolitaine

Les résultats du troisième chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France révèlent que onze espèces de mammifères sur 119 (dix espèces continentales et une marine) sont menacées de disparition du territoire métropolitain. Ces chiffres sont issus de l’évaluation réalisée par le Muséum national d’Histoire naturelle et le Comité français de l’UICN, en partenariat avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Sur les 33 espèces de chauve-souris évaluées, sept figurent dans la catégorie “quasi-menacée”, notamment en raison du déclin de leur population, et quatre autres sont menacées d’extinction. C’est le cas du Minioptère de Schreibers, classé “vulnérable”, et du Rhinolophe de Méhely, “en danger critique”. La situation actuelle de ces espèces est la conséquence de nombreuses menaces : dérangement dû à une fréquentation accrue des principaux gîtes, dégradation de leurs habitats causée par l’urbanisation et raréfaction des proies due à l’utilisation intensive de pesticides.

Concernant les cétacés, la moitié des espèces a dû être placée dans la catégorie “données insuffisantes”, en raison du manque de connaissances et de données disponibles. Pourtant, certains de ces mammifères marins pourraient bien être menacés en France, car ils sont affectés par de multiples pressions incluant la pollution sonore due au trafic maritime et aux sonars militaires, les pollutions chimiques, les captures accidentelles liées à l’utilisation illégale de filets dérivants et la surpêche affaiblissant leurs ressources alimentaires.
Enfin, d’autres espèces autrefois présentes sur le territoire métropolitain en ont aujourd’hui totalement disparu. C’est le cas du Bouquetin des Pyrénées, de la Baleine des basques, et du Phoque moine, disparu des côtes provençales dans les années 30 et de Corse à la fin des années 70.

Pour répondre à certaines situations alarmantes, des plans de restauration sont actuellement mis en oeuvre en faveur de différentes espèces, comme le Vison d’Europe et le Grand hamster, tous deux “en danger” en France. A cet égard, la Loutre d’Europe et le Bouquetin des Alpes sont de bons exemples de réels progrès obtenus grâce à une action efficace des pouvoirs publics et des associations de protection de la nature. En situation précaire il y a encore quelques décennies, la Loutre, aujourd’hui classée en “préoccupation mineure”, recolonise progressivement différents secteurs du territoire. Et après avoir quasiment disparu de l’arc alpin français, le Bouquetin des Alpes a désormais repeuplé plusieurs départements.

Malgré la situation encore préoccupante de plusieurs espèces, le résultat des évaluations montre que les actions de conservation entreprises pour les mammifères sur le territoire métropolitain portent leurs fruits (protection réglementaire nationale et européenne, plans de restauration, conservation des habitats naturels…). Ces résultats encourageants incitent à poursuivre les efforts et à renforcer l’action pour continuer à améliorer, dans les années à venir, la situation de ces espèces.

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Notes

Comment estime-t-on le risque de disparition d’une espèce ? Lire la suite