Pour des Etats généraux de la mobilité !

Tribune libre, Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, Olivier Louchard, Directeur du Réseau Action Climat France, Jean Sivardière, Président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports, le 20 janvier 2009

Pour des Etats généraux de la mobilité !

La crise qui traverse le monde de l’automobile est profonde et brutale. Pour ne pas avoir su anticiper une modification de l’attitude des consommateurs à l’égard de l’automobile, pour ne pas avoir voulu faire foi aux propos des écologistes qui s’époumonent à rappeler l’importance des impératifs climatique et énergétique, pour ne pas avoir pu résister aux sirènes de stratèges « éclairés » qui vantaient les mérites de véhicules lourds, chers et manifestement inadaptés au marché de l’automobile, ce secteur est désormais à l’agonie et réclame aides et soutiens publics.

Mardi 20 janvier 2009 est la date retenue par le Gouvernement pour organiser les Etats généraux de l’automobile et annoncer un plan de relance sectorielle. La grande mutation de ce secteur vaut bien une messe mais les solutions apportées seront-elles à même de répondre durablement à la crise du marché de l’automobile ?

Il s’agit, dans l’urgence, de réussir à trouver des solutions intelligentes permettant de transformer radicalement les secteurs frappés de plein fouet par cette crise socio-écologique. Devons-nous en ce sens, nous en réjouir ? Oui et non ! Non, car lorsque la Terre souffre, ce sont en premier lieu les salariés qui trinquent ! Oui, car si cette crise nous permet de mettre un terme à cette fuite en avant qui a conduit certains dirigeants à opter pour des modèles automobiles polluants, nous aurons déjà fait un grand pas dans le règlement de cette crise systémique.

En ce sens, la politique de saupoudrage, dispendieuse pour le budget de l’Etat et totalement inefficace du point de vue écologique, n’est pas à la hauteur des enjeux. Nous appelons de nos vœux une politique cohérente qui oserait s’affranchir de sa dépendance au tout-pétrole mais oserait également sortir des sentiers battus du tout-automobile. A cet égard, nous ne pouvons nous résoudre à voir l’Etat réduire le débat sur l’avenir de l’industrie automobile à un vulgaire échange sur le bienfondé des moteurs thermiques, hybrides ou électriques.

Pour répondre durablement à cette crise structurelle du monde de l’automobile, nous devons nous attacher à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que notre facture énergétique. Pour se faire, il est impératif d’agir en amont et freiner la hausse continue de la demande de transports motorisés. Cela suppose la mise en œuvre par les pouvoirs publics de mesures structurantes qui permettront de réduire les kilomètres effectués. Il devient urgent de réorienter les politiques d’urbanisme en mettant l’accent sur la mixité fonctionnelle (et sociale) et en rapprochant logements, emplois, loisirs, commerces et ainsi limiter les déplacements quotidiens. L’étalement et le mitage urbains doivent être combattus. C’est en effet l’extension des zones urbaines qui génère les longues distances, les déplacements fréquents et la dépendance à la voiture individuelle.

Il nous faut également choisir une mobilité privilégiant le mode de déplacement le plus efficace énergétiquement ou le mieux adapté au contexte géographique : l’automobile toujours en dernier ressort et si possible en covoiturage, mais surtout la marche à pieds, le vélo, les transports en commun (métro, tramway, bus, train). Cette crise nous offre une chance inespérée ; celle de développer un secteur d’activités s’enracinant dans les territoires en optant pour la construction d’infrastructures de tramways, de bus ou de train, très efficaces énergétiquement et peu émettrices de gaz à effet de serre. L’investissement dans les transports collectifs crée deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que l’investissement routier (infrastructures, matériel roulant, exploitation) et, pour la plupart, pérennes et par définition non délocalisables. Lire la suite

Les transports en commun victimes de leur succès

Le Monde, Luc Bronner, le 17 septembre 2008.

Les transports en commun victimes de leur succès

Le succès des transports en commun s’amplifie. Portés par les changements de comportement des Français face à la crise énergétique et la mise en service de nouveaux services dans de nombreuses villes, les transports collectifs connaissent une hausse significative de leur fréquentation. L’Union des transports publics (UTP), qui fédère 170 opérateurs, notamment en zone urbaine, fait état d’une augmentation du nombre de passagers supérieure à 6 % sur les quatre premiers mois de l’année.

Cette tendance positive se retrouve dans la plupart des secteurs. Au premier semestre, les trains express régionaux (TER) affichent ainsi une croissance de 6,3 % par rapport à la même période de 2007. Pour l’Ile-de-France, le Transilien a progressé de 5,5 %, tandis que la RATP signale la poursuite de la hausse de la fréquentation sur ses lignes mais sans donner de statistique précise. Sur ses lignes TGV, enfin, la SNCF annonce une croissance de 10 % des « voyageurs-kilomètres » pour le premier semestre.

Deux facteurs se conjuguent, selon les observateurs. D’abord, la conséquence des investissements publics réalisés depuis dix ans qui se sont traduits par une amélioration de l’offre de services. Spectaculaire, la croissance des TER ne fait ainsi que prolonger l’évolution enregistrée sur la dernière décennie : depuis 1998, la fréquentation des TER a augmenté de 60 %, grâce, notamment, à l’effort financier des régions auxquelles l’Etat a délégué cette compétence en 2002.

Les transports en commun dans les agglomérations ont aussi profité de l’amélioration de l’offre. Selon l’UTP, les deux tiers de la croissance enregistrée correspondent ainsi aux effets induits par la mise en service de nouvelles lignes (tramway, métro, bus) qui augmentent mécaniquement le trafic. « Il y a un effet cyclique dû au rythme des investissements publics. En fin de mandat municipal, il y a généralement une série de travaux qui se terminent », indique Bruno Gazeau, délégué général de l’UTP.

Mais les transports en commun bénéficient aussi directement des évolutions de comportement des Français. Lire la suite

Les Français modifient leurs modes de déplacement

Ressources solidaires, lundi 15 septembre 2008, mis en ligne par Julie Terzulli (Macif)

Baromètre Macif de la mobilité durable 2008 en partenariat avec le Ministère du Développement durable : Les Français commencent à modifier sensiblement leurs habitudes de déplacement.

76% des Français se déclarent prêts à changer leur comportement et leurs habitudes en matière de déplacement en vue de lutter contre le réchauffement climatique.

Fait nouveau, 58% d’entre eux ont moins utilisé leur voiture ces derniers mois au profit des transports en commun, et même 66% sur la base des urbains uniquement. Leur motivation principale : préserver leur pouvoir d’achat face à la forte augmentation du coût du carburant.

51% souhaiteraient utiliser un véhicule à énergie propre (hybride ou électrique) de manière régulière et 25% souhaiteraient en utiliser un occasionnellement.

Le groupe Macif participe à la Semaine Européenne de la Mobilité pour la 2ème année consécutive en étant cette année partenaire officiel de l’opération à travers la réalisation du « Baromètre Macif de la mobilité durable ». A cette occasion, le groupe Macif lance « Moto Plus Propre », une nouvelle offre d’assurance pour les maxi scooters électriques.

L’intérêt des Français pour les déplacements alternatifs se confirme en 2008 ; ils considèrent la protection de l’environnement à 53% comme un enjeu tout à fait prioritaire derrière le pouvoir d’achat (70%), la protection sociale et l’emploi.

Une majorité de Français a déjà fait évoluer son comportement en matière de déplacement principalement en raison de la hausse du prix du carburant Ils sont conscients que la lutte contre le changement climatique passe par une modification des comportements et des habitudes de déplacement. Si une part marginale de la population (2%) a envisagé de ne plus avoir de voiture, 58% des automobilistes ont moins utilisé leur véhicule ces derniers mois, au profit des transports alternatifs et notamment des transports en commun. La principale raison invoquée (64%) par les conducteurs est de préserver leur pouvoir d’achat face à la hausse du prix des carburants. Vient ensuite, pour 28% d’entre eux, le désir de moins polluer et de contribuer à la protection de l’environnement. Lire la suite

Ecologie. Le B.a.-ba des gestes à adopter d’urgence

Paris-Match, le 3 Septembre 2008, Emilie Blachère

Ecologie. Le B.a.-ba des gestes à adopter d’urgence

Ecolo, la chasse au gaspi est ouverte. Au bureau, à la maison, au supermarché, vous ne savez par où commencer? Suivez le guide.

Match Art de Vivre

Je contrôle ma boulimie d’électricité

Passez un coup de chiffon sur les ampoules, cela améliore leur flux lumineux de 40 %. De plus, en privilégiant les ampoules fluorescentes à basse consommation, vous utiliserez 5 fois moins d’électricité. Autre avantage ? Elles durent 10 fois plus longtemps que les ampoules à incandescence. Alors, pour avoir bonne conscience, suivez ce conseil. Selon Nicolas Hulot, si chaque foyer participe, on fermera quatre centrales nucléaires.

www.fondation-nicolas-hulot.org, www.zone-ecolo.com.

Faites la chasse aux « lumières rouges » et économisez 10 % de votre budget électricité : le coût moyen des veilles est de 15 à 50 euros par ménage et par an. Par exemple, débranchez systématiquement le chargeur de votre téléphone. Une petite astuce pour gagner du temps et de l’argent : investissez dans des multiprises à interrupteur. En un seul geste, tout est éteint.

Je nettoie bio

Les lingettes, à la poubelle ! Leur emploi multiplie par 12 les dépenses et génère par an et par foyer 23 kilos de déchets. En comparaison, les nettoyants classiques en produisent 1,16 kilo. Le choix est vite fait.

Ressortez les trucs de grand-mère : décapez les surfaces émaillées au bicarbonate de soude. Faites briller les vitres avec du vinaigre, c’est efficace et le litre coûte moins de 1 euro.

En partie responsables du trou dans notre couche d’ozone et surtout dangereux pour la santé, les produits contenant des composés organiques volatils (COV) sont bannis des placards. On consulte la liste noire sur www.ademe.fr et on choisit des détachants verts sur www.toutallantvert.com.

Je deviens un pro du tri

Le mode d’emploi du tri est différent dans chaque municipalité. Au préalable, renseignez-vous Lire la suite