Le printemps de la Maison de l’environnement

sudouest.fr, Julien Rousset, le 27 avril 2010

Le printemps de la Maison de l’environnement

Doublement du nombre d’associations membres, rénovation des locaux : la méconnue Maison de la nature et de l’environnement veut s’ouvrir, et gagner en visibilité.

Connaissez-vous la MNE, Maison de la nature et de l’environnement ? Non, ou à peine, et cela n’est pas étonnant : ce réseau, qui regroupe une trentaine d’associations s’occupant d’environnement, souffre d’être peu visible, et d’avoir longtemps paru replié sur lui-même. D’ailleurs, il n’a pas encore de ligne téléphonique.

Cette plate-forme occupe pourtant des locaux de 400 mètres carrés au 3 de la rue de Tauzia, dans le quartier de la gare Saint-Jean. Des locaux « un peu glauques » de l’aveu même de leurs occupants. Passé un hall d’entrée qui plaira aux amateurs de pénombre, apparaît la vaste salle principale, pas mieux éclairée ; elle sert de cœur battant pour la MNE, accueillant réunions, séminaires, assemblées générales… Autour de cet espace commun rayonnent les bureaux où les associations travaillent et stockent du matériel.

31 assos membres

Ce QG compte 31 « associations membres », plus ou moins impliquées dans son activité quotidienne. Ce nombre a doublé en deux ans (1), si bien que la MNE a gagné, l’an dernier, un étage de cet immeuble qui lui prête la mairie. « La Ville ne nous demande pas de loyer. C’est une aide précieuse. Nous devons juste, à partir de cette année, payer les fluides », précise Dominique Hofmann, vice-présidente de la MNE.

Ces locaux seront bientôt rafraîchis. Cette fois avec l’appui du Conseil général : Jacques Respaud s’est engagé sur une subvention de 40 000 euros. Un accès handicapé va être aménagé, les issues de secours remaniées, un coup de pinceau général apporté, et le chauffage sera révisé de sorte à remplacer les actuels radiateurs électriques, pas vraiment appropriés à une Maison de l’environnement.

« Contre-pouvoir »

Pour l’instant surtout fréquentée par les salariés des associations, ou par leurs bénévoles, la MNE veut s’ouvrir sur l’extérieur. Elle le fait déjà depuis deux ans via l’Université populaire de l’environnement, cycle de rencontres délocalisées à l’Utopia ou à l’Athénée municipal…

Les animateurs de la MNE projettent de créer un site Internet qui serait « la référence en matière d’environnement à l’échelle régionale » ; ils prévoient également la mise en place d’un centre de documentation, où reposeront par exemple les archives des associations membres, et souhaitent la transformation de la MNE en vrai « centre de ressources ».

Tout cela nécessite des moyens. La MNE fonctionne avec trois fois rien : elle n’a pas Lire la suite

Copenhague, les actions sur Bordeaux – De Copenhague à Bordeaux : Climat, Pont BaBa, Agriculture, Vague bleue, Facteur 4…

Collectif Gironde Copenhague 09, Communiqué de presse, le 7 décembre 2009

De Copenhague à Bordeaux : Climat, Pont BaBa, Agriculture, Vague bleue, Facteur 4…

Les négociations de Copenhague sont dans l’impasse !

Girondine, Girondin, prends ton avenir en main

Du 7 au 18 décembre 2009, le plus grand sommet sur le climat jamais tenu, aura lieu à Copenhague. Nous sommes à un carrefour de l’histoire humaine. Ce sommet est considéré comme un de nos « derniers espoirs » d’arrêter le changement climatique. Les critères minimum de réussite des négociations sont la réduction de 40 % des GES des pays développés d’ici 2020 et une aide de 110 milliards d’euro par an aux pays du Sud.

Après la Flash Mobilisation du samedi 5 décembre à 12h18 devant le Grand Théâtre, à l’initiative de Greenpeace Bordeaux  avec 150 personnes le Collectif Gironde Copenhague 09 appelle les Girondines et les Girondins à se retrouver :

–        mardi 8 décembre – Soirée-débat à 19h00 au Boulevard des Potes 29 rue Bergeret à Bordeaux. Diffusion du film « Climat en crise » support à un débat sur le dérèglement climatique.

–         mercredi 9 décembre – A l’initiative du Collectif Gironde Copenhague 09 pour un concert de casseroles pour la pose par les élus de la première pierre du Pont Bacalan-Bastide. Rendez-vous à 18h30 sur les quais au niveau de Cap Sciences. A noter que Trans’Cub organise à 12H30 la pose de la première « pierre tombale ». 

– jeudi 10 décembre – A l’Athénée municipal de Bordeaux à 19h30, la Confédération Paysanne de Gironde organise une Conférence-Débat sur le thème : Agriculture et changement climatique. Comment assurer une production agricole répondant aux besoins des populations, dans un climat bouleversé,  tout en minorant radicalement les dégagements de gaz à effet de serre ?

samedi 12 décembre

Manifestation « Ni nucléaire, ni effet de serre » à partir de 11h00 au miroir d’eau sur les quais face à la Bourse à Bordeaux avec TchernoBlaye…

…ensuite à partir du miroir d’eau, à l’appel du Collectif Gironde Copenhague 09 en écho avec la manifestation qui aura lieu à Copenhague, déambulation festive dans Bordeaux avec une Batucada, musique brésilienne, tout le monde habillé en bleu, avec chapeau ou bonnet de bain, lunette de soleil ou de plongée, tuba… vos pancartes et vos banderoles,  vos casseroles ou autres ustensiles à faire du bruit… arrivée de la vague bleue au Grand Théâtre, place de la Comédie…

…où l’association TACA sera présente de 17h00 à minuit pour une veillée climatique (350.org, tck tck tck…). A 19h regroupement des jeûneurs volontaires en soutien des militants de Climate Justice Fast en grève de la faim pour le Climat depuis le 6 novembre. Plus d’information : <http://www.climatejusticefast.com/> <http://taca.asso-web.com/>

lundi 14 décembre – Spectacle débat « Les enjeux de Copenhague » de 20h30 à 22h30 salle La Glacière, rue Armand Gayral, à Mérignac. Le spectacle « Le grand Chaud du Facteur 4 », pédagogique et interactif, sera en introduction du débat entre la salle et les représentants associatifs et municipaux organisateurs de la soirée (entrée gratuite).

Les 26 membres du Collectif : Lire la suite

Bègles : TACA et Trans’Cub critiquent Terres-Sud

sudouest.com, Gilles Guitton, le 30 Juin 2009

Taca et Trans’Cub critiquent Terres-Sud

BÈGLES, URBANISATION. Trop grand, pas assez maraîcher : les associations réclament une concertation à Noël Mamère pour revoir le projet

Il faut se méfier du Trans’Cub qui dort. Surtout quand ses représentants à Bègles, Pierre Mora et Jean Sireyjol, président de l’association Taca (taxe carbone), se sentent en position de réclamer de « Noël » un peu plus d’écologie dans ses projets. C’est le cas à propos de Terres-Sud et de la zone humide de Mussonville qui jouxte ce programme d’urbanisation. « On s’est réunis pour en discuter. On a des choses à dire », indique Pierre Mora.

Elles tiennent en deux mots : maraîchage et densification. Il y a quelques mois, Pierre Mora et ses amis étaient déjà intervenus pour demander à la municipalité de réserver de la surface à du maraîchage de proximité dans la partie non aménagée de la rive gauche de l’Estey. « Il y a là 40 à 50 hectares. C’est idéal pour du maraîchage de proximité. Il faut réduire les transports et retrouver une image idéale de l’agglomération. Bègles, Villenave, Eysines, Bruges, étaient connus pour nourrir Bordeaux. »

« Six à sept hectares »

Du coup, si Pierre Mora juge que la proposition de Noël Mamère de créer sur une partie du secteur des « jardins partagés » est « tout à fait pertinente » ; il voudrait aller « plus loin ». « Il faut une zone de production professionnelle, qui n’est viable que sur six à sept hectares au moins, dont la production sera destinée à un rayon d’une dizaine de kilomètres ».

Taca et Trans’Cub y imaginent la convergence de « divers acteurs, professionnels, commerçants locaux, sans doute une association d’insertion et une épicerie solidaire ».

Or, assure Pierre Mora, « quand on en a parlé à Noël, il nous a dit : mon truc, c’est cultiver les délaissés, les bouts de terrains dont la CUB ne fait rien. Sympathique, mais insuffisant. Et on peut faire les deux ! Puisqu’à Mussonville, on a la maîtrise municipale du foncier. » Son modèle : l’association de citadins girondine qui a acheté une propriété pour un maraîcher qui se destine aux Amap, ces réseaux associatifs de production et commercialisation.

« Ville nouvelle »

Quand à l’urbanisation, Pierre Mora est en terrain plus délicat. D’un côté, Lire la suite

CUB : La Lyonnaise perd six ans

sud-ouest.com, Dominique De Laage, le 28 Mai 2009

BORDEAUX. Le contrat de l’eau conclu entre la Communauté urbaine et la Lyonnaise pour trente ans devra s’arrêter avant terme. De quoi relancer Trans’Cub dans sa bataille de l’eau

La Lyonnaise perd six ans

Les militants de l’association Trans’Cub à Bordeaux, qui ont servi d’aiguillon à la Communauté urbaine pour récupérer 232 millions d’euros lors de l’avenant de 2006 au contrat de l’eau conclu pour trente ans avec la Lyonnaise des Eaux, n’en reviennent pas eux-mêmes.

Un récent arrêt du Conseil d’État vient en effet de rendre rétroactives les lois Sapin de 1993 puis Barnier de 1995, qui limitent dans le temps la durée des contrats de délégation de service public de l’eau à vingt ans.

Le contrat de l’eau, passé le 1er janvier 1991 (juste avant la loi Sapin) pour trente ans, viendrait donc à échéance, non plus fin 2021 comme prévu, mais fin 2015 (à compter de la loi Barnier de 1995 qui a fixé la durée de ces contrats à vingt ans). Soit six ans de chute.

Trans’Cub, qui n’a pourtant jamais été avare de recours, n’avait jamais imaginé saisir le Conseil d’État sur cet aspect. C’est un contrat, passé en 1933 pour 99 ans dans une commune située à l’autre bout de la France, qui a donné lieu à cet arrêt. Une décision qui va devoir s’appliquer à tous les contrats de plus de vingt ans, reconnaît-on à la Communauté urbaine.

Chez Feltesse

L’affaire n’est pas anodine. Le président de la Communauté urbaine de Bordeaux a d’ailleurs reçu, hier matin dans son bureau, Denis Teisseire et Patrick du Fau de Lamothe de Trans’Cub, pour connaître leur analyse du dossier. Mais l’association et la CUB apprécient déjà différemment les conséquences de cette nouvelle donne. Selon la lecture de l’arrêt par Trans’Cub, le contrat n’aura plus d’existence légale au-delà de 2015. L’association demande donc dès à présent à Vincent Feltesse de participer à l’étude qui conduira en 2016 à un retour en régie directe ou à une nouvelle délégation. Du côté des services de la CUB, on tempère cet enthousiasme. Le fameux arrêt du Conseil d’État évoque selon la CUB ce type de sortie prématurée de contrat. Et ouvre, toujours selon la CUB, des hypothèses.

En cas d’indemnités trop lourdes à verser, ou d’investissements amortissables sur trente et non pas vingt ans, la CUB pense lire dans cet arrêt la possibilité de saisir le trésorier-payeur général pour avis afin d’envisager éventuellement des avenants jusqu’au terme du contrat initial. Ce que récuse Trans’Cub.

L’association considère au contraire cette nouvelle donne comme une chance historique d’en finir avec une « gestion catastrophique qui Lire la suite

Pont levant Bacalan-Bastide : la défaite des associations

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 20 Février 2009

BORDEAUX. Le tribunal administratif a rejeté le recours du front associatif. Les travaux démarreront à l’été

Partisans et opposants au projet ont livré bataille pendant près de dix ans

On ne sait plus trop dans quel sens le mot coup de théâtre doit être utilisé sur ce dossier du pont Bacalan-Bastide. Il faut dire que depuis dix ans (lire ci-contre) maintenant ce projet de franchissement défraie la chronique bordelaise. Mais une étape décisive a sans doute été franchie hier matin. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le recours du front associatif.

C’est une victoire pour les élus. Les travaux vont sans doute démarrer cet été. Ils dureront 33 mois. Et une défaite pour les associations. Aquitaine Alternatives, Transcub, l’association Garonne Avenir et plusieurs autres associations de riverains demandaient l’annulation de la délibération prise en conseil de Communauté urbaine.

Intérêt général en question

Le 21 septembre 2007, plus de 110 élus de l’agglomération déclaraient ce pont d’intérêt général. Les associations, qui militent depuis le début ouvertement pour un tunnel, contestaient le bien-fondé du projet de ce pont à travées levantes, la sincérité de la concertation, les procédures diligentées par le préfet sur les études d’impact et la loi sur l’eau, la non prise en compte par la CUB des conclusions de l’enquête publique, la sous-estimation financière du projet et l’absence de prise en compte des objections faites par les croisiéristes. Elles étaient, il faut le dire, assez sûres d’elles et de l’issue de ce recours. Et pouvaient l’être d’autant plus que le commissaire du gouvernement, Antoine Bec, devenu rapporteur publique avait demandé, le 15 janvier dernier, l’annulation de la délibération, semant ainsi le doute dans l’esprit des plus farouches partisans de ce projet. Le juge administratif a levé une à une ces objections.

Coût pas excessif

Il n’y a pas de vice de procédure dans la concertation au regard du code de l’urbanisme. Le préfet de la Gironde était fondé à lancer une enquête publique conjointe sur l’impact environnemental, d’une part, et sur le respect de la loi sur l’eau, d’autre part. Et le public disposait de l’information sur la nature du projet. Ni les arguments concernant le coût du projet et ses raccordements sur les deux rives, au total 227 millions d’euros, ni les conséquences du pont sur le milieu naturel, dénoncés par le front associatif, ne trouvent grâce aux yeux du juge.

« Il n’appartient pas au juge d’apprécier l’opportunité d’un pont levant par rapport à d’autres parties d’aménagement comme les associations l’y invitent », est-il enfin précisé dans le jugement rendu hier.

Les élus ne faisaient preuve d’aucun triomphalisme hier mais savouraient l’issue juridique de ce dossier. Alain Juppé et Vincent Feltesse étaient tous les deux dans l’avion à destination de Bordeaux lorsqu’ils ont appris la nouvelle. « Nous nous sommes congratulés », a indiqué le maire de Bordeaux. Les associations diront la semaine prochaine leur intention probable de se pourvoir en appel. Mais celui-ci ne sera pas suspensif. « Nous avons déjà perdu sur le dossier de l’eau et nous avions raison », rappelle Denis Teisseire de Transcub.

La décision de l’Unesco

« C’est un soulagement et nous serons prêts à attaquer les travaux dès cet été », Lire la suite

Libourne, 4 février « Grand débat public sur l’eau »

Alterlib et ATTAC en Libournais, le 27 janvier 2009

Débat public le mercredi 4 février à la salle du Verdet à Libourne

« Eau : bien commun ou marchandise »

– 18h00 diffusion du film « Eau : service public à vendre »

– 19h30 à 20h30 repas « auberge espagnole »

– 20H30 « Libourne : débat public sur l’eau »

Le dossier de l’eau arrive au premier plan à Libourne avec les multiples interrogations qui l’accompagnent :

          accès et partage de la ressource ;

          économie de la ressource ;

          pollution et traitement ;

          réseau et distribution ;

          mode de gestion ;

          ingénierie ;

         

La Ville de Libourne a débuté ses travaux autour de la Commission Consultative des Services Publics Locaux.

ALTERLIB – et ATTAC – associations du Libournais impliquées dans le débat public – ont participé aux travaux de la Commission qui ont abouti, dans un premier temps, à l’élaboration d’une  » charte de l’eau « .

Arrive, maintenant, le temps du bilan de la délégation de service public et des choix stratégiques et politiques qui engagent le futur.

Nous puisons tous dans la même ressource et toutes les études soulignent l’urgence (épuisement de la nappe éocène, salinisation…)

Un représentant de l’association Trans’CUB (qui s’est illustrée sur Bordeaux) et de son homologue l’association CACE à Lyon, feront part de leurs expériences de spécialistes du dossier.
Un Quinzaine de Maires du Libournais devraient également participer, ainsi que d’autres représentants politiques.

Pour ALTERLIB et ATTAC en Libournais, renseignements : Lire la suite

Les élus s’accrochent au pont et la dynamique reste à quai

Sud-Ouest, Dominique De Laage, Jean-Bernard Gilles, le 17 Janvier 2009

CUB. Le pont levant a occupé une place de choix hier au conseil d’agglo. Feltesse et Juppé estiment le jeu encore ouvert

Pour tout dire, les élus s’attendaient à pire. Ils connaissent la statistique qui prédit que, dans la plupart des cas, les décisions du tribunal administratif suivent les conclusions du commissaire du gouvernement. Ils ont bien entendu, ou plutôt lu, qu’Antoine Bec a demandé, jeudi, l’annulation de la délibération votée le 21 septembre 2007, qui déclarait d’intérêt général le pont levant Bacalan-Bastide à Bordeaux. Mais ils estiment avoir échappé à l’annonce de la mort certaine et immédiate de ce projet, qu’ils portent collectivement depuis dix ans maintenant.

« Je note qu’il n’est pas demandé d’annuler la délibération notifiant le marché », remarque Alain Juppé. « Nous n’avons pas été contredits sur la manière de conduire la concertation, alors que ce point était présenté comme le maillon faible juridique de notre dossier », poursuit Vincent Feltesse.

Réactions prudentes

Le juge administratif va maintenant recevoir une note en délibéré de la part de la Communauté urbaine de Bordeaux et probablement une autre de la part du « Front associatif » qui attaque la délibération. Le tribunal n’a pas dit quand il rendrait sa décision.

Le commissaire du gouvernement s’est appuyé dans ses conclusions sur des motifs de forme, comme l’évaluation financière insuffisante, notamment sur le financement de l’opération, ainsi que sur le manque d’informations relatives au coût des raccordements côté Bacalan et côté Bastide.

Toutefois, il a aussi pointé deux problèmes de fond : l’impossibilité pour les gros bateaux de franchir ce pont en position levante, puis l’absence de justification d’un tel investissement, de l’ordre de 120 millions d’euros, par rapport à un pont fixe qui coûte deux à trois fois moins cher.

Les scénarios

Attendons que le juge se prononce disent les élus à l’unisson du Front associatif, au moins sur ce point. Le dossier se présente un peu moins bien que ne le prévoyait Trans’CUB et un peu mieux que ne le craignaient les élus. Le juge dispose d’éléments qui visent à annuler la délibération. Le fera-t-il ? Quand ?

Mais la Communauté urbaine pourra peut-être reprendre le dossier au stade de l’enquête publique. Ce qui représenterait « environ 10 mois de retard », presqu’un moindre mal au regard de la situation juridique du dossier aujour-d’hui. «Les élus n’entendent que ce qui leur plaît », s’amuse Denis Teisseire de Trans’CUB, toujours confiant dans l’issue du recours.

Les élus sont sans doute allés un peu vite dans le vote de la délibération, actuellement sur la sellette. « On n’a pas su prendre le temps », regrettent Jacques Respaud et Pierre Hurmic.

Les conclusions de l’enquête publique n’étaient pas favorables au projet, c’est le moins que l’on puisse dire. Les élus ont choisi de foncer au nom de l’intérêt général. Le tribunal administratif dira s’ils ont eu raison ou tort. Les Bordelais attendent tous les jours l’issu de ces joutes juridiques.

La dynamique est restée à quai

Après l’épopée du tramway, la Communauté urbaine de Bordeaux vient brusquement de tomber de son piédestal. Faute de formuler un appel d’offres au plan européen, les élus ont été contraints d’en revenir à Veolia pour gérer le tram et les bus quand ils rêvaient de Keolis. Faute de ficeler correctement leur dossier de pont levant, ils sont aujourd’hui sous la menace de devoir repartir de zéro sur la question du franchissement du fleuve.

Le jeune président socialiste Vincent Feltesse, à qui tout semblait sourire jusque-là, a pris un sacré coup de vieux en quelques semaines. Il préside une assemblée qui tient toujours la principale association d’usagers de l’agglomération, Trans’CUB, comme hostile et non pas partenaire. En dépit de tous les beaux discours sur la démocratie participative…

En lançant le tramway, juste après l’échec du projet de métro VAL, Alain Juppé avait su fédérer l’agglomération autour d’une vision commune. Cette forte dynamique avait levé tous les freins inhérents à la CUB : élection des élus au deuxième degré, calculs politiciens et petits marchandages…

L’erreur a été de penser que cet élan était toujours à l’oeuvre. Les kilomètres de tram ont été trompeurs. Ce projet de pont levant a germé voici dix ans, après le recul d’Alain Juppé sur son dessein de barrer la rade de Bordeaux d’un pont fixe en face des Quinconces. On était alors en plein projet de grand contournement. L’idée initiale du pont Bacalan-Bastide était de ne pas laisser échapper les voitures trop en aval de Bordeaux.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé. La belle dynamique communautaire, qui aurait dû faire évoluer ce projet de franchissement, s’est envolée quand Lire la suite