Train : une ceinture toute neuve dans l’agglomération bordelaise

sudouest.fr, Jean-Paul Vigneaud, le 8 juin 2010

Train : une ceinture toute neuve dans l’agglomération bordelaise

Le chantier de régénération de la double voie de contournement va… bon train. Il sera terminé en septembre.

Le train de la société Meccoli est là pour bourrer et tasser le ballast sous les nouvelles voies. Fermée à la circulation des trains voyageurs depuis fin mars, la voie ferroviaire de ceinture sera à nouveau opérationnelle en septembre. Les travaux de régénération de voies (15 millions d’euros) sont effectivement menés à un rythme soutenu et aucune mauvaise surprise n’est venue jusque-là compromettre le calendrier.

« Tout sera fini au moment de la rentrée scolaire. Même la gare multimodale d’Arlac », a précisé hier matin Bruno de Monvallier, directeur régional de Réseau ferré de France (maître d’ouvrage) à Dominique Schmitt, préfet de région et aux élus réunis sur place pour une visite de chantier. Alain Rousset, président de Région, Alain Juppé maire de Bordeaux, Michel Sainte-Marie, maire de Mérignac et Jean-Jacques Benoit, maire de Pessac entre autres.

En pleine ville

Mérignac – St-Jean en 12 minutes

Parallèlement à la régénération des voies du chemin de ceinture, RFF (maître d’ouvrage) et la SNCF (maître d’œuvre) construisent la gare multimodale de Mérignac-Arlac. À petite échelle, la copie conforme de la gare multimodale de Cenon. Ici, le voyageur SNCF pourra directement accéder au réseau tram et vice-versa. 4 millions d’euros de travaux.

Pierre Boutier, le nouveau directeur régional de la SNCF, et Alain Rousset, président de la Région chargé des trains express régionaux (TER) n’ont pas caché hier matin l’intérêt de cette nouvelle halte ferroviaire. Pour les mois à venir et surtout pour les années à venir.

22 TER s’arrêteront ici chaque jour à compter du mois de septembre soit en gros, un train express régional toutes les heures. Un « plus » indéniable pour les voyageurs de la ligne. Un « plus » également pour les habitants de Mérignac-Arlac, « un quartier en plein développement » comme se plaît à le souligner le maire Michel Sainte-Marie.

Les habitants pourront directement accéder au réseau ferroviaire alors que jusque-là ils devaient se contenter de voir passer les trains. Ils pourront ainsi se rendre à la gare Saint-Jean, en une douzaine de minutes alors qu’il leur en faut une quarantaine en tram à ce jour (avec correspondance à la porte de Bourgogne).

Et ce n’est qu’un début ! « Sur cette voie, nous pourrions facilement doubler le nombre de TER », précise Alain Rousset. Pour lui, cette voie de ceinture est une chance à saisir pour augmenter le nombre de liaisons entre Bordeaux et le Médoc et multiplier les liaisons à l’ouest de l’agglomération. Pour permettre aux gens d’Arcachon d’aller jusqu’à Ravesies en train par exemple ou aux gens du Médoc et du secteur de Ravesies de se rendre plus facilement à la zone universitaire.

« Cela sera possible lorsque nous aurons Lire la suite

Aquitaine : La LGV du Sud-Ouest, pomme de discorde entre les socialistes et Europe Ecologie

aqui.fr, Nicolas César, le 14 janvier 2010

La LGV du Sud-Ouest, pomme de discorde entre les socialistes et Europe Ecologie

Depuis que le comité de pilotage, réuni par le Préfet d’Aquitaine, a présenté le 11 janvier le fuseau retenu dans un couloir de 1 000 mètres pour le tracé de la ligne à grande vitesse (LGV) de Bordeaux vers l’Espagne et Toulouse, les oppositions se multiplient. Dans le Sud-Gironde, une dizaine de propriétés des AOC des Graves est menacée. Résultat, le syndicat s’apprête à consulter un cabinet d’audit pour envisager un autre tracé. Dans les Landes aussi, la mobilisation s’organise. Mais, surtout, la LGV est en passe de devenir « Le » thème de campagne des prochaines élections régionales et l’objet d’une discorde entre le PS et les Verts/Europe écologie.

« La LGV va être un des enjeux principaux des élections régionales. Il ne sera pas possible pour les écologistes de construire une majorité avec les socialistes si on ne revoit pas la copie« , a récemment déclaré Noël Mamère, le député-maire Verts de Bègles. Des déclarations qui ont amené Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine à rappeler que sa majorité, au Conseil régional, qui comprend notamment les Verts, a voté le projet de LGV dans le Sud-Ouest, mais aussi que « les Verts soutiennent partout la LGV. Pourquoi Europe Ecologie est le seul groupe qui s’oppose en Aquitaine ?. Dans un communiqué, ce 13 janvier, Europe écologie Aquitaine rappelle que « la position des Verts, au niveau national, est « parfaitement claire et cohérente » en considérant que « la construction de nouvelles LGV n’est plus la réponse adaptée pour compléter le réseau des LGV existant à l’heure où, partout, il est urgent de prendre en compte les besoins sociaux et la dimension environnementale ». « Alain Rousset travestit totalement la position des Verts au niveau national, dans le but de faire croire qu’il existerait des contradictions entre les écologistes aquitains et ceux des autres régions sur les projets de LGV », affirme Europe Ecologie Aquitaine.

La Région s’endette avec la LGV

« Ce n’est donc pas notre position d’opposition à ce projet qui est incompréhensible, mais l’obstination farouche d’Alain Rousset de réaliser cette infrastructure, alors que deux études indépendantes ont démontré de manière incontestable, que la ligne existante Bordeaux-Hendaye aménagée et modernisée, était à même d’absorber le trafic supplémentaire des voyageurs (TER + TGV) et du fret marchandises d’ici 2050 et que, de ce fait, cette LGV est totalement inutile.
Europe Ecologie reproche surtout à Alain Rousset d’endetter lourdement la région Aquitaine « pour ce
projet, plus de 600 millions d’euros, alors que le financement des LGV est du ressort exclusif de l’Etat et non des collectivités territoriales ». Pour l’association, cet endettement ne manquera pas de se faire au détriment d’autres politiques régionales comme celles des Transports Express Régionaux (TER) ou des lycées.

Alain Rousset favorable à la nomination d’un médiateur au Pays Basque

« Le train est une alernative au tout camion, notamment au Pays Basque. Partout, où elle a été instaurée, la LGV a apporté des bienfaits », nuance Alain Rousset. Conscient que le tracé ne doit pas être imposé, le président de la Région Aquitaine, s’est, d’ailleurs, déclaré favorable à Lire la suite

Manifestation anti LGV de Langon : « La vitesse, c’est dépassé »

sudouest.com, César Compadre, le 29 Novembre 2009

LANGON. Girondins, Landais, Basques ou Lot-et-Garonnais, ils étaient 1 800 hier à manifester contre les futures LGV

« La vitesse, c’est dépassé »

De mémoire de Langonnais on n’avait vu une manifestation telle dans la sous-préfecture du Sud-Gironde. Certes, nous étions loin des 10 000 mécontents rassemblés à Bayonne le 17 octobre, mais les anti-LGV ne désarment pas. Au contraire, ils s’organisent.

C’est en effet l’épineux dossier des futures lignes à grande vitesse ferroviaires devant desservir le Sud-Ouest qui a mobilisé hier matin. Le tronçon Tours-Bordeaux (ouverture à l’horizon 2016), mettant la préfecture girondine à deux heures de la capitale ; comme les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, espérées vers 2020.

Mais sans attendre que « les bulldozers soient à l’ouvrage dans les salles à manger », et maintenant que des hypothèses de tracés sont dévoilées, le marteau-pilon des critiques était de sortie.

Des nombreux élus en tête de cortège aux fédérations de chasseurs, des écologistes aux associations de défense de l’environnement, des riverains des futurs tracés envisagés aux citoyens se disant engagés, ce fut une surenchère de propos plus durs les uns que les autres pour rejeter les futures lignes à grande vitesse voulues par la plupart des grandes collectivités locales et des acteurs économiques.

Le désert rural

« Écoles et postes ferment dans nos campagnes transformées en désert et on dépenserait des milliards pour quelques minutes gagnées entre Bordeaux et Toulouse ? Aménageons les voies existantes », plaidait le responsable de Très Grande Vigilance en Albret, association récemment créée en Lot-et-Garonne.

« Ce n’est pas un refus parce que les rails passeraient chez nous. Nous avons des contre-propositions pour repenser nos manières de vivre : la vitesse, c’est dépassé », a argumenté le maire de Landiras (33). « La France n’a plus les moyens de ses ambitions et le Pays basque serait défiguré par une nouvelle ligne », analysait un médecin d’Ascain (64) portant la banderole du Collectif des associations de défense de l’environnement (Cade). Après la réception d’une délégation par le sous-préfet, deux mobilisations sont annoncées : le 23 janvier à Lire la suite

Non à la LGV, en Pays Basque comme ailleurs !

Bizi !, communiqué, octobre 2009

Non à la LGV, en Pays Basque comme ailleurs !

Le mouvement Bizi ! appelle tous(tes) ses membres et ses sympathisant(e)s à manifester ce samedi 17 octobre à 17H00 à Bayonne contre le projet de LGV.

Ce projet montre à quel point les divers responsables en charge de l’aménagement du territoire et de la question des transports n’ont toujours pas compris ce que seront nos sociétés dans les 5 décennies à venir.

La raréfaction programmée des énergies fossiles et de certaines des principales matières premières, la lutte contre le changement climatique avec l’urgente, indispensable et massive réduction des émissions des gaz à effets de serre vont profondément modifier nos modes de production, de consommation, de transports et d’aménagement du territoire.

Ceux qui pensent qu’on combattra le changement climatique en transférant quelques parts de marché de l’avion au bénéfice d’un TGV de plus en plus rapide n’ont pas pris la mesure exacte des changements à venir. C’en est historiquement fini du « toujours plus loin, toujours plus vite et de plus en plus souvent » en matière de transports. L’heure est à la relocalisation de l’économie et des loisirs, au développement des alternatives au transport (télé-travail, visio-conférences..). On ne peut continuer à aménager le monde demain avec les logiciels datant de celui d’hier. De l’aéroport de Notre Dame des Landes à l’autoroute Pau-Langon en passant par ce projet de LGV, continuer comme avant constitue un véritable déni de réalité qui, au vu de la gravité des catastrophes annoncées si rien ne change en profondeur, est tout bonnement criminel.

Un TGV consomme 3 fois plus par voyageur transporté qu’un train normal, émet largement plus de gaz à effet de serre (par la traction et la déforestation causée alors que le train normal utilise les voies existantes), génère un aménagement du territoire non soutenable.

Bizi se prononce pour le transport des voyageurs par train plutôt que par avion, et celui des marchandises par train ou par bateau plutôt que par la route. Mais la vitesse des trains doit se fixer un objectif maximal de 200 à 220 km / H, et ils doivent passer par les lignes existantes.

Il faut réduire rapidement le volume global des marchandises transportées en faisant notamment de la relocalisation de l’économie -et notamment de la production agricole- une priorité absolue. Pour les marchandises dont la circulation est réellement nécessaire, leur transport doit se faire par containers. Bizi s’étonne du parti pris de préférer à ces derniers les camions entiers sur les wagons Modalohrs (solution autoroute ferroviaire, plus coûteuse et moins intéressante à tous les niveaux que la solution du container) et s’interroge sur Lire la suite

LGV : Pour le train, contre la très grande vitesse

sudouest.com, Barnabé Chaix, le 13 Juin 2009

Pour le train, contre la très grande vitesse

PRÉCHAC. Les antis-LGV continuent leurs réunions de mobilisation pour rallier les élus des communes qui devraient être traversées par les trains à très grande vitesse

Tandis que les tergiversations vont bon train, sans mauvais jeu de mot, quant au tracé de la future Ligne à grande vitesse (LGV), qui placera Bordeaux à deux heures de Paris et desservira Toulouse et Bayonne, les opposants au projet se coordonnent et organisent des réunions publiques le long du parcours supposé des rails tant redoutés par les populations locales.

En effet, si ce projet soulève l’approbation générale tant à Paris qu’à Bordeaux, Toulouse ou Bayonne, les communes qui doivent être traversées par la LGV sans être desservies voient d’un mauvais oeil la diminution de leur qualité de vie sans contrepartie.

Après Saint-Médard-d’Eyrans, Saint-Michel-de-Rieufret et Saint-Léger-de-Balson – à l’initiative des élus – c’était au tour de Préchac d’accueillir, jeudi dernier dans sa salle polyvalente, le collectif d’associations en lutte contre les desseins qui prennent forme sous le nom de Grands projets Sud-Ouest (GPSO).

Une «triple catastrophe»

Divisé en quatre parties, l’exposé des anti-LGV a été entamé par Philippe Delpech avec une présentation du projet et des acteurs. Ce membre de l’association Landes Graves Palus environnement (LGPE) a notamment insisté sur les méthodes « calculatrices de Réseau ferré de France (RFF) utilisées entre autres pour exproprier », après qu’il eut mentionné la catastrophe que représente le projet sur le plan environnemental, humain et financier.

Des arguments qui ont été développés ensuite, d’abord par le président de l’Association de défense du Pays brédois, Lionel Bretonnet. L’expert-comptable de formation s’est lancé dans le périlleux exercice de jongler avec les milliards du budget annoncé, estimant après plusieurs calculs complexes que « la crise et le manque de rentabilité de ces lignes pourraient entraîner un coût, beaucoup plus important que les quelque 15 milliards d’euros annoncés. Presque 40 milliards d’euros. »

Contre la très grande vitesse

Le directeur régional de la Sepanso (Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) a ensuite pris la parole pour la partie environnementale de l’argumentaire. Philippe Barbedienne a durement vilipendé le mépris de RFF pour les territoires et les populations concernées, tout en précisant que la Sepanso ne se positionnait pas contre le rail mais contre Lire la suite

Pour des Etats généraux de la mobilité !

Tribune libre, Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, Olivier Louchard, Directeur du Réseau Action Climat France, Jean Sivardière, Président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports, le 20 janvier 2009

Pour des Etats généraux de la mobilité !

La crise qui traverse le monde de l’automobile est profonde et brutale. Pour ne pas avoir su anticiper une modification de l’attitude des consommateurs à l’égard de l’automobile, pour ne pas avoir voulu faire foi aux propos des écologistes qui s’époumonent à rappeler l’importance des impératifs climatique et énergétique, pour ne pas avoir pu résister aux sirènes de stratèges « éclairés » qui vantaient les mérites de véhicules lourds, chers et manifestement inadaptés au marché de l’automobile, ce secteur est désormais à l’agonie et réclame aides et soutiens publics.

Mardi 20 janvier 2009 est la date retenue par le Gouvernement pour organiser les Etats généraux de l’automobile et annoncer un plan de relance sectorielle. La grande mutation de ce secteur vaut bien une messe mais les solutions apportées seront-elles à même de répondre durablement à la crise du marché de l’automobile ?

Il s’agit, dans l’urgence, de réussir à trouver des solutions intelligentes permettant de transformer radicalement les secteurs frappés de plein fouet par cette crise socio-écologique. Devons-nous en ce sens, nous en réjouir ? Oui et non ! Non, car lorsque la Terre souffre, ce sont en premier lieu les salariés qui trinquent ! Oui, car si cette crise nous permet de mettre un terme à cette fuite en avant qui a conduit certains dirigeants à opter pour des modèles automobiles polluants, nous aurons déjà fait un grand pas dans le règlement de cette crise systémique.

En ce sens, la politique de saupoudrage, dispendieuse pour le budget de l’Etat et totalement inefficace du point de vue écologique, n’est pas à la hauteur des enjeux. Nous appelons de nos vœux une politique cohérente qui oserait s’affranchir de sa dépendance au tout-pétrole mais oserait également sortir des sentiers battus du tout-automobile. A cet égard, nous ne pouvons nous résoudre à voir l’Etat réduire le débat sur l’avenir de l’industrie automobile à un vulgaire échange sur le bienfondé des moteurs thermiques, hybrides ou électriques.

Pour répondre durablement à cette crise structurelle du monde de l’automobile, nous devons nous attacher à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que notre facture énergétique. Pour se faire, il est impératif d’agir en amont et freiner la hausse continue de la demande de transports motorisés. Cela suppose la mise en œuvre par les pouvoirs publics de mesures structurantes qui permettront de réduire les kilomètres effectués. Il devient urgent de réorienter les politiques d’urbanisme en mettant l’accent sur la mixité fonctionnelle (et sociale) et en rapprochant logements, emplois, loisirs, commerces et ainsi limiter les déplacements quotidiens. L’étalement et le mitage urbains doivent être combattus. C’est en effet l’extension des zones urbaines qui génère les longues distances, les déplacements fréquents et la dépendance à la voiture individuelle.

Il nous faut également choisir une mobilité privilégiant le mode de déplacement le plus efficace énergétiquement ou le mieux adapté au contexte géographique : l’automobile toujours en dernier ressort et si possible en covoiturage, mais surtout la marche à pieds, le vélo, les transports en commun (métro, tramway, bus, train). Cette crise nous offre une chance inespérée ; celle de développer un secteur d’activités s’enracinant dans les territoires en optant pour la construction d’infrastructures de tramways, de bus ou de train, très efficaces énergétiquement et peu émettrices de gaz à effet de serre. L’investissement dans les transports collectifs crée deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que l’investissement routier (infrastructures, matériel roulant, exploitation) et, pour la plupart, pérennes et par définition non délocalisables. Lire la suite