Ressourcerie de Bordeaux : Ces vélos que l’on recycle

sudouest.fr, Isabelle Castéra, le 13 mai

Ces vélos que l’on recycle

L’association Récup’R utilise des vélos destinés à être jetés pour en créer de nouveaux, et prévoit de faire la même chose pour le textile et l’électroménager.

Ils sont les chouchous des collectivités locales. Yann Perotto, Deil Toussaint et Julien Peponnet, qui ont inventé la première « Ressourcerie » bordelaise, ont bénéficié du parrainage presque affectueux d’Alain Juppé notamment. Une convention est en cours de signature avec la ville de Bordeaux, qui permettra à l’association Récup’R de bénéficier des vélos cassés, usés de la Maison du vélo pour en fabriquer de nouveaux. Afin de les vendre à bas prix.

Récup’R, donc, s’est installé rue Terres de Bordes, à Bordeaux, il y a quelques semaines. Un petit atelier de réparation de bicyclettes où l’on peut amener son vieux biclou plutôt que le jeter à la déchetterie. Car la ressourcerie c’est l’anti-déchetterie. « Une structure associative qui travaille à la réduction des déchets dans une perspective de réutilisation, de réparation et de recyclage. Voilà ce que nous sommes », assure Deil Toussaint.

Ces trois jeunes hommes travaillent depuis plusieurs mois à l’élaboration de ce projet. Quelle idée ? « Nous sommes écolos en fait, concernés par l’abus de déchets et nous voulons lutter à notre manière contre la destruction de ces déchets, simplement en limitant leur quantité, ajoute Deil. Ce concept existe depuis longtemps au Canada. Ressourcerie est d’ailleurs un mot québécois. »

Un atelier Rustine

Récup’R ne se limite pas à réparer de vieilles bécanes, pour les vendre en parfait état entre 35 et 70 euros pièce. Un technicien vélo a été embauché par l’association, qui s’occupe de la réparation des cycles en vue de la vente, en même temps, il participe à un atelier de dépannage participatif.

Chaque samedi entre 14 heures et 19 heures, les adhérents peuvent venir ici, rue Terres de Bordes afin de profiter des outils, du local et des conseils du pro, pour réparer son propre vélo. Pneu crevé, freins usés, roues voilées, autant de petits problèmes qui peuvent à la longue coûter cher au cycliste du quotidien. L’atelier Rustine œuvre aussi dans le sens de la responsabilisation de chacun vis-à-vis des objets usuels. L’atelier fonctionne vraiment bien, on vient de loin, bien au-delà des frontières du quartier de la gare. Les pièces sont également récupérées, répertoriées et mises à disposition des réparateurs.

Viser l’autonomie

« Notre projet s’il commence par les vélos, ne s’arrêtera pas à cette seule fonction. Ce n’est qu’un point de départ, ajoute Julien Peponnet. Nous comptons mettre en place à l’étage un atelier Lire la suite

Récup’R veut mettre en place une « ressourcerie » sur le territoire de la CUB

sudouest.com, C. D., le 14 Juillet 2009

DÉCHETS. Une association veut mettre en place une « ressourcerie » sur le territoire de la CUB

Les astuces de la récup’

On appelle ça une « ressourcerie » ou une « recyclerie » et, si les termes ne sont pas en encore dans le dico, ils désignent une activité bien dans l’air du temps : donner une seconde vie aux déchets. Il ne s’agit ni des épluchures ni des sacs plastiques mais de tous ces objets plus ou moins encombrants qui ont fini par s’abîmer mais dont il y a toujours quelque chose à tirer, même si on ne sait pas quoi.

Genre table sans pieds transformable en plateau ou télé en noir et blanc toujours valable. En gros, les ressourceries interviennent à mi-chemin entre les Compagnons d’Emmaüs, qui prennent en charge des objets en bon état devenus inutiles et la déchetterie, où finit tout ce qui est moins présentable.

Répandues au Québec, en Belgique et dans le Nord de la France, les recycleries donnent une seconde vie aux objets inanimés tout en créant de l’emploi, les objets revalorisés pouvant être revendus à bas prix. A Bordeaux, l’association Recup’R se lance à son tour. « Nous sommes des citoyens soucieux le volume de déchets et, pour le moment, nous en sommes à chercher un local » explique Deil Toussaint, le chargé de projet. L’association a déjà noué des contacts avec les villes de Bègles et de Bordeaux et avec la CUB, qui a d’ailleurs un projet de ressourcerie dans ses cartons, dont Recup’R pourrait être l’interface associative.

Les vélos d’abord

Membre de la Maison de la nature et de l’environnement et soutenu par le réseau national des ressourceries (www.ressourcerie.fr), le projet bordelais a la sagesse de limiter ses ambitions au début. « Même si on trouve un local à la rentrée, on sait bien qu’on ne pourra pas tout faire » reconnaît Deil Toussaint. L’idée serait donc de commencer par la filière la plus pertinente, en l’occurrence tous ces vélos abandonnés sur les trottoirs parce qu’il leur manque deux roues ou le guidon. Les villes finissent par les ramasser et les envoyer en déchetterie. Or, Lire la suite