Ecoconstruction : La maison en paille et en bois, ils y croient

ouestfrance-immo.com, Élodie Dardenne, le 14 août 2009

La maison en paille et en bois, ils y croient

Les temps ont changé, l’écologie est devenue la préoccupation de tous. Hier fantaisie d’une poignée de privilégiés, aujourd’hui la maison écologique est dans l’air du temps. Rencontre.

Cornillé, petit village d’à peine 700 âmes. C’est ici que Madeleine et Gérard David, ont décidé de se lancer dans un nouveau projet « une maison passive, qui produit sa propre énergie, et qui est également saine et écologique ». Ce projet, ils en rêvaient pour leur retraite, alors ils ont contacté l’association Empreinte, basée à Messac et spécialiste de l’habitat écologique.

Former à la construction des maisons passives

Empreinte, qui œuvre pour la promotion d’un habitat passif et écologique, propose à des particuliers des conseils pour lancer leur projet d’habitation « on invite souvent les gens qui ont un projet de visiter d’autres chantiers et de se former ensuite lors de stages pour découvrir le travail et surtout éviter que de grosses erreurs soit commises », explique Fabrice Auvé, président de l’association créée en 2004.

Car c’est bien là que repose l’originalité du projet : aller se former sur d’autres chantiers pour pouvoir un jour sinon construire complètement sa maison, au moins être capable d’intervenir sur une partie, « construire une maison en paille et en bois ne se fait pas comme ça, il faut apprendre une technique très pointue et les stages permettent cela. Nous sommes deux formateurs et dix stagiaires sur cette maison ».

Gérard et Madeleine David ont décidé de construire à côté de leur première habitation, cette nouvelle maison de 120 m2. Elle devrait être terminée d’ici fin 2010-début 2 011, « nous avons beaucoup d’amis qui sont curieux de ce projet et qui viennent nous aider ». Fabrice Auvé le rappelle, la plupart des maisons sont en partie auto-construites, « certains construisent en un an d’autres prennent leur temps et mettent trois ans ».

Plus de 500 maisons en paille en France

L’origine des maisons de paille n’est pas nouvelle. La plus vieille maison en paille de France date de 1921, « aux États-Unis il y en a de plus vieilles encore ». L’espérance de vie pour ces maisons écologiques tourne autour de 100 ans. En Europe si l’idée a fait son chemin aujourd’hui, pendant longtemps on a négligé cette forme d’habitat, « on compte aujourd’hui à peu près 500 maisons en paille ou projets en cours ». L’association Empreinte regroupe Lire la suite

Ecoconstruction : De la paille dans les murs

lepoint.fr, Béatrice Parrino, le 2 avril 2009

De la paille dans les murs

Isolants. Rencontre avec Jean-Baptiste Thévard, conseiller en écoconstruction.

Pourtant il y avait un lac, des bâtisses de charme et une verdure chatoyante. Mais rien, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, à 400 kilomètres au nord de Montréal, ne séduit, en cet été 2001, l’Orléanais Jean-Baptiste Thévard. Pas question pour lui de prolonger son séjour canadien. Il n’est pas là pour s’installer mais simplement pour aider un oncle et une tante à construire une maison en paille. Ou plus précisément pour donner naissance à un « écohameau » où vit désormais sa famille québécoise, membre du Groupe de recherches écologiques de la batture (GREB). Rien de hippie dans tout ça, juste un projet scientifique-teinté certes d’un brin d’idéalisme- « afin de prouver que la nature peut être gagnante après le passage de l’homme ». Pour Jean-Baptiste Thévard, qui, à l’époque, ne pensait qu’à être éducateur spécialisé, « le déclic n’est venu que bien après. En 2002, aidé de mon beau-frère, j’ai participé à l’agrandissement d’une maison à Saint-Denis-de-L’Hôtel, dans le Loiret. Nous avons utilisé la technique du GREB ». Quelques années plus tard, une association le sollicite pour en savoir plus sur cette méthode. Thévard et son beau-frère accouchent alors d’un livre (1), enfanté par la passion, qui devient profession pour le premier. Si vous souhaitez construire une maison 100 % écolo, c’est à lui qu’il faut vous adresser. Améliorer la ventilation de votre intérieur sans nuire à la température, c’est encore lui. Choisir des matériaux naturels pour le gros oeuvre de votre future habitation, c’est toujours lui. Depuis 2007, parallèlement à son activité d’éducateur, Thévard est aussi conseiller en écoconstruction : « J’organise des stages. Des artisans me sollicitent parce qu’ils ont besoin d’informations, voire de formations, sur les matériaux et comment s’approvisionner. Les architectes, eux, sont soucieux de savoir s’ils peuvent décrocher des devis dans leur budget. Pour les particuliers, il s’agit surtout de se renseigner pour se lancer seuls dans l’aventure de l’écoconstruction . » Chaque année, une cinquantaine de couples français franchissent le pas, alors qu’il est possible, assure Thévard, de construire une maison à 15 euros par jour dans les règles du développement durable.

« fraîche en été, chaude en hiver »

Depuis peu, avec Laurent Boulain, un ex-stagiaire, Jean-Baptiste Thévard dirige une entreprise d’écomaçonnerie, Ac-ces, qui compte 10 salariés. Et la paille, héritage canadien oblige, est leur produit d’appel, à l’instar d’une quinzaine d’autres constructeurs français. Dans son bureau d’Orléans, Thévard convoque l’Histoire pour convaincre des avantages de ce matériau. « Fraîche en été, chaude en hiver », s’enthousiasme, dans un reportage consacré à la première demeure française de paille, La Science et la vie , en 1921. La paille est insérée dans les murs comme isolant à la place de la traditionnelle laine de verre, et l’ossature est en bois. « Les risques que la paille pourrisse sont minimes. Et une botte se change simplement », dit Thévard. Pourtant, si cette technique rencontre du succès auprès des écologistes ou des alternatifs, seules 1 000 maisons de paille existent aujourd’hui en France. Et Ac-ces n’a lancé que deux projets en 2009. « Les blocages sont encore nombreux pour que la paille prospère. Très peu d’artisans connaissent cette technique. Et la garantie décennale ne s’applique pas sur de telles constructions. Mais surtout, il y a toujours un blocage culturel : dans l’inconscient subsiste l’image du feu de paille, sans parler de l’histoire des « Trois petits cochons », parue en 1933 . » Des tests Lire la suite