RAPPORT : « L’utilisation des pesticides en France »

ladocumentationfrancaise.fr, GEST Alain , juin 2009

Rapport d’information déposé en application de l’article 145 du Règlement par la Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire sur les pesticides

FRANCE. Assemblée nationale. Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire

Paris ; Assemblée nationale

(Documents d’information de l’Assemblée nationale, n° 1702)

Ce rapport fait le point sur l’usage des pesticides en France, dont les effets sanitaires et environnementaux sont encore mal connus. Il note que le cadre réglementaire, résultant du droit communautaire, est contraignant et sera probablement renforcé dans le cadre des lois du Grenelle de l’environnement. Il s’interroge sur les objectifs de protection de la santé publique, la manière dont la réduction de l’usage des pesticides peut être compatible avec la sécurité alimentaire ainsi que sur l’opportunité d’une concertation européenne sur le sujet.

juin 2009, 35 pages

Titre de couverture : « L’utilisation des pesticides en France »

INTRODUCTION

DE QUOI PARLE-T-ON ?

À QUOI SERVENT LES PRODUITS PHYTOSANITAIRES ?

Protéger les cultures contre les organismes nuisibles

Assurer des récoltes régulières

Maintenir la qualité des aliments

UNE UTILISATION DES PESTICIDES IMPORTANTE, DES EFFETS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX ENCORE MAL CONNUS

Même si les quantités mises sur le marché tendent à diminuer, la France reste un grand pays consommateur de pesticides

Une présence de pesticides dans les milieux naturels assez répandue, dont les effets doivent encore être étudiés

Des effets sur la santé encore mal connus

Une inquiétude dans l’opinion publique que Lire la suite

Les assiettes européennes, combien de pesticides ?

liberation.fr, Laure Noualhat, le 13 juillet 2009

Les assiettes européennes, combien de pesticides ?

Alimentation. Une étude présente les résultats d’analyses massives.

L’Union européenne vient de publier les résultats d’une étude sur les résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales européens. Au fil des préoccupations environnementales, c’est devenu un sujet de saison qui pousse chaque été à l’ombre d’une liste angoissante de molécules chimiques. La France est toujours l’une des plus mauvaises élèves de la classe européenne…

En a-t-on trouvé beaucoup ?

Oui en quantité, non en dose. Le rapport annuel de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (1) distingue deux choses : la présence du pesticide et les limites maximales résiduelles (LMR), la première n’induisant pas le dépassement de la seconde. Le rapport révèle donc la présence de produits phytosanitaires de synthèse dans 45 % des céréales, fruits et légumes analysés dans les 27 Etats membres, mais 96 % des denrées testées ne dépassent pas les limites. L’analyse des 74 305 échantillons de plus de 350 marchandises a permis de détecter 374 pesticides différents, dont 72 dans les céréales. Et 25 % contiennent plusieurs molécules simultanément, contre 15 % il y a dix ans. En France, 52,24 % des échantillons contiennent des produits phytosanitaires de synthèse et 8,54 % dépassent les LMR. Plus grosse consommatrice de pesticides en Europe (110 000 tonnes, dont 100 000 pour l’agriculture), la France est un des cancres de l’Union.

Leur présence est-elle un scoop ?

Non. Les pratiques de l’agriculture intensive rendent inévitable la présence de ces produits dans les aliments. Leur usage et leur présence sont sous surveillance depuis 1995. En 2007, le dernier rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a montré des résidus dans un fruit ou un légume sur deux. Mais tout est question de quantité : 44,5 % des échantillons présentaient des teneurs inférieures aux LMR. Seuls 7,6 % les dépassaient. Au rayon des moins respectueux des limites, on compte poivrons, tomates, poireaux, laitues pour les légumes ; fraises, raisins et mandarines pour les fruits.

Est-il possible de les éviter ?

Non. Les LMR de pesticides correspondent aux quantités maximales attendues. Elles sont établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. C’est donc à l’agriculteur de respecter les informations fournies sur l’étiquette du bidon : la dose, le nombre et le rythme d’applications. Il existe donc une LMR pour chaque fruit, légume (ni lavé, ni épluché) ou céréale. Et pour chaque pesticide. Lors de la mise sur le marché de ce dernier, on mène aussi des essais sur les produits transformés (jus de tomates, farine, bière…). Le Grenelle de l’environnement prévoit de diviser par deux l’usage de pesticides d’ici à 2017. Même les produits issus de l’agriculture biologique, qui bannit l’usage de pesticides de synthèse, présentent des résidus ; 1,24 % seulement dépasse les LMR.

Est-ce dangereux pour la santé ?

Tout dépend Lire la suite