Science et conscience comme philosophie environnementale

bulletins-electroniques.com, le 2 février 2009

Science et conscience comme philosophie de gouvernance pour l’EPA

La « dream team » environnementale du Président vient d’être confirmée par le Sénat, après une brève suspension de la procédure par les Sénateurs républicains, lesquels souhaitaient simplement des éclaircissements sur l’articulation des rôles entre l’administration de l’EPA et la future tsarine « Energie et changement climatique » de la Maison Blanche – Carol Browner. Quelques instants après sa confirmation, la nouvelle administratrice a adressé une note aux salariés de l’Environmental Protection Agency (EPA) annonçant clairement la philosophie de gouvernance qui serait la sienne et les priorités thématiques qu’elle poursuivrait.
Trois valeurs au centre du processus de décision

Rappelant les trois valeurs énoncées par le Président Obama, elle a affirmé que ces valeurs modèleraient chacune de ses actions à la tête de l’agence. En premier lieu, elle a annoncé que la science formera la « colonne vertébrale » de l’EPA, confortant ainsi les espoirs des scientifiques et des experts au sein de l’administration environnementale, et donnant un coup de patte au passage à son prédécesseur, souvent accusé d’avoir supprimé ou déformé les conclusions scientifiques à des fins politiques. « Les orientations décidées (« policy decisions ») ne doivent pas être déguisées en résultats scientifiques. Je promets que je ne compromettrai pas l’intégrité des experts de l’EPA en vue de promouvoir une décision réglementaire plutôt qu’une autre » assène la nouvelle administratrice.

La seconde valeur fondamentale est de l’Etat de droit (« rule of law »). Le texte de Lisa Jackson affirme que les lois ratifiées par le Congrès des Etats-Unis doivent être appliquées, de même que les décisions de la Cour Suprême, faisant là aussi référence aux errements passés de l’EPA, (notamment dans la carence d’application de la décision « Massachusetts vs EPA » de 2007 qui oblige l’agence à déterminer si le CO2 est un polluant, et à ce titre, réglementé par elle). « L’EPA ne peut pas tourner la tête ailleurs à une décision de justice ni ralentir le processus de mise en conformité« .

La troisième valeur est la transparence : « je promets que j’entreprendrai le travail de l’agence sous l’oeil du public afin que la porte soit ouverte aux parties intéressées et qu’il n’y ait aucun doute sur ce que nous faisons ni sur la manière dont nous sommes parvenus à notre décision« .
Concluant cette profession de foi, Lisa Jackson demande à ses collaborateurs de lui rappeler si jamais elle venait à déroger à ces trois valeurs.

Cinq domaines d’action prioritaires

La deuxième partie du memo vise à mettre en lumière les domaines d’actions qu’elle considère comme les plus urgents dans la protection de la santé humaine et de l’environnement. Les 5 priorités qui bénéficieront de son « attention personnelle » seront :

La réduction des Gaz à Effet de Serre (GES). Sur ce point, dont Mme Jackson rappelle combien il est cher au 44è Président, elle s’engage à aider le Congrès dans la préparation d’une législation – basée sur la science- visant à lutter contre le changement climatique. Elle s’engage également à appliquer la décision de la Cour Suprême dans le cadre du Clean Air Act. Lire la suite

Climat : Le feu à la banquise

La dépêche, O.A., le 13 Septembre 2008

Climat. Le feu à la banquise

Les glaces de l’Arctique fondent plus vite que prévu. Pour la première fois, le pôle Nord n’est plus relié à la terre ferme.

On se réjouit souvent des premières fois. Premier baiser, première voiture, première fois sur la lune…

Mais il en est certaines qui sont inquiétantes, comme celle de ce début septembre : le pôle Nord est pour la première fois en eau libre. On peut désormais faire le tour complet de cette calotte en bateau.

Jusqu’à présent, la couche de glace de la banquise n’avait jamais cédé simultanément le long des côtes sibériennes et canadiennes. Le Centre national américain de la neige et de la glace (NSIDC) vient de révéler que c’était chose faite.

Selon Étienne Berthier, glaciologue au CNRS (Legos) de Toulouse, « ce phénomène est une réponse au changement climatique global, et on peut être pessimiste ». Certains experts prédisent la disparition complète de la banquise aux alentours de 2020.

« On avait depuis 20 ans une décroissance linéaire » de la banquise, témoigne le chercheur toulousain. « 2007 avait été très déficitaire (NDLR : le record absolu de fonte des glaces, 40 % de moins que la superficie moyenne des vingt dernières années) on ne s’y attendait et on pensait à un artefact. Force est de constater que 2008 confirme cette accélération. Ceci noircit le tableau pour l’avenir ».

La fonte de la banquise du pôle Nord ne joue pas de rôle direct dans la montée du niveau des océans (l’eau occupe la même place que lorsqu’elle était glace). En revanche, elle intervient dans le réchauffement climatique. « Il renvoie l’énergie solaire, alors que l’eau la garde. Donc en remplaçant la banquise par des mers, on amplifie le réchauffement général ».

Pour Étienne Berthier, la disparition des glaces au pôle Nord « doit être prise comme un signal d’alarme. Lire la suite

SCOT : les enjeux énergétiques et climatiques

projetdeterritoire.com, le 8 septembre 2008, Armelle Laperriere

ETD engage un programme de recherche-développement sur la prise en compte des enjeux énergétiques et climatiques dans les SCoT, avec l’objectif de mesurer de quelle manière le SCoT contribue aujourd’hui à lutter contre le changement climatique et à favoriser une utilisation plus rationnelle de l’énergie. A cette occasion, ETD lance un appel à candidature auprès des maîtres d’ouvrage de SCoT.

L’étude de SCoT arrêtés ou approuvés permettra de définir la place des questions liées à la maîtrise de l’énergie et au climat dans les SCoT, d’identifier les leviers d’action utilisés par les territoires dans leur SCoT pour intervenir en matière d’énergie et de climat et de mettre en lumière les limites rencontrées et les éventuelles pistes identifiées pour faire évoluer le document vers une meilleure prise en compte de l’énergie et du climat

Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à consulter le programme détaillé et pour de plus amples informations Lire la suite

L’énergie solaire photovoltaïque est en phase de décollage

Le monde, le 5 septembre 2008, Hervé Kempf, Valence (Espagne)

Quelle fête ! Les industriels et scientifiques du photovoltaïque n’en finissent pas de s’étonner : jamais ils n’avaient été aussi nombreux à se réunir. La 29e Conférence de l’énergie solaire photovoltaïque, qui doit s’achever, vendredi 5 septembre, à Valence, a réuni plus de 4 000 chercheurs et un millier d’exposants. Cette affluence est à l’image d’un marché qui a explosé depuis plusieurs années, à la suite de l’instauration en Allemagne, en 2000, d’un tarif de rachat avantageux de l’électricité produite par les panneaux solaires.

Une augmentation de 40 % par an des capacités installées dans le monde, un chiffre d’affaires mondial de 24 milliards d’euros, une capacité de production installée de 3 800 mégawatt-crête (MWc) en 2007 : l’énergie photovoltaïque est sortie de la marginalité. Et les perspectives sont plus qu’encourageantes : les analystes financiers voient le marché passer à 5 000 MWc en 2008, 7 000 en 2010, et jusqu’à 20 000 en 2012.

Mais, avec la maturité, pourrait survenir la première crise : « On peut aller vers une situation où l’on produit plus que le marché ne peut absorber« , avertit Winfried Hoffmann, vice-président de l’European Photovoltaic Industry Association (EPIA). Il pourrait donc y avoir une « consolidation du secteur », c’est-à-dire la disparition de plusieurs entreprises dans un marché qui a pris des allures de ruée vers l’or. Deuxième effet, plus favorable : une baisse de prix permettant de relancer la demande.

« Le problème est que le marché est concentré sur cinq pays, Lire la suite

Lancement d’un plan de sauvegarde de l’angélique

Sud-Ouest, le 3 septembre, Chantal Roman

CONSERVATOIRE BOTANIQUE.

Lancement d’un plan de sauvegarde d’une espèce végétale

L’angélique menacée

Autre article sur le blog

C’est très officiellement hier à Audenge que le président du Conservatoire botanique Sud-Atlantique Christian Gaubert, maire de Lanton, conseiller général a lancé aux côtés de Frédéric Blanchard, directeur, un plan de sauvegarde d’une espèce végétale menacée, l’angélique des estuaires : « Une plante rarissime et que l’on retrouve, en Gironde notamment, du côté de Libourne, le long des berges des fleuves et cours d’eau. »

C’est dans le cadre de son programme de gestion et de conservation des berges à angéliques que ce plan est lancé : « Une plante en grand danger, explique Frédéric Blanchard. Cette espèce, que l’on trouve donc en Gironde mais aussi sur les estuaires de la Loire, de la Charente, de l’Adour et de la Nive, est protégée à l’échelle nationale et européenne, du fait de sa valeur patrimoniale exceptionnelle. Il nous faut donc sensibiliser un large public afin d’assurer sa survie. Non seulement tous ceux qui veulent bâtir le long des berges, mais aussi le grand public. D’où ce plan qui concerne l’Aquitaine mais aussi la région Poitou-Charentes. »

Journées de formation. Dans ce cadre, des séminaires vont se dérouler durant tout le mois. Lire la suite

Champignon

NaturaVox, le 2 septembre, Dominique Bidou

Champignon

N’assombrissons pas cette rentrée avec des approches trop dures du champignon, du type bombe atomique. Parlons plutôt du bonus que nous offre la nature, notamment en cette fin d’été. La cueillette des cèpes, bolets, chanterelles, girofles autres trompettes des morts est un véritable bonheur. La récolte des fruits spontanés de la nature reste une tradition profondément ancrée dans les cultures populaires, et permet d’attiser la curiosité envers le milieu, donne envie de mieux le comprendre pour dénicher les meilleurs sites à champignons. Il faut aussi apprendre à les reconnaître, l’erreur se paye cher. Les champignons représentent une porte d’entrée dans le monde de la nature, une approche à la fois populaire et savante des milieux et de leur complexité. C’est aussi un revenu, complément bienvenu dans les campagnes, avec parfois des abus, l’exploitation à outrance de la ressource, avec le risque de tuer la poule aux œufs d’or. C’est un équilibre à trouver, et qui peut conduire à l’adoption de techniques particulières d’exploitation, agricole ou forestière à la recherche du double dividende que le développement durable suggère. C’est ainsi que, par exemple, la truffe[1] vient au secours de la forêt méditerranéenne, avec la sylviculture truffière.

D’une vision presque bucolique de la cueillette, nous sommes ainsi parvenus à une approche technique et économique, ce qui serait dommage s’il n’y avait pas aussi la sauvegarde de territoires, de paysages, de traditions culinaires. Lire la suite

Une plainte pour pollution des eaux du Bassin

ARCACHON — Les ostréiculteurs saisissent la justice le jour où ils rencontrent le ministre de l’Agriculture

Sud-Ouest, Dominique Richard, le 20 août 2008

Le procureur de la République de Bordeaux découvrira ce matin sur son bureau une plainte pour pollution déposée par la Section régionale conchylicole du bassin d’Arcachon et plus de 150 ostréiculteurs. Pour les professionnels, c’est une autre façon de dire que « les huîtres et les moules du bassin d’Arcachon sont saines ». Depuis trois ans, les services de l’État ont pourtant estimé à plusieurs reprises que les coquillages étaient impropres à la consommation.

Alors que nombre de personnes ont continué à consommer des huîtres pendant les périodes d’interdiction, aucune intoxication alimentaire n’a été relevée. « On est face à une application excessive du principe de précaution, souligne Me François Ruffié, l’avocat des ostréiculteurs. Il n’y a aucune corrélation entre les résultats des tests et la toxicité constatée des coquillages. Les huîtres et les moules sont le révélateur d’une ou de plusieurs sources de pollution qui frappent le bassin d’Arcachon. » Lire la suite