Festival d’astronomie, du 8 au 14 août, à Fleurance (Gers) : Hubert Reeves défendra ses idées sur l’écologie

sudouest.com, Gaëlle Richard, le 8 Aout 2009

Hubert Reeves défendra ses idées sur l’écologie

La douce voix à l’accent canadien s’est lancé un défi. Son propriétaire, Hubert Reeves, veut faire comprendre aux habitants de la Terre pourquoi ils doivent en prendre soin.

Avec son regard d’astrophysicien, directeur de recherches au CNRS et professeur de cosmologie à Paris et à Montréal, il le dira vendredi prochain, lors de sa conférence de clôture du 19e Festival d’astronomie de Fleurance (Gers).

« Sud Ouest » Quel est le lien entre astronomie et environnement ?

Hubert Reeves. Directement ? Aucun ! Simplement, l’astronomie et les sciences, en général, nous permettent de comprendre comment nous sommes arrivés ici, sur cette Terre. Maintenant que nous possédons quelques connaissances sur ces questions, il nous faut nous demander comment faire pour y rester dans les meilleures conditions possibles. L’astronomie nous parle du passé, l’écologie du futur. C’est elle qui nous enseigne l’importance de nous investir massivement et rapidement si nous voulons éviter le pire.

Vous sentez-vous plutôt optimiste ou pessimiste quant à cette prise de conscience ?

Je suis l’un et l’autre. Optimiste car je sens une force de réveil au niveau mondial mais pessimiste car je sais que la force de détérioration existe et qu’elle est encore forte : la preuve, on continue d’utiliser des pesticides. Le changement important se traduit par le Grenelle de l’environnement.

Quel peut être l’impact de votre intervention dans un festival du fin fond du Gers ?

Le Festival d’astronomie de Fleurance attire chaque année des centaines de personnes.

Beaucoup d’enfants sont présents pour les ateliers. C’est auprès des enfants et des adolescents que mon message passe le plus facilement.

Les jeunes sont très motivés parce qu’ils savent que c’est eux qui auront à gérer le problème que nous leur laisserons en héritage. Le plus difficile, c’est d’alerter les politiques…

Que direz-vous le 14 août à Fleurance ?

Je dirai qu’à l’automne, à Copenhague, il va falloir se décider à réduire sérieusement le réchauffement climatique. On sait que les canicules, la force des vents, lors des tempêtes, et la déstabilisation du climat seront de plus en plus importantes dans les années à venir.

Notre avenir ne dépendra que de nous et de ce que nous décidons aujourd’hui. Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des millions d’années, pourrait se jouer en l’espace de Lire la suite

Hubert Reeves : Cultiver une «positive attitude» dans une association

2.canoe.com, Hubert Reeves, le 28 juin 2009

Ni optimiste, ni pessimiste : déterminé

Depuis que je me suis plongé dans la recherche de renseignements crédibles pour écrire Mal de Terre, depuis que je fais part, dans mes conférences, des préoccupations qui sont devenues les miennes, on me demande souvent: «Êtes-vous optimiste? Êtes-vous pessimiste?»

Mes interlocuteurs ne sont pas loin de penser que «nous n’y arriverons jamais».

Certains ont peut-être envie de renoncer avant même d’avoir essayé de changer quelque chose.

Il est vrai que, dans l’histoire de l’humanité, l’espèce humaine n’a jamais connu pareille époque. Jamais nos ancêtres n’ont pu mesurer à quel point la pérennité de notre espèce est tributaire de l’existence des autres espèces, végétale et animale, et des «bons et loyaux services» de la nature…

Imaginons qu’un «dictateur éclairé», prenant conscience que l’avenir de l’humanité passe par un changement radical des comportements, donne l’ordre de tout changer: tout le monde obéit au doigt et à l’œil. Les voitures restent au garage, les bus et les trams se multiplient, les friches industrielles deviennent des jardins potagers de proximité et les habitants, des planteurs d’arbres. Ils planteraient même des pavots si le dictateur le leur imposait…

Heureusement, nous sommes en démocratie et nous échappons à ces oukases.

Mais échapperons-nous au péril si nous tardons à faire de nous-mêmes, et de bonne grâce, ce que ce «dictateur éclairé» promulguerait sans plus attendre ? Et si le dictateur en question n’était pas tout simplement le péril qui nous menace ? Alors, prenant conscience de l’urgence, nous devrions nous-mêmes décréter les oukases. Le faisons-nous ? C’est tellement humain de remettre à demain ce que nous pourrions faire dès aujourd’hui ! Vais-je devenir pessimiste ?

Cultiver une «positive attitude» dans une association

Si je m’interroge sur mon passé, je n’ai été pessimiste que fort brièvement, me jurant de ne pas récidiver. Pourtant, je ne suis pas naturellement optimiste, du moins ne l’étais-je pas au siècle dernier.

Ce n’est pas le passage à l’an 2001 qui m’a miraculeusement entraîné vers un «optimisme volontaire». Encore que c’est cette année-là que je me suis lancé dans l’aventure associative et que, depuis, je suis au cœur de l’action. Et ça a tout changé.

Les changements d’habitude ne sont pas évidents, mais leur possibilité n’est pas nulle et, surtout, elle est facilitée si l’on ne reste pas seul dans son coin à se lamenter sur le sort de l’humanité. Rejoindre les pionniers associatifs est une excellente démarche. Elle renforce la représentativité de l’association auprès du public et des décideurs. Et elle vous entraîne dans une spirale vertueuse.

Rester à l’écart n’est pas stimulant

Bien sûr, on ne deviendra pas des saints du jour au lendemain, ni même à moyen terme, mais Lire la suite

« Qui sont les antiécolos ? » dans Psychologies magazine

naturavox.fr, Benoît Saint Girons, le 9 mars 2009

Un article de Christilla Pellé-Douël intitulé « Qui sont les antiécolos ? » dans Psychologies magazine du mois de mars 2009.

Les antiécolos

Quels sont les arguments des antiécolos résistent-ils à l’analyse ?

Psychologie donne matière à réflexion…

Intéressant article qui, en donnant la parole à des « objecteurs de bobo-écologie », dresse un catalogue non exhaustif des caricatures et des excuses trop souvent utilisées pour justifier l’inaction.

« Au début des années 1970, les premiers écologistes faisaient figure de gentils allumés. Trente ans plus tard, les acharnés des énergies douces ont gagné du terrain dans les mentalités » commence l’article. Et entre les deux, rien ? Sommes-nous vraiment directement passés des doux rêveurs aux extrémistes américains de la deep ecology qui « envisagent la nécessité de la disparition de l’espèce humaine afin de préserver la Terre et les autres espèces vivantes » ?

Que dans ces circonstances Laurent Larcher, auteur de La Face cachée de l’écologie, puisse écrire « L’écologie est un antihumanisme » ne surprend guère. A écologie extrémiste raccourci extrémiste ! Mais cette affirmation n’en demeure pas moins fausse. D’abord parce qu’elle confond écologie (science) et écologisme (protection de l’environnement), ensuite parce que l’humain faisant partie du vivant, il a tout intérêt à préserver lui aussi la nature !

L’écologisme est naturellement humaniste parce que nous ne pouvons pas nous déconnecter de la nature sans en subir de graves troubles, comme le démontre la croissance exponentielle des pathologies, du stress aux cancers en passant par l’obésité ou la stérilité. Nous vivons plus longtemps, certes, mais dans quel état ? Et la tendance aux pathologies est telle que les jeunes pourraient désormais vivre moins vieux que leurs parents…

Prendre soin de notre planète est chronologiquement une question de bien-être avant d’être une question de survie. Nous pouvons fort bien vivre sans écran plat mais nous vivrons relativement mal avec un air pollué ou une nourriture à dominance industrielle.

« Au cœur du débat : notre place d’êtres humains » ? Non. Au cœur du débat : la place de l’humain dans le système ! 

Notre « capacité à se penser et à penser la nature » nous donne une responsabilité que les autres espèces n’ont pas. Si les ours polaires avaient leurs maux à dire, voilà longtemps qu’ils nous auraient balancés leurs grosses pattes dans la figure !

De ce constat de la « transcendance humaine », Sylvie Brunel, auteur de A qui profite le développement durable ?, en arrive à la conclusion qu’ « Il n’existe pas de nature qui ne soit façonnée par l’homme ». Monsanto aurait donc déjà réussi à breveter l’intégralité du vivant ? 

Non, décidément, il n’existe pas de bêtise qui ne soit façonnée par l’homme !

L’auteur n’a sans doute pas tort de dénoncer la culpabilisation à l’écologie. Avant qu’il n’y ait de « mauvais citoyens », il y a bien évidemment d’abord de mauvais politiciens et de mauvais industriels. Mais qui vote pour les uns et achète les produits des autres ? Au final, nous ne sommes peut-être pas tous coupables mais nous sommes tous responsables !

L’auteur conclut que « les antiécologistes d’aujourd’hui seraient des écologistes raisonneurs, au sens de « faire appel à la raison » ? A suivre ce raisonnement, il y aurait donc, d’un côté, des écologistes idiots qui agissent et, de l’autre, des écologistes intelligents, qui réfléchissent mais, parce qu’ils réfléchissent, ne font rien au prétexte qu’ils n’auraient rien fait de mal ? Curieux raisonnement… « Le grand but de la vie n’est pas le savoir mais l’action » Lire la suite

Lille : 33e congrès de France Nature Environnement

FNE, communiqué, le 23 février 2009

33e congrès de FNE

Une trame grandeur nature.

Climat et biodiversité : la trame verte et bleue, une solution pour nos territoires.

Cette année, la fédération a choisi d’organiser son congrès national à Lille en collaboration avec le Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais. Les thèmes abordés seront la trame verte et bleue, la biodiversité et les changements climatiques. Il se déroulera au Palais du Nouveau Siècle les jeudi 12 et vendredi 13 mars 2009.

Cet événement sera l’occasion de faire un point sur la traduction des engagements du Grenelle de l’environnement notamment en matière de biodiversité. En effet, il n’est plus besoin de prouver les répercussions des changements climatiques sur les espèces. Ils les favorisent ou les desservent, modifient leurs habitats naturels et leurs mouvements migratoires. La mise en place des trames vertes et bleues est donc essentielle pour les aider à s’adapter à ces bouleversements.

Lors du congrès, les 450 participants attendus pourront débattre de ces enjeux à la fois environnementaux et politiques lors de tables rondes en présence d’acteurs du secteur public et privé (scientifiques, institutionnels, associatifs).

Déroulement

La première journée sera consacrée à exposer les aspects scientifiques de la trame verte et bleue ainsi que les intérêts qu’elle présente pour la biodiversité et pour les territoires.
La deuxième journée développera quant à elle les aspects socio-économiques de la trame verte et bleue en montrant l’importance de l’implication des différents acteurs dans sa mise en œuvre sur les territoires Lire la suite

Hubert Reeves : « L’Homme est menacé d’extinction »

nicematin.com, Franck Leclerc, le 12 février 2009

Hubert Reeves : « L’Homme est menacé d’extinction »

L’astrophysicien était à Nice mardi pour une conférence au profit des enfants hospitalisés. A l’invitation du Comité des dames de Lenval, que préside sa belle-sœur.

Une planète verte rencontre une planète blanche.

– « Tu as mauvaise mine. Que se passe-t-il ? »

– « Je ne me sens pas très bien, répond la planète blanche. J’ai attrapé une maladie : l’humanité. »

– « L’humanité ? Oh, ne t’inquiète pas. Je l’ai déjà eue, ça part tout seul… »

Cette histoire, Hubert Reeves la raconte de plus en plus souvent. Moins pour faire sourire que pour nous inciter à réfléchir sur les conséquences de nos actes. L’astrophysicien franco-canadien (marié à une Niçoise) prévient : « Si nous ne faisons rien, notre espèce est menacée de disparition. » L’Homme sera peut-être la victime de la sixième extinction. Succédant aux dinosaures, évincés de la planète il y a 65 millions d’années par une météorite de la taille du Mont-Blanc. Cette lugubre prophétie doit être prise au sérieux. « Selon les biologistes, les grands arbres et tous les mammifères de plus de trois kilos sont dans le collimateur », insiste Hubert Reeves. « La vie continuera probablement sur la Terre. Mais sans nous. »

Vous dites qu’au XXIe siècle, la température s’élèvera de 2 à 3 degrés. Est-ce si grave ?

Dans le pire des scénarios, le réchauffement pourrait atteindre six degrés. Or, la limite à ne pas dépasser serait de deux degrés. Même dans ce cas, l’eau de la mer continuera de monter d’un mètre au moins, et la dérégulation climatique se poursuivra. Augmentation de la puissance des cyclones et de la fréquence des canicules, succession de périodes de sécheresse et de grand froid : ces manifestations ont déjà commencé.

Quelles en seront les conséquences ?

La désertification s’accentuera dans les zones tropicales et équatoriales. Tandis que les régions du nord recevront de plus en plus de pluie. On voit déjà que des maladies associées aux tropiques, comme la malaria ou le paludisme, s’étendent sur des territoires plus vastes. Le virus du Nil, par exemple, se retrouve désormais dans plusieurs régions des États-Unis.

La géographie peut-elle s’en trouver modifiée ?

Les Maldives, ou Vanuatu, seront de moins en moins habitables en raison de la montée de l’eau, de la force des tempêtes et de la tendance des nappes phréatiques à devenir de plus en plus salées. Les migrations ont d’ailleurs commencé dans plusieurs îles du Pacifique.

En quoi l’humanité est-elle menacée d’extinction ?

C’est la leçon que l’on peut tirer de l’apparition et de la disparition d’innombrables espèces, tout au long de l’histoire de la vie. Celles qui s’éteignent sont celles qui ne savent pas s’adapter à des conditions nouvelles, souvent extrêmes.

Pourquoi l’Homme aurait-il plus de difficulté à s’adapter ?

Les êtres humains sont beaucoup moins robustes Lire la suite

Les 10 écolos qui comptent en France

Vote organisé en avril 2008 par Planète Terra

C’est quoi un écolo qui compte?

Imaginons qu’un « écolo qui compte » soit le représentant d’une idée écologique. Alors, je crois qu’il faut un subtil mélange entre quelqu’un qui sache communiquer, un homme de média, et quelqu’un qui agit réellement, un homme de terrain. Notre société actuelle étant tellement liée à l’image, il me paraît important qu’un « écolo qui compte » soit capable de manier cet outil. Mais de manière tout aussi importante, j’ai profondément à cœur que cet écolo soit cohérent à 100% avec ses propos! Tenir compte du fait qu’il se déplace en vélo ou en train plutôt qu’en voiture ou même en hélico peut paraître un peu niais, mais pour moi, cela reste quand même lourd de sens!

Personnellement, je ne suis pas pour une identification de l’idée écologique à une femme ou à un homme en particulier. L’écologie est vraiment l’affaire de tous et non la responsabilité d’une seule personne. Donc pour moi, un écolo qui compte, c’est simplement une personne qui a pris conscience de la réalité des dégâts que l’on s’inflige et qui agit vraiment en conséquence. Et même si on doit prendre particulièrement attention à notre planète, je pense que la première écologie, c’est l’écologie de l’homme. Car même si l’on blesse notre planète, elle s’en remettra, elle en a vu d’autres! Par contre, c’est vraiment l’avenir de l’homme qui est en jeu.

Ce vote a permis d’établir le classement suivant:

1er: Nicolas Hulot (23 votes)

2e: Nathalie Kosciusko-Morizet (19 votes)

3e: Pierre Rabhi (18 votes) Lire la suite

Hubert Reeves : « Regardez ce qu’il y a dans votre assiette »

Ecolife le 21 juillet 2008 par Marie Varasson

Astrophysicien, président de la Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage et conseiller scientifique à la National Aeronautics and Space Administration (NASA), Hubert Reeves est également chroniqueur pour France Culture et « Le Journal de Montréal ».

Admirateur depuis l’enfance « de la voie lactée, de la mousse, du rossignol et des lucioles », Hubert Reeves s’est investi dans l’astrophysique par passion des mathématiques. « L’amour de la nature est revenue en force quand je me suis aperçu que la biodiversité, dont l’humanité fait partie, était en péril », explique-t-il. Lorsque la présidence du ROC – ligue pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs – lui a demandé de succéder à Théodore Monod, Hubert Reeves accepte. Les choses s’enchaînent vite et il conditionne sa prise de fonction par un changement d’orientation des objectifs de l’association. De l’opposition à la chasse, il conduit les actions du ROC vers la protection de la faune sauvage et à la défense des non-chasseurs. Lire la suite