Océans : il reste 5 ans pour sauver nos poissons habituels

lalsace.fr, Raymond Couraud, le 11 avril 2009

Océans : il reste cinq ans pour sauver nos poissons habituels

Nos petits-enfants mangeront-ils du poisson ? De plus en plus d’espèces sont en voie de disparition. La surpêche est mise en cause.

La question des pêches excessives n’est pas seulement posée par quelque écologiste. Les rapports officiels consacrés au phénomène de la surpêche sont de plus en plus alarmistes.
Dans la présentation du Grenelle de la mer, qui vient de débuter, on peut ainsi lire que « les mers et océans fournissent chaque année 85 millions de tonnes de protéines pour l’alimentation humaine et, dans une moindre mesure animale. Cette capacité est menacée, car selon la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture de l’ONU), 28 % des stocks mondiaux sont surexploités ou épuisés. 52 % connaissent un niveau d’exploitation proche du maximum soutenable, les 20 % des réserves halieutiques restantes étant exploitées en dessous de leur potentiel ».

2048, année cruciale

Selon ce texte, il faudrait parvenir d’ici 2015 à un taux d’exploitation soutenable pour l’ensemble des stocks.

Lors du sommet consacré à la nourriture issue de la mer, à Barcelone, l’an dernier, les experts ont tiré la sonnette d’alarme : si rien n’est fait, « la plupart des espèces aujourd’hui consommées dans le monde auront disparu d’ici 2048 ». Pour Élisabeth Vallet, responsable de l’Alliance Produits de la Mer en Europe, il y avait de bonnes raisons d’organiser ce sommet en Europe, et plus particulièrement en Espagne : « Avec plus de 7,1 millions de tonnes de poisson fournis chaque année, l’Union européenne est actuellement la troisième puissance de pêche au monde et le plus grand importateur mondial. L’Espagne est le premier pays producteur européen et s’interroge, tout comme beaucoup d’autres, sur ses pratiques et sa gestion de la pêche pour garantir le développement durable de sa filière. Il est aujourd’hui indispensable pour les professionnels du secteur, tout comme pour les associations environnementales, de trouver des solutions locales à ces défis mondiaux. »
Le défi à relever a Lire la suite

Vente directe : sanction, solution ou chgt de consommation ?

lejpb.com, Sébastien VAÏSSE, le 27 février 2009

Vente directe : sanction, solution ou changement de consommation ?

Crise économique, inflation, baisse du pouvoir d’achat ou simple adhésion à l’idéologie décroissante… Les modes de consommation seraient-ils en pleine mutation ? C’est du moins la question que l’on peut se poser face à un phénomène qui, bien loin de faire l’unanimité chez les professionnels des secteurs qu’il touche, prend de l’ampleur : la vente directe.

 

Alors que les bouchers du Pays Basque dénoncent depuis plusieurs semaines «certains agissements qualifiés de concurrence déloyale», que le système des AMAP se développe et qu’à l’image d’Idoki qui prône les circuits courts de proximité, la petite production gagne du terrain, la vente directe touche maintenant un autre secteur, celui de la pêche. Les pêcheurs de la Côte basque ont en effet décidé d’ouvrir leur cale directement aux consommateurs.

La crise du poisson

«On nous explique que c’est la crise, qu’il faut respecter les quotas, que le poisson se vend moins, mais quand on voit que la sole est à 30 euros/kg dans les grandes surfaces, on ne comprend pas» tonne Patrick Lespielle, pêcheur luzien. Il faut dire que si l’année dernière, les pêcheurs basques pouvaient négocier avec les mareyeurs (grossistes) la sole autour de 12 euros/kg, on est passé aujourd’hui sous la barre symbolique des 10 euros : «Je n’ai jamais vendu à ce prix-là» poursuit Patrick Lespielle. «ça fait douze jours qu’on n’a pas vu la maison, tout ça pour s’entendre dire : la sole à 7 euros». Un mécontentement, une incompréhension et un décalage de prix qui justifient la vente directe, d’autant que l’opération lancée il y a quelques jours par les pêcheurs semble plutôt bien fonctionner : «De la sole fraîche à 12 euros/kg, ça fait plaisir et ça redonne envie de manger du poisson» sourit une bayonnaise venue s’initier aux joies de ce nouveau commerce.

Alors, à qui la faute ? Et comment expliquer ce décalage ? De l’avis de certains pêcheurs, les mareyeurs ne seraient totalement innocents dans cette affaire. Pourtant, lorsqu’on les interroge, la réponse est claire : «on n’a aucune activité, très peu de ventes». Une situation qui expliquerait donc la baisse du prix d’achat. Il n’empêche qu’au final, sur l’étalage, le poisson relève presque du produit de luxe…

Viande foraine

Un phénomène qui n’épargne pas non plus le secteur de la viande au grand dam du Syndicat de la boucherie et de la charcuterie des Pyrénées-Atlantiques qui a adressé une lettre au député-maire de Bayonne, Jean Grenet, pour dénoncer les agissements de «beaucoup d’agriculteurs, développant la vente de viande au détail, qui ne se sentent plus concernés par la réglementation régissant le métier de boucher». En fait, les bouchers du Pays Basque, qui ne reprochent cependant pas aux «agriculteurs de commercialiser de la viande» mais plutôt de ne pas «être sur la même ligne de départ», s’interrogent quant à la «légitimité d’utiliser des structures à vocation ou à délégation de service public, à des fins commerciales privés» et invite donc le législateur «à se saisir du problème et à le régler de la manière la plus cordiale qui soit».

Du côté de l’abattoir public de Saint-Jean-Pied-de-Port, si on reconnaît le manque de réglementation en matière de vente directe notamment en ce qui concerne les abattages sauvages, on avoue cependant comprendre l’action des producteurs qui face à l’arrivée massive de viande foraine dans les grosses structures locales comme Arcadie, Pedavia (entre 60 et 70 % des viandes commercialisées dans le département proviennent d’Allemagne, de Pologne…), ont imaginé la solution de la vente directe. Lire la suite

Fermeture immédiate de la pêche au Thon rouge ?

Actualité News environnement, le 11 septembre 2008, Damien URRUTIA, Source Greenpeace

Des experts indépendants demandent la fermeture immédiate de la pêche au Thon rouge 

Un comité d’experts indépendants mandaté par l’ICCAT demande la fermeture immédiate de la pêche au Thon rouge. Les experts indépendants demandent la fermeture immédiate de la pêche au Thon rouge pour permettre au stock de se reconstituer et que les pays se mettent en conformité avec les recommandations de l’ICATT.

Confirmant ce que demande Greenpeace depuis plusieurs années, un comité d’experts indépendants mandaté par l’ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) pour évaluer la gestion de la pêcherie du thon rouge de Méditerranée, recommande la fermeture immédiate de cette pêche.

Dans leurs conclusions rendues publiques cette semaine par l’ICATT, ces experts ont qualifié de « honte internationale » la gestion de la pêcherie. Le comité demande « la suspension de la pêche au thon rouge dans l’Atlantique et en Méditerranée jusqu’à ce que les pays se mettent en conformité avec les recommandations de l’ICATT».

Pour les experts, une telle fermeture est reconnue comme étant « le seul moyen de mettre un terme à ce que les observateurs et les Etats contractants reconnaissent comme étant une parodie de gestion ».

Cette gestion, poursuivent les experts, « est inacceptable et incompatible avec les objectifs de l’ICATT, notamment avec le fait que les stocks ne doivent pas diminuer au point de s’épuiser ». En plus de la fermeture immédiate de la pêcherie, le comité d’experts recommande également la protection de toutes les frayères, au moins lors des périodes de reproduction.

Toutes ces recommandations correspondent à ce que demande Greenpeace, à savoir un moratoire de 3 à 5 ans sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines Lire la suite

La révolution climatique attendra

La Presse  (Canada), Jean Lemire le 4 août 2008

Il n’y aura pas de révolution climatique. Pas maintenant. Malgré une certaine urgence – pour ne pas dire une urgence certaine -, les pays membres du G8 en ont décidé ainsi. Les changements climatiques ne sont pas dans les priorités des gouvernements. Point final.

Avec une économie mondiale chancelante et une menace de récession à nos portes, il serait surprenant que les grandes économies de ce monde investissent dans l’avenir

Certains diront pourtant que les pays du G8 (Japon, États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Russie) se sont entendu sur une réduction de 50% des gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050, que les États-Unis ont enfin accepté ce principe et que la position unanime des huit pays de ce groupe sélect prouve hors de tout doute que tous, sans exception, reconnaissent dorénavant la thèse scientifique des changements climatiques. C’est trop peu et ce sera trop tard. Surtout qu’il n’existe aucune année de référence sur cette réduction de 50%. Une réduction de 50% sur quoi ? Sur nos émissions actuelles ? Sur celles de 2005, comme le Premier ministre du Japon l’a évoqué ? Et qu’en est-il de l’année de référence de 1990, qui est à la base de toutes les ententes internationales depuis le Protocole de Kyoto ?

La décision des membres du G8 n’est pas un petit pas en avant, comme certains le prétendent. C’est un net recul pour l’humanité ! Lire la suite