Saint-Symphorien : 73 ha de panneaux photovoltaïques

Sud-Ouest, Axelle Maquin-Roy, le 23 Mars 2009

SAINT-SYMPHORIEN. La commune de Sud Gironde sera la première du département à accueillir en 2010 une centrale photovoltaïque au sol. Au coeur de la forêt landaise

Un champ de 73 hectares de panneaux photovoltaïques

Le projet est gigantesque. Imaginez en rase campagne, en plein milieu des pins, à Saint-Symphorien, sur la route du Tuzan, un champ de maïs laissera d’ici un an place à la première centrale photovoltaïque au sol de Gironde. 73,3 hectares de panneaux seront prochainement implantés sur une parcelle circulaire d’un diamètre d’un kilomètre. Ces panneaux, montés sur une structure fixe, inclinés à 25 degrés, orientés plein sud seront au nombre de 318 700 ! De quoi envisager la production de 24 mégawatts d’électricité, l’équivalent de la consommation de 24 000 foyers. Quand Saint-Symphorien ne compte que 1 600 habitants.

250 000 euros par an

N’allez cependant pas croire que la commune se lance là dans la production d’énergie. Elle n’est dans ce dossier qu’un intermédiaire. Même si, fut un temps, une délibération avait été prise en conseil municipal pour que la municipalité se porte acquéreur d’un terrain qui permettrait par la suite l’installation d’EDF.

Aujourd’hui, c’est en location, pour une durée de 25 ans, qu’EDF Énergies Nouvelles (EDF EN) s’installe chez un particulier de la commune. Quant à l’énergie produite sur le site, elle sera transformée sur place au moyen de deux onduleurs avant d’être acheminée au poste source d’Hostens et vendue à EDF.

Pour autant, la commune tirera un avantage non négligeable de cette installation. En l’espèce, sonnante et trébuchante, le versement de la taxe professionnelle (TP) et de la taxe foncière. Soit la bagatelle de 250 000 euros par an. « De quoi doubler notre produit fiscal », se réjouit le maire, Guy Dupiol, qui, quand bien même la TP est menacée, sait qu’il pourra compter sur une taxe « au moins équivalente », sur laquelle le Syndicat des énergies renouvelables travaille actuellement.

En plein Parc naturel

Installer un champ de panneaux photovoltaïques, au coeur du massif forestier, dans une commune de surcroît membre du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, deux mois seulement après le passage dévastateur de Klaus : L’annonce à de quoi susciter quelques interrogations. Même si, à l’heure de présenter le projet, pas plus de 60 habitants ont pris part à la réunion publique. Pour Guy Dupiol, il s’agit là d’un faux débat.

Premier argument du maire : « Il y a déjà plus d’un an que nous portons le projet avec EDF. » Deuxième point : ce n’est pas sur un espace forestier que le projet est porté mais sur une parcelle de maïs, dont la culture en plein sol landais peut apparaître tout aussi aberrante d’un point de vue environnemental.

Face « au vide juridique » qui entoure encore le photovoltaïque (contrairement à l’éolien), la directrice d’EDF EN de Toulouse, Séverine Pasquinet précise : « Pour ce projet nous avons pris un maximum de garantie. » Ainsi, le dépôt du permis de construire, d’ici à mi-avril, a-t-il été précédé d’une modification du PLU (Plan local d’urbanisme) de la commune. « Où, insiste le maire, nous précisons notre volonté de créer de nouvelles sources d’énergies renouvelables sans incidences sur la surface forestière. »

De son côté, EDF a commandé, auprès de cabinets indépendants, des études d’impact sur le milieu naturel, faunistique et floristique, ainsi que sur les ressources en eau. Des travaux qui concluent à Lire la suite

Sorties ornithologiques à Captieux avec le Parc et la LPO

Sud-Ouest, Pierre Lascourrèges, le 23 Janvier 2009

SORTIES ORNITHOLOGIQUES À CAPTIEUX. Découvrez les zones d’hivernage des grues cendrées dans la Haute Lande

Le pays des grues

Vous rêvez d’une sortie en pleine nature. Faites suivre une bonne paire de jumelles. Prévoyez une tenue chaude pour un week-end en famille ou entre amis. Les naturalistes de la Ligue de la protection des oiseaux et du Parc naturel régional des Landes de Gascogne vous invitent à suivre une sortie ornithologique sur la trace d’un grand migrateur européen.

Du nord de l’Europe

Avec une envergure dépassant deux mètres, une hauteur d’environ 1 m 20, un plumage d’un gris uniforme rehaussé de blanc et de noir sur le cou et la tête, et une calotte rouge qui vient coiffer le sommet du crâne, la grue cendrée est un des plus grands oiseaux protégés d’Europe. On l’appelle respectueusement la dame grise. C’est d’ailleurs tout au nord de l’Allemagne à la Finlande et jusqu’à la Russie qu’elle vient à nicher au printemps.

Au début de l’automne, elles se rassemblent en grandes troupes et entament un long voyage qui les conduit vers le sud. Leurs vols en formations ordonnées en V se succèdent de jour comme de nuit. Après plusieurs étapes en Champagne humide, elles mettent le cap vers les Landes de Gascogne, pour y bénéficier des conditions d’hivers tempérés et humides.

Le couvert et le gîte

C’est justement sur ce territoire sacré de la Haute Lande, au départ de Captieux, que démarrent les sorties sur les points d’observation. La première étape du groupe embarqué dans un bus se situe dans la plaine, sur une zone de gagnage. Ici, les grues se nourrissent principalement de grains de maïs restés au sol.

« L’histoire de la grue cendrée dans nos contrées n’est pas récente », rapporte Frédéric Gilbert, chargé de mission tourisme de pleine nature au Parc naturel régional des Landes de Gascogne. « Il faut deux conditions pour retenir les grues. Elles sont un peu comme les touristes. On leur fournit le couvert et le gîte. »

Dix mille oiseaux

Dans les champs, les grues glanent le maïs délaissé par la moisson. Au crépuscule, elles regagnent les zones humides pour y passer la nuit. On évalue leur nombre à un peu plus de dix mille à Captieux. Sur le camp militaire, elles trouvent leur dortoir, sur des zones de quiétude, le plus généralement de faible profondeur d’eau, qui permettent aux grues de se rassembler et de passer la nuit à l’abri des prédateurs.

Avant que le jour ne décline, les vols en V se succèdent dans le ciel, quand les grues regagnent leurs dortoirs.

C’est un moment privilégié pour les observer, en collant son oeil sur la lentille des longues vues grossissantes ou bien dans le viseur d’un téléobjectif.

Écotourisme

Au-delà de la sortie du dimanche après-midi sur les zones d’hivernage, hébergeurs et propriétaires de chambres d’hôtes proposent des week-ends complets, engagés aux côtés du Parc naturel régional et du Pays des Landes de Gascogne dans un tourisme respectueux des paysages, de l’environnement et Lire la suite