Le jardin d’inspiration médiévale de Pierral à Gradignan

sudouest.com, Cadish, le 27 Avril 2009

INSOLITE. Créé il y a cinq ans à Gradignan, le jardin de Pierral, lieu d’inspiration médiévale, propose de faire découvrir la signification et l’histoire de l’usage des plantes à découvrir

Un jardin d’un autre temps

A Gradignan, les plantes du jardin de Pierral sont regroupées en fonction de leur usage : potagères, utilitaires, médicinales et même magiques ! Le jardin de Pierral est situé dans le parc de l’Institut national des jeunes sourds à Gradignan (1). Il y a un demi-millénaire ce jardin aurait eu sa place derrière les murailles d’un château féodal ou d’un monastère, mais aujourd’hui, originalité et anachronisme, il cohabite avantageusement avec un parc arboré du XIXe siècle, au milieu de variétés acclimatées en Europe bien après le Moyen âge.

Son espace d’environ 300 mètres carrés adopte le plan typique d’un jardin médiéval : une disposition quadrangulaire, des massifs séparés par des allées se coupant en angle droit et s’articulant autour d’un point d’eau. Les plantes y sont regroupées en fonction de leur usage ; potagères, utilitaires, médicinales et même magiques !

La momordique laxative

Chaque massif développe les grands thèmes des pathologies les plus fréquentes au Moyen Âge. Il y a des plantes qui soignent les coups et les blessures comme l’ortie, la potentille, le plantain ou la consoude et celles qui arrêtent les hémorragies, assèchent les plaies ou les ressoudent !

Les plantes laxatives occupaient une part importante dans les remèdes de la médecine : la momordique et l’euphorbe étaient les reines dans ce domaine… mais elles affaiblissaient souvent plus les malades qu’elles ne les guérissaient. Pour ceux qui souffraient de problèmes digestifs, type constipation, on apprend que la renouée et l’aigremoine étaient redoutablement efficaces.

Les plantes dites « des soins des femmes » avaient leur place. Elles faisaient partie d’un savoir exclusivement féminin qui se transmettait de mère en fille : la rue, par exemple, pouvait à forte dose, être abortive, tandis que la camomille et le fenouil atténuaient les douleurs de l’accouchement.

Légendaire mandragore

Certaines plantes possédaient le pouvoir de se protéger contre les forces maléfiques ou de prédire l’avenir ; d’autres rentraient dans les pratiques de sorcellerie comme les « belles empoisonneuses » la jusquiame, la belladone ou le datura (ce dernier contient, des fleurs jusqu’aux racines, des substances extrêmement toxiques pour le système nerveux). La mandragore fait partie des plantes les plus curieuses de cet enclos. Une légende prétendait qu’elle poussait sous les gibets. On l’appelait aussi « la plante des pendus ». La symbolique du trèfle à quatre feuilles daterait de cette époque. Cultivées pour leur beauté, les lys blancs et les roses, symboles de virginité et pureté, étaient associés au culte de la Vierge. Ils décoraient les autels des églises, tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Dans une autre plate-bande poussent des plantes employées pour l’entretien des vêtements comme la saponaire ou savonnière dont les feuilles une fois broyées produisaient des bulles… de savon.

Ce jardin est comme une bibliothèque vivante. Il invite Lire la suite