Edouard Bard : Si nous ne changeons pas nos habitudes, les jeunes générations connaitront, d’ici la fin du siècle, les estimations les plus hautes du réchauffement mondial : entre 2 et 6°C

place-publique.fr, Yan de Kerorguen, le 7 décembre 2009

http://www.place-publique.fr/spip.php?article5517

* Une version de cet article est parue dans la revue Dirigeants n°87 (Septembre 2009)

Edouard Bard met en évidence le lien intime entre climat et océan*

En chercheur engagé, Edouard Bard n’hésite pas à aller au front pour défendre ses convictions. Pour atténuer le risque d’une dérive climatique, au cours de la seconde moitié du siècle, cet « archéologue du climat » pense qu’une mutation technologique et économique s’impose.

« Si nous ne changeons pas nos habitudes, les jeunes générations connaitront, d’ici la fin du siècle, les estimations les plus hautes du réchauffement mondial : entre 2 et 6°C en moyenne planétaire en fonction des scénarios d’émissions et de la sensibilité plus ou moins grande du climat à cette perturbation ».

Edouard Bard, professeur au Collège de France et titulaire de la chaire d’évolution du climat et de l’océan, n’est pas un homme à dire les choses à la légère. D’abord, c’est un chercheur à l’état pur qui cultive le doute scientifique et cumule les distinctions : médaille de bronze du CNRS, Grand Prix Gérard Mégie du CNRS et de l’Académie des Sciences et bien d’autres honneurs reçus à l’étranger. Ensuite, sa matière à lui, c’est le temps, plus exactement la paléoclimatologie. Elle lui fournit la possibilité d’obtenir des séries temporelles indispensables pour une vision claire des variations naturelles et des incertitudes associées.

«  Mon travail consiste à comprendre le lien intime qui existe entre l’océan et l’atmosphère sur des échelles de temps allant de quelques siècles à plusieurs millions d’années », explique-t-il.

Avec ses collaborateurs du CEREGE (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement), basé à Aix-en-Provence, il a mis en évidence des périodes de refroidissement abrupt de l’océan Atlantique Nord en liaison avec des débâcles d’icebergs au cours de la dernière déglaciation. Il a également établi une chronologie précise de la remontée du niveau de la mer depuis 20 000 ans et découvert de brusques variations de ce niveau à des taux supérieurs à un mètre par siècle. Il a aussi réalisé plusieurs autres découvertes majeures notamment sur les méthodes de datation utilisant le carbone14.

Cet archéologue du climat utilise des méthodes de chimie analytique pour déterminer l’ampleur et la chronologie des variations climatiques. De nouvelles méthodes quantitatives lui ont permis de reconstruire les climats passés avec des archives variées comme les sédiments océaniques, les coraux, les stalagmites, les sédiments lacustres et les glaces polaires. Très récemment, lui et son équipe ont mesuré et comparé des enregistrements du Pacifique et de l’Atlantique, ce qui leur a permis d’identifier un nouveau mécanisme d’amplification de ces changements climatiques faisant intervenir l’atmosphère et l’océan tropical

En chercheur engagé, E. Bard n’hésite pas à aller au front pour défendre ses convictions. Par exemple lorsqu’il s’emporte, dans le journal Libération (19 décembre 2007) contre une « malhonnêteté scientifique » aboutissant à nier le rôle des rejets anthropiques de gaz à effet de serre dans le changement climatique en cours.

Pour lui, des scénarios d’augmentation de température de plus de 2 degrés par rapport à aujourd’hui ne sont pas à exclure. En clair, Lire la suite

Les Surfrider de Gironde chassent les déchets de la Garonne à Bordeaux

Les Surfrider chassent les déchets

sudouest.fr, Thierry Magnol, le 6 août 2010

http://www.sudouest.fr/2010/08/06/les-surfrider-chassent-les-dechets-155082-2780.php

Pour alerter le public à la pollution par les macrodéchets, des surfeurs ont traversé hier la Garonne à Bordeaux. Des surfeurs ont traversé la Garonne pour sensibiliser le public aux déchets issus de l’activité humaine.

Hier, sur le coup de 16 heures, des surfeurs confirmés ont abandonné les plages atlantiques pour se rendre à Bordeaux avec leurs planches et se lancer dans une traversée de la Garonne en plein cœur de ville. À leur arrivée les attendait une cérémonie inspirée de la tradition hawaïenne du Ho’okupu, mais au lieu du collier de fleurs de tiaré, ils se sont vu remettre un collier de macrodéchets (1).

Cette manifestation organisée par Surfrider Foundation Europe s’inscrivait dans le cadre de la Fête de la glisse et de l’océan organisée par Quai des sports. Les membres de Surfrider ont ajouté une petite surprise au programme en décorant plusieurs statues de la ville avec les mêmes colliers de macrodéchets.

Une île de déchets ?

Pour l’association, dont le siège français est installé au Pays basque, cette opération avait pour but de sensibiliser le public à la pollution par ces déchets qui serait de plus en plus forte. Cette année, le littoral du sud de l’Aquitaine serait particulièrement touché selon les témoignages de plusieurs surfeurs. Côté espagnol, la plage de Saint-Sébastien a été recouverte de détritus entre le 24 et le 26 juillet.

Alberto Rodriguez, conseiller municipal chargé de l’entretien des plages, assure : « Cela fait douze ans que je suis en fonction et c’est la première fois que je vois une telle quantité de déchets sans que l’on sache vraiment d’où ils viennent. » À cette période-là, le vent venait du nord et Alberto Rodriguez rapporte que plusieurs pêcheurs auraient signalé la formation d’une poubelle flottante d’environ 5 hectares à l’intérieur du golfe de Gascogne.

Le poids des rivières

Cette information n’est pas confirmée par les autorités, mais elle n’aurait rien de surprenant car on sait aujourd’hui que plusieurs îles de ce type existent dans l’Atlantique et le Pacifique. Pour Surfrider qui organise chaque printemps une journée de collecte des déchets, il s’agit de mobiliser les citoyens et pas seulement ceux qui vivent ou sont en vacances sur le littoral. « La principale source de pollution de la mer, c’est la terre, rappelle Brice Cholon, responsable de l’antenne girondine de l’association. Les macrodéchets s’accumulent d’abord dans les estuaires. Ils arrivent par les fleuves. Partout où il y a des hommes, on jette les déchets dans les rivières et c’est particulièrement vrai dans les villes. Cela a toujours existé. Même si aujourd’hui, le tri s’améliore, la mer continue de recevoir cette pollution. Nous sommes venus à Bordeaux pour montrer que Lire la suite

Créonnais : L’appel de la nature

Sud-Ouest, Éric Latouche, le 14 Avril 2009

SADIRAC, MAISON DU PATRIMOINE. Un programme riche en événements attend les amateurs de nature quel que soit leur âge

L’appel de la nature

Saison 4 pour la Maison du patrimoine naturel en Créonnais (MPNC). Laurence Candon, médiatrice à Océan, chapeaute les activités de l’ancienne gare reconvertie en un lieu dédié à l’environnement : « l’endroit est stratégiquement bien implanté, partagé entre coteaux calcaires, rivière, prairie et végétation abondante ». Et le programme de l’année va de pair tant avec la richesse écologique alentour qu’avec la volonté de l’association Océan de permettre aux citoyens lambdas de s’initier aux charmes d’une nature sans cesse en éveil.

Succès d’envergure

À compter du 18 avril, et jusqu’à la mi-octobre, la MPNC propose de partir à la découverte du patrimoine naturel de la vallée de la Pimpine. Tous les samedis et dimanches de 14 h 30 à 18 heures, un thème différent est décliné autour de balades, ateliers et projections. Seront ainsi à l’honneur : fossiles, libellules, préhistoire, insectes entre autres. Ouvertes au grand public, toutes ces activités sont gratuites.

« Chaque sortie est unique et réserve son lot de surprises. Elle permet, accompagnée d’un géologue ou d’un naturaliste, de mieux appréhender les interactions entre les animaux et végétaux, mais également de développer le sens de l’observation et de voir la nature autrement » reconnaît Laurence Candon.

Ateliers vacances

Autre corde à son arc, la structure intercommunale propose durant les vacances de Pâques Lire la suite

Réussite des rencontres « Mon Bassin, ma planète »

Sud-Ouest, Chiristian Visticot, le 23 Février 2009

SCIENCES. Les premières rencontres Mon Bassin, ma planète ont séduit les visiteurs

Le Bassin résistera-t-il aux évolutions de la planète ?

L’association Océan est principalement composée de médiateurs scientifiques : ce sont des personnes hautement qualifiées (niveau doctorat), dont la mission est de vulgariser et transmettre, par des mots dépouillés de leur jargon technique, et des expériences facilement compréhensibles, les connaissances les plus récentes en matière de climat et d’environnement. En partenariat avec la ville d’Arcachon, ils ont organisé, samedi et dimanche, au Palais des congrès la première rencontre intitulée Mon Bassin, ma planète, comment ça marche ?

Des interrogations locales

Beaucoup de personnes s’interrogent sur le fonctionnement du Bassin, les influences des océans sur le climat, le réchauffement de la planète et la montée du niveau de la mer. Elles ont eu des débuts de réponse. Le hall du Palais des congrès, avec ses murs décorés de cartes et de tableaux explicatifs, s’est transformé en une vaste salle de travaux pratiques. Petits et grands disposaient sur place de maquettes et de stands équipés de microscopes et autres matériels. Pour répondre à leurs questions, les jeunes scientifiques de l’association Océan, ont usé de mots simples et mené des expériences faciles. Le petit Benjamin, les yeux rivés à un microscope observe, effaré, le plancton dans l’eau de mer qu’il vient de puiser. Il voudrait bien « qu’à l’école, on apprenne comme ça… ».

Multiples expériences

Bérengère explique le climat selon la position de la terre par rapport au soleil. Annie, une ancienne institutrice, très intéressée, « regrette qu’en son temps, il n’y ait pas eu de telles expériences ». Hélène et Alexis animent un stand ludique pour les plus petits sur les animaux et leur habitat ; Laurence montre au microscope des microfossiles extraits de carottes de forage et explique comment ils peuvent renseigner sur l’évolution du climat ; de nombreux adultes posent des questions, parfois pointues. Sabine explique, matériel à l’appui, comment la circulation des eaux océaniques influe sur le climat. On lui parle du Gulf Stream et d’El Ninõ. Géraldine, à l’entrée du Palais, anime le spectaculaire « Canal à houle » pour expliquer comment se forme et se propage la houle. Les enfants se pressent autour de la maquette et posent des questions.

Géraldine Lucas, la scientifique responsable de l’association Océan est satisfaite. Elle ne s’attendait pas à autant de monde et à un tel niveau d’interrogations. Pour elle, le pari de cette rencontre est gagné.

L’association Océan Lire la suite

Bassin d’Arcachon : L’eau en partage, débats le 12 mars

Bassin d’Arcachon : L’eau en partage, le 12 mars 2009, parlons-en !

Ateliers – Rencontres & Débats au Palais des Congrès d’Arcachon

L’eau du Bassin d’Arcachon est une richesse naturelle partagée par tous. C’est à nous, professionnels, habitants, usagers et élus de protéger notre trésor, ce milieu fragile et unique

Dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Eau, le SIBA organise, pour et par les habitants du Bassin d’Arcachon, une journée pour mieux comprendre les enjeux écologiques liés à cette richesse : l’eau en partage … parlons-en !

Mais dire, c’est faire :

Le but de cette journée est de proposer des pratiques concrètes au sein d’ateliers – rencontres, pour entrer dans une nouvelle ère, où l’homme, en changeant quelques habitudes, reprendra sa juste place dans la nature.

Arrêtons de culpabiliser : décidons ensemble et agissons ! Tout se joue entre nous !

Tout un programme !

 9h00 – 16h00 : Animations pédagogiques pour les scolaires,

14h30 – 17h00 : Forum des professionnels,

17h00 – 19h00 : Ateliers – Rencontres pour les habitants du Bassin (Entrée libre et gratuite – sans réservation)

20h30 – 22h30 : Soirée Débat « l’eau en partage : tout se joue entre nous ! » (Entrée libre et gratuite – sans réservation)

Toute la journée : ANIMATIONS POUR LES SCOLAIRES

L’accueil des scolaires est prévu dans le cadre de la Journée « l’Eau en partage ». Des animations leur sont spécialement dédiées. Nos partenaires sont les suivants : l’Association OCEAN, la Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon, le Centre de Mer d’Andernos-les-Bains, la Fédération des Sociétés pour l’Étude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest (SEPANSO), la Section Régionale Conchylicole d’Aquitaine, l’Association des femmes de mer en partage et le Lycée de la Mer de Gujan-Mestras.

ANIMATION 1 : Prélèvement d’eau du Bassin et analyse des nitrates

Thèmes abordés : évocation du ruissellement des eaux pluviales, des rejets et de leurs conséquences pour l’environnement… Animateur : Association OCEAN

ANIMATION 2 : Pêche de plancton à l’aide d’un filet  et observation de ce plancton à la loupe binoculaire

Thèmes abordés : richesse et importance du plancton dans la chaîne  alimentaire, évocation de l’huître… Animateur : Association OCEAN

ANIMATION 3 : Parc ostréicole GRANDEUR NATURE (sous forme d’un jeu de l’oie)

Thèmes abordés : développement de l’huître, facteurs de développement … reconstitué sur la plage d’Arcachon avec la participation du Lycée Animateurs : Association OCEAN et Section Régionale Conchylicole (SRC) de la Mer de Gujan-Mestras.

ANIMATION 4 : Animation liée aux oiseaux d’eau du Bassin d’Arcachon

Thèmes abordés : becs, pattes, rôle du plumage… Animateur : Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon     

ANIMATION 5 : Animation liée à la faune et à la flore des vasières

Thèmes abordés : laisse de mer, classification, tri des espèces… Animateur : Maison de la  Nature du Bassin d’Arcachon           

ANIMATION 6 : L’eau et le vivant : écosystème du Bassin d’Arcachon

Thèmes abordés : classification des êtres vivants marins…Animateur : Centre de Mer d’Andernos-les-Bains              

ANIMATION 7 : La faune cachée du Banc d’Arguin 

Thèmes abordés : coquillages, traces d’animaux… Animateur : SEPANSO        

ANIMATION 8 : Pierre MOLLO, enseignant

Thèmes abordés : goutte d’eau du Bassin observée au microscope Animateur : Pierre MOLLO « donner à voir, c’est déjà donner à comprendre »

Mais aussi des films, des expositions et une rencontre avec le skippeur Jean-Marc MEUNIER, qui part pour une traversée de l’atlantique en Kitesurf et partagera avec les enfants son expérience…

Pour l’occasion, le transport et le transfert en bateau des écoles du Nord Bassin, vers la jetée d’Arcachon, est offert par l’Union des Bateliers Arcachonnais (UBA) !
14h30  FORUM DES PROFESSIONNELS

Cette première session propose des rencontres « techniques », en simultané, Lire la suite

Animations culturelles Océan 1er semestre 2009

océan.asso.fr, Bègles, Activités culturelles proposées de février à juin 2009

Samedi 14  février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
L’Océan  
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Mercredi 18 février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
Le fleuve et la rivière
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Jeudi 19  février 2009, 18h30-20h
Conférence-diaporama Aquaforum
Les réseaux d’eau : une infrastructure invisible mais vitale, Bernard Brémond, CEMAGREF, Unité: Réseaux, épuration et qualité des eaux
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Samedi 21  février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
Le fleuve et la rivière  
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Dimanche 22 février 2009,10h-17h
Excursion Environnement & Histoire : L’estuaire de la Gironde et Fort-Médoc : un bastion de la mer.  
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Mercredi 25 février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
La flore en bord de Garonne
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Jeudi 26 février 2009, 18h30-20h
Conférence-diaporama Aquaforum
Quel avenir pour les poissons migrateurs ?, Géraldine Lassalle, CEMAGREF, Unité : Ecosystèmes estuariens et poissons migrateurs amphihalins
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Samedi 28  février 2009, 14h30-18h
Ateliers de découverte de l’environnement, Aquaforum
La flore en bord de Garonne 
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Dimanche 1 mars 2009, 14h-17h
Sorties culturelles Environnements : La Pimpine et ses environs, découverte de la nature au printemps 
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Dimanche 1 mars,14h-17h
Excursion Environnement & Histoire : La Pimpine et ses environs, Lire la suite

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

novethic.fr, Maxence Layet, le 4 février 2009

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

Le consensus est net. Plusieurs ouvrages, parus entre la fin 2008 et début 2009, aboutissent aux même conclusions. Il reste moins d’une décennie pour obtenir une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Au-delà, la réaction en chaîne climatique, visible en moins de deux générations, deviendra incontrôlable.

Banle-bas de combat ! Côté climat, les avertissements pleuvent en ce début d’année et s’inscrivent dans une véritable convergence internationale. Un consensus notamment relayé par le Worldwatch Institute, un organisme américain de recherche environnemental. « Nous avons le privilège de vivre à un moment de l’histoire où nous pouvons prévenir une catastrophe climatique qui rendrait la planète hostile au développement de l’homme et de son bien-être, » rappelle ainsi Robert Engelman, l’un des directeurs de l’ouvrage « State of World 2009 » rédigé par 47 experts. Le plus grand nombre jamais rassemblés au sein de l’état des lieux annuel du Worldwatch Institute. Parue mi-janvier 2009, sa 26e édition se consacre à « un monde qui se réchauffe ». Selon ce panel d’experts, le temps manque pour suffisamment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le calme avant la tempête…

Depuis le milieu du 18e siècle, les températures moyennes ont déjà globalement augmenté de 0,8°C. Un degré supplémentaire est d’ores et déjà attendu du fait de l’inertie thermique de la planète et des quantités de GES accumulés entretemps dans l’atmosphère. « Le monde va devoir réduire ses émissions plus drastiquement que prévu, résume le Worldwatch Institute, pour essentiellement ne plus émettre de C02 d’ici 2050 si l’on veut éviter une perturbation catastrophique du climat mondial. » Pour l’un des auteurs du rapport, le climatologue William Hare, il est même impératif que les émissions déclinent au point de devenir négatives après 2050. Sous peine de déclencher un emballement des températures et un compte à rebours climatique lourd de menaces.

A lire les scénarios du quatrième rapport de synthèse du GIEC, le groupe international d’experts de l’évolution du climat, la hausse des températures d’ici 2100 serait comprise entre + 1,1 et + 6,4 C°. C’est l’échelle adoptée par le journaliste Mark Lynas pour détailler dans « Six degrés » (Dunod) les multiples conséquences du réchauffement climatique. Acidification des océans et disparition du plancton, longues périodes de sécheresse, pénurie d’eau douce, érosion des sols et de la biodiversité, zônes côtières condamnées à être submergées… Son voyage dans le temps, au-delà des 2 degrés, se transforme en enfer sur Terre. « Les rétroactions climatiques lentes – retrait des glaces, modifications du cycle du carbone – sont désormais mieux prises en compte. Toutes tendent à confirmer l’urgence de réestimer le taux de réchauffement prévu, » écrit le journaliste britannique. Il nous reste moins d’une décennie pour commencer à réduire nos émissions. »

Deux degrés, point de bascule ?

Pour le GIEC, c’est bien en 2015 que les émissions globales doivent culminer Lire la suite