Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

actionconsommation.com, communiqué, le 16 Juin 2010

Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

Les circuits courts d’approvisionnement alimentaire sont aujourd’hui une réelle alternative au mode de distribution des centrales d’achat.

Des magasins de paysans producteurs et transformateurs s’ouvrent dans les régions et proposent des produits en vente directe. D’autres consommateurs développent des comportements citoyens et s’éloignent de la consommation de masse en créant des réseaux qui permettent le maintien et l’installation d’agriculteurs sur le territoire respectant la charte de l’agriculture paysanne. Des liens de confiance se sont créés entre ces consommateurs et les paysans producteurs qui respectent les normes d’hygiène et de qualité de la législation française et assurent la traçabilité des aliments jusqu’à la livraison. Cette traçabilité est la garantie de la qualité et la conformité des produits.

La confiance s’établit entre producteurs et consommateurs dans des relations commerciales tout à fait légales. Elles ont permis le maintien de paysans en France et la défense de leurs revenus en démontrant que les consommateurs souhaitent choisir eux-mêmes leur alimentation (mode de production, provenance et respect du savoir-faire). Les circuits courts en limitant les intermédiaires sont garants de la qualité de fraîcheur, gustative et nutritionnelle des aliments fournis par de petits producteurs.

Si, de plus, ces filières courtes respectent au maximum les principes d’une économie équitable (respect entre partenaires – producteurs, transformateurs, transporteurs, distributeurs, salariés, consommateurs, mais aussi de la nature), elles sont non seulement une alternative crédible à la grande distribution mais aussi participantes d’une transformation économique et sociale plus que nécessaire.

Nous, organisations favorisant le rapprochement entre paysans et consommateurs, soutenons les producteurs et les citoyens engagés dans ces réseaux de proximité qui oeuvrent au quotidien pour la défense d’une autre agriculture respectueuse de l’environnement et de ses acteurs !

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Enquête sur la BIOmania

lefigaro.fr, Sophie Roquelle, le 19 février 2010

Enquête sur la biomania

Alimentation, cosméto, mode, techno… la vague bio déferle sur la France, avec ses codes, ses tribus et ses rites. Enquête sur un phénomène de société devenu un vrai business.

Peut-être avez-vous échappé, mesdames, au cadeau écolo chic de cette Saint-Valentin 2010 : un ensemble lingerie en copeaux de pin recyclés. Ras surez-vous, ce n’est que partie remise car tout porte à croire que ces dessous «sexy et responsables» ont de beaux jours devant eux. Depuis octobre, la petite société qui les fabrique à partir de déchets d’élagage voit ses ventes plus que doubler. Un engouement que sa fondatrice, Sophie Young (1), explique notamment par «le désir de bio».

Plus rien n’arrête la biomania qui déferle sur la France ! Du panier bio au savon au lait de jument en passant par le tee-shirt en chanvre et les ordinateurs en bambou, tout le monde veut consommer bio. C’est d’ailleurs le seul secteur à avoir échappé à la crise l’an dernier. Selon le baromètre 2009 de l’Agence Bio, nous sommes 46 % à avoir mangé au moins une fois par mois un produit issu de l’agriculture biologique, contre 44 % en 2008 et 42 % en 2007. La tendance va se poursuivre puisqu’un quart des consommateurs de bio déclarent vouloir en faire encore plus cette année, tandis que 71 % envisagent de maintenir leurs achats. Autrement dit, les adeptes du bio ne se détournent pas, même s’ils sont encore une petite minorité (2,5 % des achats alimentaires).

Il a fallu attendre 2008 pour que le bio quitte le marché ultraconfidentiel des néo-babas cool, rurbains et autres bobos pour devenir un vrai business. Cette année-là, les ventes de l’alimentation bio explosent (+ 25 %), atteignant 2,6 milliards d’euros. Et selon les premières estimations, elles auraient à nouveau connu une croissance à deux chiffres l’an dernier. Incroyable quand on sait qu’un panier de produits bio est en moyenne 22 % plus cher qu’un panier équivalent de produits « conventionnels » ! Selon l’UFC-Que Choisir (2), qui a passé au scanner 120 000 prix alimentaires dans près de 1 800 magasins, l’écart est encore plus important (57 %) si l’on compare notre panier bio avec un panier de marques distributeur.

L’autre grande nouveauté est que le bio sort de la table et envahit tout le champ de la consommation : déco, textile, high-tech… En témoigne le développement de l’enseigne Ekyog et de son «univers du doux-être» – vêtements et cosmétiques bio – créés par un couple de jeunes Rennais.

Les experts mettent en garde contre tout emballement. Le bio reste un marché de «niche» : à terme, il ne devrait guère dépasser les 10 à 15 % de la consommation alimentaire. Mais c’est un marché rentable, très rentable même. Les bio-consommateurs sont souvent issus «des classes moyennes supérieures», explique la sociologue Michelle Dobré (3), qui précise : «C’est bien plus une question de ressources culturelles que financières : le pratiquant intellectualise, il est critique sur sa consommation

Tout le monde veut aujourd’hui sa part du gâteau bio. A commencer par la grande distribution qui, selon l’UFC-Que Choisir, «a intégré ce Lire la suite

L’Europe peut-elle promouvoir la paix et la démocratie sans répondre aux enjeux de la question alimentaire ?

alimentons-l-europe.eu, Communiqué, mai 2009

L’Europe peut-elle promouvoir la paix et la démocratie sans répondre aux enjeux de la question alimentaire ?

Des acteurs de la société civile interpellent les candidats aux élections européennes autour de questionnements que ces organisations jugent prioritaires.

Comment ne pas remettre en cause un modèle économique qui rend 1 milliard de personnes victimes de la faim et détruit la biodiversité animale et végétale ?

Et comment penser l’avenir quand la jeunesse européenne a de plus en plus de mal à rentrer dans le monde du travail tel qu’il est ?

La question alimentaire, sujet de ce siècle, est la priorité de la décennie. Il est primordial, notamment pour la jeunesse, que la réponse qui sera donnée remette en cause le système destructeur qui prévaut aujourd’hui et redonne du souffle à l’esprit européen en ravivant les fondements qui lui ont donné naissance : la paix et la promotion de la démocratie.

Tel est le sens de l’interpellation publique des candidats aux européennes du 7 juin prochain, lancée à l’initiative de MINGA et de « Nature&Progrès » soutenue notamment par Frères des Hommes, le réseau des AMAP d’Ile de France, de Rhône Alpes et de Provence, la Confédération Paysanne, Action consommation, Liamm An Douar (Terre de Liens Bretagne), Réseau Ecobatir, ASPAARI, Fruits oubliés, Jardins et Arômes au naturel, Pour l’Ortie, Mouvement d’actions pour le Tibet, L’arbre est dans la graine, Tibet Languedoc, Paysans.fr, Comité National de Liaison des Régies de Quartier (CNLRQ), Association Européenne des Réseaux et des Régies de Quartier (AERDQ), Amis de la Terre France, Terr’Eau, BEDE Biodiversité Echanges et Diffusion d’Expériences,…

Nous vous invitons à interpeller les candidats sur les thèmes de cette lettre ouverte. Nous publierons régulièrement les réponses qui nous seront parvenues.

Cette initiative engagée à l’occasion des européennes, se poursuivra au delà des élections.

Ils ont notamment signé la lettre :

Jean Gadrey (professeur d’économie), Lire la suite