Déplacements, crise, Jancovici, vélo électrique…

sud-ouest.com,  Bernard Broustet, le 9 Mai 2009

Alors que les réseaux de transport des grandes villes sont de plus en plus utilisés, les autoroutes sont moins fréquentées, et l’avion plonge

La crise chamboule nos déplacements

Entre 2005 et 2008, la fréquentation du tram à Bordeaux a grimpé de 31, 3 %.

Il serait prématuré d’affirmer que nous sommes devenus moins mobiles. Mais les effets successifs de la hausse des carburants et de la crise ont infléchi le rythme et la nature de nos déplacements. Tandis que les transports collectifs ne cessaient de gagner du terrain dans les grandes villes, la circulation automobile marquait le pas. Quant au transport aérien, qui avait paradoxalement à peu près résisté à l’explosion du prix du kérosène, il est aujourd’hui en déroute. Ces évolutions, auxquelles la hantise du réchauffement planétaire n’est peut-être pas totalement étrangère, appellent les commentaires suivants.

1) Un vrai trou d’air pour l’avion

Le transport aérien, dont la croissance mondiale atteignait bon an mal an un rythme de 5 %, connaît depuis la fin de l’année dernière une véritable glaciation. Les chiffres de l’Iata, association internationale regroupant la plupart des compagnies aériennes à l’exception des low-cost, sont sans équivoque. Au premier trimestre 2009, les revenus du trafic international ont ainsi baissé de plus de 9 % par rapport à 2008.

Amorcée en septembre, cette dégringolade s’est ensuite quasiment aggravée de mois en mois. Elle s’explique sans doute pour l’essentiel par l’énorme coup de frein qui frappe les voyages d’affaires. Obsédées par la crainte de gaspiller leurs liquidités, les entreprises taillent à la hache dans ces dépenses. Le volume global des déplacements d’affaires est restreint, tandis que la part relative des billets de première et de classe affaires ne cesse de se réduire au profit des places arrière.

Dans la région comme ailleurs, tous les aéroports ne sont pas touchés au même point. En dépit de la déroute de l’économie britannique, et d’une mauvaise fin d’année 2008, Bergerac s’en sort plutôt pas mal, grâce au low-cost, qui représente la totalité de son activité, et qui, globalement, souffre plutôt moins que les compagnies traditionnelles. Biarritz-Parme, voué dans une large mesure au loisir, et partiellement au bas coût, a connu un mois de mars difficile, mais a fait, semble-t-il, mieux en avril.

À l’inverse, Pau, très dépendant des voyages d’affaires (Turbomeca, Total, etc.), recule de plus de 7 % depuis le début de l’année. À Bordeaux, le premier trimestre s’inscrit en baisse de 7,7 %, pénalisé entre autres par la désaffection pour la navette d’Orly (- 8 %), le désengagement partiel d’Air France sur les lignes à destination de la péninsule Ibérique, et la baisse des échanges avec Londres.

2) Vive le tram et le métro

Très minoritaires par rapport à la voiture, les transports en commun ne cessent cependant de gagner du terrain. Entre 2005 et 2008, leur fréquentation a connu une croissance à deux chiffres Lire la suite

Transports urbains «durables»: 800 millions d’euros alloués à 50 projets

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 4 mai 2009 

Transports urbains «durables»: 800 millions d’euros alloués à 50 projets

L’Etat va allouer 800 millions d’euros (M€) à 36 collectivités -hors Ile-de-France (IDF)- pour participer à 50 projets de création ou d’extension de lignes de transport durable (tramway, bus, métro) d’ici 2011, dans le cadre de l’appel à projets lancé en octobre 2008 et conformément aux engagements du Grenelle.

Cette aide de l’Etat –entre 16 et 23% des investissements totaux- permettra aux collectivités d’engager près de 6 milliards € de travaux sur trois ans (2009-2011) pour la réalisation de 365 km de nouvelles lignes de transports collectifs en site propre (TCSP) (1). «En deux ans, nous allons doubler la capacité de transport de voyageurs des agglomérations françaises», s’est félicité Jean-Louis Borloo, ministre chargé de l’environnement.

Ce plan recouvre trois ambitions : environnementales par la promotion des transports propres et la réduction des émissions de CO2, de cohésion sociale par le désenclavement des quartiers défavorisés et économiques et sociales. Plus de 500 M€ seront ainsi attribués à des projets desservant des quartiers prioritaires. La création de 60.000 emplois est également prévue.

Les 50 projets retenus débuteront avant le 1er janvier 2011, dont un tiers avant la fin de l’année 2009. Parmi eux figurent deux projets d’extension de lignes de métro à Marseille (6,2 M€) et Lyon (28 M€). La Communauté d’agglomération de Montpellier est la grande gagnante avec une subvention record de 82,6 M€. Bordeaux, Tours, Lens, Reims, Le Havre et Dijon recevront des aides comprises entre 40 et 58 M€. Valenciennes, l’ancienne municipalité de Jean-Louis Borloo, recevra 25 M€.

Ce projet s’inscrit dans la démarche de promotion de la ville durable du Grenelle de l’environnement. Le projet de loi Grenelle I prévoit ainsi que les collectivités augmentent de 329 à 1.800 km les TCSP en 15 ans, pour un investissement global estimé à 18 M€, hors IDF, auquel l’Etat contribuera à hauteur de 2,5 M€ d’ici 2020.

Un second appel à projet sera lancé en 2010. «Il devrait permettre de Lire la suite