Strasbourg va susciter la création de circuits agricoles courts et Les grandes villes soutiennent leur agriculture périurbaine

Les Echos, no. 20666, Didier Bonnet, Philippe Moreau, Emmanuel Guimard, Marie-Annik Depagneux, Paul Molga, le 28 avril 2010

Strasbourg va susciter la création de circuits agricoles courts

La Communauté urbaine de Strasbourg veut créer des circuits agricoles courts pour sauver quelque 200 exploitations et renouer les liens entre l’urbain et le rural.

Près de 10.000 hectares sont actuellement cultivés autour de Strasbourg, soit un tiers de la superficie de la Communauté urbaine (CUS), dont une bonne moitié consacrée à la culture du maïs. Cette agriculture extensive souffre d’une image dégradée, d’autant que les terres cultivables sont menacées par l’urbanisation. Dans le cadre d’une convention avec la chambre d’agriculture, la collectivité veut renverser ce mouvement. Principaux enjeux, sauver ce secteur économique et en assurer la pérennité en lui fournissant des débouchés économiquement viables. « Notre objectif est d’abord économique, indique Jacques Bigot, président PS de la CUS . Ici comme partout, les agriculteurs souffrent de la baisse des revenus, mais nous faisons aussi face à la distorsion de concurrence provoquée par le système social plus favorable aux agriculteurs allemands, nos voisins immédiats. »

Pour atteindre ces objectifs, l’agriculture locale et la collectivité doivent toutefois s’entendre. La convention passée entre la CUS et la chambre d’agriculture prévoit ainsi un changement d’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis des terres en culture qu’on ne doit plus considérer comme de simples réserves foncières pour l’urbanisation. Charge à l’agriculture de proposer des cultures les plus favorables à l’environnement -les surfaces « bio » sont trois fois inférieures dans la CUS que la moyenne régionale –et de s’adapter à la demande urbaine de produits sains, locaux et abordables.

Prendre une place visible

Par exemple, le maraîchage et les cultures vivrières, devenues marginales sous l’effet de la PAC, doivent reprendre une place visible : « Nous prévoyons de les tripler d’ici à dix ans », annonce Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg chargée de l’environnement. Pour favoriser la distribution de ces produits, la CUS prévoit de favoriser leur vente directe via les marchés ainsi que dans un ou des lieux dédiés, au centre de l’agglomération, sans oublier la fourniture des cantines scolaires.

Grâce à ce partenariat avec le monde agricole, l’agglomération espère à la fois sauver un secteur économique en grande difficulté, alimenter les consommateurs avec des produits locaux, et modifier les abords de la ville pour en refaire un grand jardin débarrassé des pollutions agricoles, sans bannir pour autant les grandes productions céréalières. Si la convention entre la CUS et la chambre d’agriculture prévoit une feuille de route méthodique, restera à résoudre un souci majeur : les agriculteurs allemands gagnent des parts de marché considérables grâce à leurs tarifs bien plus bas et leur image bien plus verte qu’en France

Les grandes villes soutiennent leur agriculture périurbaine

La capitale alsacienne n’est pas la seule à se soucier de son environnement agricole proche. D’autres grandes villes se sont lancées dans des actions similaires.

« Il ne faut pas accepter de laisser la crise détruire des pans entiers de l’agriculture européenne au nom de la réalité du marché », déclarait en début de semaine à Copenhague le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos . Nombre de grandes villes françaises n’ont en tout cas pas attendu ce discours pour Lire la suite

EYSINES, AGRICULTURE. Douze stagiaires se forment chez les maraîchers locaux

sudouest.com, Laurie Bodescher, le 24 Mars 2010

EYSINES, AGRICULTURE. Douze stagiaires se forment depuis octobre chez les maraîchers locaux. Ils se préparent à prendre la relève sur la zone

La pioche est bonne

Pendant la campagne électorale des régionales, le candidat de droite Xavier Darcos comme celui de la gauche Alain Rousset sont venus leur rendre visite. C’est dire si les maraîchers d’Eysines, même s’ils ne sont plus très nombreux, ont une image qui pèse dans le paysage local.

Ils ont marqué l’histoire de la ville. « Préserver et redynamiser la zone maraîchère est l’une de nos ambitions fortes », dit souvent le maire Christine Bost.

Cet objectif passe par plusieurs initiatives lancées il y a quelques mois. À Eysines, les circuits courts, plus rentables pour les professionnels que la grande distribution, sont promus. Une commission intercommunale d’aménagement foncier, pilotée par le Conseil général, se penche actuellement sur les travaux nécessaires et le redécoupage des parcelles sur un périmètre de 460 hectares.

« Une culture à défendre »

Aussi, depuis octobre dernier, une douzaine de stagiaires suivent une nouvelle formation au Lycée agricole de Blanquefort. La partie pratique se déroule à Eysines. La ville s’est portée volontaire pour les accueillir sur une parcelle où ils cultivent fruits et légumes. Une partie des cours a également lieu chez des maraîchers qui transmettent leur savoir-faire à ces futurs professionnels.

« Cela semblait logique que nous soyons la ville pilote de cette opération, explique Joseph Larramendy, adjoint au maire en charge de ce dossier. Le maraîchage est un marqueur fort ici. Les services de la mairie ont eux aussi cette culture. »

Huit femmes, quatre hommes bêchent, sèment et commencent à récolter fruits et légumes. La production devrait être bientôt distribuée gratuitement. « Nous avons pensé à l’épicerie solidaire », relève le maire.

Quatre prêts à s’installer

Rémunérés pendant leur formation, ces stagiaires n’apprennent pas seulement les techniques agricoles. Ils suivent des cours de gestion, de communication et de commercialisation. « L’idée est de les préparer à devenir des chefs d’entreprise », explique Joseph Larramendy.

Parmi les douze, quatre émettent déjà le vœu de s’installer à leur compte, « sur la zone maraîchère », précise le maire. La Région va Lire la suite

Collectivités et CUB : Maintenir la ceinture verte de l’agglo bordelaise

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 21 Juillet 2009

AGRICULTURE. Comment sauver la zone maraîchère le long des jalles, laissée peu à peu à l’abandon ? Les collectivités montent au créneau, proposant formation et réaménagement

De l’engrais pour les légumes

Ils sont une quinzaine aujourd’hui sur Eysines. Cent cinquante, il y a un siècle. Ils souffrent, des prix imposés par la grande distribution, de marges de plus en plus faibles. Et pourtant les maraîchers en bord de jalles travaillent beaucoup.

Ceux qui vont partir à la retraite dans les prochaines années n’ont, pour la plupart, personne pour reprendre leur exploitation. La situation n’est pas nouvelle. 50 % de la zone n’est plus exploitée aujourd’hui.

Face à cette situation, la profession est aujourd’hui partagée entre laisser mourir l’activité ou relever le défi de la pérenniser. Cette dernière option est celle des collectivités locales. En premier lieu, la ville d’Eysines qui veut la redynamiser. Elle est aujourd’hui suivie par les communes voisines où s’étend la vallée maraîchère : Bruges, Blanquefort, Le Taillan et Le Haillan.

460 hectares à aménager

« Il y a un bassin potentiel de 800 000 personnes à nourrir avec des produits de qualité sur l’agglomération, relève le premier adjoint au maire, Daniel Dougados. Avec l’explosion des circuits courts, le retour à la vente directe, le pullulement des Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) sur la Communauté urbaine, il ne faut pas louper le créneau. Certes, les maraîchers vont être amenés à changer leurs méthodes de travail, faire de l’agriculture raisonnée, mais ça peut marcher. » Une zone intercommunale d’aménagement foncier vient d’être créée. Sous l’égide du Conseil général, un périmètre de 466 hectares doit être dédié au maraîchage.

Mais il faut l’aménager. Aujourd’hui dans cette zone, beaucoup de propriétés sont morcelées, le réseau hydraulique obsolète et certaines parties, trop humides, devenues inaccessibles pour les engins agricoles. Différentes études ont été menées, des objectifs fixés. Ils seront soumis à enquête publique dans les prochains moins.

Former aux circuits courts

Réaménager ne suffira pas pour convaincre de jeunes professionnels de venir s’installer en bord de jalles. À partir de la rentrée de septembre, une formation, financée par la Région, va permettre à une douzaine de stagiaires de passer un brevet professionnel au lycée agricole de Blanquefort. « L’objectif n’est pas seulement de leur donner les bases du métier mais aussi de les aider à s’installer. » Interpellée par les professionnels de la zone sur le manque de bras à venir dans les prochaines années la députée du Médoc, Pascale Got, s’est personnellement investie dans le dossier.

Elle a convaincu des maraîchers d’Eysines d’être partie prenante dans ce projet. Ainsi des parcelles Lire la suite

Bègles : TACA et Trans’Cub critiquent Terres-Sud

sudouest.com, Gilles Guitton, le 30 Juin 2009

Taca et Trans’Cub critiquent Terres-Sud

BÈGLES, URBANISATION. Trop grand, pas assez maraîcher : les associations réclament une concertation à Noël Mamère pour revoir le projet

Il faut se méfier du Trans’Cub qui dort. Surtout quand ses représentants à Bègles, Pierre Mora et Jean Sireyjol, président de l’association Taca (taxe carbone), se sentent en position de réclamer de « Noël » un peu plus d’écologie dans ses projets. C’est le cas à propos de Terres-Sud et de la zone humide de Mussonville qui jouxte ce programme d’urbanisation. « On s’est réunis pour en discuter. On a des choses à dire », indique Pierre Mora.

Elles tiennent en deux mots : maraîchage et densification. Il y a quelques mois, Pierre Mora et ses amis étaient déjà intervenus pour demander à la municipalité de réserver de la surface à du maraîchage de proximité dans la partie non aménagée de la rive gauche de l’Estey. « Il y a là 40 à 50 hectares. C’est idéal pour du maraîchage de proximité. Il faut réduire les transports et retrouver une image idéale de l’agglomération. Bègles, Villenave, Eysines, Bruges, étaient connus pour nourrir Bordeaux. »

« Six à sept hectares »

Du coup, si Pierre Mora juge que la proposition de Noël Mamère de créer sur une partie du secteur des « jardins partagés » est « tout à fait pertinente » ; il voudrait aller « plus loin ». « Il faut une zone de production professionnelle, qui n’est viable que sur six à sept hectares au moins, dont la production sera destinée à un rayon d’une dizaine de kilomètres ».

Taca et Trans’Cub y imaginent la convergence de « divers acteurs, professionnels, commerçants locaux, sans doute une association d’insertion et une épicerie solidaire ».

Or, assure Pierre Mora, « quand on en a parlé à Noël, il nous a dit : mon truc, c’est cultiver les délaissés, les bouts de terrains dont la CUB ne fait rien. Sympathique, mais insuffisant. Et on peut faire les deux ! Puisqu’à Mussonville, on a la maîtrise municipale du foncier. » Son modèle : l’association de citadins girondine qui a acheté une propriété pour un maraîcher qui se destine aux Amap, ces réseaux associatifs de production et commercialisation.

« Ville nouvelle »

Quand à l’urbanisation, Pierre Mora est en terrain plus délicat. D’un côté, Lire la suite

Ex-citadins et néo-paysans, mais loin d’être des rêveurs baba-cool

rue89.com, Jean-François Poupelin, le 23 juin 2009 

Ex-citadins et néo-paysans, mais loin d’être des rêveurs baba-cool

Effet de la sinistrose politico-sociale qui plombe un peu l’ambiance en ville ? Les rats des villes semblent de plus en plus envier ceux des champs. Et des citadins se tournent vers l’agriculture, autour de projets mariant maraîchage bio en vente directe et activités associatives…

« On a une vieille bicoque, on la retape tranquillement, on fait pousser des chèvres,
on fabrique des bijoux, on peut pas dire qu’on s’crève, l’travail, c’est pas pour nous. » Si « Le Déserteur » de Renaud (1983), n’a pas perdu de sa saveur, l’idéal hippie semble, lui, avoir vécu.

« Le Retour à la terre », pour reprendre le titre d’une série BD de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri, connaît pourtant depuis quelques années le même engouement que dans les années 70. Marie Pons, animatrice de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Bouches-du-Rhône (Adear 13), se réjouit :

« Agriculteur devient un nouveau métier après une expérience professionnelle. Les gens ont envie de travailler dehors, de produire. L’agriculture bénéficie d’un regard plus positif. »

Chaque année, la structure fondée par des membres de la Confédération paysanne accompagne 35 projets d’installation (elle s’adresse aussi à des ouvriers agricoles et de « jeunes diplômés »). La majorité pour du maraîchage en vente directe, dont un tiers labellisé bio.

« Le réalisme du projet est très important »

Peu de « gens qui rêvent » ou qui « planent », assure de son côté Max Lefèvre, directeur adjoint de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Paca (Safer).

Cette SA à but non lucratif et d’intérêt public sous tutelle ministérielle soutient une centaine d’installations par an via ses acquisitions foncières.

Les nouveaux agriculteurs sont donc aussi raisonnables que leurs productions :

« Ils partagent des choses communes avec la génération de 68 – retrouver un sens à son quotidien, autonomie de la ferme, relocalisation de l’activité -, mais le projet est différent, très, très ouvert. La tendance est aux collectifs ville-campagne, avec comme idée : “venez participer, aidez-nous.” »

Autres nouveautés : les projets à 4, 6 ou 11 personnes. « Le partage des tâches permet de prendre des vacances. Mais le réalisme économique reste fondamental », Lire la suite

AMAP : La ruée sur les paniers qui sentent le frais

Sud-Ouest, Jean-Denis Renard, le 6 Avril 2009

AMAP. De plus en plus de groupes de consommateurs s’abonnent au système des paniers hebdomadaires auprès des maraîchers. La production locale a du mal à suivre

La ruée sur les paniers qui sentent le frais

La première est née en Provence, au tournant des années 2000. Il y en a plus de 800 en France aujourd’hui, selon Philippe Desbrosses, un des pionniers de l’agriculture biologique et des circuits courts de commercialisation (1). Les Amap, ou Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, connaissent un développement foudroyant qui n’oublie pas la région. En l’espace d’une demi-douzaine d’années, plus de 4 000 familles aquitaines ont adhéré à une Amap. Soit 12 000 consommateurs environ, qui ont pris l’initiative de s’agréger en petits groupes – il y a environ 80 Amap en Aquitaine – pour s’approvisionner principalement en fruits et légumes auprès de 250 producteurs locaux. Ceci sur la base d’un contrat de longue durée, et sans intermédiaires.

En est issu le système des paniers. Une fois par semaine, en général, les adhérents passent prendre leur panier de fruits ou de légumes (voire les deux) en un lieu de distribution donné. Ils ont déboursé à l’avance, en une ou plusieurs fois, le montant qui correspond à ce service. En face, un maraîcher du cru s’est engagé sur le volume, la variété des produits et leur qualité. La plupart du temps, tout le monde est content. Le consommateur, qui déguste des produits qui tendent vers le bio – mais ne le sont pas forcément – à des prix compétitifs, et des producteurs qui sont assurés d’un débouché.

« Je n’y trouve que des avantages. Je vends au prix de détail, à l’abri de la fluctuation des cours, les commandes me font de la trésorerie, je ne cueille que ce dont j’ai besoin et je n’attends pas des matinées entières comme sur les marchés », résume Grégory Hullot, un jeune maraîcher installé à Naujac-sur-Mer, dans le Médoc. Il fournit toute l’année trois groupes, à Villenave-d’Ornon, à Montalivet-les-Bains et à Lacanau, pour un total de 120 paniers de légumes de saison par semaine.

On sort du baba-bobo

Comme d’autres producteurs, celui-ci était présent hier à Belin-Béliet, en Gironde, où était organisée la cinquième rencontre des Amap d’Aquitaine. Où l’on pouvait se rendre compte que l’adhérent échappe à la typologie baba-bobo dans laquelle l’idée reçue voudrait la cantonner. « On est sur un profil d’employé ou de cadre, en milieu urbain et périurbain principalement. Viennent aujourd’hui des gens moins militants, en particulier de jeunes couples avec enfants. Mais on a aussi des gens sans gros revenus qui ont des convictions sur leur alimentation. Rendre ces circuits accessibles à des publics en état de précarité fait partie des enjeux pour l’avenir », analyse Frank Meymerit, coordinateur à la Fédération régionale des Civam (2) d’Aquitaine, dont le siège est à Pau.

Devenir nouvel adhérent Amap relève plus que jamais d’un acte de foi. « On a l’équivalent des deux tiers des adhérents en liste d’attente », note Gaëlle Bertonèche, qui anime le relais Amap Gironde. Il y avait neuf Amap dans le département il y a deux ans, on en dénombre 29 aujourd’hui, et 10 autres sont en gestation.

Mais on manque cruellement de maraîchers pour satisfaire une demande en croissance à deux ou trois chiffres.

Ceci s’explique pour partie par la démographie agricole. « Nous avons 1 400 actifs agricoles de moins par an en Aquitaine en l’espace de sept ans, soit la disparition silencieuse d’un Ford Blanquefort par an. Pour nous, il était stratégique de s’attaquer à la ceinture verte de Bordeaux. Il n’est pas possible d’y voir des maraîchers crever la dalle avec un million d’habitants à leurs portes », Lire la suite

Auch : Projet d’un jardin collectif en maraîchage bio

Sud-Ouest, Jean-Charles Galiacy, le 23 Mars 2009

Au pied des immeubles, entre bitume et béton, l’idée paraît saugrenue. Et pourtant, le projet d’un jardin collectif en maraîchage bio au Garros est en passe de se concrétiser. Dans trois semaines, le quartier pourrait voir fleurir un potager d’une cinquantaine de mètres carrés, accessible à tous, accueillant tomates, courgettes, poivrons et salades… L’espace a été trouvé, des contacts sont en cours avec des élus, manque seulement l’aval officiel de la municipalité.

Depuis l’automne, Jean-Luc Daguzan, après avoir travaillé plusieurs années sur les déplacements à vélo dans la cité, milite pour le jardinage citoyen. Lui qui s’est « cassé le dos à bêcher » un lopin de terre collectif qu’il bichonne avec des amis, souhaite promouvoir sur l’ensemble de la ville d’Auch les jardins familiaux ou partagés bio.

Le premier émergerait au Garros puis d’autres suivraient ailleurs dans la cité… En avant toute pour une production locale, sans pesticide et solidaire. Sur la ville, seule l’association Regar permet pour l’instant à quelques dizaines de personnes de profiter de bouts de terre communs, à la Ribère. Il existe aussi quelques expériences, éparses, entre voisins ou copains dans les rues auscitaines. Mais ce n’est qu’au compte-gouttes.

L’objectif est de se réapproprier une partie du sol municipal, au travers de potagers communs, de faire une pierre cinq coups : moins de consommation donc plus d’économies, favoriser la « bonne bouffe », préserver l’environnement et lancer une nouvelle forme de lien social.

Salade géante

Le premier acte d’un nouveau jardinage citoyen s’est joué samedi au Garros avec l’opération Semis de printemps.

Jean-Luc Daguzan et Abdellatif Benjeddour, respectivement président de l’association Avenirs et adjoint aux sports de la ville, ont ainsi distribué plusieurs caissettes de semis à une cinquantaine d’habitants. « Nous avons remarqué que de nombreuses personnes, qui vivent en appartement ou sans jardin, manifestaient l’envie de cultiver des légumes et des fleurs, le désir d’un retour à la terre », expliquait en préambule Daguzan. Une fois les plants des semis échangés ce week-end arrivés à point, puis les légumes arrivés à maturité dans les jardins privés, une partie de la collecte servira à constituer une salade géante à l’occasion de la fête du quartier en septembre prochain.

Comme dans l’ancien temps, les habitants mangeront le fruit de leur récolte. « Selon des documents de l’époque napoléonienne, le Garros était bien un lieu de culture, de vigne et d’agriculture. Ici, chaque maison avait son jardin privatif. Il fallait bien se nourrir », explique Jean-Luc Daguzan, qui travaille aux archives municipales.

L’Auscitain, lui, nourrit également d’autres ambitions comme de mettre en place dans les écoles de la ville des jardins en kit pour allier pédagogie et consommation de produits bio, Lire la suite

AMAP de Gradignan : Militants du contrat bio

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 25 Février 2009

GRADIGNAN, AMAP. L’association pour l’aide à l’agriculture paysanne a trouvé son rythme de croisière avec les quarante adhérents attendus. Et chacun participe à son bon fonctionnement

Militants du contrat bio

Ceux qui sont nés dans les années 50 et 60, dans des secteurs ruraux ou semi-ruraux se souviennent encore des fameux « nez de goret », les fourgons Citroën en tôle ondulée qui circulaient à jour fixe dans les villages.

Commerçants et artisans venaient ainsi proposer leurs produits d’épicerie, de boucherie-charcuterie, de boulangerie ou même de mercerie. Ce temps-là semblait irrémédiablement révolu, mais…

Mais hier soir par exemple, la salle de l’Ermitage, à Gradignan, accueillait comme chaque mardi dorénavant, son producteur de légumes biologiques. Avec les clients habituels, adhérents de l’AMAP (1) locale. Celle-ci, créée mi-octobre, atteint dorénavant les quarante adhérents.

« Tous adhèrent et cotisent pour un panier chaque semaine et cela 50 semaines dans l’année, en dehors de la période de Noël. L’agriculteur qui vient nous livrer les cagettes est quelqu’un de passionné », explique Karine Roux, la présidente de cette association appelée CABAS (2).

Les légumes de saison

Une majorité de mères de familles se succèdent pour récupérer leur cagette à 10 ou 15 euros. C’est le cas de Wanda Kohler, laquelle a rejoint l’association en janvier.

« Je cherchais une AMAP depuis longtemps. J’adhère à ce principe de solidarité avec un agriculteur de la région ; celui-ci là produit du biologique, c’est encore mieux. Retrouver la tradition des légumes de saison, c’est aussi retrouver des valeurs. »

Elle ajoute : « Malgré nos vies très actives, cela nous oblige à cuisiner en étant inventif au niveau des recettes. Le goût est extraordinaire : on croque dans ces légumes ! Dans le budget mensuel, on s’y retrouve. Et puis, je préfère donner de l’argent à un agriculteur plutôt qu’à une grande surface.

En plus, chaque adhérent aide à son tour à la préparation des paniers et nous devons faire attention à tout. Ainsi, on rentre dans le principe, il ne s’agit pas simplement de se faire livrer, mais de participer. Sans oublier que l’on participe à la protection de l’environnement. »

Retrouver le goût

Marie-Line Hachette partage cette opinion : « Au départ, nous avons trois motivations, Lire la suite

Un collectif citoyen achète des terres pour un maraîcher bio

e24.fr, Johana Sabroux, le 22 février 2009

Un collectif citoyen achète des terres agricoles pour un maraîcher bio

On n’est jamais si bien servi que par soi même. Ce pourrait être le mot d’ordre de l’association Cata33. Malgré son acronyme un brin alarmiste, ce « Collectif pour l’achat de terres agricoles en Gironde » est au contraire plein d’espoir et d’énergie. Il s’est ainsi mobilisé pendant près de deux ans pour acheter un terrain et lancer l’exploitation bio d’un jeune agriculteur sans terre. Montant de l’opération: 78.400 euros, récoltés en quatre mois, entre septembre et décembre 2008. Le tout sans crédit ni subventions, en pleine crise financière.

Le montage financier est simple, il s’agit d’une SCI, une société civile immobilière. A l’issue de l’appel à souscription, 380 sociétaires en sont membres. Ils ont acheté entre 1 et 50 parts à 100 euros de la SCI. Desparts qui leur donnent un droit de vote – quel que soit le nombre de parts achetées – lors de l’assemblée générale annuelle de la SCI, mais pas de rémunération. A leur sortie de l’entreprise, ils récupèrent leur mise, indexée sur le barème des terres agricoles, fixé par le ministère de l’Agriculture.

Ce n’est donc pas une opération spéculative, mais pour l’un des co-gérants de la SCI, Didier Guyot, un ancien d’Airbus, une autre façon d’investir dans un secteur durable pour le bien collectif, à l’heure où la sécurité alimentaire devient un sujet de préoccupation et où le bio semble décidé à squatter nos assiettes. Les objectifs de Cata33 sont clairs: « défendre et promouvoir une agriculture vivrière et de proximité, une agriculture qui soit socialement équitable, économiquement viable, respectueuse de la biodiversité, du paysage et de l’environnement culturel. »

Le 30 décembre 2008, la SCI a donc acquis « Les terres de Fougueyra« , près de 10 hectares certifiés bio le long de la Dordogne. Desterres que Julien Bonnet, un tout jeune maraîcher de 24 ans loue pour 1.200 euros par mois et exploite pour cultiver ses légumes et ses arbres fruitiers. Là encore, pas question de spéculation. Ce loyer couvre juste les frais divers, impôts fonciers, taxes, assurances, et trésorerie en cas de coup dur.

Julien Bonnet, lui,a acheté les bâtiments agricoles et compte se lier avec une Amap pour distribuer ses produits sur des circuits courts. Les premières récoltes sont prévues pour le mois de juin, et les premiers clients se sont déjà fait connaître. Le maire de Flaujagues, où sont installées les Terres de Fougeyra, a annoncé qu’il ferait appel aux produits de Julien Bonnet pour la cantine scolaire.

Un modèle pour l’agriculture de demain ? D’autres projets similaires existent. La « Foncière Terre de liens » fait de la publicité dans les magasins bio parisiens pour encourager les citadins à investir dans la terre et la louer ensuite à des agriculteurs ou des porteurs de projets solidaires et respectueux de l’environnement, via un bail rural environnemental. Didier Guyot et ses associés veulent croire que le modèle a de l’avenir. Lire la suite

AMAP : Un vent de solidarité sous les serres

Sud-Ouest, Laurie Bosdecher, le 31 Janvier 2009

APRÈS TEMPÊTE. Les maraîchers n’ont pas été épargnés. Aurore Sournac, à Eysines, est épaulée par les adhérents des Amap qu’elle livre pour nettoyer

Un vent de solidarité sous les serres

Adieu salades, épinards, blettes et topinambours. Samedi dernier, la tempête a brisé un tiers des carreaux de la verrière d’Aurore Sournac et de son mari dans la zone maraîchère d’Eysines. « Nous avons eu plus de dégâts qu’en 1999 », constate-t-elle. Les morceaux de verre sont tombés par milliers sur une partie des cultures. « Elles sont bonnes à arracher et jeter car invendables. »

La maraîchère n’est pas la seule à avoir souffert. Depuis le début de la semaine, partout sous les serres, les agriculteurs s’activent pour nettoyer. Si les dégâts, dans leur globalité, semblent avoir été moindres que lors de la tempête de 1999 pour la profession sur l’agglomération, les situations sont très disparates d’une exploitation à l’autre (voir par ailleurs).

Un tiers de la verrière tombée

Aurore Sournac affiche un timide sourire. Cette semaine, elle n’a pas pu assurer la livraison des quatre Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) qu’elle fournit depuis un an.

Les adhérents qui achètent à l’avance leur panier au producteur auraient pu ronchonner. Ils sont là à quatre pattes dans les salades sous ses serres. Certains remplissent des brouettes de débris de verres. D’autres font des allers-retours vers les bennes.

« Quand je lesai avertis que je ne pourrai pas fournir de légumes cette semaine, ils ont tout de suite compris et m’ont spontanément proposé un coup de main pour nettoyer ».

De Blanquefort, de Bruges, Le Bouscat, Macau, Pompignac, quelque 80 bénévoles sont venus lui prêter main-forte depuis le début de la semaine. Ce jeudi matin, Joëlle Corral a fait grève pour venir l’aider. « Je ne pouvais pas faire autrement, Aurore et son mari, je les adore. Cette solidarité fait de toute façon partie du contrat qu’on a passé avec elle dans le cadre de l’Amap. »

Une productrice de pommes du Réolais qui travaille aussi avec les Amap est également là avec son mari. Des viticulteurs de la FDSEA et du syndicat des Jeunes Agriculteurs ont fait le déplacement. « Quand on a vu que tout était par terre, tous seuls, nous n’y serions jamais arrivés. Heureusement qu’ils sont là, pour nous soutenir moralement aussi », souffle la maraîchère.

80 volontaires pour l’aider

Le décompte des carreaux cassés est impressionnant. Environ un millier. « À 15 euros le verre, faîtes le décompte. Je ne sais pas si on va pouvoir s’en sortir, désespère-t-elle. Cette serre, nous l’avons montée de nos mains, c’est notre outil de travail. »

Une main se pose sur son épaule. Celle de Gérard Sébie, responsable de l’Amap de Pompignac. Il a un contact d’assureur, membre de l’association, qui pourra peut-être l’aider à monter son dossier pour être indemnisée.

Deux mois, trois mois, peut-être un an. Aurore Sournac ne sait pas combien de temps il lui faudra pour relever la tête. « Le problème en ce moment, c’est que nous ne pouvons pas nous consacrer uniquement au nettoyage. Il faut planter les semis de pommes de terre, de fèves pour fournir les paniers dans les semaines à venir. »

Après avoir ramassé les morceaux de verre, il faudra ensuite monter sur la verrière et enlever les morceaux encore accrochés un à un. Un travail délicat. Lire la suite

La revanche du potager

La dépêche, le 7 septembre 2008, DDM

La revanche du potager

Alimentation. Nouvelle tendance chez les consommateurs. Certains veulent se nourrir exclusivement de produits du terroir. On les appelle les « locavores ».

Les villes pourraient retrouver leur ceinture verte. Avalées par les projets immobiliers, ces zones de maraîchage avaient quasiment disparu. Face à la crise de l’énergie, et à l’augmentation des coûts de transport, les haricots verts pourraient ne plus voyager dans les avions avant d’atterrir dans nos assiettes. Bientôt, ce sera hors de prix.

Problème d’énergie, mais aussi problème de pollution. Un aliment parcourt en moyenne 2 400 à 4 800 km entre le lieu de production et le lieu de consommation, avec des conséquences sur l’effet de serre. Depuis les années 1980, la distance a augmenté de 25 %.

Les haricots verts, l’hiver, viennent du Kenya. Les melons d’Amérique du Sud. Et même l’été, dans le Sud-Ouest, la tomate de Marmande est éclipsée par la tomate… bretonne qui tient mieux la route et la fraîcheur sur les étals des grandes surfaces. Et il n’y a pas beaucoup de différence de prix : 1,85 € le kilo pour la tomate bretonne, 1,80 € pour celle qui a été produite par un maraîcher local dans une ville de la Haute-Garonne hier. Et le goût ?

Pour retrouver la saveur des produits du terroir, le rythme des saisons, quelques millions de Français s’adonnent au jardinage. Et depuis peu s’abonnent aux Amap, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (lire encadré). Ils consomment ce qui est produit localement. On les appelle les « locavores ».

L’idée n’est pas nouvelle, elle est même vieille comme le monde. Mais elle a germé de nouveau à la fin des années 1960 au Japon, après une pollution au mercure. Elle resurgit en France, ainsi qu’aux États-Unis. En 2005, quatre copines de San Francisco ont décidé de manger local afin de réduire l’effet de serre. En 2008, à Castelnaudary dans l’Aude, Stéphane Linou s’apprête à réaliser la même expérience.

Dans une région aussi gourmande que le Sud-Ouest, les locavores ne sont pas en peine et ne font pas d’indigestion de chou. Lire la suite

Les AMAP, ou l’agriculture autrement

La Croix, 24 août 2008, Corine BOYER

Ces associations resserrent les liens entre des producteurs de fruits et légumes biologiques et leurs clients

En cette fin d’après-midi, les voitures défilent devant le magasin qui jouxte les serres et les vergers de Denise et Daniel Vuillon. « J’espère que vous aimez les tomates ! », lance en rigolant Daniel aux 65 familles d’« Amapiens » venues chercher un panier fruits et légumes aux Olivades, leur exploitation située à Ollioules (Var). Pour 27,50 €, ils repartent avec dix produits différents, cueillis le matin même : pommes de terre, melon, brugnons, oignons rouges… et 11 kg de tomates rouges, cœur de bœuf, noire zébrée, verte…

« Cette diversité de produits, c’est super ! Leur goût est plus marqué qu’en supermarché où ils sont pleins d’eau », s’enthousiasme Paola, libraire, adhérente depuis cinq ans à l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), fondée en 2001 par le couple Vuillon. « Ces produits cultivés sans produits chimiques sont rassurants et je préfère donner directement mon argent à un paysan plutôt qu’à la grande distribution », ajoute Simon, un marin toulonnais.

Afin de perpétuer cette alternative, Nadine s’est portée volontaire pour récolter les patates douces le lendemain. « Si nous, consommateurs, voulons continuer à manger des produits sains, il faut se mobiliser ! Et puis se casser le dos ensemble, ça crée des liens ! », sourit cette institutrice de 52 ans.

210 familles abonnées

Et des liens, Denise et Daniel Vuillon en ont noué avec 210 familles abonnées aux trois distributions hebdomadaires de leur Amap. Sept ans après avoir importé le concept en France, le couple de maraîchers continue avec passion à promouvoir ce système, qui permet à un groupe de consommateurs de bénéficier d’un panier de fruits et légumes de saison bio, moyennant un prépaiement six mois à l’avance. Grâce à cette sécurité financière, l’agriculteur peut maintenir son activité et les consommateurs, manger des produits fraîchement cueillis dont ils connaissent l’origine. Lire la suite