Jean-Marie Pelt « Biologie : vive les faibles ! »

lexpress.fr, Vincent Olivier, le 14 janvier 2009

Biologie : vive les faibles !

Dans son dernier livre, sorti cette semaine, le biologiste Jean-Marie Pelt récuse la thèse de la « loi de la Jungle » chère à Darwin. Une lecture revigorante.

Non, ce ne sont pas nécessairement les plus forts qui s’en tirent le mieux ! Telle est, en substance, la théorie de Jean-marie Pelt, biologiste, pharmacologue et président de l’Institut européen d’écologie. De fait, son dernier ouvrage, « La raison du plus faible » (*), constitue une attaque en règle du darwinisme. Facile d’accès, bourré d’exemples éclairants, voilà un livre d’autant plus sympathique qu’il ne se limite pas à des exposés théoriques. Ainsi Jean-Marie Pelt n’hésite pas à « balancer » sur les méfaits de la compétition à outrance chère à quelques néo-libéraux…

Vous ne croyez pas à « la loi du plus fort » dans la nature ?

En tout cas il existe de nombreuses exceptions… Prenez le pissenlit : plus vous le piétinez, plus vous l’arrachez et plus il repousse! Les grands palmiers en revanche, très spectaculaires, sont fragiles, puisqu’ils n’ont qu’un bourgeon à leur sommet et qu’il suffit d’une forte tempête pour le décapiter.

Et dans le règne animal ?

C’est la même chose ! A la fin du Tertiaire, les dinosaures et les grands carnivores disparaissent, mais les petits mammifères, ceux qui pèsent moins de 25 kgs, s’en sortent car ils parviennent à  s’adapter.

Vos observations sont-elles applicables à la société actuelle?

Je fais au moins ce constat : le capitalisme qui privilégie le gigantisme (multinationales, fusions-acquisitions etc.) est aujourd’hui en crise, tandis que les micro projets, fondés sur la solidarité et la complémentarité, sont promis à un bel avenir. « Small is beautiful » comme disent nos amis anglo-saxons.

Vous êtes donc optimiste ?

Raisonnablement. Disons que je pense qu’on assiste actuellement à une forme de prise de conscience collective. « Ca fermente »…  L’écologie par exemple, Lire la suite