JL Borloo « On ne construira plus jamais comme avant »

eco-life.fr, Julie Renauld, le 2 mars 2009

« On ne construira plus jamais comme avant »

Tels sont les mots prononcés par Jean-Louis Borloo, lors du lancement de la mise en oeuvre opérationnelle du Plan Bâtiment Grenelle, le 26 février dernier.

 » Nous sommes à un virage en matière d’emplois, de techniques, de savoir faire, extrêmement important », poursuit-il. « Le Grenelle est une période de travail intense, sujet par sujet. Nous avons construit tous ensemble une feuille de route sur le bâtiment neuf et existant. Le neuf, c’est fait, c’est voté. Maintenant, il faut nous occuper du grand chantier de l’existant « . Et de rappeler que l’hexagone compte 30 millions de logements, dépensant, en moyenne, 270 kwh par m². Le coût total de la rénovation de ces derniers s’élèverait pour le moment à 600 milliards d’euros.  » La bataille est absolument majeure. Sa caractéristique c’est qu’elle ne peut se faire qu’avec méthode. C’est le sens de la présence de Philippe Pelletier », nommé président du comité stratégique du Plan Bâtiment Grenelle (lire aussi l’interview). « La bataille d’économie d’énergie des bâtiments mobilise l’ensemble des acteurs, mois après mois ». Ces acteurs seront représentés dans le comité stratégique et piloteront les différents chantiers.

 » Le bâtiment est le premier chantier mondial pour lutter contre les émissions de CO2. La France ne s’était pas penchée dessus très violemment, elle l’a fait un peu plus tard que les autres. Donc sa capacité de progression est gigantesque« .

Si la France a pris du retard en la matière, le ministre de l’Ecologie se félicite néanmoins de l’avancée du Grenelle : « On va un peu plus loin que prévu dans le Grenelle, avec un peu plus de moyens financiers. Nous allons plutôt plus vite et je pense plutôt plus forts « .

Afin d’aider très concrètement les Français à réduire leurs factures d’énergie et contribuer ainsi à baisser les émissions de gaz à effet de serre, l’éco prêt à taux zéro Lire la suite

L’habitat économe n’aime pas les courants d’air

midilibre.com, Georges MATTIA, le 1er mars 2009

L’habitat économe n’aime pas les courants d’air

Le salon de l’habitat, au parc des expositions de Montpellier, s’achève aujourd’hui Le développement durable est parfois duraille. Il peine à avancer dans les chaumières, mais aussi au sein du gouvernement, malgré les bons voeux du Grenelle de l’environnement. Si le tout nouveau Eco-prêt à taux zéro pour travaux sur « bâti vert » (promis pour le 1 er avril) est une avancée, il peut aussi masquer des reculades.

D’où un actuel bras de fer entre le ministère de l’Écologie, de l’Énergie et du Développement durable de Jean- Louis Borloo et, d’autre part, l’association Effinergie, cofondée par les régions Languedoc-Roussillon, Alsace, Franche-Comté et Rhône-Alpes.

Au coeur du problème, la future réglementation thermique qui s’imposera aux logements neufs, la RT 2012, actuellement élaborée au ministère par la direction de l’urbanisme, de l’habitat et des paysages (DUHP). But : définir le contenu et les conditions d’attribution du label Haute performance énergétique. Un sésame aussi pour obtenir des aides.

Mais avec une sacrée anguille sous roche : les experts du ministère sont loin d’être aussi exigeants que le label BBC-Effinergie (bâtiment basse consommation) créé par les régions. Ce label avait beaucoup inspiré les conclusions du Grenelle. Or, le projet ministériel relègue au second plan l’isolation car il inclut dans le nouveau calcul de la performance, l’énergie que produit le bâtiment lui-même (photovoltaïque). « C’est un contresens total ! Dans ces conditions, par exemple, un bâtiment couvert de panneaux photovoltaïques pourrait être classé « basse consommation », au seul motif qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, même s’il est non conforme à la réglementation sur l’isolation », prévient Yves Pietrasanta, vice-président du conseil régional Languedoc- Roussillon. « Dans cette logique, une maison à énergie positive, qui revend du courant à EDF, serait jugée performante, même si c’est une passoire thermique ! » Au salon de l’habitat, qui s’achève aujourd’hui au parc des expositions de Montpellier, de mauvaises langues voient en filigrane de la future réglementation, la plume du lobby nucléaire : la fameuse « maison passoire » aurait toujours besoin des centrales ! Les décisions mûries par le ministère, déjà annoncées à Effinergie et aux organismes certificateurs, sont « inquiétantes et présagent que les travaux et la dynamique mis en place pour le Grenelle pourraient rester vains dans l’avenir », indique Yves Pietrasanta, au nom de l’association Effinergie, qui regroupe 19 régions et de gros industriels (lire ci- contre) et dont il vient d’être élu vice-président.

Le 17 mars, il sera reçu par Jean-Louis Borloo. Pour lui expliquer en substance qu’un bâtiment performant doit respirer, mais fuir les courants d’air. Que le Grenelle Lire la suite