Des fermes urbaines dans les cités

terra-economica.info, Rodrigue Coutouly, le 12 janvier 2011

http://www.terra-economica.info/Des-fermes-urbaines-dans-les-cites,15179.html

Des fermes urbaines dans les cités

La paupérisation et la violence croissantes dans les cités de banlieue inquiètent l’opinion. Mais le personnel politique a bien du mal, hormis quelques coups d’éclats médiatiques et quelques ravalements de façades, à proposer des solutions concrètes qui paraissent utile. En voici une, simple, modeste, mais qui à l’avantage, outre son faible coût, de répondre à la multiplicité des problèmes rencontrés dans ces cités. De quoi s’agit-il ?

Je propose l’installation de jardins urbains, de fermes urbaines, dans les cités des banlieues des grandes villes.

Ces jardins seraient installés sur les toits des barres et des tours, ou dans les étages supérieurs de barres ou de tours désaffectés. Selon les possibilités techniques, il s’agirait de végétaliser les toits, ou à défaut, d’y installer des bacs de culture et des pots. Cela mérite quelques explications.

Est-ce possible techniquement ? Oui, dans la majorité des cas, les dalles des toits des grands ensembles peuvent supporter 300 à 400 kg par m2. Il est donc possible de les végétaliser ou d’installer des bacs de culture. Il faudra y ajouter une source d’eau, des rambardes et un accès par escalier. Cela devrait être possible sur la majorité des toits, sauf ceux qui sont encombrés par quantité de cheminées.

Qui s’occupera de ses jardins ? Une coopérative constituée autour des habitants volontaires, cette coopérative pourra employer comme salarié, des jeunes de la cité.

Quelles seront les productions de ces fermes urbaines ? Lire la suite

Flaujagues près de Castillon la Bataille : Les paniers de la solidarité

sudouest.com, Simone Tomasin, le 15 juin 2010

Les paniers de la solidarité

Julien et Céline cultivent des produits bio qu’ils vendent à une association de consommateurs respectueux de l’environnement, comme eux .

Julien Bonnet est un tout jeune homme de 25 ans, très brun au regard clair et rieur. Il s’est installé depuis un an comme agriculteur bio sur 10 ha de terrain en bordure de la Dordogne, sur la commune de Flaujagues. Et depuis, il exploite 1 ha en maraîchage et fournit 40 paniers de légumes de saison une fois par semaine aux « consom’acteurs » de la région de Castillon.

Les « consom’acteurs », ce sont des clients qui ont choisi d’être solidaires d’un producteur local, en lui achetant et en consommant ses produits. À Castillon, ils sont 40 à s’être constitués en Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) afin de soutenir Julien et de lui assurer des revenus stables. Ils signent avec lui un contrat, renouvelable tous les six mois, et achètent à l’avance une part de sa production de légumes : tout le monde s’y retrouve, le producteur est assuré de vendre toute sa récolte, le consommateur est sûr de déguster des produits de qualité, tout en permettant à un maraîcher de vivre dignement de son travail !

40 variétés de légumes

Julien, aidé de sa compagne Céline, cultive une quarantaine de variétés de légumes. En plus des traditionnelles carottes, salades, et autres blettes (bio évidemment…), Julien a ressorti des oubliettes des « giraumons galeux », « des butternuts », de la « celtuce » et des « choux chinois ». Chez lui, pas d’endives en juillet, ni de tomates en décembre : que des légumes de saison, cueillis le matin même, frais et savoureux !

L’installation de Julien sur ses terres a été possible grâce au Collectif d’achat de terres agricoles Gironde (Cata 33) (1), qui a constitué une SCI pour acheter des terres et les louer à Julien.

Conformément aux statuts de l’Amap, Julien s’engage à une production respectueuse de la nature, sans recourir aux engrais et pesticides de synthèse, à une gestion économique de l’eau, et à une transparence quant à ses actes d’achat, de production et de vente des produits agricoles. Le consom’acteur, pour sa part, est solidaire du producteur dans les aléas de la production.

Il est également sollicité pour assurer une permanence à tour de rôle lors des distributions de paniers et pour quelques menus travaux, par exemple de désherbage des plantations. Chaque mardi et chaque vendredi, de 18 h 45 à 20 heures, Julien apporte ses paniers dans le local aimablement prêté par le club de pétanque de Mouliets-et-Villemartin. La distribution, assurée par un ou deux bénévoles, se déroule dans une ambiance conviviale, où chacun échange ses recettes de tartes aux poireaux contre les secrets de la fabrication d’un pâté de légumes. À court terme, Julien envisage de faire la distribution à la ferme du Fougueyra à Flaujagues.

Au bout d’un an, Julien fait son bilan financier : Lire la suite

MIAM de Bruges : Les familles séduites par leur maraîcher

sudouest.com, Guy Faydi, le 22 Octobre 2009

BRUGES, CONSOMMATION. Un lien étroit s’est noué entre Philippe Laville et sa clientèle d’abonnés aux paniers hebdomadaires de légumes

Les familles séduites par leur maraîcher

Parmi les initiatives qui ont été prises, ici ou là, en vue de privilégier la consommation de légumes, une forme de contrat moral a pris son envol, l’an dernier à Bruges, et progresse continuellement sous l’appellation de « Miam » (Mouvement informel d’aide aux maraîchers).

En 2008, Catherine Cestari, Jean-Paul Desbarats et Bruno Mouchet ont lancé l’idée d’un groupe de consommateurs s’engageant à acheter un panier hebdomadaire, au producteur brugeais Philippe Laville. Aujourd’hui ils sont 58 inscrits qui prennent leur panier chaque vendredi.

« Le prix n’a pas bougé, 12 euros le panier entier ou 6 euros le demi-panier, souligne avec satisfaction Catherine Cestari. Nous avons aussi amélioré l’organisation des retraits en créant des groupes de voisinage. Ce qui évite des déplacements inutiles. Dans d’autres cas nous privilégions le covoiturage et les trajets à vélo. Ces précautions ne sont pas inutiles pour épargner le chemin de desserte qui conduit à la ferme et qui est bien abîmé. »

Légumes de saison

Chaque saison a ses légumes. En ce mois d’octobre, selon le producteur, les légumes sont choisis parmi potiron, mâche, salade, pommes de terre d’Eysines, carottes, poireaux, chou rouge ou vert, épinards, blettes, radis roses ou noirs… « J’ai planté des oignons pour en proposer des frais au cours de l’hiver. Nous avons créé un lien très sérieux avec ce groupe, confie Philippe Laville, les gens prennent conscience de mon travail, et ce procédé m’apporte une trésorerie mensuelle régulière qui m’aide à concrétiser mes projets… Je mise aussi sur le futur développement du parc des Jalles ».

Chacun s’accorde à reconnaître une façon différente de consommer, et vente les bienfaits des Lire la suite

Le bio dans les cantines : où en est-on ?

univers-nature.com, Cécile Cassier, le 10 septembre 2009

Le bio dans les cantines : où en est-on ?

Ambition formulée lors du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement entend intégrer l’alimentation bio à hauteur de 20 % d’ici 2012 dans la restauration collective (scolaire et d’entreprise). Un pari qui, pour méritant qu’il soit, est loin d’être gagné, au regard des difficultés techniques et économiques que soulève sa mise en place.

Faisant le point sur l’évolution de la situation en ce domaine, la Fédération des Maires des Villes Moyennes (FMVM) (1) a réalisé une enquête en juin et juillet 2009 sur la réalité du bio dans les cantines françaises. A l’issue de ce bilan, sur les 89 villes moyennes ayant accepté de participer à l’étude, 78 % ont déclaré utiliser des produits bio. Sur ce pourcentage, 68 % en intègrent moins de 10 %, 14 % en utilisent entre 10 % et 20 %, et 8 % dépassent le seuil des 20 % de bio.

Les types de produits bio consommés les plus courants sont les fruits et les légumes. Vient ensuite le pain bio, dont l’usage est relativement répandu. Les laitages, les féculents, les céréales et les viandes (poulet, mouton, porc, bœuf) bio restent, quant à eux, plus restreints.

Si une majorité de municipalités semble s’orienter vers la voie du bio, leurs motivations se focalisent globalement sur l’aspect pédagogique, l’utilitaire arrivant au second plan. L’éducation aux bonnes habitudes alimentaires apparaît ainsi en tête de liste des motifs invoqués, l’équilibre nutritionnel et la lutte contre l’obésité y étant intrinsèquement liés.

Toutefois, certaines questions portent encore ombrage au développement du bio au sein des cantines. La première entrave est le surcoût engendré par la conversion au bio. D’après l’enquête, le prix d’un repas actuel évolue entre 2,80 € et 13,70 €, la moyenne se situant aux alentours de 6,49 € dont 36 % sont à la charge des familles. Variable d’une ville à l’autre, le respect de l’objectif de 20 % de bio représenterait un surcoût en matière d’achat des denrées estimé entre 10 % et 45 %. Parmi les solutions envisagées pour amortir l’augmentation, figurent notamment la possibilité de répercuter celle-ci sur les contribuables, de jouer sur la quantité, par exemple en réduisant la part de viande, ou encore de faire des économies en remplaçant les barquettes jetables par des plats réutilisables.

Un autre argument souvent avancé pour réfuter le bien-fondé de l’arrivée du bio dans la restauration scolaire renvoie à la provenance des aliments. En effet, importer des produits bio depuis l’étranger est un non-sens écologique. Or, concernant les municipalités interrogées, la part des produits bio achetés dans la sphère départementale s’élève à 20 % et dans la sphère régionale à 22 %. L’approvisionnement à l’échelle nationale représente 42 %, et l’importation depuis l’étranger pèse pour 16 %. Aussi, sans même parler des flux hors France, les filières d’approvisionnement sont, Lire la suite

Santé et empreinte écologique : Ces sacro-sains légumes

liberation.fr, Jacky Durand, le 28 mai 2009

Ces sacro-sains légumes

LES FOODINGUES. Chaque jeudi, réveil des papilles et passage en cuisine.

Et si on suivait l’exemple de nos amis belges ? La ville de Gand vient de promulguer un jour par semaine sans viande. C’est le jeudi et les Gantois sont invités ce jour-là à bannir le steak ou le poulet de leur assiette, mais également le poisson et les fruits de mer (lire Libération du 22 mai).

Cette initiative, destinée notamment à lutter contre les maladies cardio-vasculaires, l’obésité et certains cancers (trop de viande favorisant le mauvais cholestérol), fera-t-elle école

Guardian«Les végétariens peuvent-ils sauver le monde ?» s’interrogeait le quotidien britannique. Son constat : «Il y a deux ans encore, il paraissait inconcevable qu’un nombre important d’Européens puissent délaisser leur couteau à steak afin de brouter de la verdure pour le salut de la planète

Bidoche. Il est vrai que les arguments pour modérer notre consommation de bidoche sont vertigineux si l’on se réfère à l’Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement (1) : il faut la même surface de terre pour produire un kilo de viande et 160 kilos de pommes de terre. Avec la quantité d’eau nécessaire pour produire un kilo de bœuf, on pourrait se doucher chaque jour durant un an ; la production d’un kilo de bœuf engendre 80 fois plus de gaz à effet de serre qu’un kilo de blé et représente l’équivalent de 60 kilomètres parcourus en voiture. Selon une étude de l’association végétarienne belge EVA, ne pas manger de viande un jour par semaine équivaut à une économie de 170 kg de CO2 par personne et par an, soit les émissions d’une voiture sur une distance de 1 100 km. Alors, sans renoncer au plaisir de l’entrecôte et sans rompre définitivement avec notre boucher, on peut faire du bien à soi et à la planète en confectionnant des plats végétariens qui combinent, par exemple, céréales (riz, blé, orge, maïs) et légumineuses (lentilles, haricots, pois).

Recette. L’autre jour, on s’est égaré avec délices dans la lecture de Pure & simple, un beau livre tout blanc dédié à cette cuisine végétarienne indienne (2) qui sublime tout ce qui pousse de la terre et constitue un marchepied idéal à qui veut apprendre à cuisiner sans viande. Voici une recette de Dal, l’un des plats de base indien que l’on mange avec du riz. Pour quatre personnes il faut : 150 g de pois cassés jaunes (Toor Dal dans les épiceries orientales), 2 tomates, 1/2 cuillère à café de curcuma en poudre, 2 cuillères à café de gingembre frais, 2 cuillères à soupe de coriandre fraîche, une cuillère à café rase de sel. Assaisonnement : 2 cuillères à café de beurre clarifié, une cuillère à café de graines de cumin et 1/2 cuillère à café de piment rouge en poudre. Faire tremper les pois cassés une demi-heure. Couper en dés les tomates, hacher le gingembre et la coriandre. Cuire les pois cassés à l’autocuiseur quinze minutes (le double sans autocuiseur) avec 40 cl d’eau après le sifflement, ajouter la poudre de curcuma et poursuivre la cuisson quatre minutes. Ajouter les tomates, le gingembre et la coriandre et porter à ébullition. Pour l’assaisonnement, Lire la suite

Et si l’on ne mangeait que des fruits et légumes de saison ?

leparisien.fr, Claire Chantry, le 4 avril 2009

Et si l’on ne mangeait que des fruits et légumes de saison ?

Il faut faire son marché en respectant les saisons, martèlent les écologistes. Les consommateurs s’y mettent, même s’il n’est pas facile de suivre le calendrier des cultures.

Il n’y a pas que les tracts de Nicolas Hulot qui supplient les Français de manger des fruits et légumes de saison pour préserver la biodiversité. Aujourd’hui, restaurateurs, grandes surfaces ou marques engagées se mettent à alpaguer le consommateur grâce à des végétaux cultivés sur un terroir proche. « Cette vogue du saisonnier rejoint l’attrait pour les fruits et légumes oubliés ou les céréales anciennes.

On est dans la tendance de la réalliance de l’homme avec la planète, explique Sophie de Reynal, directrice marketing de Nutrimarketing, experte des courants alimentaires. Dans ce contexte, la crise agit comme un accélérateur. On a besoin de se rassurer avec du bon sens. Et pour faire attention au porte-monnaie, on achète malin, près de chez soi, de saison et on se rend compte que c’est aussi bon pour l’écologie. » A preuve, le succès remporté aujourd’hui par le jardinage, les Amap ces groupes qui se ravitaillent auprès des producteurs locaux ou les soupes maison.

« Les aïeuls donnent l’exemple »

Le fait est là : produire et transporter un melon venu par avion d’Amérique du Sud nécessite 60 fois plus de pétrole que s’il est cultivé localement, comme le martèlent les écologistes en cette Semaine du développement durable. Un coût qui devient un argument : pour arriver à offrir au rayon primeur des prix de 1 € le kilo, les hypers mettent en avant les fruits et légumes du moment.

Il y a nécessité à se nourrir au rythme des saisons. Sans considérer les produits exotiques, ananas, avocats ou bananes, qui sont par définition achetés hors de nos frontières, 27 % de nos fruits frais et 35 % de nos légumes sont achetés à l’étranger, dont une partie provient d’une production intensive donc coûteuse. « Les fraises sont surtout présentes d’avril à septembre, mais sur les autres mois, on trouve surtout des fraises importées, soit 115 000 t par an », détaille Mathieu Serrurier, chargé d’études au centre technique des fruits et légumes. « Les producteurs répondent aux nouvelles habitudes qui veulent qu’on consomme plus de produits d’été en hiver et inversement. Les jeunes se rabattent sur le basique : la banane, l’orange et la tomate, constate-t-il. A l’inverse, les aïeuls donnent l’exemple. Ce sont les seniors aisés qui achètent le plus de fruits et légumes. »

La priorité est bien de respecter le calendrier des saisons, moins de s’attarder sur les pratiques de culture. « Les fruits et légumes peuvent être de plein champ ou non, insiste Mathilde Causse, directrice de recherche à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Sous serre, certains contiennent plus d’antioxydants et demandent moins de produits chimiques. » Aux « locavores », Lire la suite

Projet d’AMAP à Blaye : réunion publique le jeudi 19

Sud-Ouest, le 18 Mars 2009

CONSOMMATION. Les Amap séduisent de plus en plus de monde. Demain, Blaye pourrait avoir la sienne

Manger sain et bon marché au fil des saisons

Dans les Amap, la vente se fait directement du producteur au consommateur, qui vient chercher ses légumes de façon régulière.

De la terre à l’assiette : tel est le sujet de la réunion publique qui se tiendra salle Liverneuf demain jeudi à 20 h 30. Une réunion qui devrait déboucher sur la création à Blaye d’une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) Un titre qui indique également bien ce qui constitue le principe des Amap.

L’idée est née il y a quelques mois en Blayais. Tassadit Frappé, bientôt suivie par Virginie Fruchet et Jacqueline Zolla, ont décidé d’appeler cette nouvelle Amap « Au fil des saisons ». Elles sont en relation avec des producteurs de Saint-Ciers-de-Canesse, les établissements Dalongeville, qui sont d’ailleurs déjà connus sur le marché de Blaye où ils viennent régulièrement.

Ils seront présents à la réunion de jeudi et répondront aux questions. « Logiquement, pour bien fonctionner, nous devrions être une trentaine d’adhérents », précise Tassadit Frappé.

Triple intérêt

Edmée Neboit, conseillère municipale de la ville, adhère depuis un an à une Amap de Berson. L’intérêt pour elle est triple : « Il s’agit de manger sain car le producteur est en bio, d’acheter des produits de la région, ce qui évite les pollutions des transports et enfin, de ne pas utiliser d’emballages inutiles. »

Pour Edmée Neboit, appartenir à une Amap, c’est être un « consomm’acteur ». « C’est un engagement citoyen. Non seulement écologique puisque les produits sont sans pesticides, sans engrais, que nous évitons ainsi les transports de denrées et les emballages, mais aussi nous nous engageons vis-à-vis du producteur, nous sommes solidaires. » En effet, dans une Amap, les adhérents payent à l’avance le producteur, elle est donc d’abord basée sur une solidarité économique avec celui-ci.

Consommer autrement

Adhérer à une Amap, c’est également Lire la suite