Collectivités et CUB : Maintenir la ceinture verte de l’agglo bordelaise

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 21 Juillet 2009

AGRICULTURE. Comment sauver la zone maraîchère le long des jalles, laissée peu à peu à l’abandon ? Les collectivités montent au créneau, proposant formation et réaménagement

De l’engrais pour les légumes

Ils sont une quinzaine aujourd’hui sur Eysines. Cent cinquante, il y a un siècle. Ils souffrent, des prix imposés par la grande distribution, de marges de plus en plus faibles. Et pourtant les maraîchers en bord de jalles travaillent beaucoup.

Ceux qui vont partir à la retraite dans les prochaines années n’ont, pour la plupart, personne pour reprendre leur exploitation. La situation n’est pas nouvelle. 50 % de la zone n’est plus exploitée aujourd’hui.

Face à cette situation, la profession est aujourd’hui partagée entre laisser mourir l’activité ou relever le défi de la pérenniser. Cette dernière option est celle des collectivités locales. En premier lieu, la ville d’Eysines qui veut la redynamiser. Elle est aujourd’hui suivie par les communes voisines où s’étend la vallée maraîchère : Bruges, Blanquefort, Le Taillan et Le Haillan.

460 hectares à aménager

« Il y a un bassin potentiel de 800 000 personnes à nourrir avec des produits de qualité sur l’agglomération, relève le premier adjoint au maire, Daniel Dougados. Avec l’explosion des circuits courts, le retour à la vente directe, le pullulement des Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) sur la Communauté urbaine, il ne faut pas louper le créneau. Certes, les maraîchers vont être amenés à changer leurs méthodes de travail, faire de l’agriculture raisonnée, mais ça peut marcher. » Une zone intercommunale d’aménagement foncier vient d’être créée. Sous l’égide du Conseil général, un périmètre de 466 hectares doit être dédié au maraîchage.

Mais il faut l’aménager. Aujourd’hui dans cette zone, beaucoup de propriétés sont morcelées, le réseau hydraulique obsolète et certaines parties, trop humides, devenues inaccessibles pour les engins agricoles. Différentes études ont été menées, des objectifs fixés. Ils seront soumis à enquête publique dans les prochains moins.

Former aux circuits courts

Réaménager ne suffira pas pour convaincre de jeunes professionnels de venir s’installer en bord de jalles. À partir de la rentrée de septembre, une formation, financée par la Région, va permettre à une douzaine de stagiaires de passer un brevet professionnel au lycée agricole de Blanquefort. « L’objectif n’est pas seulement de leur donner les bases du métier mais aussi de les aider à s’installer. » Interpellée par les professionnels de la zone sur le manque de bras à venir dans les prochaines années la députée du Médoc, Pascale Got, s’est personnellement investie dans le dossier.

Elle a convaincu des maraîchers d’Eysines d’être partie prenante dans ce projet. Ainsi des parcelles Lire la suite

Le Haillan : Du Festival du film Cistude à la Fête du Printemps

Sud-Ouest, Hervé Pons, le 20 Janvier 2009

LE HAILLAN, FÊTE DU PRINTEMPS. Elle remplacera, sur une journée, le Festival du film nature qui avait trouvé sa place et son public en 10 éditions. Tout est à faire pour assurer au mieux la relève

Une succession difficile

Au Festival du film succédera une Fête de la nature « variée, pour tous les âges ».

Le Festival du film nature Cistude (du nom de l’association de protection de l’environnement installée au Haillan) s’était taillé une place de choix dans le paysage culturel girondin (à Saint-Médard durant 3 ans, puis au Haillan) au cours de dix éditions.

Son aura tenait tant au contenu de la manifestation, qui durait 5 jours, qu’à la notoriété des invités. Quelques noms pour situer : Jean-Louis Étienne chez les aventuriers, Yves Boisset pour les cinéastes, Kent dans le monde de la chanson, Marc Jolivet au nombre des personnalités médiatiques engagées… La liste est longue.

Mais voilà, le Festival du film nature va être rangé dans la malle aux souvenirs. Une « Fête du printemps », basée sur l’écologie et le développement durable, va lui succéder. La jauge de la nouvelle manifestation serait de trois journées… mais la première édition n’en comptera qu’une seule, le 16 mai.

La municipalité, par la voix de la première adjointe Andréa Kiss-Manzanero, évoque une « évolution, un élargissement du festival vers une conception qui privilégie l’humain dans ses rapports avec l’environnement, un angle plus social, voire plus économique. »

« Il fallait renouveler la formule, estime Mme Kiss-Manzanero, mais toujours en maintenant des relations privilégiées avec l’association Cistude. » Elle admet que cette édition sera de transition, pour une montée en puissance d’une manifestation de 3-4 jours.

Quel contenu ?

Le contenu de la nouvelle Fête du printemps ? « Une réunion de travail est prévue début février avec les différents partenaires. Les choses ne sont pas arrêtées mais il y aura des ateliers, des rencontres pour tous les âges, et sur plusieurs continents, avec l’Afrique notamment. Que l’on ne nous fasse pas le procès de vouloir aller à l’encontre de l’environnement. Nous allons construire une Maison de l’environnement dans la zone des sources ; nous préparons notre Agenda 21, et nous avons bien l’intention de continuer à travailler avec l’association Cistude. »

L’opposition de droite, avec Laurent Pécout et un de ses colistiers Jean Fourcaud, ne l’entend pas de cette oreille.

« Il y avait un festival qui marchait bien, qui portait loin l’image du Haillan, pour lequel Cistude s’occupait de tout, qui ne coûtait pas grand-chose à la ville (1) avec les subventions qui arrivaient du Département, de la Région, de divers partenaires. Pourquoi alors saborde-t-on aujourd’hui ce festival ? Qu’on ne parle pas d’une évolution ; on ne reprend rien, on repart à zéro » énumère Laurent Pécout.

Pour Jean Fourcaud, il faut arrêter les faux-semblants : « si le festival est sacrifié, comme je le pense, pour des motifs de relation entre le maire et la responsable de Cistude, Christophe Coïc, c’est vraiment dommage. Et ça va à l’encontre de ce qui avait été dit par le maire lors de la campagne électorale, à savoir le maintien du festival. On arrive presque à un an de mandat et rien ne se passe. »

Cistude attend

« Où en est-on du projet de Maison de l’environnement ? Lire la suite