La marée noire dans le golfe du Mexique : Un Tchernobyl américain ?

ledevoir.com, François Brousseau, le 31 mai 2010 

Un Tchernobyl américain

Depuis maintenant six semaines, le golfe du Mexique, vaste mer intérieure nourricière des États-Unis, saigne depuis ses profondeurs et se souille peut-être jusqu’à l’irréparable.

Depuis une vingtaine d’années, on nous prophétise un désastre environnemental venu du ciel et de l’atmosphère. Mais dans la vie, rien ne se produit jamais comme on l’attend: c’est aujourd’hui du fond de l’océan, par un viol de main humaine inspiré par la voracité énergétique, que le malheur arrive.

L’échec, ce week-end, d’une nouvelle tentative de colmatage de la fuite de la plate-forme Deepwater Horizon — un nom faussement prophétique — laisse maintenant entrevoir des mois supplémentaires de fuite purulente et de catastrophe démultipliée.

Crise écologique, crise économique : la catastrophe de l’environnement s’est vite doublée, dans plusieurs États du sud, d’un désastre économique local et régional. Des dizaines de milliers de personnes ont vu leur gagne-pain disparaître sous une repoussante glu d’hydrocarbures.

Crise politique aussi. Il est ironique que dans ce pays qui a érigé en religion la détestation de Washington, de l’administration et des pouvoirs publics, on crie maintenant — y compris parmi cette droite pro-business et antigouvernementale qui se découvre écologique — «Mais que fait donc le gouvernement?».

C’est qu’aux États-Unis, curieusement, on hait le gouvernement fédéral en même temps que l’on idéalise la fonction présidentielle et sa puissance supposée (comme dans la stupide expression «l’homme le plus puissant du monde»). D’où ces demandes d’intervention adressées à un deus ex machina que Barack Obama n’a jamais été et ne sera jamais.

Dans ce pays qui se réfère toujours à sa propre histoire et rarement à celle des autres, un mot est sur toutes les lèvres pour désigner la calamité qui menace maintenant Barack Obama : Katrina.

Katrina, du nom de cet ouragan qui avait ravagé La Nouvelle-Orléans en août 2005. Katrina ou l’incompétence, l’autisme d’une administration — l’administration Bush — envers les petites gens aux vies disloquées. Katrina ou le choix politique de laisser-faire, de temporiser. Katrina ou la fin piteuse d’un président incapable.

L’actuel président reçoit depuis deux semaines le même genre de reproches. S’il est vrai que le Barack Obama cérébral et analytique a paru quelque peu décalé devant le drame, s’il a mis trop de temps à mesurer la véritable dimension de la crise, la comparaison avec Katrina est injuste.

La catastrophe du golfe du Mexique a certes de lointaines causes politiques. On a laissé agir à leur guise les sociétés pétrolières. On a distribué les permis de creuser aux petits copains. On a laissé faire des opérations extrêmes comme Deepwater Horizon dans des eaux poissonneuses, à 60 km de côtes densément peuplées.

Mais à partir du moment où la plate-forme explose, et qu’un problème technique se pose — et un seul —, que peut le président ?

Une meilleure gestion de crise dans l’ordre symbolique (déclarations outragées, visites plus fréquentes sur les lieux, injonctions à la haute administration et à la compagnie pétrolière coupable, voire prise en charge directe des opérations par l’armée américaine…) n’aurait sans doute pas changé grand-chose au drame tel qu’il se vit sur le terrain, depuis le 20 avril, dans l’attente d’une prouesse salvatrice par 1500 mètres de fond.

Un second Katrina ? Que diriez-vous plutôt d’un second Tchernobyl ? Tchernobyl, Lire la suite

Quel avenir pour les réfugiés climatiques ?

bastamag.net, Sophie Chapelle, le 30 mars 2009

Quel avenir pour les réfugiés climatiques ?

Elévation du niveau de la mer, marées noires, incidents nucléaires, rejets de gaz toxiques, … Les catastrophes et pollutions dues à l’activité humaine posent la question du droit des populations déplacées ou carrément forcée à l’exil, et de leur indemnisation. Une situation que subissent déjà 25 millions de personnes, selon l’Onu, et qui s’aggravera avec la multiplication des effets du réchauffement climatique. La communauté internationale doit élaborer un statut pour ces déplacés environnementaux. Il y a urgence. Réunis à Limoges mi-mars, avocats, chercheurs et militants écologistes de plusieurs continents ont planché sur une future Convention internationale sur les déplacés environnementaux. Ils sont bien les seuls…

En 2001, l’Onu estimait le nombre des « écoréfugiés » à 25 millions. Certains avancent le chiffre d’un milliard pour la fin de ce siècle [1]. Un colloque international, organisé du 11 au 13 mars à la faculté de droit et des sciences économiques de Limoges, s’est penché sur ce drame en cours et a esquissé les contours d’une future Convention internationale sur les déplacés environnementaux. Initiative scientifique et universitaire, ce projet est actuellement soumis à la communauté internationale, aux États et aux organisations non gouvernementales. L’objectif : compléter la Convention de Genève sur le statut des réfugiés (droit d’asile) en introduisant une nouvelle catégorie, celle des « déplacés environnementaux ».

« Ce terme de déplacés environnementaux comprend non seulement les réfugiés liés aux changements climatiques mais aussi ceux qui sont contraints à l’exil du fait de catastrophes écologiques, qu’elles soient naturelles, technologiques ou industrielles », explique Michel Prieur, spécialiste français du droit de l’environnement, et membre des deux centres de recherches à l’origine de l’initiative, le CRIDEAU [2] et le CIDCE [3]. « La création d’une Organisation mondiale environnementale sur les déplacés, d’une haute autorité indépendante et d’un fonds financier ont d’emblée été qualifiés d’usine à gaz. Mais sans cet “appareillage” institutionnel, cette déclaration restera purement théorique, sans portée et sans moyens pour l’appliquer. » Car la tâche est lourde vue la complexité des problèmes.

Conséquences sanitaires

Bhopal en Inde, Seveso en Italie, Tchernobyl en Ukraine, AZF à Toulouse… autant de noms assimilés à des catastrophes industrielles. Des catastrophes directement liées à l’activité humaine. À Bhopal (Inde), le bilan officiel, après la fuite de 40 tonnes de gaz toxiques de l’usine de pesticides d’Union Carbide le 3 décembre 1984, fait état de 8 000 morts dans les trois premiers jours et de plus de 20 000 en près de 20 ans. Dans le cas de Tchernobyl (Ukraine, 26 avril 1986), le bilan fait toujours polémique deux décennies après l’explosion du réacteur nucléaire : de 50 morts d’irradiations aiguës et 4000 cas de cancers de la thyroïde, pour l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA, dépendant de l’Onu) à plusieurs dizaines de milliers selon d’autres sources scientifiques ou associatives.

« Le débat sur le nombre de morts à Tchernobyl illustre le niveau d’acceptabilité du risque : plus le nombre est important, plus la question de l’acceptabilité du risque prend de la place et génère informations et expertise », explique Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement [4], et avocate spécialisée dans le droit de l’environnement. Le risque nucléaire est a priori beaucoup moins accepté par les populations que le risque industriel.

Les effets sanitaires liés à ces évitables fléaux sont mal reconnus. Lire la suite

Conscience planétaire et politique de civilisation

Edgar Morin dans Wikipédia

Conscience planétaire et Politique de civilisation [modifier]

Avec Terre-Patrie, écrit en 1993, (avec Anne-Brigitte Kern), Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre », véritable conscience planétaire.

« C’est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l’université de Berkeley m’ont éveillé la conscience écologique » rapporte-t-il, avant de s’alarmer : «Trois décennies plus tard, après l’assèchement de la mer d’Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d’ozone dans l’Antarctique, l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, l’urgence est plus grande que jamais ».

En 2007, il est l’auteur de L’an I de l’ère écologique : La Terre dépend de l’homme qui dépend de la Terre. Le livre comporte un dialogue avec Nicolas Hulot.

Cette conscience doit s’accompagner pour Edgar Morin[5] d’une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire… préhistoire de l’esprit humain ».

La politique de civilisation (concept emprunté à Leopold Sedar Senghor [réf. nécessaire]), explique Edgar Morin, « vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être »[6]. Lire la suite

Nouvelle-Orléans, évacuation des 239 000 habitants en cours

portail-environnement.com  le 31 août 2008, par Pierre Melquiot

Catastrophes naturelles

L’ouragan Gustav, la tempête du siècle va toucher les côtes des Etats-Unis. Le maire de la Nouvelle-Orléans a demandé à sa population de 239 000 habitants, samedi soir, d’évacuer la ville devant la menace que représente la « tempête du siècle », l’ouragan Gustav, qui a été déclassée en catégorie 3 avant un probable renforcement dans la soirée.

L’ouragan Gustav, qui a été qualifié par le maire (Ray Nagin) de la Nouvelle-Orléans en Louisiane, où les évacuations se poursuivent, de « tempête du siècle », a été rétrogradé en catégorie trois ce dimanche matin par le centre de surveillance des ouragans en Atlantique de Miami (US National Hurricane Center).

Le centre américain de veille cyclonique a déclaré que Gustav avait faibli au cours de son passage sur Cuba, les rafales de vent ayant diminuées à 205 km/h, mais « Gustav pourrait retrouver la catégorie de force quatre plus tard dans la journée ou ce soir ».

L’ordre d’évacuation publié samedi était le premier du genre à la Nouvelle-Orléans depuis le passage de l’ouragan Katrina qui avait dévasté cette ville historique du sud des Etats-Unis en août 2005. Les habitants peuvent rester chez eux et tenter de se protéger de des effets dévastateurs de l’ouragan qui devrait toucher la région lundi, mais « ce serait là la plus grande erreur que vous pourriez faire de toute votre vie, » Lire la suite

Les ouragans, phénomène récurrent

Les ouragans, phénomène récurrent, TF1, journal de 13h, 31 août 2008

Gustav est la 7e tempête tropicale de la saison. D’autres sont même en formation. Explications.

A voir a : http://videos.tf1.fr/video/news/0,,4061690,00-les-ouragans-phenomene-recurrent-.html

 

La Nouvelle-Orléans risque à nouveau d’être dévastée

Gustav sera “l’ouragan du siècle”, selon le maire de la Nouvelle-Orléans

Blog Américana, Le Monde, 31 août 2008

Gustav: accélération des ordres d’évacuation

Il est 23 heures 30 à La Nouvelle-Orléans et les ordres d’évacuation se succèdent.

Gustav vient de faire des dégâts à Cuba et il ne semble pas devoir perdre de sa force. Sa trajectoire prévue reste constante (arrivée lundi en milieu de journée vers Terrebonne/Houma, à l’Ouest de La Nouvelle-Orléans). Les météorologistes pensent qu’il sera toujours à ce moment de catégorie 4.

“Paroisse” (c’est la division administrative ici) par paroisse, les responsables déclarent des ordres d’évacuation. Le maire de La Nouvelle-Orléans, avec son catalogue de superlatifs et ses recommandations directes (”Bougez-vous le cul!”), reste une exception dans la rhétorique du jour.

Les présidents de paroisse, les shérifs ont l’air calmement abattu de gens qui voient la catastrophe arriver. Le ton se veut professionnel quand ils expliquent les risques, point par point, mais le stress est perceptible dans les voix. “Ma mission est d’assurer votre sécurité et la seule façon de l’assurer est que vous partiez”, dit le sherif de Terrebonne. Lire la suite