Gironde : La maison passive est chaleureuse

Sud-Ouest, Jean-Denis Renard, le 17 Avril 2009

HABITAT. À Tabanac, en Gironde, les Régnier prennent leurs aises dans une maison en bois dépourvue de tout radiateur. Ils y conservent les calories avec un soin maniaque

La maison passive est chaleureuse

C’est une matinée à la couleur gris sale. 8 °C dehors, sensation de froid humide. Chez Julie et David Régnier, le thermomètre campe fermement sur ses 18 °C. Aussi loin que porte le regard sur l’élégante dalle de béton quartz du rez-de-chaussée, on ne trouve pourtant pas trace du moindre radiateur. Le seul dispositif de chauffage qui a survécu à l’extermination est un modeste poêle à bois, éteint. Mais il n’y a pas de miracle non plus. Bienvenue dans le monde enchanteur de la maison passive.

La famille y a emménagé à la sortie de l’hiver. C’est une maison au dessin extérieur volontairement simple et à ossature bois, érigée dans la campagne à mi-chemin de Tabanac et de Saint-Caprais-de-Bordeaux, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bordeaux. Une vaste maison sans signe distinctif évident – 169 m2 sur deux niveaux – si ce n’est que l’isolation et l’étanchéité y sont travaillées avec un soin maniaque. « On a fabriqué un vrai Thermos. Il ne faut pas confondre une maison basse consommation et une maison passive », expose Sirine Touzani, l’architecte bordelais qui a piloté le projet.

Concept allemand

Il ne faut pas non plus y voir une maison forcément « écolo ». La famille Régnier ayant les idées vertes, elle a opté pour du bois et de l’isolant en ouate de cellulose. « Mais une maison pourrait tout aussi bien être passive avec du béton, du polystyrène et de la laine de verre, des techniques qui génèrent bien plus de CO2. On parle avant tout de bilan thermique », souligne David Régnier.

Né en Allemagne, le concept de la maison passive désigne, comme son nom l’indique, une maison qui parvient (presque) à se chauffer toute seule. La consommation y est inférieure à 15 kilowattheures par mètre carré et par an pour les seuls besoins du chauffage. Autant dire quasi nulle, les logements habituels dévorant de 10 à 30 fois plus d’énergie. « On a fait une flambée dans le poêle juste après le déménagement et on en ressentait encore les effets deux jours plus tard. À la même période, après une journée ensoleillée à 6 °C dehors, il y avait 24 °C à l’intérieur », relève David Régnier.

Ce différentiel résulte de la capacité du bâtiment à conserver en hiver la moindre calorie qui vient s’y égarer. Grâce au soleil, qui se fraie un chemin au travers des feuillages déplumés et vient taper par le double vitrage. À la chaleur de la cuisson et à celle des appareils électroménagers. Aux 37,2 °C le matin des humains normalement constitués. Si d’aventure les Régnier invitent votre équipe de rugby corpo pour l’apéro, vous allez tous finir en T-shirt. L’une des clés de la réussite, c’est la VMC (ventilation mécanique contrôlée) à double flux qui renouvelle 30 m3 d’air par heure et par occupant. Refoulé, l’air vicié de la maison réchauffe l’air pur qui y entre sans s’y mélanger.

À l’épreuve de l’été

La maison passive de Tabanac a répondu aux attentes de ses occupants sur la fin de la période hivernale. Elle va maintenant passer au révélateur de l’été, ce qui est au moins aussi important. « N’oublions pas qu’il s’agit d’un principe allemand adapté à un climat allemand. Des tentatives en Espagne ont montré que les problèmes concernaient plus la surchauffe du bâtiment en été que le froid en hiver. Il va être intéressant de voir comment cette maison à ossature bois va se comporter », ajoute Sirine Touzani.

L’architecte a ainsi Lire la suite

Multiplication des Agendas 21

developpementdurablelejournal.com, Patrick Cros, le 16 mars 2009

Actions durables : Les Agendas 21 portent leurs fruits

Dopés par le Grenelle de l’environnement, les projets d’Agendas 21 se sont multipliés en France. Fer de lance de cette nouvelle politique, les territoires et les collectivités ont joué le jeu aussi bien en matière d’agriculture, de biodiversité et d’énergie, que de transport et d’urbanisme. Plus d’une centaine de représentants ont été distingués jeudi par Chantal Jouanno, la secrétaire d’État à l’écologie, « en reconnaissance de leur démarche globale » de développement durable « Agenda 21 local ».

« Il faudrait que toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants, les organisations locales et les entreprises privées afin d’adopter un programme Action 21 à l’échelon de la collectivité ». En 1992, la déclaration de Rio, à l’origine de l’Agenda 21, plantait le décor en matière de développement durable. Dix-sept ans plus tard les projets se sont multipliés en France, en particulier depuis le Grenelle de l’environnement qui leur ont donné un nouvel élan.

Chantal Jouanno a tenu à distinguer, jeudi dernier, les représentants des 101 premiers territoires et collectivités, dont la démarche globale de développement durable a été reconnue « Agenda 21 local ». « Chacun des lauréats s’est vu remettre un diplôme et un trophée attestant de cette reconnaissance par l’Etat de son projet territorial de développement durable, intégrant la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, la protection des milieux et des ressources, le développement de modes de production et de consommation responsables, les principes de gouvernance basés sur la participation et les partenariats », commente le Meeddat.

Des actions originales

Parmi les exemples d’actions menées : le projet d’Annecy qui a associé élus, agents de la ville, associations, chefs d’entreprises et habitants. Il a déjà initié des changements importants dans les pratiques internes : achats responsables, plan de déplacements des agents, amélioration de la qualité énergétique des bâtiments, …. Des actions d’éducation et de sensibilisation au développement durable ont été parallèlement menées auprès des entreprises, et en particulier auprès des acteurs du tourisme, un secteur d’activité majeur de la ville savoyarde. Depuis l’automne 2008, les habitants ont également la possibilité de découvrir, sur une carte au sol, leur habitation colorée en fonction de l’intensité de sa déperdition de chaleur. Cette information est complétée par un site Internet, sur lequel chacun peut zoomer sur la toiture désirée et connaître ainsi la performance de son logement en termes d’isolation thermique. Cette démarche sera soutenue par la mise en place d’une politique globale de l’énergie menée par les élus de la ville : un accompagnement méthodologique et financier sera proposé aux personnes souhaitant s’engager dans des travaux d’isolation.

Une nouvelle impulsion

Autre exemple : l’Agenda 21 du grand Alès. Construit en partenariat avec Le Parc national des Cévennes, il a mis l’accent sur un développement économique responsable reposant sur les spécificités locales : la forêt, l’agriculture, les éco-filières. La filière bois-énergie, en particulier, a été valorisée, notamment dans le cadre d’une charte forestière de Pays (constitution d’un pôle d’excellence rurale, développement de débouchés, promotion des petits projets et de bâtiments peu énergivores). Un partenariat avec l’Ecole des Mines d’Alès a également permis le développement du technopôle Alès Myriapolis qui dispose d’un pôle consacré aux éco-entreprises et aux éco-industries. L’éco-construction est aussi promue grâce Lire la suite

L’habitat économe n’aime pas les courants d’air

midilibre.com, Georges MATTIA, le 1er mars 2009

L’habitat économe n’aime pas les courants d’air

Le salon de l’habitat, au parc des expositions de Montpellier, s’achève aujourd’hui Le développement durable est parfois duraille. Il peine à avancer dans les chaumières, mais aussi au sein du gouvernement, malgré les bons voeux du Grenelle de l’environnement. Si le tout nouveau Eco-prêt à taux zéro pour travaux sur « bâti vert » (promis pour le 1 er avril) est une avancée, il peut aussi masquer des reculades.

D’où un actuel bras de fer entre le ministère de l’Écologie, de l’Énergie et du Développement durable de Jean- Louis Borloo et, d’autre part, l’association Effinergie, cofondée par les régions Languedoc-Roussillon, Alsace, Franche-Comté et Rhône-Alpes.

Au coeur du problème, la future réglementation thermique qui s’imposera aux logements neufs, la RT 2012, actuellement élaborée au ministère par la direction de l’urbanisme, de l’habitat et des paysages (DUHP). But : définir le contenu et les conditions d’attribution du label Haute performance énergétique. Un sésame aussi pour obtenir des aides.

Mais avec une sacrée anguille sous roche : les experts du ministère sont loin d’être aussi exigeants que le label BBC-Effinergie (bâtiment basse consommation) créé par les régions. Ce label avait beaucoup inspiré les conclusions du Grenelle. Or, le projet ministériel relègue au second plan l’isolation car il inclut dans le nouveau calcul de la performance, l’énergie que produit le bâtiment lui-même (photovoltaïque). « C’est un contresens total ! Dans ces conditions, par exemple, un bâtiment couvert de panneaux photovoltaïques pourrait être classé « basse consommation », au seul motif qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, même s’il est non conforme à la réglementation sur l’isolation », prévient Yves Pietrasanta, vice-président du conseil régional Languedoc- Roussillon. « Dans cette logique, une maison à énergie positive, qui revend du courant à EDF, serait jugée performante, même si c’est une passoire thermique ! » Au salon de l’habitat, qui s’achève aujourd’hui au parc des expositions de Montpellier, de mauvaises langues voient en filigrane de la future réglementation, la plume du lobby nucléaire : la fameuse « maison passoire » aurait toujours besoin des centrales ! Les décisions mûries par le ministère, déjà annoncées à Effinergie et aux organismes certificateurs, sont « inquiétantes et présagent que les travaux et la dynamique mis en place pour le Grenelle pourraient rester vains dans l’avenir », indique Yves Pietrasanta, au nom de l’association Effinergie, qui regroupe 19 régions et de gros industriels (lire ci- contre) et dont il vient d’être élu vice-président.

Le 17 mars, il sera reçu par Jean-Louis Borloo. Pour lui expliquer en substance qu’un bâtiment performant doit respirer, mais fuir les courants d’air. Que le Grenelle Lire la suite

Grenelle : l’éco prêt à taux zéro devrait voir le jour d’ici 3 mois

Actu-Environnement.com, S. Fabregat, le 19 janvier 2009

Grenelle : l’éco prêt à taux zéro devrait voir le jour d’ici 3 mois

Ce prêt de 30.000 € devrait permettre aux particuliers de financer des travaux de rénovation thermique. Le dispositif est aujourd’hui en discussion entre l’Etat et les banques. Son décret d’application devrait paraître d’ici 3 mois.

Gros chantier du Grenelle de l’environnement, la rénovation thermique des bâtiments s’avère être une priorité dans le contexte actuel. Avec 43 % de la part de consommation d’énergie et 25 % des émissions de gaz à effet de serre, ce secteur constitue en effet une cible prioritaire. Energies renouvelables, isolation, performance énergétique… De formidables marges de progrès existent pour réduire l’impact du bâtiment sur l’environnement et permettre aux ménages de faire des économies.

L’éco prêt à taux zéro (éco PTZ), annoncé en septembre dernier par le gouvernement et voté lors de la loi de finances 2009, devrait voir le jour d’ici peu, après publication du décret d’application, en cours de préparation. Ce prêt de 30.000 €, d’une durée de dix ans, destiné à financer des bouquets de travaux (isolation thermique performante, remplacement de systèmes de chauffage, ventilation), apparaît comme la grande mesure du chantier de rénovation thermique. Selon le MEEDDAT, l’éco PTZ devrait contribuer au soutien du secteur du bâtiment, actuellement touché par la crise financière, et améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Officiellement, 800.000 logements devraient en profiter d’ici 2012 pour une dépense estimée à 16 milliards d’euros.

Un prêt à taux zéro destiné à la rénovation thermique et énergétique

Institué à l’origine pour faciliter les travaux de rénovation énergétique dans les logements anciens ou l’achat de logement neuf à basse consommation énergétique, le prêt à taux zéro, après passage du texte de loi devant les sénateurs, sera finalement destiné aux seules dépenses de rénovation thermique et/ou énergétique des résidences principales.
Les travaux de rénovation du parc ancien constituent en effet une priorité : les deux tiers du parc résidentiel français ont été construits avant 1974
. Le taux de renouvellement du parc est relativement faible, avec un taux de construction annuel se situant entre 1 et 2 %.
Yann Louvel, chargé de mission aux Amis de la terre, regrette cependant que le taux à prêt zéro pour l’achat d’un logement ne soit pas assorti d’une éco conditionnalité. Les particuliers désireux d’acquérir un logement respectueux de l’environnement pourront néanmoins profiter de certains avantages : une majoration du prêt à taux zéro acquisition (jusqu’à 20.000 € supplémentaires) et un crédit d’impôt sur les taux d’intérêt majoré (40 % sur 7 ans) pour les immeubles très basse consommation anticipant sur les normes de 2012.

Un prêt simplifié et cumulable

Les conditions précises d’attribution de l’éco PTZ restent à définir. Selon Muriel Dubois-Vivioz, du cabinet de Jean-Louis Borloo, le dispositif, prévu dans la loi de Finances 2009, porte sur le logement bâti. Le travail actuel vise à définir par décret la liste des travaux qui seront pris en compte par l’éco prêt. L’objectif du gouvernement est qu’il soit mis en œuvre d’ici trois mois. La situation actuelle pourrait néanmoins faire aboutir le mécanisme plus tôt que prévu, dès le 1er février. Lire la suite