Coopérative d’habitants à Villeurbanne – Le Village vertical : habiter écologique et solidaire

novethic.fr, Philippe Chibani-Jacquot, le 8 février 2010

Le Village vertical : habiter écologique et solidaire

Pour la première fois en France, une coopérative d’habitants voit le jour à Villeurbanne. Cette forme d’habitat groupé, très développée en Suisse ou en Norvège, vise le respect de l’environnement, la création de lien social et le refus de la spéculation foncière. Un projet pionnier qui attend une reconnaissance légale pour garantir sa pérennité.

Depuis cinq ans, le Village vertical, c’était beaucoup de réunions, des discussions sur des plans d’architectes et un idéal pour la dizaine de familles qui participent au projet : créer un modèle solidaire et écologique d’accès à la propriété. Le 27 janvier, le concept devient réalité avec le dépôt du permis de construire de la première coopérative d’habitants en France. L’immeuble sera édifié d’ici 2012 sur un terrain de la zone d’aménagement concertée (ZAC) des Maisons neuves à Villeurbanne.

Propriétaire-locataire

« Nous serons locataires de notre espace privé et propriétaires d’un espace plus grand », résume Chikh Chemman, membre du Village vertical. Chaque sociétaire de la coopérative s’est engagé à apporter l’équivalent de 20 % du coût de construction (1360 €/m2) de son appartement sous forme de capital. Une part des loyers mensuels (780 € pour 85 m2) est destinée à rembourser progressivement les 80 % restants. Un coût relativement peu élevé pour habiter un immeuble qui se veut exemplaire sur le plan écologique. L’énergie « grise » (la pollution engendrée par la construction et la confection des matériaux) sera réduite par l’usage de bois et d’isolant écologique pour l’enveloppe du bâtiment, seule la structure porteuse utilisant le béton. Côté consommation, un toit solaire de plus de 600 m2 produira électricité et eau chaude. « Au minimum, ce sera un bâtiment basse consommation (BBC), mais nous visons mieux », explique Marine Morain, du cabinet d’architectes Arbor&Sens.

L’expérience Suisse et Norvégienne

Les coopératives d’habitant sont naissantes en France, en Espagne ou en Italie, mais elles sont ancrées dans le paysage suisse et norvégien. Dans le pays scandinave, 15 % du parc immobilier est composé de coopératives d’habitants instituées depuis 1960. Le chiffre monte à 40 % dans la capitale Oslo. En Suisse, les coopératives d’habitant représentent 8 % du foncier d’habitation avec une forte proportion en région alémanique. En Norvège, l’ampleur des coopératives d’habitants (près de 800 000 membres pour 4,5 millions d’habitants) est dû à une politique de reconstruction, dès le lendemain de la Seconde guerre mondiale, en faveur de l’accès à la propriété des ménages modestes. Une loi de 1960 a institutionnalisé le système qui repose sur l’appui financier à des associations de coopératives chargées d’accompagner la création et le développement du modèle.

Les futurs locataires et associés du Village vertical ont planché sur l’intégration environnementale du bâtiment. Tout en répondant à l’obligation légale de créer des places de parking, la coopérative louera Lire la suite

L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi

lemonde.fr, Catherine Rollot, le 28 décembre 2009

L’habitat groupé, ou comment vivre ensemble chacun chez soi

Laure Teulières, 40 ans, n’a jamais eu de « rêve pavillonnaire ». L’habitat idéal pour cette historienne, maître de conférences à l’université de Toulouse II-Le Mirail, rime plutôt avec « écologie, solidarité, mixité sociale et générationnelle ».

Depuis 2007, avec une vingtaine de familles toulousaines, elle travaille à deux projets d’habitat groupé coopératif. Le petit groupe, qui s’est constitué en association, La Jeune Pousse, comprend des chômeurs, un ingénieur, un artisan chauffagiste, une assistante sociale, des retraités… tous unis par le même désir de vivre dans des habitations écologiques gérées collectivement. Chacun y aura son appartement mais les familles se partageront des parties communes (buanderies, atelier, salle polyvalente et chambres pour y recevoir les hôtes de passage…).

Les différents statuts pour les projets collectifs

Plusieurs statuts sont possibles pour les projets collectifs d’habitat : les cohabitants peuvent se constituer en copropriété, en société civile immobilière (SCI), ou en société civile coopérative de construction (SCCC). Ces différentes solutions ne sont pas toujours bien adaptées notamment en cas de départ et de remplacement d’un propriétaire de l’habitat groupé. Contrairement aux coopératives d’habitants, toutes ces solutions laissent possible une spéculation sur la valeur immobilière des biens construits.

Depuis trois ans, des dizaines de collectifs comme La Jeune Pousse se sont créés autour de projets d’habitat groupé. Derrière ce terme se cachent des formules diverses qui vont de la bande de copains, prêts à partager quelques espaces communs, à des projets plus ambitieux autour de familles réunies dans une coopérative d’habitants. Une centaine de projets seraient en cours dans toute la France.

L’habitat groupé n’est pas vraiment une nouveauté. Dans les années 1970, ce concept collait à l’air du temps. De nombreux collectifs d’habitants fonctionnaient alors sur le mode de l’autogestion. Si quelques-uns survécurent à la décennie suivante, la dynamique était bel et bien cassée. « Les dernières réalisations ont plus de vingt-cinq ans, explique Philippe Yven, chargé de mission habitat durable au sein de l’association Cohérence. Au milieu des années 1980, c’est clairement le modèle de l’habitat individuel qui s’est imposé. »

Aujourd’hui, l’envolée des prix de l’immobilier, les préoccupations environnementales et le désir de retrouver du lien social expliquent ce regain d’intérêt. « Aucun d’entre nous n’aurait les moyens d’habiter dans une maison en ville avec un jardin. Ce rêve devient possible en se regroupant« , témoigne Carole Contant, présidente de l’association Parasol, qui soutient le projet rennais « Les Graines urbaines ».

La conscience écologique est aussi un moteur. Grâce à des achats groupés et à l’autopromotion, la construction à plusieurs permet de faire des économies d’échelle et rend plus accessible le bâti à haute performance énergétique. L’empreinte écologique peut aussi être réduite en mettant en place un système de covoiturage.

Mais la motivation principale reste l’envie de Lire la suite

Habicoop recense les projets de coopératives d’habitants pour faire avancer la loi

Rhône-Solidaires, Bertille Darragon / Habicoop le 25 août 2009

Habicoop recense les projets de coopératives d’habitants pour faire avancer la loi

Habicoop accompagne la création et le développement de projets immobiliers collectifs et coopératives d’habitants. Pour faire avancer la loi, elle lance un recensement des projets en cours et à venir, afin d’identifier la réalité de la demande sociale en faveur d’un statut de coopérative d’habitants qui manque actuellement en France. Projet d’habitat partagé en Rhône-Alpes et en France, faites-vous connaître en remplissant la fiche ci-jointe.

Avec nos adhérents, nous avons alerté les parlementaires pour intégrer dans la loi les éléments nécessaires au bon fonctionnement du statut (voir la rubrique sur la campagne nationale). Les amendements déposés lors de la loi sur le logement en février 2009 ont été retirés suite à l’engagement de la ministre de mener une étude. Ce travail est en cours et nous fournissons au ministère du logement les informations nécessaires pour qu’il maîtrise le dossier et comprenne la nécessité des modifications demandées. Très légitimement, le ministère souhaite mesurer la demande sociale, ne voulant pas mettre en oeuvre un dispositif dont ne s’empareraient que 2 ou 3 projets.

Aussi, si vous souhaitez que notre travail aboutisse, nous avons besoin que Lire la suite

Entre la location et l’achat, bientôt les coopératives d’habitat

maisonapart.com, Jorge Carasso, le19 janvier 2009

Entre la location et l’achat, bientôt les coopératives d’habitat

Des systèmes de logements coopératifs pourraient voir le jour d’ici peu. Pour peu d’apprécier la vie communautaire, ces logements coûteraient 20% moins cher que les prix du marché. Mais vous n’en serez pas vraiment propriétaire. Une troisième voie pour qui ne veut ni louer, ni acheter ?

Vous souhaitez acheter un logement mais les prix vous paraissent inabordables. L’idée de verser un loyer à un propriétaire vous déprime ? Et si vous choisissiez d’être à la fois propriétaire et locataire, le tout à moindre coût ? Cette solution n’est pas si farfelue, puisque le Parlement s’apprête à voter des dispositions pour réhabiliter l’habitat coopératif. Le projet de loi Boutin, sur le logement devrait être examiné le 27 janvier. Il comporte plusieurs amendements instaurant un cadre juridique à ce système. « Rien n’est fait bien sûr, mais nous avons bon espoir. Plusieurs projets existent et attendent un cadre légal pour sortir de terre« , explique Isabelle Gueguen, chargée de mission au sein d’Habicoop, une des associations les plus actives pour la promotion de ce type d’habitat.

L’objectif de ces coopératives est de créer des logements dont les prix n’obéissent pas aux fluctuations du marché. Ils doivent refléter leurs coûts réels. En clair, les projets à l’étude sont jusqu’à 20% moins chers que les produits du parc privé. Sur le papier, le logement coopératif est plus qu’attrayant, à condition bien-sûr d’avoir un goût pour la vie communautaire. C’est la coopérative qui va construire le logement. Toutes les décisions quant au projet global se prennent donc en commun avec les futurs associés. Une coopérative d’habitat a aussi une vocation sociale : un partenariat avec des bailleurs sociaux doit permettre de réserver des logements aux très bas revenus.

Pour mener le projet à bien, il faut réaliser des économies d’échelle. Exit donc les intermédiaires. Pas de promoteur immobilier. Pas de frais liés à la commercialisation non plus (les marges des promoteurs oscillent généralement entre 6 et 10% du prix de vente). Prendre à son compte la maîtrise d’oeuvre permet également de réaliser de substantielles économies.
L’exemple de Villeurbanne

De même, le coût du terrain est le plus souvent négocié à la baisse. C’est du moins vrai pour les premiers projets qui bénéficie de l’appui des autorités locales. A Villeurbanne, où « Le Village Vertical », un projet pilote de 15 logements devrait voir le jour, le foncier devrait être cédé au prix où l’achète les bailleurs sociaux, soit autour de 150 euros le m2 SHON. Deux à trois fois moins cher que si il avait été acheté par un promoteur privé ! Quelques petites astuces architecturales visent également à faire baisser le coût général de l’opération. Ainsi, pour gagner des mètres carrés sans surcoût, des coursives extérieures au bâtiment peuvent remplacer les couloirs pour relier les appartements entre eux… Tout en faisant office de balcons. Ces économies viendront compenser certaines dépenses souhaitées par les futurs associés. La plupart des projets ambitionnent d’être extrêmement performants au niveau énergétique, ce qui a un prix. Ainsi les coopérateurs de Villeurbanne projettent de construire un bâtiment basse consommation, de deux à quatre fois moins énergivore que les constructions actuelles. Le surcoût de ce type d’édifice est le plus souvent estimé à 15% du prix total. Au final, le prix devrait toutefois être inférieur à celui du marché. Pour cette opération, le coût a été estimé à 2.000 euros le m2 hors taxe (autour de 2 110 euros le m2 pour une TVA à 5,5%, 2 390 euros le m2 pour une TVA à 19,6%). A titre d’exemple, la résidence « Avant-garde », un programme neuf situé non loin, a été lancée en novembre 2008 au prix de 3.130 euros du m2 TTC.

Rien ne s’oppose vraiment au lancement de ces coopératives. Lire la suite

3è rencontre des coopératives d’habitants à Bx le 9 octobre

Les associations Hnord et Habicoop coorganisent la 3ème rencontre des coopératives d’habitants sur Bordeaux.

Pour l’occasion elles animeront des débats sur les démarches participatives d’habitat à l’Utopia le jeudi 9 octobre  à 20h30.

Et sur la  présentation du projet d’éco-quartier sur les Chartrons et sur les coopératives d’habitants à Cap sciences le samedi 11 octobre de14 à 17h.

Pour tout savoir Lire la suite