G8 du climat, un échec ?

actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le10 juillet 2009

G8 du climat, un échec ?

Alors que le G8 qui avait notamment comme thème central la question du climat à l’approche, fin décembre, du sommet de Copenhague touche à sa fin, les associations dénoncent les effets de manche des dirigeants réunis à l’Aquila en Italie.

Greenpeace occupe depuis aujourd’hui une 5ème centrale à charbon en Italie, celle de Civitavecchia près de Rome, alors que le Sommet du G8 s’est élargi pour accueillir les pays émergents comme l’Inde, la Chine, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Chine dans le cadre du MEF, le Forum des Grandes Economies, qui regroupe les 17 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.

 « Les espoirs de progrès significatifs lors du Forum des grandes économies ont été torpillés par le manque de leadership manifesté hier par les Chefs d’Etat du G8 », a commenté Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France.

« L’obligation de faire les premiers pas, décisifs pour progresser, appartenait clairement aux leaders des pays industrialisés les plus riches : il est clair que malgré la reconnaissance du consensus scientifique sur la barre fatidique des 2°c, le G8 n’a pas fait preuve de leadership. Le Secrétaire d’Etat des Nations Unies Ban Ki Moon lui-même a souligné cet échec aujourd’hui ».

Le MEF est construit sur l’idée de restaurer la confiance entre les pays industrialisés et les pays en développement et sur l’idée que la protection du climat se fonde sur une responsabilité partagée mais proportionnée entre pays pollueurs. « Quand les leaders mondiaux des pays industrialisés les plus puissants n’adoptent pas d’objectifs de réduction de leurs émissions à moyen terme, et ne mettent pas d’argent sur la table pour aider les plus démunis à faire face à la crise climatique, ils torpillent toute chance d’un résultat ambitieux du Forum des grandes économies », a poursuivi Phil Radford, Directeur exécutif de Greenpeace Etats-Unis.

 « Quand ils essaient d’accuser la Chine et l’Inde de l’échec du MEF, leur excuse sonne faux. L’échec revient au leadership des pays du G8. Il est difficile de croire qu’un seul des dirigeants du G8 a eu l’audace de regarder les leaders des pays en développement lors du MEF dans les yeux, et de parler d’action commune pour protéger le climat », a ajouté Phil Radford.

Le G5 – Chine, Brésil, Inde, Mexique et Afrique du Sud – a appelé hier les pays industrialisés à réduire leurs émissions de 40% d’ici à 2020. Cet appel met en lumière – comme le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon l’a souligné aujourd’hui – que l’absence d’objectifs ambitieux de réduction à moyen terme des émissions des pays du G8 et des autres pays industrialisés bloque tout progrès des négociations internationales. Ils doivent s’engager sur clairement sur les 10 prochaines années, afin de réparer le déficit de confiance qui s’est creusé ces dernières années, au fur et à mesure de leur inaction.

Pour augmenter la pression sur le G8, Greenpeace a investi depuis quelques heures une 5e centrale à charbon. Depuis mardi soir, une centaine d’activistes occupaient quatre centrales à charbon pour demander aux Chefs d’Etat des pays les plus riches de prendre des engagements concrets en vue du Sommet de Copenhague : l’arrêt de l’utilisation des énergies fossiles comme le charbon, responsable de 30% des émissions mondiales de CO2, véritable matière première du changement climatique ; un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020, pour agir sur le court terme ;  un engagement chiffré à soutenir les pays les plus vulnérables face à la crise climatique.

 « L’accord du G8 sur le climat ne peut pas être Lire la suite

Agriculture : le G8 doit changer de cap !

oxfamsol.be, Thierry Kesteloot, chercheur, le 17 avril 2009

Agriculture : le G8 doit changer de cap !

Du 18 au 20 avril 2009, les Ministres de l’agriculture du G8 se réuniront à Cison di Valmarino (Italie) pour discuter de la crise alimentaire mondiale. Pendant ces 3 jours de rencontre, plus de 75.000 personnes mourront de faim sur terre.

Publiée à l’occasion de cette réunion ministérielle, une note d’Oxfam International rappelle que la réponse à la crise alimentaire ne viendra pas d’une augmentation de la production dans les pays du G8 et des pays émergents. La solution à cette crise passe plutôt par le renforcement des agricultures paysannes dans tous les pays, au Nord comme au Sud.

Actuellement, près d’un milliard de femmes et d’hommes sont condamnés à la faim. Les principales causes de cette injustice sont à chercher dans le sous-investissement manifeste octroyé au secteur agricole, dans la crise économique, dans le changement climatique et dans l’imposition – par les pays du G8 principalement – de règles commerciales inéquitables et d’une libéralisation excessive des marchés agricoles.

Le G8 met de l’huile sur le feu

Les pays riches continuent d’appliquer des politiques agricoles et commerciales qui nuisent au développement de la production agricole dans les pays en développement et qui empêchent ces derniers de protéger leur agriculture paysanne. A titre d’exemple, la récente décision de l’Union européenne de recourir aux subsides à l’exportation pour les produits laitiers : cette mesure renforce des pratiques de dumping agricole destructrices pour les marchés intérieurs de nombreux pays en développement, et met les petits producteurs du Sud dans l’impossibilité de vivre dignement de leur travail.

Pour couronner le tout, les pays du G8 ne tiennent pas leurs promesses en matière d’aide. Lors du Sommet agricole tenu à Rome en juin 2008, ils s’étaient engagés à débourser US$ 20 milliards en soutien à l’agriculture des pays en développement. Moins d’un cinquième de ce montant a été déboursé jusqu’à présent, alors que la FAO estime à US$ 30 milliards par an l’aide nécessaire aux pays en développement pour faire face à la crise alimentaire.

Volatilité et crise climatique

Alors que les marchés agricoles sont soumis à de fortes volatilités, la FAO prévoit une nouvelle hausse des prix en 2009. Cette crise des prix agricoles affecte en premier lieu les populations les plus pauvres, en majorité rurales, qui dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour s’alimenter.

En outre, il est désormais prouvé que la crise climatique aura un effet dramatique sur l’agriculture, en particulier dans les pays en développement. Les estimations prédisent une diminution des récoltes importantes, condamnant 170 millions de personnes supplémentaires à la faim d’ici 2080.

Un changement de cap s’impose

Aujourd’hui, les conditions nécessaires pour que les petits producteurs puissent pleinement participer au développement agricole de leurs pays et assurer la sécurité alimentaire des populations ne sont pas réunies. Ils ne disposent pas des moyens financiers pour investir, les politiques agricoles et commerciales les marginalisent trop souvent et les prix des marchés restent imprévisibles, favorisant la spéculation.

Oxfam appelle donc les pays du G8 à Lire la suite

Une stratégie à long terme contre les émissions de GES

bulletins-electroniques.com, BE Royaume-Uni 92, le 12 janvier 2009

Sciences de l’ingénieur

Une stratégie à long terme contre les émissions de gaz à effet de serre

La teneur atmosphérique en dioxyde de carbone, gaz à effet de serre qui a le plus grand impact sur notre climat, va continuer à augmenter même si les objectifs nationaux et internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont respectés, mettent en garde certains scientifiques [1]. Selon eux, seules des mesures énergiques comme celles récemment prises par le gouvernement britannique pour réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, peuvent, à long terme, avoir un impact positif.

Telles sont les conclusions de l’étude « What do recent advances in quantifying climate and carbon cycle uncertainties mean for climate policy? » menée par le NERC (Natural Environment Research Council) à travers le programme QUEST (Quantifying and Understanding the Earth System), le CEH (Centre for Ecology & Hydrology), et par un programme mixte du Defra (Department for Food & Rural Affairs) et du MoD (Ministry of Defence) sur le changement climatique.

Les scientifiques sont arrivés à de telles conclusions en combinant les résultats des propositions des pays du G8 et du rapport Stern avec les dernières connaissances de l’effet du réchauffement climatique sur le cycle du carbone (cycle biogéochimique qui correspond à l’ensemble des échanges d’éléments carbone entre les océans, les roches, la matière vivante et l’atmosphère). Leurs découvertes montrent que les réductions à court terme ne suffiront pas à résoudre le problème. Les décideurs politiques doivent donc programmer leur politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur des centaines d’années. De surcroît, les calculs effectués démontrent que le niveau de réduction des émissions devant être atteint pour limiter le changement climatique doit être au-dessous de ce qui est considéré comme « dangereux ».

Jo House, responsable, à l’Université de Bristol du programme QUEST affirme que : « Pour être en mesure de prédire l’impact climatique de différents niveaux d’émissions, nous devons tenir compte de ce qui se passe dans l’atmosphère une fois que les gaz à effet de serre y pénètrent. Des gaz tels que le méthane ou l’oxyde nitreux restent dans l’atmosphère de quelques années à plusieurs décennies. Le dioxyde de carbone est un tout autre problème dans la mesure où une partie du gaz émis reste dans l’atmosphère pendant des milliers d’années ».
En outre, à cause du changement climatique, une plus grande proportion de dioxyde de carbone restera dans l’atmosphère. Même si le dioxyde de carbone est absorbé par des puits de carbone tels que les sols, les forêts et les océans, à mesure que le climat se réchauffe ceux-ci deviennent moins efficaces. C’est ce que l’on appelle la rétroaction climatique. En effet, les activités humaines entraînant un réchauffement climatique provoquent un déséquilibre des échanges de carbone entre l’atmosphère, les océans et la terre. Ces modifications entraînent dans certains cas une rétroaction positive, dans d’autres une rétroaction négative :

– le réchauffement climatique entraîne la diminution de la dissolution du CO2 dans les océans : la solubilité du CO2 dans les océans dépend en effet de leur température Lire la suite

La révolution climatique attendra

La Presse  (Canada), Jean Lemire le 4 août 2008

Il n’y aura pas de révolution climatique. Pas maintenant. Malgré une certaine urgence – pour ne pas dire une urgence certaine -, les pays membres du G8 en ont décidé ainsi. Les changements climatiques ne sont pas dans les priorités des gouvernements. Point final.

Avec une économie mondiale chancelante et une menace de récession à nos portes, il serait surprenant que les grandes économies de ce monde investissent dans l’avenir

Certains diront pourtant que les pays du G8 (Japon, États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Russie) se sont entendu sur une réduction de 50% des gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050, que les États-Unis ont enfin accepté ce principe et que la position unanime des huit pays de ce groupe sélect prouve hors de tout doute que tous, sans exception, reconnaissent dorénavant la thèse scientifique des changements climatiques. C’est trop peu et ce sera trop tard. Surtout qu’il n’existe aucune année de référence sur cette réduction de 50%. Une réduction de 50% sur quoi ? Sur nos émissions actuelles ? Sur celles de 2005, comme le Premier ministre du Japon l’a évoqué ? Et qu’en est-il de l’année de référence de 1990, qui est à la base de toutes les ententes internationales depuis le Protocole de Kyoto ?

La décision des membres du G8 n’est pas un petit pas en avant, comme certains le prétendent. C’est un net recul pour l’humanité ! Lire la suite