Flaujagues près de Castillon la Bataille : Les paniers de la solidarité

sudouest.com, Simone Tomasin, le 15 juin 2010

Les paniers de la solidarité

Julien et Céline cultivent des produits bio qu’ils vendent à une association de consommateurs respectueux de l’environnement, comme eux .

Julien Bonnet est un tout jeune homme de 25 ans, très brun au regard clair et rieur. Il s’est installé depuis un an comme agriculteur bio sur 10 ha de terrain en bordure de la Dordogne, sur la commune de Flaujagues. Et depuis, il exploite 1 ha en maraîchage et fournit 40 paniers de légumes de saison une fois par semaine aux « consom’acteurs » de la région de Castillon.

Les « consom’acteurs », ce sont des clients qui ont choisi d’être solidaires d’un producteur local, en lui achetant et en consommant ses produits. À Castillon, ils sont 40 à s’être constitués en Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) afin de soutenir Julien et de lui assurer des revenus stables. Ils signent avec lui un contrat, renouvelable tous les six mois, et achètent à l’avance une part de sa production de légumes : tout le monde s’y retrouve, le producteur est assuré de vendre toute sa récolte, le consommateur est sûr de déguster des produits de qualité, tout en permettant à un maraîcher de vivre dignement de son travail !

40 variétés de légumes

Julien, aidé de sa compagne Céline, cultive une quarantaine de variétés de légumes. En plus des traditionnelles carottes, salades, et autres blettes (bio évidemment…), Julien a ressorti des oubliettes des « giraumons galeux », « des butternuts », de la « celtuce » et des « choux chinois ». Chez lui, pas d’endives en juillet, ni de tomates en décembre : que des légumes de saison, cueillis le matin même, frais et savoureux !

L’installation de Julien sur ses terres a été possible grâce au Collectif d’achat de terres agricoles Gironde (Cata 33) (1), qui a constitué une SCI pour acheter des terres et les louer à Julien.

Conformément aux statuts de l’Amap, Julien s’engage à une production respectueuse de la nature, sans recourir aux engrais et pesticides de synthèse, à une gestion économique de l’eau, et à une transparence quant à ses actes d’achat, de production et de vente des produits agricoles. Le consom’acteur, pour sa part, est solidaire du producteur dans les aléas de la production.

Il est également sollicité pour assurer une permanence à tour de rôle lors des distributions de paniers et pour quelques menus travaux, par exemple de désherbage des plantations. Chaque mardi et chaque vendredi, de 18 h 45 à 20 heures, Julien apporte ses paniers dans le local aimablement prêté par le club de pétanque de Mouliets-et-Villemartin. La distribution, assurée par un ou deux bénévoles, se déroule dans une ambiance conviviale, où chacun échange ses recettes de tartes aux poireaux contre les secrets de la fabrication d’un pâté de légumes. À court terme, Julien envisage de faire la distribution à la ferme du Fougueyra à Flaujagues.

Au bout d’un an, Julien fait son bilan financier : Lire la suite

France-Inter – Dimanche 28 février – Interception « AMAP…le paysan d’à côté »

sites.radiosfrance.fr, Interception, AMAP… le paysan d’à côté, par Lionel Thompson et Pascal Dervieux, le 28 février 2010 de 9h10 à 10h

Ce matin sur France Inter une émission sur les AMAP, avec notamment celle de Flaujagues près de Castillon la Bataille (Gironde). AMAP mise en place grâce au travail du Collectif pour l’achat de terres agricoles (CATA).

Pour réécouter l’émission http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/

L’idée est arrivée en France en 2001. Ce sont les Japonais qui l’ont appliquée les premiers, suivis des Américains. Depuis, la formule se développe à la vitesse du vent. On les appelle les « AMAP » : associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne ». On en comptera sans doute 4000 à la fin de l’année.

De l’Aquitaine au Nord Pas de Calais en passant par les Pays de la Loire ou Provence Alpes Côte d’Azur, les AMAP regroupent des citoyens fatigués d’être des consommateurs passifs.

En pré-payant un panier hebdomadaire à un agriculteur local, ils s’assurent une alimentation de qualité, bio en totalité, tout en soutenant la vie d’une exploitation.

Pour les AMAP, consommation rime avec solidarité. Le principe a pour autre avantage de réduire les circuits de distribution, si coûteux pour l’environnement.

Contrairement à une idée reçue, les AMAP ne sont pas une création pour « bobos » urbains en mal de verdure. Les grandes organisations agricoles restent sceptiques, mais au moment où le Salon de l’Agriculture célèbre une fois encore une agriculture intensive et assistée, mais en voie de dépeuplement, les AMAP montrent que ce sont peut-être les consommateurs eux-mêmes qui permettront la survie des Lire la suite

Un collectif citoyen achète des terres pour un maraîcher bio

e24.fr, Johana Sabroux, le 22 février 2009

Un collectif citoyen achète des terres agricoles pour un maraîcher bio

On n’est jamais si bien servi que par soi même. Ce pourrait être le mot d’ordre de l’association Cata33. Malgré son acronyme un brin alarmiste, ce « Collectif pour l’achat de terres agricoles en Gironde » est au contraire plein d’espoir et d’énergie. Il s’est ainsi mobilisé pendant près de deux ans pour acheter un terrain et lancer l’exploitation bio d’un jeune agriculteur sans terre. Montant de l’opération: 78.400 euros, récoltés en quatre mois, entre septembre et décembre 2008. Le tout sans crédit ni subventions, en pleine crise financière.

Le montage financier est simple, il s’agit d’une SCI, une société civile immobilière. A l’issue de l’appel à souscription, 380 sociétaires en sont membres. Ils ont acheté entre 1 et 50 parts à 100 euros de la SCI. Desparts qui leur donnent un droit de vote – quel que soit le nombre de parts achetées – lors de l’assemblée générale annuelle de la SCI, mais pas de rémunération. A leur sortie de l’entreprise, ils récupèrent leur mise, indexée sur le barème des terres agricoles, fixé par le ministère de l’Agriculture.

Ce n’est donc pas une opération spéculative, mais pour l’un des co-gérants de la SCI, Didier Guyot, un ancien d’Airbus, une autre façon d’investir dans un secteur durable pour le bien collectif, à l’heure où la sécurité alimentaire devient un sujet de préoccupation et où le bio semble décidé à squatter nos assiettes. Les objectifs de Cata33 sont clairs: « défendre et promouvoir une agriculture vivrière et de proximité, une agriculture qui soit socialement équitable, économiquement viable, respectueuse de la biodiversité, du paysage et de l’environnement culturel. »

Le 30 décembre 2008, la SCI a donc acquis « Les terres de Fougueyra« , près de 10 hectares certifiés bio le long de la Dordogne. Desterres que Julien Bonnet, un tout jeune maraîcher de 24 ans loue pour 1.200 euros par mois et exploite pour cultiver ses légumes et ses arbres fruitiers. Là encore, pas question de spéculation. Ce loyer couvre juste les frais divers, impôts fonciers, taxes, assurances, et trésorerie en cas de coup dur.

Julien Bonnet, lui,a acheté les bâtiments agricoles et compte se lier avec une Amap pour distribuer ses produits sur des circuits courts. Les premières récoltes sont prévues pour le mois de juin, et les premiers clients se sont déjà fait connaître. Le maire de Flaujagues, où sont installées les Terres de Fougeyra, a annoncé qu’il ferait appel aux produits de Julien Bonnet pour la cantine scolaire.

Un modèle pour l’agriculture de demain ? D’autres projets similaires existent. La « Foncière Terre de liens » fait de la publicité dans les magasins bio parisiens pour encourager les citadins à investir dans la terre et la louer ensuite à des agriculteurs ou des porteurs de projets solidaires et respectueux de l’environnement, via un bail rural environnemental. Didier Guyot et ses associés veulent croire que le modèle a de l’avenir. Lire la suite