Hervé Kempf : Transition optimiste – Du pic pétrolier à la résilience

Transition optimiste

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 28 décembre 2010

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2010/12/28/transition-optimiste_1458454_3232.html

A suivre le courant des affaires du monde, on pourrait croire que, finalement, tout ne va pas si mal. Oui, c’est la crise, il y a des guerres, des chômeurs, des tensions – mais cela a toujours eu lieu, non ? Et tout pourrait continuer de ce pas, grosso modo. Le discours des écologistes est radicalement différent. Ils affirment que, derrière le déroulement usuel des événements, s’approfondissent les fissures qui, transformées en fractures, peuvent mener à la débâcle de la civilisation. Qu’avec le pic pétrolier, notre société fondée sur l’abondance énergétique va rapidement découvrir la restriction, tandis que le changement climatique, par la transformation rapide de la biosphère qu’il prépare, va déstabiliser le système économique.

On comprend que ce catastrophisme assumé soit refoulé par l’idéologie dominante, puisqu’il en dresse le constat d’échec. Mais une autre raison du refoulement est qu’une prévision présentée sous le mode de la fatalité est paralysante. Les écologistes ne parviennent pas encore à proposer une vision positive. Certes, on observe énormément de propositions, d’initiatives et de démarches préparant une façon de vivre collectivement qui permettrait d’éviter la catastrophe – ou de s’y adapter. Mais elles sont disséminées, parcellaires, et donc presque invisibles. Il faut une vision commune et, sans doute, une méthode.

C’est à ce manque que pallie en partie le Manuel de transition, écrit par Rob Hopkins (coédition Silence et Ecosociété, 216 p., 20 €), et qui suscite un intérêt justifié dans le landerneau écologiste. Hopkins a lancé, en 2006, à Totnes, en Angleterre, le réseau des « villes en transition ». Il s’agit de s’organiser en communauté pour mettre en oeuvre la transition vers une économie sobre. La transition comporte un « plan de descente énergétique », la baisse de la consommation d’énergie étant la priorité pour s’adapter aux conditions nouvelles. Le moyen, outre la sobriété matérielle, en est de relocaliser au maximum les activités : il ne s’agit pas d’être totalement autonome, mais de limiter la dépendance aux importations lointaines.

Plusieurs idées rendent attractive la démarche de la transition. Elle ne rejette pas la crise écologique vers les générations futures, mais affirme qu’elle est déjà là, et qu’on n’échappera pas à plusieurs de ses conséquences, même s’il est vital de la limiter. Catastrophiste dans l’analyse, elle est positive dans l’action, force de proposition et de réalisation. Elle ne s’en remet pas à l’individu isolé et impuissant ni à l’Etat lointain et souvent démuni, mais à la communauté agissant collectivement, sur son terrain. Elle est… Lire la suite

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Vient de paraître : Aires protégées, espaces durables ?

Vient de paraître : Aires protégées, espaces durables ?

Catherine Aubertin, Estienne Rodary (éd.)

IRD – objectifs suds

Autrefois enclaves marginales de protection de la nature, les aires protégées, apparues dès la fin du XIXe siècle, représentent aujourd’hui 12 % des surfaces émergées et concernent l’ensemble des territoires de la planète. Dans le contexte du développement durable, on attend à présent qu’elles répondent à la fois à des objectifs de conservation de la biodiversité et de développement social.

La « durabilité » de ces espaces est en effet au cœur des politiques actuelles de gestion de l’environnement. Quelles sont, dans ce contexte, les nouvelles formes juridiques et territoriales des aires protégées ?

Comment s’inscrivent-elles dans les infrastructures naturelles régionales et les réseaux écologiques transnationaux ? Quels outils de valorisation économique peuvent-elles offrir ? Autrement dit, dans quelle mesure les diverses aires protégées – parcs nationaux, réserves naturelles, réserves de biosphère, aires marines, corridors, terres indigènes, etc.   – s’affirment-elles comme des espaces d’expérimentation du développement durable ?

Pour répondre à ces questions, cet ouvrage alliant études régionales et globales analyse les tendances actuelles de la conservation. À travers le regard d’économistes, d’écologues, de juristes, d’anthropologues et de géographes, il propose une approche inédite des tensions qui se cristallisent autour d’une nature à réinventer.

Avec des contributions de Bruce Albert, Fano Andriamahefazafy, Catherine Aubertin, Marie Bonnin, Jean Boutrais, Ambroise Brenier, Stéphanie Carrière, Christian Chaboud, Gilbert David, Jocelyne Ferraris, Geoffroy Filoche, Géraldine Froger, Florence Galletti, Dominique Hervé, Anne-Elisabeth Laques, François-Michel Le Tourneau, Philippe Méral, Johan Milian, Florence Pinton, Andi Rabearisoa, Hervé Rakoto-Ramiarantsoa, Pascale de Robert, Estienne Rodary.

Sommaire

Le développement durable, nouvel âge de la conservation

Catherine AUBERTIN, Florence PINTON et Estienne RODARY

Redéfinitions des aires protégées

Extension et diversification des aires protégées : rupture ou continuité ?

Estienne RODARY et Johan MILIAN

Aires marines protégées et gouvernance : contributions des disciplines et évolution pluridisciplinaire
Christian CHABOUD, Florence GALLETTI, Gilbert DAVID, Ambroise BRENIER, Philippe MéRAL, Fano ANDRIAMAHEFAZAFY et Jocelyne FERRARIS

De nouveaux outils ?

Les corridors, passage obligé ? L’exemple malgache

Stéphanie M. CARRIÈRE, Dominique HERVé, Fano ANDRIAMAHEFAZAFY et Philippe MéRAL

Les aires protégées dans la mise en place des réseaux écologiques. Gestion globale de la nature ougestion des institutions de conservation ?

Marie BONNIN Lire la suite