Manger bio, acheter local, ce n’est pas du luxe

actionconsommation.org, Lylian Le Goff, janvier 2008

Manger bio, acheter local, ce n’est pas du luxe

Le plaisir de manger fait place depuis des années à la notion de sécurité alimentaire : la chasse aux microbes, aux prions, aux pesticides, aux nitrates l’emporte sur la recherche des saveurs et du bien-être pour tenter de juguler les dérives de l’agro-industrie. Nombre de consommateurs manifestent – tout naturellement ! – de l’intérêt à l’égard d’un mode de production qui n’utilise pas de produits chimiques de synthèse pour respecter le développement naturel et la qualité des espèces, pour renouveler les ressources de la terre nourricière et pour préserver l’environnement dans toutes ses composantes, y compris sociales : l’agriculture biologique.

La bio c’est la vie – par définition ! – ; alors que la standardisation et l’industrialisation de l’agriculture la maltraitent, quand elle n’est pas éradiquée par l’irradiation des aliments.

Encore faut-il être cohérent : manger bio n’est pas une fin en soi, c’est une démarche de qualité qui doit donner du sens à un développement soutenable.

Le « plus bio »

Des études scientifiques montrent une densité en nutriments bien supérieure en faveur des aliments bio (en France avec l’INSERM de Montpellier pour l’ensemble des aliments ; au Danemark pour le lait ; aux USA et en Angleterre pour les fruits et légumes). Explication de ce constat : l’ensemble des procédés de l’agriculture biologique confère aux cultures et aux élevages une vitalité et une immunité naturelles qui, à la fois, permettent l’économie des traitements chimiques systématiques nécessités par la vulnérabilité des productions conventionnelles, et génèrent une bien meilleure densité en nutriments des produits – le « plus bio » – qui se traduit par davantage d’arômes, de saveurs et donc de plaisir en bouche !

Ce « plus bio » nous permet de renouveler notre potentiel vital. Les aliments doivent en effet nous apporter à la fois des matériaux et de l’énergie, qui n’est pas – seulement – celle que libère la combustion des sucres, des graisses et des protéines (notion classique), mais qui est aussi – et surtout – une « énergie vitale » restituée par l’aliment sous forme de composés à haut potentiel d’énergie (particulièrement les vitamines et oligo-éléments catalyseurs des réactions biochimiques cellulaires).

Le test des cristallisations sensibles, qui révèle la « vitalité » des aliments corrélée à leur teneur en éléments à haut potentiel d’énergie, témoigne nettement en faveur des produits bio ; il montre aussi à quel point l’irradiation des aliments détruit cette vitalité suite aux profondes altérations nutritionnelles, aux formations de radicaux libres et de produits de radiolyse.

Ce « plus bio » porte surtout sur des nutriments indispensables (que notre corps ne peut fabriquer à partir d’autres nutriments : un apport insuffisant génère des carences), tels que vitamines, minéraux et oligo-éléments, acides gras insaturés, certains acides aminés, fibres, composés végétaux dits bioactifs (tels que les polyphénols à anthocyanes, flavonoïdes et tanins, les caroténoïdes, les composés stéroïdes et aromatiques, les saponines …). Tous ces nutriments et composés ont des propriétés régulatrices, antioxydantes, anticancéreuses et par conséquent protectrices contre les maladies de surcharges et métaboliques – principalement l’excès de poids, le diabète, les maladies cardiovasculaires -, le vieillissement des cellules et les dégénérescences tissulaires – notamment du système nerveux -, les cancers.

Lorsque l’équilibre alimentaire permet l’équilibre de son budget.

La manière de manger importe autant que ce que l’on consomme ; de plus, c’est la condition nécessaire pour manger des produits bio sans dépenser (beaucoup) plus.

S’il est une règle d’or en nutrition, c’est bien de « manger de tout un peu ». Or, généralement, c’est l’inverse qui se produit : on mange peu en variétés d’aliments mais de trop. Lire la suite