Le réveil d’un volcan islandais : une poussière dans l’œil de la mondialisation et une occasion exceptionnelle pour la relocalisation !

mouvementutopia.org, communiqué, le 19 avril 2010

Le réveil d’un volcan islandais : une poussière dans l’œil de la mondialisation et une occasion exceptionnelle pour la relocalisation !

Un phénomène naturel aura montré la fragilité de l’organisation mondiale du système économique fondé sur les échanges internationaux.

Cette « crise » éphémère préfigure ce que nous promet la fragilité d’un système d’échanges reposant sur l’exploitation sans limite du pétrole, ressource naturelle pourtant limitée. Elle révèle une nouvelle fois l’aveuglement et le court termisme d’un modèle économique mondialisé dont le seul moteur est le profit immédiat en même temps qu’elle nous donne à réfléchir sur le sens de cette organisation productiviste.

Fabriquer et produire loin au moindre coût, dans un système d’échange fondé sur la délocalisation,  n’est possible qu’en sous évaluant le coût réel et global du transport, et en exploitant le déséquilibre économique et social entre pays producteur et pays consommateur.

Une part importante des échanges internationaux se fait par voie aérienne.

Il s’agit principalement des produits à forte obsolescence : les fruits, les légumes, les fleurs…

Sous l’effet de la suie, les roses et les haricots verts devront patienter au Kénya avant de retrouver nos étals de marchés.

Les conséquences mondiales d’un tel système sont désastreuses !

La délocalisation a totalement déstructuré les économies locales. Au delà de la casse industrielle dont sont victimes les ouvriers des bassins de production, elle est à l’origine de la paupérisation des peuples du sud privés volontairement de leurs moyens de subsistance.

70% des habitants de bidonvilles péri-urbains sont d’anciens paysans qui forment la masse corvéable des nouvelles usines ou champs de production agricoles du monde.

Plus, plus loin, moins cher, plus souvent, plus vite !

Un nuage de suie et ce sont plus de 16.000 vols qui sont annulés et 7 millions de passagers bloqués.

200 millions de dollars de pertes journalières pour les compagnies aériennes, et aussitôt une demande de soutien public autorisée par l’union européenne ! Face à ce constat nous ne soutiendrons pas les amoureux des safaris et autres plages exotiques qui auront dû « patienter » quelques jours avant de retrouver le soleil printanier de l’Europe. Un comble pour ces inconditionnels du consommer vite, loin, pas cher !

Cette logique est celle d’un système de croissance économique reposant sur la consommation et l’assouvissement immédiat de « désirs » devenus des « besoins » pour le seul bénéfice immédiat d’une minorité.

Ce volcan islandais pourrait ainsi être un bon augure.

Au delà du signal pédagogique qui préfigure l’ère de l’après pétrole, la pollution induite par ce phénomène naturel sera Lire la suite

Crise : tour d’horizon d’un monde mutant

Libération, le 18 septembre 2008, Alexandra Schwartzbrod et Paul Quinio

Tour d’horizon d’un monde mutant

Dans un sondage Viavoice pour Libération, les Français font part de leur pessimisme devant les crises financière et écologique qui frappent la planète.

Petite précision sur le sondage réalisé pour Libération à l’occasion du forum qui s’ouvre aujourd’hui à Grenoble : il a été réalisé du 10 au 12 septembre, donc avant la tempête qui s’est abattue cette semaine sur la planète financière. Quels auraient été, sinon, les pourcentages recueillis sur le sentiment de menace que constitue «la crise financière» ? Car avant même cette secousse planétaire, 85 % des sondés la considéraient comme une menace «très importante» (38 %) ou «assez importante» (47 %). Un chiffre qui dépasse les 90 % chez les employés, les artisans, les commerçants, les chefs d’entreprise et les agriculteurs. Un résultat un peu supérieur (88 %) chez les sympathisants de gauche que chez ceux de droite (81 %).

Cette inquiétude est confirmée par un autre chiffre : 60 % des sondés considèrent la mondialisation économique et financière «plutôt comme une menace» pour la France, contre 32 % qui y voient «plutôt une chance». Là encore avec chez les employés et les ouvriers une inquiétude plus forte. Et seules l’Inde et la Chine semblent, aux yeux des sondés, susceptibles de profiter de la mondialisation, vue, pour ces deux pays, comme «une chance» par 55 % des personnes interrogées. Enfin, la mondialisation est avant tout perçue (par 42 % des sondés) comme «des systèmes financiers qui menacent les équilibres écologiques et sociaux de la planète», ou comme un facteur susceptible de favoriser les «délocalisations» (39 %). Alors que seulement 24 % y voient «un moyen efficace de lutter contre la pauvreté dans le monde».

L’autre enseignement de notre sondage, malgré des chiffres alarmants, peut être paradoxalement réconfortant : les Français sont massivement conscients des grands enjeux environnementaux. Ils sont 84 % à estimer qu’il sera de plus en plus difficile d’approvisionner tous les pays en pétrole et en eau potable, 83 % à considérer que les forêts, les océans et la biodiversité vont vite se dégrader, et 82 % à craindre que le réchauffement provoque des dégâts climatiques et humains irréversibles. Pourquoi ces chiffres accablants seraient-ils donc réconfortants ? Lire la suite