Débat public à Léognan-Martillac : Le golf en balance

sudouest.com, Gilles Guitton, le 12 Novembre 2009

LÉOGNAN-MARTILLAC, DÉBAT PUBLIC. Vives discussions sur le projet de golf-lotissement des propriétaires de Smith Haut-Laffitte. Les élus Verts et le maire de Léognan divergent

Le golf en balance

Florence et Daniel Cathiard, les propriétaires du château Smith Haut-Laffitte et des Sources de Caudalie à Martillac, ont encore du pain sur la planche pour convaincre les Léognanais de leur accorder la constructibilité des terrains où ils veulent construire un golf et trente à quarante villas de luxe. Voire un hôtel (notre édition du 9 novembre), sur 75 hectares de forêt leur appartenant.

Mais ils ont peut-être marqué un point ces derniers jours, si on en juge par la position avancée par le maire PS Bernard Fath lors de la réunion publique organisée par les Verts mardi soir sur ce dossier.

Après deux heures et demi de débat, le premier magistrat a posé des conditions « non négociables ». Mais il a trouvé des avantages économiques suffisants au projet pour « étudier » la possibilité de modifier le Plan local d’urbanisme en faveur des Cathiard.

« Projet secret »

Le dossier passionne. La salle du foyer était pleine mardi soir. À la tribune, les élus Verts locaux Joël Lac, Jocelyne Pellet et Benoist Aulanier développent méthodiquement leurs arguments : incohérence avec les principes du PLU et les politiques de développement durable des collectivités, « cadeau » de « 10 millions d’euros » sans contrepartie, ou encore nouvelle atteinte contre la forêt léognanaise.

Deux chercheurs spécialistes de l’eau et membres du conseil consultatif citoyen de développement durable, Olivier Atteia et Frédéric Zahm, expliquent que « la question de la ressource en eau est essentielle » dans le débat. Tout en observant que faute de connaître le détail du projet, « secret », il leur est difficile de se prononcer précisément. « On ne peut pas donner d’autorisation à un projet dont on ne sait rien » dira-t-on plus tard.

« Pas d’arrosage avec de l’eau potable » est une condition posée par le maire. Mais le forage qui alimente les sources de Caudalie est-il classé comme « potable » ?

Il y a consensus sur les huit hectares de l’ancien parc du château du Thiol. Pas touche. C’est l’autre condition « non négociable » de Bernard Fath. Mais les accents naturalistes de Jocelyne Pellet, partie en forêt recenser les oiseaux et débusquer la salamandre, ne sont pas repris par le maire. Elle réclame un inventaire de la biodiversité.

« Ghetto de riches »

Il y a dans la salle comme un ressentiment à l’égard du « château ». On parle de « ghetto de riche ». On interroge Lire la suite

Nanotechnologies : s’informer, s’exprimer… et après ?

lemonde.fr, Jean-Marc Manach, le 6 novembre 2009

Cet article a été publié originellement sur Internetactu.net.

Nanotechnologies : s’informer, s’exprimer… et après ?

A peine lancé, le débat public sur les nanotechnologies, intitulé Je m’informe, je m’exprime, censé éclairer l’Etat sur « l’organisation du contrôle et du suivi des nanomatériaux, la caractérisation de l’exposition et l’évaluation de la toxicité sur l’homme et les écosystèmes, l’information et la protection du travailleur et du consommateur, les modalités de soutien à la recherche et aux innovations dans ce domaine », fait déjà polémique.

Le collectif Pièces et Mains d’Oeuvre, connu pour ses enquêtes, analyses, ses actions d’éclat et son refus critiques des nanotechnologies, refuse ainsi de participer à ce qu’il qualifie de campagne nationale d’acceptabilité des nanotechnologies destinée à “vaincre la méfiance de citoyens- consommateurs échaudés par trop de scandales techno-industriels : amiante, vache folle, OGM” (voir aussi Aujourd’hui le nanomonde, site qu’ils consacrent à cette opération).

Rappelant avec ironie que pour Paul Valéry “La politique est un mécanisme qui sert à empêcher les gens de prendre part à ce qui les concerne directement“, Dorothée Benoit-Browayes, déléguée générale de l’association Vivagora et auteure de Le Meilleur des nanomondes, estime pour sa part qu’il s’agit là d’un « vaste chantier dans un paysage pourtant déjà bien construit », et d’ores et déjà financé, à concurrence de plusieurs centaines de millions d’euros, par le gouvernement français :

« Alors que les dés sont largement lancés en France comme dans le monde, un tel processus de discussions sera-t-il en mesure de faire changer d’opinion les sceptiques qui sont légions ?

De quoi sera-t-il question tout au long de ces débats ? De technique ou de politique ? On peut craindre que l’explication cache la forêt, la plupart des Français n’ayant jamais entendu parler de ces nanoobjets. Difficile de débattre sur un tsunami resté invisible. Les nanotechnologies – qui désignent les interventions sur la matière pour réarranger ses briques élémentaires ou atomes – déferlent en effet depuis dix ans sur le marché sans crier gare. »

UN DÉBAT MORT-NÉ ?

Dimitri Granger, professionnel des relations publiques et blogueur sur Pr2Peer, blog consacré à “la communication corporate à l’âge de la mise en réseau des hommes et des idées” se demande quant à lui si, à peine lancé, le débat public ne serait pas mort-né :

« Si l’initiative semble louable et pleine de bonnes intentions, les objectifs paraissent Lire la suite

Débat public : Il ne faut pas prendre les nanoparticules à la légère

sudouest.com, Bernard Broustet, le 4 Novembre 2009

DÉBAT PUBLIC. La rencontre organisée hier, à Bordeaux, a révélé d’importantes inconnues

Il ne faut pas prendre les nanoparticules à la légère

Il ne faut pas prendre les nanoparticules à la légère. C’est ce qui ressort de la rencontre organisée hier à Bordeaux par la commission nationale du débat public sur les nanotechnologies. Suivie par plusieurs centaines de personnes, dans une ambiance quasiment exempte d’invectives et de démagogie, la rencontre a permis de pointer les opportunités, mais aussi les inconnues et les risques entourant ces particules dont la taille est comprise entre 1 et 100 milliardièmes de mètre, et dont les applications industrielles présentes et plus encore futures paraissent potentiellement considérables (électronique, santé, aéronautique, énergie).

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exposé délivré par Patrick Brochard, professeur d’épidémiologie à l’université Victor-Segalen, incite pour le moins à la prudence. Évoquant les publications scientifiques sur le sujet, Patrick Brochard a rappelé que l’impact des nanoparticules sur les cellules semblait d’autant plus important que ces substances et ces matériaux étaient de petite taille. Autrement dit, plus on se rapproche du nanomètre (milliardième de mètre) et plus les nanoparticules peuvent résister à l’offensive des cellules macrophages, qui sont en quelque sorte des chiens de garde de l’organisme chargés d’avaler (phagocyter) les éléments étrangers éventuellement toxiques. D’où, dans certains cas, un risque potentiel de pénétration des nanoparticules jusqu’aux alvéoles pulmonaires, puis, par là, au sang. Le risque est d’autant plus important lorsque les particules ont une forme allongée, ce qui est, par exemple, le cas des nanotubes de carbone, qui font l’objet, en Aquitaine, de gros travaux de recherche et préindustrialisation.

Risques pris en compte

Patrice Gaillard, responsable de ce projet au sein du GRL (Groupe de recherche de Lacq), dépendant de l’entreprise chimique Arkema, a souligné que les risques potentiels des nanotubes de carbone avaient été pris en compte par la société : « 50 % des dépenses jusqu’ici engagées dans l’opération, a-t-il affirmé, concernent la toxicité, l’écotoxicité et la protection des travailleurs. »

D’autres intervenants, comme un médecin du travail du CEA, et Patrick Levy, de l’Union des industries chimiques, ont souligné que divers procédés permettaient de protéger les travailleurs. Mais Pierre-Yves Menteleon, syndicaliste CFTC du CEA, fait valoir que les dangers potentiels existent tout au long de la chaîne, qui va de la production des nanoparticules à leur utilisation par d’autres industries, puis aux possibilités d’exposition éventuelle du consommateur et, enfin, à la mise en décharge.

Le précédent de l’amiante

Dans ces conditions, Simon Charbonneau, porte-parole de l’association environnementaliste Sepanso, estime que l’État et les institutions (Conseil régional…) ne respectent pas le principe de précaution en Lire la suite

Nanotechnologies : Le débat public sur les enjeux de ces particules microscopiques fait étape à Bordeaux

sudouest.com, Bernard Broustet, le 3 Novembre 2009

NANOTECHNOLOGIES. Le débat public sur les enjeux de ces particules microscopiques fait étape à Bordeaux

L’infiniment petit en débat

Après Strasbourg, Toulouse et Orléans, et avant une dizaine d’autres villes françaises, Bordeaux accueille ce soir l’un des épisodes du long débat public sur les nanotechnologies. Lancée par le gouvernement dans le prolongement du Grenelle de l’environnement, cette série de rencontres vise à faire le point sur la nature, les enjeux et les risques de ces technologies de l’infiniment petit. Présidée par Jean Bergougnoux, ancien patron de la SNCF, la commission en charge de l’organisation de ce débat n’a pas vocation à prendre des décisions. Il s’agit pour elle de faire en sorte que les points de vue puissent s’exprimer et que l’opinion soit éclairée, dans toute la mesure du possible.

Les nanotechnologies consistent à travailler sur la matière à une échelle de l’ordre de quelques milliardièmes de mètre. à cette dimension, les propriétés de la matière (résistance mécanique, étanchéité, etc.) peuvent profondément se modifier.

D’ores et déjà, des nanomatériaux sont utilisés à des fins diverses. Certaines crèmes solaires contiennent ainsi, par exemple, des nanoéléments d’oxyde de titane, qui permettent d’en améliorer la tenue à l’eau. Des pansements contiennent du nanoargent car les propriétés bactéricides de ce métal sont encore accrues par cette extrême miniaturisation. Des nanoparticules fluorescentes et des nanomédicaments ont commencé à faire leur apparition en médecine pour améliorer les techniques de détection et de traitement de certaines affections (tumeurs, etc.).

A priori, le potentiel des nanosciences et des technologies semble d’autant plus considérable qu’il recouvre une très vaste gamme de substances et de matériaux.

Les nanotubes prometteurs

L’Aquitaine est ainsi, par exemple, d’ores et déjà une terre d’élection des « nanotubes de carbone » dont il sera, entre autres, question ce soir. La dimension nanométrique et la structure de ces tubes accroît les capacités déjà bien connues du carbone en termes de résistance mécanique. Les nanotubes se caractérisent ainsi par leur extraordinaire capacité d’absorption de l’énergie.

Ces nanotubes font l’objet de recherches fondamen tales au sein du laboratoire CRPP (CNRS) de Pessac, où une vingtaine de salariés et de doctorants s’emploient, autour de Philippe Poulin et de Cécile Zakri, à développer des recherches sur des fibres constituées à partir de ces particules nanométriques de carbone. Associées à des polymères dans des matériaux composites de nouvelle génération, ces fibres pourraient, demain, entrer, par exemple, dans la composition de vêtements de protection (casques, gilets pare-balles, etc.). Mais, du fait de leur extrême légèreté et de leurs propriétés conductrices, les nanotubes pourraient aussi trouver des débouchés dans l’aéronautique (matériaux antigivre et antifoudre, etc.), voire dans le photovoltaïque.

Arkema, pionnier en Béarn

La position de la région apparaît d’autant plus forte dans ce domaine que le groupe chimique Arkema, issu de Total, a choisi le Béarn pour développer cette filière. Le GRL (Groupe de recherches de Lacq), qui est un de ses principaux centres de recherche, a ainsi développé un procédé de fabrication de nanotubes de carbone (matière première des futures fibres) à partir de bioéthanol issu de céréales. Et l’usine voisine de Mont, appartenant elle aussi à Arkema, va lancer la construction d’un « pilote industriel » de production, reposant sur la technologie du GRL, et qui pourrait produire 400 tonnes de nanotubes à l’horizon 2011. L’ensemble de ce potentiel technique et scientifique aquitain, qui repose aussi, notamment, sur l’École nationale de chimie (ENSCPB) de Bordeaux, est regroupé au sein de la plate-forme Canoë, appuyée par le Conseil régional.

Mais, au-delà de leurs promesses, Lire la suite

Débat public sur les nanos le 3 novembre à Bordeaux : Process industriels, nanotechnologies et protection des travailleurs

debatpublic-nano.org, communiqué, le 19 octobre 2009

Nanotechnologies : s’informer et donner son avis en ligne

Bordeaux le 3 novembre 2009 – Process industriels / Nanotechnologies et protection des travailleurs

Les thématiques qui seront abordées :

1/ Sujets techniques en lien avec les activités locales : Nanotubes de carbone et applications / Santé

2/ Thématiques générales : Process industriels / Nanotechnologies et protection des travailleurs

19 h 30 – L’Athénée Municipal – Salle Joseph Wresinski

Place Saint Christoly – 33000 Bordeaux

En application des engagements adoptés à l’issue du Grenelle de l’environnement, un débat public sur les nanotechnologies est organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) du 15 octobre 2009 au 24 février 2010. Chacun peut s’informer et participer au débat à partir du site « http://www.debatpublic-nano.org/« , ainsi qu’en prenant part aux 17 réunions thématiques organisées en régions.

Les nanotechnologies, sciences de l’infiniment petit, recouvrent de multiples domaines d’application : les technologies de l’information (possibilités de stockage accrues des nanomatériaux), les technologies médicales (implants bioactifs, aide aux tests par usage de puces à ADN, traitement ciblé de cellules malades, etc.), les écotechnologies (détection et neutralisation de micro-organismes et de pesticides par exemple), les technologies de l’énergie (économies d’énergie améliorées dans le transport), etc.

Si les nanotechnologies ouvrent de nombreuses perspectives, leur développement n’est cependant pas exempt de risques potentiels. Les débats devraient donc porter sur les perspectives socio-économiques du développement des nanotechnologies, mais aussi sur leurs enjeux sanitaires, environnementaux et éthiques.

Le site de la Commission Nationale du Débat public : http://www.debatpublic-nano.org/

Autres sites à visiter :

Les Amis de la Terre : Lire la suite

Chantal Jouanno à Bordeaux le 4 septembre pour un débat public : déplacements, zones humides, agenda 21 et économies d’énergie

DIREN Aquitaine, communiqué, le 27 août 2009

Le succès du Grenelle de l’Environnement passe par la mise en œuvre de mesures concrètes et par le changement de comportement des Français.

Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, souhaite aller au devant des Français en organisant, dans chaque région de France, une réunion publique pour faire le point sur les politiques territoriales issues du Grenelle Environnement et leur impact sur la vie quotidienne.

Elle sera à Bordeaux le 4 septembre prochain pour un débat public qui aura lieu à l’Athénée municipal à 18h (place Saint Christoly).

 Quatre thèmes ont été retenus :

– Les déplacements et leur bilan carbone : grands projets LGV du Sud-ouest, et déplacements de proximité

– Les zones humides au cœur de biodiversité régionale

– La dynamique des Agendas 21 en Aquitaine

– Les économies d’énergie dans l’habitat,

en présence de Lire la suite