A quoi servent les climato-sceptiques ?

alternatives-économiques.fr, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, le 22 février 2010

A quoi servent les climato-sceptiques ?

L’offensive des climato-sceptiques contre le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a ruiné en l’espace de quelques mois le consensus qui s’était presque établi sur les dangers du dérèglement climatique. C’est humain : on prête toujours une oreille attentive aux gens qui vous disent qu’il n’y a pas besoin de changer de mode de vie. Ceux qui les soutiennent et leur donnent des tribunes portent une lourde responsabilité vis-à-vis de l’avenir.

Jeudi dernier, Yvo de Boer a démissionné de son poste aux Nations unies. Ce Néerlandais n’était pas connu du grand public, mais il jouait un rôle clé dans les négociations mondiales contre le changement climatique, un sujet qui ne peut avoir de solution que dans un cadre global. On peut en effet agir au niveau local pour préserver les sols, la biodiversité, l’eau. Mais pour le climat, si tout le monde ne marche pas, il ne se passera rien.

Des négociations qui patinent

Jusqu’ici, les choses n’ont guère bougé en pratique. Le sommet de Rio de 1992 n’avait débouché que sur des déclarations et il avait fallu attendre Kyoto, en 1997, pour concrétiser un peu les choses. Mais les Etats-Unis, le principal pollueur de la planète, n’avaient pas ratifié le protocole et nombre de pays signataires n’ont absolument pas respecté leurs engagements, à commencer par l’Espagne ou l’Italie. Et pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter…

Depuis le succès des films d’Al Gore, Une vérité qui dérange, et de Yann Arthus-Bertrand, Home, on pouvait avoir l’impression que la bataille de l’opinion commençait à être gagnée. Mais patatras, à la fin de l’année dernière, des climato-sceptiques ont piraté les e-mails des climatologues de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni et réussi à monter en épingle un ou deux échanges douteux. Quelques semaines plus tard, le sommet de Copenhague, dans lequel on avait mis des espoirs sans doute excessifs suite à la victoire de Barack Obama, tournait au vinaigre. Du fait notamment des Chinois qui y ont testé leur nouveau statut de superpuissance. La négociation est bloquée et Barack Obama a perdu, avec le siège de sénateur du Massachussetts, le dernier espoir d’obtenir une majorité au Sénat en faveur d’une loi sur le climat. Et en l’espace de quelques mois, l’opinion s’est retournée. Les climato-sceptiques pérorent sur tous les écrans, à commencer par notre Claude Allègre national.

Faut-il prendre les climato-sceptiques au sérieux ?

Certes, les scientifiques peuvent se tromper. Ils peuvent être tentés, dans un monde ultracompétitif, de tordre un peu leurs résultats. Mais je ne crois pas un instant que cela puisse avoir été le fait de la communauté des climatologues tout entière, quasiment unanime sur le sujet. Et de toute façon, sans être un spécialiste, je ne vois pas comment le fait d’avoir décoffré depuis plus de deux siècles maintenant les millions de tonnes de charbon, gaz, pétrole enfermées depuis des millions d’années dans les replis de la croûte terrestre pourrait rester sans conséquences sensibles sur le climat.

Pourquoi ça marche alors ?

L’écho que trouvent les climato-sceptiques auprès de l’opinion tient, je pense, davantage à Lire la suite

L’adaptation au changement climatique coûtera plus cher que prévu

actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, le 28 août 2009

L’adaptation au changement climatique coûtera plus cher que prévu 

D’après une nouvelle étude, les mesures d’adaptation au changement climatique coûteront beaucoup plus cher que ce que les Nations Unies l’estimaient jusqu’à présent et les fonds d’aide prévus à cet effet devront donc être considérablement augmentés.

L’adaptation aux effets du changement climatique tels que les inondations et les sécheresses coûtera probablement beaucoup plus d’argent que ce que ne le prévoient les estimations des Nations Unies, d’après les indications d’un rapport publié jeudi dans la perspective d’un sommet majeur de l’ONU en décembre prochain.

Le secrétariat des Nations Unies pour le changement climatique, dirigé par Yvo de Boer, estime que le coût global de l’adaptation au changement climatique sera de 40 à 170 milliards de dollars par an jusqu’à 2030.

Les mesures d’adaptation comprennent par exemple la culture d’espèces alimentaires résistantes aux sécheresses, ou encore la limitation de la propagation des maladies liées au changement climatique.

Si les estimations correspondent à une fourchette si grande c’est à cause du grand degré d’incertitude qui plane sur certains coûts concernant des mesures bien particulières.

Les estimations du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique ont été utilisées lors de plusieurs sommets climatiques de l’ONU cette année dans le cadre de la préparation du sommet de décembre qui aura lieu à Copenhague.

Lors de ce sommet, l’objectif est de conclure un nouvel accord international sur la façon dont le monde peut gérer le problème du changement climatique afin d’en limiter les conséquences négatives et de s’y adapter, d’après les auteurs de l’étude.

 « Si les gouvernements travaillent avec les mauvais chiffres, nous pourrions finir avec un accord biaisé qui échouera à couvrir les coûts de l’adaptation au changement climatique » d’après ce qu’a déclaré Camilla Toulmin, directrice de l’Institut International pour l’environnement et le développement.

L’Institut a co-publié l’étude portant sur les estimations faussées de l’ONU avec l’Institut Grantham pour le Changement Climatique du Collège Impérial de Londres (Imperial College London).

Leur étude indique que le Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique a fait ses estimations trop rapidement « en quelques semaines » d’après l’auteur Martin Parry, et n’avait donc pris en compte certains secteurs que partiellement.

Les auteurs ont mis six mois à mettre à jour les estimations de l’ONU et ont fait examiner leurs chiffres par sept scientifiques spécialisés dans l’adaptation au changement climatique, dont les principaux auteurs de l’étude originale des Nations Unies.

 « En regardant simplement en profondeur les secteurs que le Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique avait étudié, nous estimons que les coûts de l’adaptation seront deux à trois fois plus élevés que leurs estimations, et Lire la suite