L’initiative des « parcelles solidaires » offre aux Palois la possibilité de consacrer leur temps libre à cultiver du bio

sudouest.com, Tarik Khaldi, le 22 Juin 2009

AGRICULTURE. Dans la peau d’un paysan bio

Elles sont retraitées ou mères au foyer, eux sont travailleurs sociaux ou demandeurs d’asile, parfois, il y a même des enfants : ensemble, ils sont prêts à réaliser un vrai travail d’agriculteur : arracher les mauvaises herbes, semer, placer des tuteurs… Yann Le Gouic se réjouit de les voir travailler la terre. Membre du Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam), il a lancé le 31 mai dernier la première séance de son projet : les parcelles solidaires.

Le principe est simple. Sur des terrains mis à disposition par des agriculteurs – à Buros, à Argelos et à Jurançon – les participants se donnent rendez-vous trois à quatre fois par semaine. Ils viennent quand ils le souhaitent, au moins une fois par mois en général. Sur place, ils participent à la production de fruits et légumes – de saison et bio – de la semence jusqu’à la récolte et la consommation. Le tout, dans une ambiance conviviale et solidaire, et pour 5 euros l’année. De son côté, le Civam a mobilisé 2 000 euros, de quoi « acheter du petit matériel de jardinage : des bêches, des râteaux, des pelles, des bâches… ».

Différentes motivations

Le Civam compte déjà 35 inscrits. Selon les ateliers, le nombre de participants varie. « Parfois, ils sont quatre, les week-ends, ils peuvent être 20 », explique Yann Le Gouic. Mercredi dernier, sur la parcelle d’un demi-hectare de Buros, l’heure était au désherbage, à la main, sans produits chimiques. Ils étaient six participants sur le champ ensoleillé, de tous horizons sociaux et culturels, venus pour différentes raisons. Certains pour consommer bio, ou, comme Caroline, jeune mère au foyer, découvrir ce mode de culture.

D’autres sont là pour tuer le temps ou, plus insolite, pour apprendre le français. Demandeur d’asile, Andy est arrivé de Tchétchénie il y a bientôt deux ans. Comme lui, ils sont cinq, originaires de Russie et d’Albanie à participer aux parcelles solidaires. Pour sa part, Béatrice, travailleuse sociale, est ici pour apprendre les techniques agricoles respectueuses de l’environnement.

Bâches en maïs

Les participants sont tous habitants de l’agglomération paloise. Quelles que soient leurs motivations, Yann Le Gouic a un objectif : les sensibiliser à la biodiversité. Plus qu’un projet de production, les parcelles solidaires prennent alors des allures de projet pédagogique, avec la découverte d’une activité, d’une alimentation.

Yann Le Gouic compte beaucoup sur le bouche à oreille : « Ces gens, quand ils rentrent chez eux, ils font leur potager autrement, et ils parlent de ce qu’ils font ». En résumé, cette activité leur permet de « mieux manger, mieux vivre et mieux penser ».

Derrière les conversations, amicales ou sérieuses – car sur les allées, entre laitues et haricots maïs, on blague comme on parle politique – les participants apprennent Lire la suite

AMAP : La ruée sur les paniers qui sentent le frais

Sud-Ouest, Jean-Denis Renard, le 6 Avril 2009

AMAP. De plus en plus de groupes de consommateurs s’abonnent au système des paniers hebdomadaires auprès des maraîchers. La production locale a du mal à suivre

La ruée sur les paniers qui sentent le frais

La première est née en Provence, au tournant des années 2000. Il y en a plus de 800 en France aujourd’hui, selon Philippe Desbrosses, un des pionniers de l’agriculture biologique et des circuits courts de commercialisation (1). Les Amap, ou Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, connaissent un développement foudroyant qui n’oublie pas la région. En l’espace d’une demi-douzaine d’années, plus de 4 000 familles aquitaines ont adhéré à une Amap. Soit 12 000 consommateurs environ, qui ont pris l’initiative de s’agréger en petits groupes – il y a environ 80 Amap en Aquitaine – pour s’approvisionner principalement en fruits et légumes auprès de 250 producteurs locaux. Ceci sur la base d’un contrat de longue durée, et sans intermédiaires.

En est issu le système des paniers. Une fois par semaine, en général, les adhérents passent prendre leur panier de fruits ou de légumes (voire les deux) en un lieu de distribution donné. Ils ont déboursé à l’avance, en une ou plusieurs fois, le montant qui correspond à ce service. En face, un maraîcher du cru s’est engagé sur le volume, la variété des produits et leur qualité. La plupart du temps, tout le monde est content. Le consommateur, qui déguste des produits qui tendent vers le bio – mais ne le sont pas forcément – à des prix compétitifs, et des producteurs qui sont assurés d’un débouché.

« Je n’y trouve que des avantages. Je vends au prix de détail, à l’abri de la fluctuation des cours, les commandes me font de la trésorerie, je ne cueille que ce dont j’ai besoin et je n’attends pas des matinées entières comme sur les marchés », résume Grégory Hullot, un jeune maraîcher installé à Naujac-sur-Mer, dans le Médoc. Il fournit toute l’année trois groupes, à Villenave-d’Ornon, à Montalivet-les-Bains et à Lacanau, pour un total de 120 paniers de légumes de saison par semaine.

On sort du baba-bobo

Comme d’autres producteurs, celui-ci était présent hier à Belin-Béliet, en Gironde, où était organisée la cinquième rencontre des Amap d’Aquitaine. Où l’on pouvait se rendre compte que l’adhérent échappe à la typologie baba-bobo dans laquelle l’idée reçue voudrait la cantonner. « On est sur un profil d’employé ou de cadre, en milieu urbain et périurbain principalement. Viennent aujourd’hui des gens moins militants, en particulier de jeunes couples avec enfants. Mais on a aussi des gens sans gros revenus qui ont des convictions sur leur alimentation. Rendre ces circuits accessibles à des publics en état de précarité fait partie des enjeux pour l’avenir », analyse Frank Meymerit, coordinateur à la Fédération régionale des Civam (2) d’Aquitaine, dont le siège est à Pau.

Devenir nouvel adhérent Amap relève plus que jamais d’un acte de foi. « On a l’équivalent des deux tiers des adhérents en liste d’attente », note Gaëlle Bertonèche, qui anime le relais Amap Gironde. Il y avait neuf Amap dans le département il y a deux ans, on en dénombre 29 aujourd’hui, et 10 autres sont en gestation.

Mais on manque cruellement de maraîchers pour satisfaire une demande en croissance à deux ou trois chiffres.

Ceci s’explique pour partie par la démographie agricole. « Nous avons 1 400 actifs agricoles de moins par an en Aquitaine en l’espace de sept ans, soit la disparition silencieuse d’un Ford Blanquefort par an. Pour nous, il était stratégique de s’attaquer à la ceinture verte de Bordeaux. Il n’est pas possible d’y voir des maraîchers crever la dalle avec un million d’habitants à leurs portes », Lire la suite

Liste des 12 marchés bio et 78 magasins bio d’Aquitaine

Bio d’Aquitaine

L’Aquitaine compte en 2008 un millier d’agriculteurs bio. 6 associations départementales: AgroBio Périgord pour la Dordogne, le Civam Bio du Lot et Garonne, le Civam Bio de Gironde, le Civam Bio des Landes, le Civam Bio Béarn et l’association B.L.E. pour le Pays Basque, comptent parmi leurs adhérents environ la moitié de ces producteurs bio.

Bio d’Aquitaine, association loi 1901 également, fédère au niveau régional ces 6 associations départementales de producteurs bio. Elle est elle-même adhérente à la FNAB, la Fédération Nationale des Agrobiologistes.

Bio d’Aquitaine a pour objectif le développement de l’agriculture biologique dans une perspective de durabilité sociale et environnementale de la production agricole sur le territoire aquitain.

Les associations départementales du réseau proposent :

– assistance technique à la pratique de l’agriculture biologique,

– formations,

– accompagnement des démarches de conversion, assistance au montage de projets collectifs,

– actions de  promotion de l’agriculture biologique et des produits bio.

Bio d’Aquitaine, en tant que fédération régionale, a pour mission de favoriser les liens entre les structures locales et de participer à créer un environnement régional favorable au développement de l’agriculture biologique.

Ses axes d’action :

– L’animation des échanges et de la communication entre les associations départementales et la mutualisation des acquis.

– La valorisation des actions et programmes locaux auprès des partenaires et interlocuteurs au niveau régional.

– La participation régionale à la  dynamique des réseaux nationaux de l’agriculture biologique (FNAB, ITAB notamment)  pour une  meilleure reconnaissance des agriculteurs engagés en agriculture biologique et des spécificités de leurs pratiques agronomiques

MARCHES ET MAGASINS BIO 

Vous trouverez ci-après une liste de marchés, puis de magasins, de la région, spécialisés dans la vente de produits biologiques. Lire la suite