Le Haillan : Du Festival du film Cistude à la Fête du Printemps

Sud-Ouest, Hervé Pons, le 20 Janvier 2009

LE HAILLAN, FÊTE DU PRINTEMPS. Elle remplacera, sur une journée, le Festival du film nature qui avait trouvé sa place et son public en 10 éditions. Tout est à faire pour assurer au mieux la relève

Une succession difficile

Au Festival du film succédera une Fête de la nature « variée, pour tous les âges ».

Le Festival du film nature Cistude (du nom de l’association de protection de l’environnement installée au Haillan) s’était taillé une place de choix dans le paysage culturel girondin (à Saint-Médard durant 3 ans, puis au Haillan) au cours de dix éditions.

Son aura tenait tant au contenu de la manifestation, qui durait 5 jours, qu’à la notoriété des invités. Quelques noms pour situer : Jean-Louis Étienne chez les aventuriers, Yves Boisset pour les cinéastes, Kent dans le monde de la chanson, Marc Jolivet au nombre des personnalités médiatiques engagées… La liste est longue.

Mais voilà, le Festival du film nature va être rangé dans la malle aux souvenirs. Une « Fête du printemps », basée sur l’écologie et le développement durable, va lui succéder. La jauge de la nouvelle manifestation serait de trois journées… mais la première édition n’en comptera qu’une seule, le 16 mai.

La municipalité, par la voix de la première adjointe Andréa Kiss-Manzanero, évoque une « évolution, un élargissement du festival vers une conception qui privilégie l’humain dans ses rapports avec l’environnement, un angle plus social, voire plus économique. »

« Il fallait renouveler la formule, estime Mme Kiss-Manzanero, mais toujours en maintenant des relations privilégiées avec l’association Cistude. » Elle admet que cette édition sera de transition, pour une montée en puissance d’une manifestation de 3-4 jours.

Quel contenu ?

Le contenu de la nouvelle Fête du printemps ? « Une réunion de travail est prévue début février avec les différents partenaires. Les choses ne sont pas arrêtées mais il y aura des ateliers, des rencontres pour tous les âges, et sur plusieurs continents, avec l’Afrique notamment. Que l’on ne nous fasse pas le procès de vouloir aller à l’encontre de l’environnement. Nous allons construire une Maison de l’environnement dans la zone des sources ; nous préparons notre Agenda 21, et nous avons bien l’intention de continuer à travailler avec l’association Cistude. »

L’opposition de droite, avec Laurent Pécout et un de ses colistiers Jean Fourcaud, ne l’entend pas de cette oreille.

« Il y avait un festival qui marchait bien, qui portait loin l’image du Haillan, pour lequel Cistude s’occupait de tout, qui ne coûtait pas grand-chose à la ville (1) avec les subventions qui arrivaient du Département, de la Région, de divers partenaires. Pourquoi alors saborde-t-on aujourd’hui ce festival ? Qu’on ne parle pas d’une évolution ; on ne reprend rien, on repart à zéro » énumère Laurent Pécout.

Pour Jean Fourcaud, il faut arrêter les faux-semblants : « si le festival est sacrifié, comme je le pense, pour des motifs de relation entre le maire et la responsable de Cistude, Christophe Coïc, c’est vraiment dommage. Et ça va à l’encontre de ce qui avait été dit par le maire lors de la campagne électorale, à savoir le maintien du festival. On arrive presque à un an de mandat et rien ne se passe. »

Cistude attend

« Où en est-on du projet de Maison de l’environnement ? Lire la suite

Villenave d’Ornon : A la reconquête de l’Eau blanche

Sud-Ouest, Gilles Guitton,  le 13 Janvier 2009

VILLENAVE-D’ORNON, ENVIRONNEMENT. La ville engage un long travail sur la protection des espaces naturels sensibles traversés par le cours d’eau

Le maire Patrick Pujol, si souvent accusé par les écologistes de brader au commerce et à l’immobilier les bords de la Garonne, tient désormais « son » dossier environnemental. Depuis que la commune, l’an passé, s’est fait transférer le droit de préemption du Département sur les quelque 80 hectares de prés et friches de la rive gauche de l’Eau blanche. Et depuis qu’en fin d’année dernière, elle a commencé à réfléchir à ce qu’il convient d’en faire.

Marc Kleinhentz, conseiller municipal délégué à l’urbanisme et à l’environnement, est chargé du dossier de cette Zone de protection des espaces naturels sensibles (ZPENS). Il explique : « Nous avons commandé une étude au cabinet Gerea. Elle a révélé d’une part un milieu écologiquement très intéressant en amont, puis un milieu dégradé par des pollutions industrielles, en aval de Courréjean (c’est de Guitteronde qu’il s’agit). »

Les anciennes gravières de Formalaise, près du bourg, recèlent ainsi certaines espèces rares, sinon spectaculaires, comme la libellule à oeil rouge. Ce délicat insecte rose a d’ores et déjà acquis sans le savoir le statut d’icône de la zone. La cistude, une petite tortue autochtone, vit aussi probablement là, mais plutôt du côté de Cadaujac.

Tri sélectif dans le vivant

Côté flore, la glycine aquatique, la fritillaire pintade, ou encore l’oenanthe à feuilles de silaüs viendront enrichir les débats du Conseil municipal. Par ailleurs, le milan noir, l’aigrette, les très discrètes locustelles, le torcol, la bouscarle de cetti ont été recensés parmi d’autres par la Ligue de protection des oiseaux.

« Nous avons aussi des nuisibles, comme la tortue et l’écrevisse de Floride, ainsi que le ragondin, qu’il nous faudra éliminer », précise Marc Kleinhentz. Comme quoi les ZPENS font du tri sélectif dans le vivant. « Il n’y a pas d’espace naturel sans intervention humaine », constate le conseiller municipal.

Qu’imagine donc la municipalité pour l’avenir ? « C’est trop tôt pour le dire. Nous avons constitué des ateliers en décembre avec nos partenaires et nous avons commencé à réfléchir à un plan de gestion », explique Marc Kleinhentz.

Sept objectifs sont définis, de la conservation des parties des zones humides herbacées à l’amélioration de la qualité des eaux de l’Eau blanche, en passant par la définition d’un schéma de mise en valeur et la gestion raisonnée de la digue de Garonne. Il est question de « cheminements doux » ou de « boucles d’observation ». « Ce ne sera pas pour faire du VTT à fond de train », assure l’élu.

La commune pense aussi à la réintroduction de bétail et s’est assuré le concours du Conservatoire des races d’Aquitaine. L’Agence de l’eau, la Fédération de pêche, la Communauté urbaine de Bordeaux et le Conseil général sont aussi membres des « ateliers » qui ont élaboré le plan. Ainsi que l’intercommunalité de Montesquieu, dont Cadaujac, le voisin, est membre. « Pour le moment, ce sont nos partenaires institutionnels. Mais nous sommes ouverts à faire participer d’autres personnes intéressées par la suite », Lire la suite

Lot et Garonne : lâcher de cistude à la réserve de la Mazière

Sud-ouest, Daniel Bozec, le 7 Octobre 2008

NATURE. A la réserve de la Mazière de Villeton, il a fallu employer les grands moyens pour perpétuer la tortue d’eau douce, menacée de disparition depuis la reconversion des prairies en champs de maïs

Le lâcher de cistudes. Une trentaine de cistudes ont été relâchées ces dernières semaines dans le marais par Laurent Joubert

La fin de la cistude, peu s’en préoccuperaient. Au bord de la Garonne, la culture du maïs anéantissait pourtant les efforts de ponte de la tortue d’eau douce du marais de la Mazière. Une espère dont les rangs s’étaient singulièrement clairsemés depuis des années, faute de nouvelles naissances. Une vingtaine d’individus, tout au plus, dont l’âge dépasse la bonne quarantaine. La réserve de la Mazière a engagé un pointilleux programme de sauvegarde en 2006. Les premières cistudes ont été relâchées dans le marais ces dernières semaines.

1. Un radio émetteur sur mon dos

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », dit la fable. Trop beau pour être vrai. À la Mazière, les cistudes s’en allaient pondre en vain. Elles qui abandonnaient de nuit leur marais pour échapper aux prédateurs, elles qui s’imposaient une distance longue de plusieurs centaines de mètres, au-delà des terres humides, pour trouver un endroit au sec où creuser un puits de 10 centimètres de profondeur. Et, au bout de trois quatre heures de labeur, y fourrer une huitaine d’œufs. Du temps des prairies ancestrales, tout allait bien. Elles ont été reconverties en champs de maïs depuis les années 60.

2. Au chaud dans mon incubateur

Malheur aux tortues. Le maïs pousse très haut en quelques semaines et plonge dans l’ombre ces puits de ponte. Alors même que la chaleur est indispensable à l’éclosion des oeufs. Une hécatombe. Seules deux tortues sont nées en vingt ans – elles ont aujourd’hui 6 ans. Depuis l’été 2006, le garde technicien Laurent Joubert s’échine à coller un émetteur sur le dos de ces vieilles tortues femelles. Il les piste la nuit sur leur chemin de ponte, entre la fin du printemps et le début de l’été. Au petit matin, il vient retirer un à un les oeufs tout juste enfouis et les place dans un incubateur, au chaud dans un bureau de la Mazière. La nature est joliment faite : à une température oscillant entre 27,5 °C et 28 °C, l’embryon sera un mâle. Entre 28,5 °C et 29 °C, ce sera une femelle. D’où le puits creusé en hauteur par la cistude : les oeufs logés tout en bas donneront des mâles, à l’étage supérieur, des femelles. Laurent Joubert doit veiller à moduler la température de son incubateur tous les deux jours…

3. Il faut consolider sa carapace

Financé par l’unité Bristol-Myers Squibb du Passage, le programme de la Mazière peut s’enorgueillir de compter pas moins de 178 jeunes tortues. A elles de consolider leur caparace dans un aquarium puis une mare semi-artificielle aménagée selon le milieu de vie de la réserve. « Un fac-similé », explique Laurent Joubert. « L’important pour nous, c’est que les animaux que l’on relâche puissent être viables dans le milieu naturel. Je n’élève pas des tortues pour élever des tortues. » Lire la suite

ASF, Arveyres et Cistude : les mariés du marais

Sud-Ouest, le 10 septembre 2008, Alain Montanguon

ENVIRONNEMENT. Soutenues par les Autoroutes du sud de la France, la mairie d’Arveyres et Cistude envisagent la création d’un centre dédié à l’écologie dans le marais

Les mariés du marais

Ranunculus ophioglossifolius, plus connue par les non-latinistes sous le nom de bouton d’or, cette renoncule à feuilles d’ophioglosse affectionne les zones humides. Elle a fait son lit dans le marais d’Arveyres où vivent également le vison d’Europe et la loutre. Pourquoi en parler ? Parce qu’elle serait en voie de disparition. Une « tendance » que confirme Gabrielle Sauret, chargée de mission à l’association Cistude Nature au Haillan et l’appartenance de cette plante à la liste des espèces protégées depuis 1982. En parler, c’est évoquer le projet de création d’un centre dédié à l’environnement et au développement durable sur le domaine de Malleret qui va sans doute lui sauver la mise.

« On va prendre le temps de bien faire les choses », prévient le directeur de Cistude.

Le dossier est en bonne voie. Il est l’union de plusieurs volontés fortes. Celle, tout d’abord, des Autoroutes du sud de la France (ASF) auxquelles appartient le terrain de 57 hectares, entre Arveyres et le port du Noyer, et la magistrale bâtisse (1 200 m2) rachetés au moment du passage de l’A 89.

Celle de Cistude soucieuse depuis longtemps de développer en nord Gironde son action : défense et respect de la biodiversité. « Autant la faune que la flore, il y a un potentiel exceptionnel ici », s’enthousiasme Christophe Coïc, directeur de l’association.

Enfin, sans la mairie d’Arveyres rien non plus ne serait possible. Son maire, Benoît Gheysens, élu en mars, voit dans ce projet l’occasion de valoriser un site inconstructible, en zone inondable, et « d’y investir tous les Arveyrais. » Lire la suite