Le nouveau film de Marie-Monique Robin « Notre poison quotidien  » sera diffusé le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40. Article suivi de la recette à a cerise !

http://www.ecoattitude.org/accueil/node/606

Un message de Marie-Monique Robin, auteur du film « Le monde selon Monsanto »

Madame, Monsieur,

J’ai le plaisir de vous informer que mon film « Notre poison quotidien « sera
diffusé le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40
– (PS et précédemment sur la TV romande le 7 février !! http://robin.blog.arte.tv/2011/01/23/diffusion-de-notre-poison-quotidien-en-belgique-et-suisse/)

 Le même jour mon livre éponyme sera dans les librairies ainsi que le DVD.

Je commence aujourd’hui une série de papiers qui vont expliquer la démarche que j’ai suivie pour réaliser cette longue enquête qui m’a conduite dans six pays européens (France, Italie, Allemagne, Suisse, Grande Bretagne, Danemark), aux Etats Unis, au Canada, au Chili, et en Inde.

Pourquoi cette enquête ?

Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n’a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posé trois questions :

 – Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une exception dans l’histoire industrielle ?

 – Comment sont réglementés les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guerre mondiale

– Y-a-t il un lien entre l’exposition à ces produits chimique et « l’épidémie de maladies chroniques évitables » que l’Organisation mondiale de la santé OMS) a constatée surtout dans les pays dits « développés » ( les termes que j’ai mis entre guillemets sont ceux utilisés par l’OMS) ?
 Consciente que le champ d’investigation était très vaste, j’ai décidé de ne m’intéresser qu’aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l’assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).

Avant d’entreprendre mon nouveau tour du monde, j’ai réalisé un long travail de recherche* préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et j’ai rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation) , soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés. J’ai aussi consulté les *archives d’organisations internationales comme l’OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de la première.

plus d’infos sur http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/

Marie-Monique Robin

 
Et pour … vous mettre en appétit, voici  la « Recette de la tarte aux cerises » de Claude Bourguignon :
 Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d’une tarte aux cerises de  supermarché, depuis le champ de blé jusqu’à l’usine agro-alimentaire. Bon appétit ! 

 Histoire de la Pâte

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et 1 dose importante d’engrais: 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare, tout de même !

Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.
Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la
farine de fève, du gluten et de l’amylase. Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.

Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l’hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la Crème

La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l’huile.
* Les oeufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :

– antioxydants (E300 à E311),

– arômes,

– émulsifiants: alginate de calcium,

– conservateurs : acide formique,

– colorants : capsanthéine,

– agents liants: lignosulfate

– et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu’elles puissent avaler tout ça.

Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

* Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :

– antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)

– antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),

– émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),

– conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses drivés (F281 à E284),

– composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),

– agents liants : stéarate de sodium,

– colorants : F131 ou F142

– et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.

* Les huiles, quant à elles, ont été :

– extraites par des solvants comme l’acétone,

– puis raffinées par action de l’acide sulfurique,

– puis lavageà chaud,

– neutralisées à la lessive de soude,

– décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium

– et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.

– Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).

Histoire des Cerises (complété d’après des éléments de « Aromatherapie » Jean Valnet 1990, Maloine)
Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
* Les cerises sont :

– décolorées à l’anhydride sulfureux

– et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine.

– Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium

– et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium

(E202).
Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme
les blés, ont reçu leur bonne dose d’engrais et de pesticides. Ce sucre est
extrait par :

– défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux,

– puis décoloré au sulfoxylate de sodium,

– puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique.

– Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est necessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthetique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles- par économie d’echelle – en comparaison du parfum naturel de fruit.

L’exemple developpé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d’ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet..

etc.

* Le parfum artificel de cerise se compose donc des molécules synthetiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :

– acétate d’ethyle

– acéthyl méthylcarbinol

– butyrate d’isoamyle

– caproate d’ethyle

– caprylate d’isoamyle

– caprate d’ethyle

– butyrate de terpenyle

– geraniol

– butyrate de geranyl – acetylacetate d’ethyle

– heptanoate d’ethyle

– aldéhyde benzoique

– aldéhyde p-toluique

– vanilline

– essence artificielle d’amande amère SAP

– essence artificielle de girofle Bourbon

– essence artificielle de cannelle Ceylan

– essence de lie de vin

Ce texte, consacré à « la tarte aux cerises de supermarché » a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l’INRA, avant de quitter l’honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c’est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d’engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement … morts. Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l’érosion des sols. Membre de la Société américaine de microbiologie – en France , il n’ y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l’INRA! – Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

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Industrie chimique et cancers, le cercle infernal

rue89.com, Christelle Destombes, le 21 décembre 2010 

http://www.rue89.com/planete89/2010/12/21/industrie-chimique-et-cancers-le-cercle-infernal-181646

Industrie chimique et cancers, le cercle infernal

Dow Chemical, BASF, Bayer, Monsanto, Dupont … Ces géants de l’industrie chimique, à l’origine de nombreux cancers, fabriquent aussi les traitements pour ces mêmes maladies. Le documentaire « The Idiot Cycle » décortique ces liens. Rencontre avec la réalisatrice franco-hispano-canadienne Emmanuelle Schick-Garcia.

Le pire est à venir, craint la réalisatrice, alors que ces compagnies partent désormais à l’assaut des biotechnologies, nous rejouant le mythe du progrès déjà vendu avec le plastique… (Voir la bande-annonce)

Projeté dans de nombreux festivals, ce film autoproduit -et le site dédiépropose des actions en vue de limiter l’exposition aux produits cancérigènes. Rencontre avec une femme qui sait que chacun d’entre nous peut refuser de prendre part à ce cercle absurde.

Christelle Destombes : Qu’est-ce qui a déclenché ce travail ?

Emmanuelle Schick-Garcia : C’est le cancer de ma mère. Elle avait 49 ans, ne buvait pas, ne fumait pas, faisait du sport… A l’époque, j’étais à l’école de cinéma et ma sœur en médecine, elle est devenue docteure et j’ai fait ce film.

La moitié de mes amis ont perdu leurs parents d’un cancer et j’avais aussi dans mon entourage des amis atteints très jeunes : l’un est mort d’un cancer de la langue à 22 ans, l’autre d’un cancer à l’estomac… C’est ce qui a déclenché le film.

Pendant combien de temps avez-vous fait des recherches ?

Près de dix ans. Il y a sept ans, j’ai commencé à lire des études scientifiques, à vérifier qui les faisait et avec quel argent, qui finançait les associations et les universités… Les trois dernières années, j’ai vraiment plongé dans la préparation du film.

Au départ, je me suis préoccupée des causes du cancer, je n’ai pas commencé l’enquête en me disant : « Les gens qui produisent des cancérigènes sont les mêmes que ceux qui font les traitements, et c’est la raison pour laquelle on ne nous parle pas des causes du cancer. »

On dit toujours qu’il y a d’énormes doutes sur les causes des cancers, alors que 15% seulement sont héréditaires. Et il y a une grande confusion chez les gens : « mutation génétique » ne signifie pas « héréditaire », elle peut être induite par le fait de respirer du benzène et transmise à un enfant sans que ce soit héréditaire. Idem pour les dioxines, qui passent la barrière du fœtus. Mais les docteurs sont là pour traiter la maladie, ils n’abordent pas les causes du cancer.

Vous pensez qu’il n’y a pas assez de recherches scientifiques ?

En 1998, on répertoriait 18 millions de produits chimiques, pas forcément commercialisés. Aujourd’hui, il y en a 50 millions dont 100 000 utilisés quotidiennement. Ne pas faire de tests sur ces produits carcinogènes n’a aucun sens. Faire de vraies études sur ces produits prend trois ans et coûte 2 millions de dollars…

Ce n’est rien comparé au coût payé par la société pour nettoyer, dépolluer et traiter les gens qui ont des cancers ! Mais ce n’est pas intéressant pour les hommes d’affaires.

En France, la compagnie qui a produit l’amiante est aussi celle qui dépollue : ils sont gagnants économiquement et, de plus, ils ressemblent à des héros parce qu’ils trouvent une solution à un problème qu’ils ont posé… Pour le film, on a rencontré la fondation Ramazzini, le seul laboratoire au monde à faire des tests extrêmement pointus.

Ils attendent la fin de vie du rat, contrairement à d’autres qui tuent les rats à l’âge de 3 ans. Ils regardent tous les organes, pas seulement le foie ou le cerveau. Et ils sont indépendants, financés par les citoyens. Les compagnies sont poussées par la compétition, elles veulent être les premières sur les marchés, les premières à breveter… D’où leur peu d’intérêt pour les études. Les gouvernements devraient imposer des tests de trois ans.

Vous dénoncez également le lobbying exercé par les industriels dans votre film…

En 1971, le ministère de la Justice américain a dit aux industriels Lire la suite

Pesticides : les écologistes ont gagné la bataille de l’opinion

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 28 juillet 2009

Pesticides : les écologistes ont gagné la bataille de l’opinion

On pourrait les croire ennemis jurés, mais ils ne sont pas loin de s’apprécier. L’un, François Veillerette, préside le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), fer de lance de la dénonciation des dangers des pesticides pour la santé et l’environnement. L’autre, Jean-Charles Bocquet, dirige l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP). Il défend l’utilité de ces produits et les intérêts des entreprises « phytopharmaceutiques ».

« M. Bocquet est un lobbyiste redoutable, parce qu’il est très sympathique, s’amuse M. Veillerette. Il nous arrive de discuter après nous être écharpés dans des débats. Nous avons des attaches dans le même département. » M. Bocquet, de son côté, ne cache pas son « respect » pour la personne de M. Veillerette, et admet que les écologistes « ont fait progresser » les industriels.

Cette courtoisie n’empêche pas les deux adversaires de ferrailler sans pitié. Depuis quelques années, ils se concurrencent auprès des administrations, des élus, des médias et de l’opinion, pour faire valoir leur point de vue. Le MDRGF a été créé en 1996. « Rien de sérieux ne se faisait sur l’impact des pesticides en France, alors que les publications scientifiques se multipliaient aux Etats-Unis« , se souvient M. Veillerette.

Un petit frère de cette association, le Réseau environnement santé (RES), est né en mars 2009. Tous les produits chimiques sont dans sa ligne de mire. RES prône un « nouvel âge de la prévention », où l’on agirait avant que les dégâts sur la santé ne se soient produits, contrairement à ce qui a été fait pour l’amiante. « Cent mille substances ont été mises sur le marché sans évaluation« , rappelle le chercheur en évaluation des risques sanitaires André Cicolella, porte-parole du RES avec M. Veillerette.

Pour faire progresser leurs idées, les militants organisent des colloques, envoient des courriers, sollicitent des rendez-vous après de l’administration, des cabinets ministériels et des élus. « Les parlementaires de tous bords politiques sont sollicités, pas seulement les Verts« , souligne M. Veillerette.

LE POIDS DE L’AMIANTE

En face, les industriels font le même travail. M. Bocquet ne refuse jamais un débat, prêt s’il le faut à affronter des huées. L’UIPP a en outre recours à un cabinet de lobbying qui lui fournit une « cartographie des acteurs » à contacter. « Nous devons avoir connaissance le plus tôt possible des projets de loi et de réglementation« , explique M. Bocquet.

Les entreprises adhérentes de l’Union des industries chimiques (UIC, dont fait partie l’UIPP) emploient 180 000 personnes en France. Ces chiffres sont mis en avant. Mais aussi « les bénéfices des produits chimiques, qui sont toujours considérés comme acquis », selon Jean Pelin, le directeur de l’UIC. « Nos produits fournissent une alimentation en quantité et en qualité satisfaisante, à bas prix. Même s’ils ne veulent pas de nos produits, les consommateurs en bénéficient », renchérit M. Bocquet.

Qui domine le combat ? Lire la suite

Les assiettes européennes, combien de pesticides ?

liberation.fr, Laure Noualhat, le 13 juillet 2009

Les assiettes européennes, combien de pesticides ?

Alimentation. Une étude présente les résultats d’analyses massives.

L’Union européenne vient de publier les résultats d’une étude sur les résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales européens. Au fil des préoccupations environnementales, c’est devenu un sujet de saison qui pousse chaque été à l’ombre d’une liste angoissante de molécules chimiques. La France est toujours l’une des plus mauvaises élèves de la classe européenne…

En a-t-on trouvé beaucoup ?

Oui en quantité, non en dose. Le rapport annuel de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (1) distingue deux choses : la présence du pesticide et les limites maximales résiduelles (LMR), la première n’induisant pas le dépassement de la seconde. Le rapport révèle donc la présence de produits phytosanitaires de synthèse dans 45 % des céréales, fruits et légumes analysés dans les 27 Etats membres, mais 96 % des denrées testées ne dépassent pas les limites. L’analyse des 74 305 échantillons de plus de 350 marchandises a permis de détecter 374 pesticides différents, dont 72 dans les céréales. Et 25 % contiennent plusieurs molécules simultanément, contre 15 % il y a dix ans. En France, 52,24 % des échantillons contiennent des produits phytosanitaires de synthèse et 8,54 % dépassent les LMR. Plus grosse consommatrice de pesticides en Europe (110 000 tonnes, dont 100 000 pour l’agriculture), la France est un des cancres de l’Union.

Leur présence est-elle un scoop ?

Non. Les pratiques de l’agriculture intensive rendent inévitable la présence de ces produits dans les aliments. Leur usage et leur présence sont sous surveillance depuis 1995. En 2007, le dernier rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a montré des résidus dans un fruit ou un légume sur deux. Mais tout est question de quantité : 44,5 % des échantillons présentaient des teneurs inférieures aux LMR. Seuls 7,6 % les dépassaient. Au rayon des moins respectueux des limites, on compte poivrons, tomates, poireaux, laitues pour les légumes ; fraises, raisins et mandarines pour les fruits.

Est-il possible de les éviter ?

Non. Les LMR de pesticides correspondent aux quantités maximales attendues. Elles sont établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. C’est donc à l’agriculteur de respecter les informations fournies sur l’étiquette du bidon : la dose, le nombre et le rythme d’applications. Il existe donc une LMR pour chaque fruit, légume (ni lavé, ni épluché) ou céréale. Et pour chaque pesticide. Lors de la mise sur le marché de ce dernier, on mène aussi des essais sur les produits transformés (jus de tomates, farine, bière…). Le Grenelle de l’environnement prévoit de diviser par deux l’usage de pesticides d’ici à 2017. Même les produits issus de l’agriculture biologique, qui bannit l’usage de pesticides de synthèse, présentent des résidus ; 1,24 % seulement dépasse les LMR.

Est-ce dangereux pour la santé ?

Tout dépend Lire la suite

Ces produits chimiques qui empoisonnent notre quotidien

sudouest.com, Isabelle Castéra, le 17 Juin 2009

ENVIRONNEMENT. Isabelle Farbos se bat contre les molécules chimiques que l’on respire partout

Ces produits chimiques qui empoisonnent notre quotidien

Avec son complice Ragnar Weissmann, docteur en microbiologie spécialisée en écotoxicologie, Isabelle Farbos, docteur en génétique et biologie moléculaire, a réalisé des travaux de recherche dans un laboratoire, en Suède, puis en Scandinavie. Des pays concernés depuis une quinzaine d’années par la protection de l’environnement.

Native de Bordeaux, la jeune femme est revenue sur ses terres pour casser les murs du laboratoire et offrir ses compétences dans un souci de défense de la santé publique. Ragnar Weissmann a suivi. Tous deux sont aujourd’hui responsables scientifiques de l’association Habitat-Santé-Environnement, présidée par Évelyne Guilhem, créée au Tourne, dans un secteur géographique particulièrement vaillant dans le domaine de l’écologie.

Mission d’utilité publique

Elle était dernièrement au cinéma Utopia de Bordeaux, invitée par les Verts, pour participer à un débat sur le thème santé et environnement. Son cheval de bataille. Le docteur Farbos ne décolère pas, elle est enceinte aujourd’hui et sait les risques encourus par son enfant.

« Le constat est lourd, lâche-t-elle. Il y a des produits chimiques partout autour de nous, dans nos entreprises, dans nos maisons, dans les supermarchés. Dans notre sang, on peut remarquer désormais la présence de plus de 50 molécules issues de tous ces produits qui nous empoisonnent au quotidien. Ces molécules traversent le placenta chez une femme enceinte. Le lait maternel est bourré de phtalates PCB, l’intérêt de l’allaitement est remis en question. L’exposition du foetus aux produits chimiques peut entraîner des expressions génétiques transformées. Un vrai cocktail. »

Les chiffres parlent. Explosion de la stérilité, des cancers, des allergies. « En 2070, si nous n’arrivons pas à incliner la courbe de stérilité, elle atteindra le niveau 0, la qualité du sperme baisse. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? »

Isabelle et Ragnar ont préféré lâcher leur mission scientifique pour se tourner vers une mission d’utilité publique, beaucoup moins confortable. Ils sont désormais les interlocuteurs de collectivités locales, d’entreprises privées, d’établissements scolaires qui leur soumettent des projets concrets.

Des lycées, terrains d’étude

À Bordeaux, le Conseil général leur a demandé comment assurer le nettoyage du centre Mériadeck en supprimant les 150 produits chimiques utilisés jusqu’alors. Réponse ? Lire la suite

La liste noire de la malbouffe

lepoint.fr, N°1905, Christophe Labbé et Olivia Recasens, le 19 mars 2009

La liste noire de la malbouffe

Alerte. Dans son livre, Laurent Chevallier explique comment survivre au désastre nutritionnel annoncé.

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Chaque année en France, la malbouffe provoque trois fois plus de morts que le tabac et cinquante fois plus que les accidents de la route. Elle est en partie responsable de 30 % de nos cancers, de nos 500 000 insuffisants cardiaques, de 2 millions de diabétiques et de 8 millions d’obèses. Effarant. En un demi-siècle, le contenu de notre assiette s’est radicalement transformé. Aujourd’hui, 80 % des aliments que nous avalons sont industriels. Souvent trop gras, trop sucrés, trop salés et bourrés de chimie.

Un constat dénoncé dans un livre qui paraît cette semaine aux éditions Fayard (voir ci-contre). Son auteur, le docteur Laurent Chevallier, met les pieds dans le plat. « Plus personne ne peut nier le lien entre les dérives d’une certaine forme d’alimentation industrielle et l’augmentation significative de certains cancers et maladies cardiovasculaires, explique ce consultant en nutrition attaché au CHU de Montpellier. Je tire la sonnette d’alarme parce que, lors de mes consultations, je suis confronté tous les jours aux victimes de la malbouffe. »

Comment en est-on arrivé là ? Pour produire en quantité, le plus vite possible, au plus bas coût, les ingénieurs agronomes ont créé des variétés de légumes, de fruits et de céréales qui poussent plus vite, « boostées » à coups d’engrais et de pesticides dont on retrouve les résidus sous notre fourchette. De la même façon, on a sélectionné des races d’animaux à gros rendements. Des « usines sur pattes » qui fonctionnent avec des granulés hautement énergétiques. Un super-carburant qui a altéré la composition de la viande, du lait ou des oeufs.

Une matière première bas de gamme, qui est ensuite transformée au point de perdre une partie de ses nutriments, vitamines et arômes. Au milieu des années 80 la chimie s’est invitée en cuisine. Pour ressusciter le goût perdu dans le processus industriel, on a réinjecté en bout de chaîne des arômes artificiels, mais aussi des conservateurs pour allonger la durée de vie des produits, des colorants pour les rendre plus tape-à-l’oeil, des correcteurs d’acidité, sans oublier les émulsifiants, antiagglomérants, gélifiants et autres agents d’enrobage… Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire dispose de 357 additifs autorisés qui remplissent 24 fonctions différentes. « Un cocktail chimique dont on évalue mal tous les effets sur notre organisme », avertit Laurent Chevallier. Ajoutez-y des emballages en plastique dont certains composants ont une fâcheuse tendance à migrer vers les aliments…

« Notre nourriture n’est plus adaptée à nos gènes. Non seulement on y a ajouté des substances chimiques mais on l’a bourrée de mauvais gras pas cher à produire, hypercalorique comme l’huile de palme. Et surtout de sucre et de sel. » Trois ingrédients que l’on trouvait rarement au menu de l’omnivore tendance frugivore qu’était l’homme préhistorique et vers lesquels nous sommes naturellement attirés. Lire la suite

Bazadais, Des alternatives aux pesticides le 21 mars

Sud-Ouest, Sylvie Mellies, le 19 Mars 2009

Des alternatives aux pesticides

Dans le cadre de la Semaine sans pesticides, les Amis de la Brèche accueillent, ce samedi 21 mars, à 16 h 30, salle des conférences, Édith Smeesters, biologiste, auteure et conférencière du Québec.

Elle présentera un exposé sur les « solutions écologiques pour l’entretien des espaces verts ».

Une discussion s’engagera ensuite avec Philippe Meynard, maire de Barsac, qui témoignera sur l’action entreprise par sa commune en matière de gestion des espaces verts.

« En optant pour la suppression du désherbage chimique sur les trottoirs et les caniveaux, la commune de Barsac a fait le choix d’une gestion écologique. Entretenir ses haies et ses clôtures sans utiliser de produits chimiques nocifs, c’est contribuer à préserver la santé de tous, la qualité des nappes phréatiques et du milieu aquatique », peut-on lire dans « Barsac infos » du premier trimestre 2009.

Édith Smeesters, biologiste et militante environnementale québécoise, est en tournée en France et en Europe.

Venue du Québec

Diplômée de botanique à l’Université de Louvain, elle a fondé l’organisme Nature-Action Québec (1987) et la Coalition pour les alternatives aux pesticides (1999) dans le but de réunir toutes les énergies disponibles pour diminuer l’usage abusif de ces produits toxiques au Québec.

Elle cherche à préserver l’environnement naturel en luttant contre les pesticides.

Actuellement porte-parole pour Equiterre, elle a publié plusieurs articles et livres sur l’horticulture écologique dont, entre autres, « Le Compostage domestique » (1993), « Pelouses et couvre-sols » (2000), « Solutions écologiques en horticulture » (2005).

C’est une conférencière recherchée à travers le Québec, avec ses quelque trente années d’expérience en horticulture et en environnement.

Actions citoyennes

Des collectivités, des entreprises, des associations mettent en place, en France, mais aussi dans le monde, des conférences, des projections, des débats, des expositions, des sorties sur le terrain, des visites et portes ouvertes en jardins ou exploitations agricoles.

Toutes ces actions citoyennes démontrent que les risques sanitaires et environnementaux liés à l’utilisation des pesticides sont désormais inacceptables et que les alternatives aux traitements chimiques existent et qu’elles sont viables.

Depuis sa création en 2006, la Semaine pour les alternatives aux pesticides est l’événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et de prouver que l’on peut et que l’on doit aujourd’hui se passer des pesticides.

Manifestation gratuite et ouverte à tous proposée par Lire la suite