La désobeissance civile le jeudi 18 novembre à 20h00 au Samovar à Bordeaux

Le Pas de coté, communiqué, novembre 2010

Le « RDV du 18 » du Pas de Côté, Collectif décroissant bordelais, sur la désobéissance civile

Le jeudi 18 novembre 2010 à 20h Le Samovar 18 rue Camille Sauvageau à Bordeaux

Un rendez-vous tous les 18 du mois pour partager et mûrir des réflexions autour de la décroissance, l’autogestion, la solidarité, la non-violence, le féminisme, la convivialité, l’écologie.  Ce mois-ci :  » la désobéissance civile « 

Quelques sites pour explorer le sujet :
http://www.desobeir.net/
http://www.desobeissancecivile.org/
http://desobeissancecivile.wordpress.com/

Le collectif du Pas de Côté s’oppose à l’idéologie néolibérale : le productivisme, la surconsommation et l’idée de croissance infinie épuisent les ressources et accroissent les inégalités sociales. Le Pas de Côté est un espace à la disposition de tou-te-s pour organiser Lire la suite

Faites des Possibles : Dimanche 26 septembre 2010 à 11h Quai de Queyries (face au jardin botanique) Bordeaux rive droite de 11h à la nuit

Dimanche 26 septembre 2010 à 11h Quai de Queyries  (face au jardin botanique) Bordeaux rive droite de 11h à la nuit

Venez participer à un événement militant et festif autour des valeurs de liberté, d’écologie, de solidarité et d’autogestion.

La Faites des Possibles, c’est :

Un pique-nique, où chacun-e amène de quoi garnir la table auberge espagnole appétissante et à empreinte écologique réduite, pour le plaisir de goûter, partager, épater…

Une occasion pour échanger sur tout ce qui nous anime : où chacun-e peut transmettre, découvrir, développer des alternatives au système marchand et déshumanisant que nous côtoyons/dénonçons/déplorons chaque jour.

Des temps de rencontres et discussions pour découvrir ce qui se passe sur Bordeaux et ailleurs, les initiatives et luttes de chacun-e-s, refaire le monde, lancer des dynamiques collectives,…

Des ateliers « Faites le vous-même !» : lessive, dentifrices, portefeuilles, pâtisseries, compost …ou tout autre savoir-faire incroyable à diffuser !

Un espace d’expressions : discussions, fresque collective, massage, sculpture, danse, musique….

mais surtout :

Un événement à construire ensemble avec les propositions, expériences, connaissances, savoir-faire et désirs de chacun-e.

Une envie de coopération, de mélange des individus et des idées plutôt que de juxtaposition d’organisations.

Concrètement

= Vous pouvez proposer dès maintenant des Lire la suite

A Montreuil, la Maison des Babayagas pose un regard différent sur le vieillissement

lemonde.fr, Anne Rodier, le 15 février 2010

A Montreuil, la Maison des Babayagas pose un regard différent sur le vieillissement

De nombreuses pertes d’autonomie peuvent être compensées par la solidarité. » Forte de cette conviction, Thérèse Clerc, 82 ans, a créé, à la fin des années 1990 à Montreuil en région parisienne, la Maison des Babayagas. Cette association a élaboré un projet alternatif aux maisons de retraite, sans personnel affecté, sans équipement médicalisé, où les résidents prennent collectivement en charge l’organisation et la gestion du lieu, afin de se passer autant que possible de l’aide extérieure.

Comment ? En anticipant la dépendance par l’attention mutuelle et par un soin particulier apporté à la santé et au corps. En développant aussi la solidarité et en mutualisant les moyens consacrés à la vie quotidienne des personnes (restauration, santé…).

Autogestion, solidarité, citoyenneté, écologie sont les quatre piliers la Maison des Babayagas, association dont le nom fait référence à un conte russe.

Rapidement rejointe par deux amies, Suzanne Gouëffic (78 ans) et Monique Bragard (78 ans), puis par une dizaine d’autres femmes de 60 à 90 ans, Thérèse Clerc, la présidente de l’association, a imaginé ce lieu de vie grâce à un autre regard sur le vieillissement. Les plus de soixante ans ayant encore une vingtaine d’années à vivre, les « Babayagas » estiment qu’il faut dépasser le déni de vieillesse et considérer les vieux non comme des malades potentiels mais comme des acteurs de la société.

« Proposer à la société un modèle « clés en main » de lieu de vie adapté aux personnes âgées et réplicable à l’envi, ce n’est pas seulement de l’innovation sociale, c’est de la démocratie participative« , souligne Thérèse Clerc. Les Babayagas, qui mènent depuis dix ans une vie culturelle active, ont un projet ouvert sur la ville. Le rez-de-chaussée de leur future maison sera le lieu de tables rondes, de conférences et de débats sur la philosophie, la sociologie et l’anthropologie.

De l’Etat à la ville de Montreuil, le projet a tout de suite séduit les pouvoirs publics, car au-delà de l’innovation, il apporte un élément de réponse aux conséquences du vieillissement. « Les solutions lourdes existantes, comme les établissements d’hébergement pour personnes âgées, dépendantes ou non, ne suffiront pas à faire face à l’évolution démographique, explique Jean-Paul Bléry, directeur général de l’office public HLM de Montreuil ; en outre, tout ce qu’on fait en termes d’adaptation des logements pour ce public traite la perte d’autonomie, mais pas l’isolement« , estime-t-il. Dès 2003, la municipalité de Montreuil avait promis un terrain en plein centre-ville, et en 2004, l’office HLM avait lancé un appel d’offres pour choisir l’architecte.

Pourtant, six ans plus tard, le terrain de la rue de la Convention à Montreuil est toujours nu. L’immeuble est dessiné, avec ses 25 logements – il comptent de 26 à 40 mètres carrés ; le permis de construire est, lui, à la mairie. Mais le financement du projet, aujourd’hui quasiment bouclé (à 200 000 euros près sur un total de 4 millions d’euros), a été bloqué à plusieurs reprises.

« L’innovation, qui est notre premier atout, aura aussi été notre plus grand frein, davantage que Lire la suite

Camp action climat : A Nantes, un projet d’aéroport réchauffe le climat social

bastamag.net, Daniel Maunoury, Aurélien Dailly, Benoît Kubiak, http://avenirclimat.info, le 16 septembre 2009

Camp action climat : A Nantes, un projet d’aéroport réchauffe le climat social

Début août 2009, le premier « camp action climat » s’est déroulé sur le sol français, à Notre-Dame-des-Landes, non loin de Nantes. L’initiative s’inscrit dans la mobilisation en préparation du sommet de Copenhague sur les changements climatiques, en décembre. Elle fait aussi écho à la résistance locale contre un projet d’implantation d’un d’aéroport à la place de ces landes forestières. 82 exploitations agricoles sont menacées. Plusieurs centaines de personnes ont ainsi tenté de relier mobilisation internationale, réflexions, autogestion, lutte locale et mode de vie en adéquation avec ces combats. Récit en texte et en images. [NDLR : pour voir les images aller sur l’article d’origine]

Un demi millier de personnes ont, chaque jour, fréquenté le premier camp action climat français, du 2 au 9 août à Notre Dame des Landes en Loire Atlantique. Ce camp est né d’une conjonction de volontés et d’expériences : la participation d’un couple de militants au camp climat anglais l’année précédente, la volonté de l’association Les amis de Silence ! d’organiser un camp davantage tourné vers l’action, et une coordination d’associations locales cherchant à développer la lutte contre un projet d’aéroport. L’initiative rassemble des individus sans drapeau ni porte-parole. Les décisions sont prises par consensus pour essayer d’être le plus inclusif possible. Beaucoup découvrent pour la première fois quelques principes concrets d’autogestion. Vivre ensemble, à plusieurs centaines durant une semaine, dans un pré complètement vide quelques jours auparavant : le pari est de taille !

En 2006, le premier camp climat au Royaume-Uni réunit 600 personnes qui squattent un pré et tentent de fermer une centrale thermique, principal site d’émission de gaz à effet de serre du pays. L’expérience fait des petits : trois ans plus tard, on dénombre une vingtaine de camps climat dans le monde, inspirés par quatre grands principes : des actions directes non-violentes ciblant des « crimes » climatiques, une empreinte écologique minimale, le partage de savoirs et la construction d’un réseau de militants du climat. Ce mouvement, où les jeunes sont très présents, invente et tente de construire un mouvement mondial pour une justice climatique.

Le soleil est au rendez vous. L’autogestion du camp se passe sans incident majeur. Pour 2,70 euros minimum, on peut se nourrir correctement (et parfois gratuitement) sous des chapiteaux et des yourtes. Les diverses conférences se préparent sous des toiles tendues. La plupart des « résistants » dorment dans leurs tentes individuelles dispersées ça et là sur la vaste pelouse prêtée par un propriétaire lui-même engagé dans la lutte. Une forêt magnifique borde le camp dans laquelle on peut se promener à pied, traversant ainsi la future parcelle aéroportuaire de la région nantaise. Un gâchis environnemental immense quand on pense aux hectares de forêt coupée et remplacée par des parkings ou autres pistes largement goudronnées.

Ce projet de « Grand aéroport du Grand–Ouest pour une Grande Métropole », avec bien sur un Grand maire et un Grand président d’agglomération, est proposé par Lire la suite

Notre Dame des Landes : Camp action climat, le champ des partisans

liberation.fr, Laure Noualhat, le 7 août 2009

Camp action climat, le champ des partisans

A l’occasion du premier campement de ce type en France, qui prend fin ce week-end, notre journaliste a posé sa tente au milieu de cette mosaïque d’activistes environnementaux.

Il s’agit du premier Camp action climat organisé en France, un rassemblement original qui réunit, depuis lundi et jusqu’à dimanche, une mosaïque d’activistes environnementaux décidés à en finir avec l’immobilisme des négociations internationales. Un camp comme celui-là ne s’installe pas au petit bonheur la chance mais se déploie au plus près d’un projet climatiquement dangereux : aéroport, rocade, autoroute, centrale à charbon… En l’occurrence, chapiteaux colorés, tipis et dômes plastifiés se sont élevés sur le site pressenti du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Ce projet, dans les cartons depuis quarante ans, a été reconnu «d’utilité publique» en février 2008, à l’époque où le Grenelle de l’environnement était censé lancer la révolution écologique. Dans le département, la classe politique défend bec et ongles l’aéroport au nom du développement économique et au mépris de l’opposition locale. Ce Camp action climat réactive la lutte.

12 h 30

Je me suis dégonflée, j’ai laissé mon vélo à Paris. J’avais imprimé l’itinéraire pour pédaler de la gare de Nantes jusqu’à Notre-Dame-des-Landes mais avec un ordinateur et une tente, mes mollets et surtout mon envie ont flanché. Pour compenser, j’ai déposé une annonce sur le site de covoiturage et trois esseulés de la route m’ont contactée. Direction, le Camp action climat (CAC). J’arrive au campement. Au milieu du champ, une éolienne aux pales de bois tourne sans discontinuer. Sa puissance alimente les installations du CAC et de la Semaine de la résistance, deux événements organisés à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) jusqu’à dimanche.

Avec mes trois covoiturés embarqués à Nantes, je me présente sous la tente d’accueil. Il fait une chaleur de bête, et pourtant il n’y a pas grand monde. Je m’apprête à m’inscrire comme simple participante quand j’aperçois un sticker destiné au journaliste. Je décline alors mon pedigree de représentante des «médias dominants». Je ne me rends pas compte sur le coup mais je vais déclencher quelques heures d’intense brainstorming. En attendant, comme j’ai monnayé le covoiturage contre de l’aide pour le montage de ma tente, nous partons nous installer à l’ombre, en lisière du bois, près du garde-manger. Et en face des toilettes sèches.

15 heures

Branle-bas de combat. L’arrivée d’une journaliste de Libé déclenche la tenue exceptionnelle d’une assemblée générale, intitulée «présence d’une journaliste sur le camp». Ici les règles sont simples : les représentants des médias dominants sont indésirables, car soupçonnés, souvent à raison, de caricaturer ce qui se passe. «C’est vrai, ils préfèrent généralement Lire la suite

Jean Zin : Critique de l’écologisme (la maladie infantile de l’écologie)

jeanzin.fr, Jean Zin, le 9 avril 2007

Critique de l’écologisme (la maladie infantile de l’écologie)

L’écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écolos qui n’ont jamais été qu’une bande de rigolos inoffensifs, même s’ils ont constitué une nécessaire avant-garde, vivante et colorée. Il faut sortir de l’écologisme et de toutes ses naïvetés, qui sont la maladie infantile de l’écologie, pour une écologie enfin adulte capable de prendre en main notre communauté de destin planétaire et qui se tourne vers l’avenir plutôt que vers le passé. Il y a urgence ! Il ne s’agit pas de se fier au réformisme mou d’une écologie d’experts en costard cravate et sans imagination, ce qu’il faut c’est trouver des solutions pour assumer nos responsabilités collectives mais les écologistes actuels font plutôt partie du problème même s’ils ne sont qu’un symptôme de l’infantilisation de toute la société.

L’écologie-politique à l’ère de l’information n’a rien à voir avec un quelconque retour en arrière, ni avec un moralisme puritain, c’est l’accès à un nouveau stade cognitif et politique d’unification du monde et de prise en compte du négatif de notre industrie, d’une pensée globale et d’un agir local, d’une relocalisation équilibrant la globalisation des réseaux numériques et des marchés. Il ne s’agit pas de prétendre que la chose est facile, ni qu’elle est sans dangers, au contraire, c’est bien pourquoi il faut se méfier de l’idéologie pour s’occuper de ce qui ne marche pas, prendre à bras le corps les problèmes qui se posent concrètement, en multipliant les expérimentations avec une direction par objectifs prudente et attentive à l’expression du négatif afin de pouvoir corriger au plus vite notre action en fonction du résultat. A l’opposée d’une idéologie bêtifiante ou totalitaire, l’écologie devrait s’occuper sérieusement de ce qui ne marche pas, intégrer complexité et dialectique, faire converger conscience collective et développement de l’autonomie. Nous essaierons de dire ce que l’écologie-politique n’est pas et ce qu’elle devrait être, même si c’est risqué et bien loin des simplifications médiatiques comme de l’idéologie dominante.

L’écologisme politique

Cela fait longtemps que je fais remarquer à ceux qui prétendent que l’écologie n’est ni de droite, ni de gauche, qu’il y a bien une écologie de droite et une écologie de gauche, il y en a même plusieurs. Toutes les tentatives pour définir le contenu d’une écologie-politique sont donc toujours orientées politiquement et ne concernent jamais tous ceux qui se réclament de l’écologie à un titre ou un autre. Des écolos peuvent aussi bien croire naïvement que « ‘tout le monde est beau, tout le monde il est gentil » qu’ils peuvent vouloir rayer l’humanité de la surface de la Terre ! Ils peuvent se diviser aussi en libertaires partisans de la démocratie directe et en tendances plus ou moins totalitaires voulant renforcer tous les contrôles. Dans les deux cas, ce ne sont souvent que des sectes incapables de s’ouvrir à la société et sortir de l’entre-soi.

Démocratiser vraiment les prises de décision et l’expression des citoyens en tablant sur leur autonomie et leur sens des responsabilité se révèle bien plus compliqué que le discours idéologique assis sur ses certitudes (illusion du pouvoir normatif comme du laisser faire le plus total). Ce qu’on constate plutôt dans les groupes écolos, c’est un idéal démocratique dévoyé au service de Lire la suite

Ex-citadins et néo-paysans, mais loin d’être des rêveurs baba-cool

rue89.com, Jean-François Poupelin, le 23 juin 2009 

Ex-citadins et néo-paysans, mais loin d’être des rêveurs baba-cool

Effet de la sinistrose politico-sociale qui plombe un peu l’ambiance en ville ? Les rats des villes semblent de plus en plus envier ceux des champs. Et des citadins se tournent vers l’agriculture, autour de projets mariant maraîchage bio en vente directe et activités associatives…

« On a une vieille bicoque, on la retape tranquillement, on fait pousser des chèvres,
on fabrique des bijoux, on peut pas dire qu’on s’crève, l’travail, c’est pas pour nous. » Si « Le Déserteur » de Renaud (1983), n’a pas perdu de sa saveur, l’idéal hippie semble, lui, avoir vécu.

« Le Retour à la terre », pour reprendre le titre d’une série BD de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri, connaît pourtant depuis quelques années le même engouement que dans les années 70. Marie Pons, animatrice de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Bouches-du-Rhône (Adear 13), se réjouit :

« Agriculteur devient un nouveau métier après une expérience professionnelle. Les gens ont envie de travailler dehors, de produire. L’agriculture bénéficie d’un regard plus positif. »

Chaque année, la structure fondée par des membres de la Confédération paysanne accompagne 35 projets d’installation (elle s’adresse aussi à des ouvriers agricoles et de « jeunes diplômés »). La majorité pour du maraîchage en vente directe, dont un tiers labellisé bio.

« Le réalisme du projet est très important »

Peu de « gens qui rêvent » ou qui « planent », assure de son côté Max Lefèvre, directeur adjoint de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Paca (Safer).

Cette SA à but non lucratif et d’intérêt public sous tutelle ministérielle soutient une centaine d’installations par an via ses acquisitions foncières.

Les nouveaux agriculteurs sont donc aussi raisonnables que leurs productions :

« Ils partagent des choses communes avec la génération de 68 – retrouver un sens à son quotidien, autonomie de la ferme, relocalisation de l’activité -, mais le projet est différent, très, très ouvert. La tendance est aux collectifs ville-campagne, avec comme idée : “venez participer, aidez-nous.” »

Autres nouveautés : les projets à 4, 6 ou 11 personnes. « Le partage des tâches permet de prendre des vacances. Mais le réalisme économique reste fondamental », Lire la suite